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Dostoïevski. Lectures au XXe siècle
Gourg-Antuszewicz Marianne
ORIZONS
20,00 €
Épuisé
EAN :9791030900163
Les articles sur Dostoïevski, réunis dans ce livre, sont écrits pour l'essentiel dans une perspective bakhtinienne et comparatiste. La première partie comporte des études du texte dostoïevskien lui-même. L'auteur s'interroge sur les rapports que l'énonciation y entretient avec la multitude de voix qui se répondent, se mêlent, se combattent, sur la création de genres nouveaux abolissant les frontières entre journalisme, fiction, folklore, mythe, sur la façon dont l'absurde peut devenir un principe constructif. Ainsi, Dostoïevski s'arrache-t-il au XIXe siècle pour se situer dans la modernité. Des écrivains russes, hier encore marginaux, comme Boulgakov, Olecha, Dombrovski et même Nabokov s'inspirent de l'auteur de Crime et Châtiment, plus adéquat à leur vision du monde, que leurs contemporains "officiels". C'est le sujet de la deuxième partie. En France, Dostoïevski exerça une influence majeure sur nombre d'écrivains du XXe siècle. Dans la troisième partie nous en donnons quelques exemples avec Mauriac, Bernanos, Kessel, Carco, Camus, Michel del Castillo.
Le 4 janvier 1995, quelques jours après le déferlement de centaines de chars russes dans la petite République tchétchène indépendante, les bombardement commencent à pilonner la capitale, Grozny. Resté seul dans sa maison banlieue sous les bombardements, Soultan Iachourkaev commence à rédiger son journal. Entre deux visites à ses bêtes, dans une maison glaciale et à demi détruite, passant du tragique au comique, du simple constat des dégâts à l'indignation, il fait le décompte des pillages et des assassinats, note les conversations avec les deux voisins qui lui restent, raconte les pénuries, les nuits sans sommeil, les incursions en ville. Il nourrit son texte de récits historiques, d'anecdotes, de souvenirs et de tout ce qui fait sa vie. Il survit, sans livres, sans rien. Cet intellectuel de grande envergure, poète fin et érudi a le temps de penser...L'objet de ses méditations sous les bombes? La Tchétchénie et la Russie, l'Europe et ces éclats d'Europe que sont les pays du Caucase. On y voit l'enchaînement des circonstances qui a conduit à la guerre. Et l'on comprend un peu mieux la résistance d'un petit peuple persécuté depuis des siècles.
La Mer, d'Edward Bond, second volet du diptyque Lear/The Sea, est universellement reconnue comme un " classique contemporain ". Pièce de bruit et de fureur, sur fond de violence sexuelle, sociale, politique et cosmique, elle recèle pourtant un discours d'engagement humaniste. Edward Bond nous y parle d'un monde lacéré par de fulgurantes douleurs, au bord de la fragmentation ; il nous parle d'aujourd'hui. L'individu s'y trouve engagé sur la voie initiatique de l'éveil grâce à la mort symbolique, à l'alchimie des éléments et à la compassion de l'Autre, tandis que le chaos de la folie humaine menace à tout instant de l'anéantir. La métaphore scénique s'infléchit vers le grinçant, souvent vers le comique, mais elle transporte toujours par cette puissance poétique qui hait de Bond le " barde " de lion l'extrême humanité.
Vingt-trois des premières nouvelles que Tchekhov publia entre l'âge de 23 et 25 ans : autant de satires de moeurs féroces, presque cruelles, qui annoncent aussi le futur peintre de la banalité tragique de la condition humaine. Ce recueil réunit un choix des tout premiers récits de A. Tchekhov. Ecrits à l'époque où, fraîchement débarqué à Moscou de son lointain Taganrog, Tchekhov collaborait à de petits journaux satiriques pour aider sa famille et payer ses études de médecine. On lui réclamait des textes brefs. Ici, la miniature s'ouvre sur l'universel. Rien de plus banal que les sujets et les personnages de ces nouvelles : misérables fonctionnaires, modestes commerçants, rentières désargentées, employés des postes, gouvernante, toutes ces petites gens que Tchekhov avait rencontrés durant sa jeunesse laborieuse à Taganrog. Les histoires que conte Tchekhov sont simples voire insignifiantes mais, sous la plume souvent féroce de l'auteur, elles acquièrent une drôlerie qui, parfois, confine au cynisme. La tragique condition humaine, voilà le domaine où s'exercent ces nouvelles. Plus rarement, des accents nostalgiques, annonciateurs du Tchekhov tardif se glissent au travers de cette joyeuse cruauté. Vingt-trois nouvelles sont réunies : Papa, Mon jubilé, Pour de jolies pommes, La joie, Chez le barbier, Le triomphe du vainqueur, Une nature énigmatique, Déguisements, La mort d'un fonctionnaire, La Dot, Une fille d'Albion, Le gros et le maigre, Au bureau de poste, En mer, Elle est partie, Une poule mouillée, La nuit de Noël, L'album, Le caméléon, Au cimetière, Les huîtres, Le masque, Mariage d'intérêt.
Une journée à Beyrouth. Au lendemain de l'assassinat d'un chef politique, une manifestation géante occupe les esprits. En marge de la foule, spectateur indifférent, acteur malgré lui un jeune homme sans nom, cigarette au bec et bières à la chaîne, dont la volonté est de ne rien entreprendre, parcourt la ville par ennui, suit une ancienne maîtresse, assiste à une bagarre, se rend à une soirée, écoute avec plus ou moins d'indifférence le récit des histoires qui se font et se défont. Dans ce premier roman, Toufic El-Khoury dit l'ennui du monde avec une remarquable économie de moyens. La force du livre tient à sa concision et à sa sobriété.
Les contributions qui vont suivre examineront, librement, les variations de la temporalité chez certains romanciers du XXe siècle, riche en avatars et en subversion. Petit à petit, le temps devient lui-même un acteur privilégié de l'univers romanesque. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, que Proust n'aurait pas contredit, il accède au statut de " héros du roman ". Si le temps raconte son histoire, c'est qu'il " est né de l'exténuation des mythes ", et même " se réduit à une poursuite exténuante de sa structure. " (Mythologiques, t. III, 1968). Le temps romanesque peut se jouer des lois du temps réel, le contracter ou le dilater, l'accélérer ou le ralentir. Il mélange des segments et des séquences parfois fort éloignés au plan diachronique. Pour avoir été considéré comme un miroir du temps, un Zeit-Spiegel, le temps romanesque devient, au XXe siècle, un Zerr-Spiegel, un miroir déformant. Ainsi que le montrent les études de cet ouvrage, cet effritement ne nuit pas au genre : la liberté de la fiction y puise un renouvellement constant et assure à sa propre création un avenir qui déjoue les lois du temps. Pari gagné à en juger les auteurs de ce volume.
Une jeune fille rencontre celui qu'elle appelle l'homme de sa vie. Ils habitent à Ashod, une ville portuaire sur la côte israélienne. Elle l'épouse et le suit en France, à Paris. Mais Charles, au fil du temps, s'est progressivement détaché de ses origines ; le message de Jésus le bouleverse et le sentiment d'être plus proche de la religion, va en lui plus profond. Ce récit émouvant trouve sa résonance sur la scène religieuse contemporaine.