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L'Intelligence métaphysique
Granier Jean
CERF
34,10 €
Épuisé
EAN :9782204027472
L'ouvrage de Jean Granier relève le défi qui, lancé par le nihilisme moderne, s'exprime dans la triple proclamation : " mort de Dieu ", " mort de l'homme " et " mort de la philosophie " elle-même. La pensée doit et peut revendiquer une pleine légitimité face aux empiètements de la raison technicienne et aux abdications de la réflexion critique. Cette légitimité s'atteste le plus clairement avec la décision de " reconstruire la métaphysique ", au-delà des contestations développées par l'immoralisme nietzschéen, la critique marxiste des idéologies et le néo-positivisme de la " scientificité ". La métaphysique, dans sa version nouvelle, s'annonce ainsi comme le retour de Dieu dans la pensée et dans la vie humaines. L'athéisme moderne, avec toutes ses variantes habilement grimées, est alors convoqué devant l'instance du moi, qui réclame un fondement transcendant pour étayer sa révolte contre la discordance du monde ; la radicalité de l'échec de l'athéisme manifeste la nécessité urgente de réviser la question de la Valeur, comme celle du Sens et de la Réalité ultime. La pensée la plus forte est ainsi non point celle qui s'acharne à dominer l'immanence, mais celle qui, par la conviction métaphysique, affirme les " affinités électives entre Dieu et le moi ".
La misère mentale, que l'on déplore jusque dans les sphères les plus élevées de la réussite sociale, gagée souvent sur les diplômes ! , se manifeste par l'inaptitude, de nature ou de mauvais vouloir, à penser le monde et l'expérience humaine selon une authentique exigence de vérité. Néanmoins, surtout à l'occasion des épreuves les plus douloureuses, et à l'approche de la mort, peut se produire un sursaut de conscience ; mais il est alors trop tardif pour modifier notablement le style global d'une existence. Les miséreux mentaux quittent la vie sans en avoir saisi le vrai sens, ils ont raté la destination humaine. Aussi, nulle tâche n'est-elle plus urgente et impérative, aux yeux du philosophe, que celle de montrer comment la vérité de la destination humaine, telle que la pensée métaphysique la conçoit, résiste à toutes les objections que l'on peut tirer de la misère mentale, malgré son angoissante extension ; ce qui suppose un esprit de justice et une résolution de lucidité prêts à envisager des solutions fort éloignées de l'humanitarisme idéaliste et de la théologie de fraternité lénifiante...
La question de Dieu est sans doute l'une des questions les plus décisives de l'existence humaine. Elle concerne chacun de nous, athée ou croyant, dans la mesure où à travers elle se dessinent les enjeux de l'existence elle-même. Depuis Kant, qui a mis en lumière les antinomies de la Raison pure, on sait que la seule démonstration rationnelle ne peut suffire à prouver l'existence d'un Etre parfait, éternel, créateur du monde et des hommes. L'auteur, à partir d'une anthropologie philosophique originale et de portée historique, élabore dans cet ouvrage une méthodologie nouvelle, susceptible d'aborder cette question sous un jour nouveau, sans céder à l'idéalisme qui consisterait ériger en absolu un système de valeurs sublimes et de croyances en Dieu. Cette réflexion s'adresse aussi bien aux partisans de l'athéisme qu'aux croyants, quelles que soient leurs confessions.
Résumé : Rechercher un système philosophique traditionnel dans l'oeuvre de Nietzsche relève du contresens. Les écrits du philosophe rejettent la monotone argumentation logique, louent la variété des approches en mélangeant les genres, transportent le lecteur dans des louvoiements "labyrinthiques". S'il y a une "méthode" nietzschéenne, elle réside dans la variété des perspectives, la pluralité des points de vue, plus ou moins antagonistes, par lesquels il faut nécessairement passer si l'on veut comprendre la réalité dans son devenir et dans ses contrastes. La contradiction, chez Nietzsche, cesse d'être une épine dans la chair de la pensée, une épine qu'il s'agit d'arracher avec la raison : elle prend la valeur d'un signal pour nous avertir de changer de point de vue.
Après cinquante ans d'aide publique au développement l'écart entre pays les plus riches et pays les plus pauvres n'a pas été réduit. Ce constat conduit à s'interroger sur les causes de l'échec de l'aide au développement. Parmi ces causes, les différences de culture, manière d'être et de penser, ne jouent-elles pas un rôle déterminant jusque-là par trop négligé ? Cet ouvrage s'attache à démontrer que l'aide au développement de l'Afrique subsaharienne n'atteint pas son but du fait des différences culturelles entre apporteurs et bénéficiaires de l'aide, disparités culturelles qu'il convient de confronter au rationalisme et aux théories des décideurs économiques. Ces différences culturelles culminent au sommet de l'Etat : les donateurs, à défaut d'une définition cohérente, se font une conception irréductible à la culture africaine alors même que l'utilisation de l'aide repose sur le rôle de l'Etat bénéficiaire. Donateurs et bénéficiaires doivent d'abord prendre en compte leurs différences mutuelles. C'est la leçon de la trop longue chronique d'un échec annoncé par les rapports Pearson et Jackson dès 1969.