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La désobéissance d'Andreas Kuppler
Goujon Michel
H D ORMESSON
18,00 €
Épuisé
EAN :9782350872117
Andréas cheminait le long d'Unter den Linden et ne comprenait pas pourquoi les vénérables tilleuls qui font habituellement son charme avaient tous été coupés. La nuit venait de tomber sur Berlin. Les trottoirs étaient recouverts d'une neige dure qui craquait sous la semelle. Le paysage avait quelque chose d'irréel. Arrivé à l'intersection de la Friedrichstrasse, Andréas s'arrêta devant le Café Kranzler. Après un instant d'hésitation, il entra. Il faisait un froid de gueux: il s'attablerait un moment et commanderait une boisson le temps de se réchauffer.À l'intérieur, il chercha du regard une place mais la salle était bondée. Les serveurs slalomaient entre les fauteuils et feignaient de ne pas le voir - comme ils en ont l'art et la manière. Il décida d'attendre près de la porte. Soudain, il aperçut ses beaux-parents, Joseph et Maria Bock, en train de consommer un café au lait agrémenté de pâtisseries. Il leur fit signe. Mais eux non plus ne le virent pas. Était-il devenu transparent?Bien que l'on fut au coeur de l'hiver, les clients étaient tous, curieusement, en tenue légère, presque printanière. Joseph Bock portait un costume gris clair et sa femme une robe beige ras du cou plutôt austère. Brusquement, le beau-père d'Andréas se leva. Avec son allure d'ancien militaire, ses cheveux aux reflets argentés et ses yeux bleus d'une couleur intense, quasi électrique, il avait quelque chose de glaçant. Tel un comédien qui prend le public pour confident, il lâcha mezza voce, mais les mains en porte-voix: «Je vais vous livrer un secret... Aujourd'hui, ils arrêtent tous les suspects. Ils n'épargnent que les gens irréprochables... Mais ne le répétez pas!»À son tour, Maria Bock se dressa et hurla, en gesticulant: «Ils nous débarrassent enfin de toute la racaille étrangère! Et aussi des Allemands... anti-allemands, des traîtres, des tièdes!» Rien, chez elle, ne collait avec son style habituel de bourgeoise d'un certain âge, sauf ce rejet viscéral, qu'Andréas lui connaissait bien, de ce qui n'était pas aryen et national-socialiste. Pour une fois elle l'exprimait sur un ton agressif et vulgaire, au lieu de le faire par allusions, à mots couverts.L'assistance restait muette et impassible. Au fond, seul dans un coin, un homme, cache-col remonté, casquette vissée sur le front, jetait des coups d'oeil inquiets en direction des Bock. Ses vêtements étaient froissés et, manifestement, il ne s'était pas rasé depuis plusieurs jours. Il ressemblait à ces pauvres hères, voleurs de poules, qu'on croisait sur les routes à l'époque de la Grande Dépression et qui effrayaient les enfants.Subitement, les Bock se tournèrent vers lui et, d'une seule voix, dénoncèrent: «Un anti-allemand! On en tient un! Arrêtez-le!» Aussitôt, l'assemblée se joignit à eux. Deux agents de la Gestapo, sanglés dans leurs vêtements noirs, surgirent, arme au poing. En observant l'individu qu'on arrêtait, Andréas découvrit avec effroi qu'il connaissait ce visage: c'était le sien! L'homme-qui-était-lui tenta, dans un réflexe absurde, de s'enfuir. Mais des sbires de la police secrète bloquaient la sortie. Perdant tout sang-froid, l'homme se mit à exécuter une série de saluts nazis. Il levait le bras de façon compulsive et mécanique, et accompagnait chaque fois son geste d'un «Heil Hitler!» plein d'enthousiasme patriotique. Sa démonstration d'allégeance sonnait faux, c'était grotesque. Les deux gestapistes le regardèrent faire sans broncher, jusqu'au moment où, le prisonnier cessant enfin sa pantomime, ils le mirent en joue et l'abattirent froidement.Quelques secondes, le silence régna dans la salle. Puis tous les clients se levèrent d'un bond pour acclamer la Gestapo. Andréas, pétrifié, ne quittait pas des yeux ses beaux-parents qui applaudissaient de bon coeur, comme au spectacle, quand le rideau tombe.
