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CYNISME ET CHRISTIANISME DANS L ANTIQUITE
GOULET-CAZE
VRIN
30,00 €
Épuisé
EAN :9782711626069
Le cynisme ancien critiquait les valeurs de la civilisation, remettait en cause les hiérarchies sociales, exigeait l'accord entre les actes et les paroles, enseignait le mépris des richesses et recommandait une ascèse radicale. Par là il offrait des points de contact idéologique avec le judaïsme et le christianisme des premiers siècles. Parmi les exégètes et les théologiens du Nouveau Testament, on trouve même des gens - les partisans de la " Cynic hypothesis " -, qui pensent que Jésus lui-même et ses compagnons auraient pu connaître en Galilée des cyniques et qu'en conséquence ils auraient pu être influencés de façon décisive par la morale et les comportements de ces prédicateurs itinérants. Ce caractère cynique du message originel de Jésus serait particulièrement manifeste dans ce qu'on appelle la " Source Q " des Evangiles synoptiques, dès lors qu'on la lit à la lumière des chries grecques, voire cyniques, et à travers la grille de la morale diogénienne. Afin de vérifier la validité de leurs arguments, il était nécessaire d'analyser à nouveaux frais la véritable nature du cynisme, loin des clichés et des a priori, et d'évaluer la portée des parallèles mis en avant par les tenants de la " Cynic hypothesis ", en prenant en compte les objectifs visés par les textes et l'esprit qui les anime. Dans les siècles qui suivirent, les chrétiens, partagés entre l'admiration pour l'ascétisme des premiers cyniques et la répulsion qu'ils éprouvaient à l'égard de l'impudeur et de l'athéisme des " Chiens " de leur époque, adoptèrent des attitudes diverses et parfois opposées, n'hésitant pas tantôt à faire appel à l'exemple des philosophes cyniques, tantôt à insulter et à calomnier ces gens épris de vaine gloire, qui représentaient à leurs yeux une affirmation de la volonté humaine diamétralement opposée à la soumission religieuse de la foi chrétienne. Aller le plus loin possible dans l'approfondissement des liens qui unirent la philosophie la plus dérangeante de l'Antiquité et la religion au message le plus révolutionnaire, sans forcer les textes et sans sacrifier à une quelconque idéologie, tel est l'enjeu de la présente étude.
Goulet Jean - Lerouge Frédéric - Boutin Jean-Pierr
Le lecteur trouvera dans cet aide-mémoire toutes les données utiles, théoriques et pratiques, pour réaliser des calculs de résistance des matériaux. Cette nouvelle édition s'est enrichie de quelques cas pratiques mais surtout aborde le sujet des Eurocodes, ce qui en fait un outil de travail complet et pratique.
Et si Gide, dont on parle beaucoup, restait un auteur méconnu ? Est-on sûr de l'avoir vraiment lu ? Et surtout relu, comme il le souhaitait ? Incontestablement, ce maître du clair-obscur, animé d'un " insatiable besoin d'aimer et d'être aimé ", choisit toujours ses lecteurs et sait leur ménager ses surprises et ses plaisirs. Il voulait aussi que son " action sur le lecteur [l'aide] à y voir clair, à s'interroger lui-même et le forcer à penser, fût-ce contre [lui] ". C'est donc à la lecture et à la relecture de son ?uvre que se consacre cet ouvrage, qui s'attache plus particulièrement aux grands textes de fiction (de Paludes aux Faux-Monnayeurs) et au " testament " que voulaient être Les Nouvelles Nourritures. Mais il commence par poser quelques vastes questions. Par exemple pourquoi Gide écrit-il ? De quoi sa vocation est-elle faite ? Pourquoi s'est-il fait un devoir de devenir l'apôtre de l'homosexualité, au risque de sa réputation ? Comment a-t-il été amené à théoriser la notion de " mise en abyme ", et pourquoi est-elle consubstantielle à son ?uvre ? Comment celle-ci s'est-elle progressivement détachée du narcissisme initial ? Comment, liant consubstantiellement l'esthétique à l'éthique, s'est-elle voulue profondément pédagogique tout en restant ouverte et ambiguë ? C'est à ces questions et à bien d'autres que s'efforce de répondre cet ouvrage, mariant différentes méthodes critiques pour armer et éclairer une lecture attentive, comprendre et expliquer une écriture, ses projets, ses enjeux, et son efficacité.
Les modèles de développement agricole, entendus ici aussi bien dans leurs dimensions techniques, économiques que sociales, sont plus que jamais pluriels. L'agroécologie apparaît, dans ce contexte, comme l'une des alternatives les plus en vue. Mais qu'entend-on exactement par cette notion ? Quels sont les acteurs qui la défendent, la conçoivent, la mettent en oeuvre ? Et surtout, si l'agroécologie est aujourd'hui évoquée sur tous les continents et dans les institutions internationales, l'est-elle finalement dans les mêmes termes, et soulève-t-elle les mêmes débats partout dans le monde ? L'ambition de cet ouvrage est de mettre en regard autour de ces questions les situations de deux grands pays agricoles, dans lesquels l'agroécologie a connu récemment d'importants développements : l'Argentine, qui doit sa croissance économique récente à l'essor d'une agriculture d'exportation spécialisée dans la production de soja, et la France, puissance agricole traditionnelle, qui a connu, au cours des deux dernières décennies, une transformation radicale des relations entre agriculture et société, au travers notamment des questions environnementales. Cet ouvrage, réalisé avec le soutien du CIRAD, de l'INRA, de l'IRD et du laboratoire international franco-argentin Agriterris, s'adresse à tous ceux producteurs, agents de développement, chercheurs, entreprises ou décideurs publiques, étudiants - qui s'interrogent sur l'agroécologie et sur les transformations contemporaines des systèmes agricoles. Au-delà des mondes agricoles, il intéressera tous ceux qui s'attachent à penser dans leur globalité les transformations des systèmes productifs, entre processus techniques et mouvements sociaux.
La Philosophie de Moïse, certains Juifs alexandrins, au I er siècle avant Jésus-Christ, ont essayé de l'extraire du Pentateuque, en appliquant à la Torah la même méthode allégorique qui avait permis aux Grecs de faire d'Homère un philosophe. De verset en verset, ils dénonçaient l'absurdité ou l'inconvenance du sens littéral des récits bibliques ou des prescriptions légales afin de mieux dévoiler des doctrines morales cachées. De la création du monde à l'entrée d'Israël en terre promise, l'allégorie reconstituait une anthropologie et une éthique philosophiques où étaient évoqués les rapports de l'âme humaine avec le vice et la vertu. Ce document d'une audace incomparable a laissé de profonds vestiges dans les commentaires allégoriques de Philon d'Alexandrie. Cette étude qui porte sur un chapitre méconnu de la tradition allégorique grecque et judéo-chrétienne, intéressera donc non seulement les spécialistes de Philon d'Alexandrie, mais aussi les historiens de la philosophie hellénistique, les historiens du judaïsme, les exégètes de l'Ancien Testament et de la Septante et, de façon plus générale, les historiens des religions.
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.