Résumé : Une langue, c'est une culture. Une culture, c'est un peuple. Un peuple, c'est Nous. Ainsi peut se résumer l'approche de Louis de Gouyon Matignon, 22 ans, étudiant en droit, et déjà un long passé au service de la cause tsigane. Après avoir publié un dictionnaire de langue tsigane (L'Harmattan, 2012), puis un pamphlet consacré à la défense des gens du voyage (Michalon, 2013), Louis propose aujourd'hui au lecteur cette méthode pour apprendre le tsigane. Fruit de plusieurs années de recherches auprès de la communauté, cet ouvrage a pour ambition de rendre accessible, à ses locuteurs, mais également à un public plus large, la richesse de cette langue, à la fois présente mais aussi étrangère - étrangère à notre connaissance, étrangère à notre compréhension. Gageons que le lecteur y trouvera les clefs d'une meilleure compréhension de la communauté tsigane et de sa culture, héritière d'un passé ancien, façonnée par plusieurs siècles de migration, et qui se trouve confrontée aujourd'hui au défi d'un monde toujours plus en intégration.
Résumé : Ce livre est celui d'un amoureux fou de Saint-Tropez et de sa presqu'île. Et c'est pour nous une découverte permanente, car il fait revivre l'esprit des lieux. Le port où les marins affrontèrent les "Barbaresques" et d'où ils partirent conquérir les marchés des échelles du Levant, les merveilles inconnues du massif des Maures, mais aussi l'âme de tous les passionnés de la cité maritime qui y ont longuement séjourné. Guy de Maupassant venant y fuir le désespoir d'une mort annoncée. Marcel Pagnol au château Camarat, Picasso tombant sous le charme de Dora Maar, Colette dans sa maison de la haie des Canebiers, Bardot et ses multiples amours, Simone de Beauvoir, Marguerite Duras... Et tous les peintres, couturiers et people égayant les splendeurs du Byblos et la terrasse de Sénéquier. Sans oublier le martyr romain Torpes, devenu saint Tropez, honoré dans la célèbre procession de la Bravade. Des aventures, des souffrances et des joies, dont celle de déguster l'aïoli à l'ancienne de la mère de l'auteur, sans oeufs : un vrai régal, comme tout le reste de cet ouvrage dont les "entrées", par ordre alphabétique, vous permettront d'aller savourer, selon votre humeur, les multiples aspects d'un endroit au charme éternel.
Cette anthologie invite à réfléchir sur la production et les étapes de la mise en oeuvre d'un sujet, à travers l'étude de brouillons d'écrivain. Articulée en deux parties, elle explore dans un premier temps "les différentes étapes de la genèse" (ratures et corrections, metatexte, etc.). des fac-similés de brouillons d'écrivains illustrent le propos.
Spectateurs, nous regardons le temps qui passe. Ou, est-ce plutôt nous qui passons et le temps qui se moque de nous et de nos sentiments ? Pourtant, il nous arrive parfois de nous arrêter, de prendre le temps de regarder le chemin parcouru ou celui qui s'étend devant nous. Souvent, dans ces moments-là, nous prenons une feuille blanche pour y graver nos impressions et en figer un peu de cet éphémère présent dans un gribouillis, quelques mots, ou même tout un roman. Et lorsque nous reprenons la route, la feuille blanche s'est couverte des couleurs de notre âme. C'est cela la couleur des pages blanches.
Cupidon aux fourneaux Henri Bredin, étudiant en lettres un brin rêveur, est secrètement amoureux de Valérie, aussi pétillante qu'inaccessible. Lorsque cette dernière succombe au charme d'un bel italien de dix ans son aîné, Henri s'avoue vaincu et abandonne tout espoir de la séduire. Il est condamné à rester le meilleur ami qui prodigue des conseils de lecture. Pourtant une découverte au détour d'un livre de poésie lui redonne espoir : la recette d'un élixir d'amour. L'étudiant n'est pas un candide, mais après tout, pourquoi pas ? La passion l'emporte sur la raison et Henri décide d'inviter Valérie à déguster son menu d'amour. Ponctuée de sept recettes qui mettront le coeur et les papilles en émoi, Nicolas Barreau nous emporte dans un conte magique où l'on savoure les chagrins et l'allégresse d'un premier grand amour.
Le protocole de la conférence de Wannsee est aujourd'hui considéré comme le symbole même de l'organisation calculée, froide et bureaucratique du génocide des Juifs d'Europe." Le 20 janvier 1942, la conférence de Wannsee réunit quinze dignitaires du IIIe Reich autour de la "question juive". Si toute la lumière n'a pu être faite autour de la tenue de cette rencontre, elle est considérée comme le point de bascule du régime nazi vers sa politique génocidaire. Selon Peter Longerich, deux visions s'y sont confrontées quant au sort des Juifs, celles de Himmler et de Heydrich. Révélant les tensions au sein de la direction de la SS et clarifiant les approximations qui entourent la rédaction du protocole de la conférence, l'historien s'attelle à en démonter le mythe et construit une lecture étayée des coulisses de ce moment charnière de la Seconde Guerre mondiale.
Sans dieu ni maître En 1720, au nord de la Bretagne, Côme de Plancoët mène une vie paisible dans sa seigneurie. Célibataire et sans héritier, il partage son temps entre l'équitation et l'érudition. Si sa personnalité intrigue, sa bienveillance a tôt fait de réduire au silence toutes les mauvaises langues. Ou presque... Car, dans l'ombre, un ennemi puissant lui voue une haine tenace et resserre autour de lui un étau redoutable. L'existence de Côme va voler en éclats et le conduire sur la route d'un druide sans âge aux pouvoirs étonnants et d'une cavalière au caractère bien trempé. Le Sans Maître est une chevauchée magique en terres bretonnes, rythmée par les aventures d'un homme vent debout contre l'obscurantisme et la vengeance. Un roman d'aventures qui nous embarque en terres bretonnes rythmé par la chevauchée d'un héros qui combat l'obscurantisme par la science et la vengeance par l'amour.
Véronique Gallo revient avec la plume qu'on lui connait, sincère, authentique, avec cette capacité à raconter la vie comme elle est, au plus près des ressentis des personnages. Kate a 20 ans dans les années 90 et fait face à l'entropie de ses sentiments. Sa vie semble effectivement répondre aux mêmes lois que la thermodynamique : tout système tend naturellement au désordre si l'on n'y prend pas garde. Alors elle choisit de se battre…
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.
L'Amazonie.Perdue sous la canopée, une tribu d'Indiens isolés, fragilisés, menacés par les outrages faits à la forêt. Au-dessus de leurs têtes, un homme d'affaires seul et pressé, aux commandes de son avion, survole l'immense cercle formé par la boucle du fleuve délimitant leur territoire.Une rencontre impossible, entre deux mondes que tout sépare. Et pourtant, le destin va l'organiser.À la découverte de la " Chose ", tombée du ciel, un débat agite la tribu des Yacou : homme ou animal ? C'est en essayant de leur prouver qu'il est humain que l'industriel finira par le devenir.Le Cercle des Hommes n'est pas seulement un puissant roman d'aventures, d'une richesse foisonnante, c'est aussi un livre grave sur le monde d'aujourd'hui et notre rapport à la nature.Photographe, journaliste, réalisateur, Pascal Manoukian a couvert un grand nombre de conflits. Ancien directeur de l'agence CAPA, il se consacre désormais à l'écriture. Il a publié notamment, au Seuil, Le Paradoxe d'Anderson.
Biographie de l'auteur Edouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu : l'insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.
Résumé : A Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l'Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l'apprentissage du mensonge. Partant d'un univers familial, Alain Mabanckou élargit vite le cercle et nous fait entrer dans la grande fresque du colonialisme, de la décolonisation et des impasses du continent africain, dont le Congo est ici la métaphore puissante et douloureuse. Mêlant l'intimisme et la tragédie politique, il explore les nuances de l'âme humaine à travers le regard naïf d'un adolescent qui, d'un coup, apprend la vie et son prix.