Du XIXe siècle à nos jours, une presse écrite a scandé, à travers toutes les nuances de la gauche radicale, l'actualité et le combat politiques, s'érigeant en porte-parole, en agitatrice, en organisatrice et parfois même en raison d'être de multiples groupes ou organisations. Ces journaux ont construit les cultures spécifiques des mondes communiste, anarchiste, trotskiste, anarcho-syndicaliste et autres. Ils ont contribué à façonner les militants, les ont mobilisés, éduqués, ont quelquefois agité l'opinion, mais sont souvent demeurés à tout jamais confidentiels et sans continuité. Aujourd'hui que les techniques et l'évolution sociologique modifient les formes et les structures militantes, il est utile et urgent de s'intéresser, au delà de l'histoire politique, et pour pallier l'inexistence d'archives de cette "petite presse" et la disparition de ses acteurs, au fonctionnement de celle-ci. Cet ensemble d'études, belges et internationales, ciblent deux directions principales: la fabrication, le financement, la diffusion, le public, d'une part; les rapports internes entre direction et rédaction, entre rédaction et pouvoir tutélaire, politique et financier d'autre part. Les auteurs tentent de déterminer, si au cœur même de l'âge d'or du militantisme, des procédures spécifiques révélaient les faiblesses structurelles ou les travers consubstantiels des organisations radicales vis-à-vis de leur presse, annonciatrices de leur inévitable déclin et/ou disparition. L'ouvrage permet de s'interroger et peut-être de contourner les mêmes dangers qui pèseraient sur le renouveau de l'expression radicale à travers l'Internet. Ces études constituent donc une halte sur un passé foisonnant et très mal connu et se veulent contribution aux interrogations sur l'avenir.
Résumé : Jésus a-t-il passé une partie de sa vie en Inde, durant ces dix-huit années de son existence -entre 12 et 30 ans- dont la Bible ne fait aucune mention ? Si personne à ce jour n'a jamais été en capacité de vérifier les propos de l'auteur, lui qui dit avoir vu dans un monastère Bouddhiste du Ladakh des parchemins dans lesquels le passage de Jésus en Orient est clairement mentionné, il n'en reste pas moins que la thèse défendue par Notovitch reste des plus intrigantes. Ce sujet fit l'objet maintes fois de vives polémiques au point que la publication de l'ouvrage fut interdite à la fin du XIXe siècle par l'Eglise catholique. Faut-il dès lors y voir la volonté de cacher une vérité dérangeante ? Et si les documents cités par l'auteur étaient véritables ? Cette probabilité mérite d'autant plus d'être envisagée que d'illustres intellectuels, dont Nicolas Roerich qui fut Prix Nobel de la Paix en 1929, corroborent les propos de Notovitch et témoignent de l'existence de ces fameux parchemins. On imagine avec aisance les implications qu'une telle découverte pourraient avoir...
L'histoire des amnisties politiques en Europe se présente comme celle de processus juridiques qui, par l'impératif d'oubli, permettent à un événement traumatique d'être mis à distance, empêchent rancunes et rancœur d'empoisonner le présent de l'histoire. Forts de cette approche, nous mettrons à l'épreuve plusieurs situations présentes en Europe. En Italie, peut-on dire que la non-amnistie des " années de plomb " empoisonne le présent ? A contrario, en France, l'amnistie des derniers évènements traumatiques de grande ampleur, comme la collaboration et la guerre d'Algérie, n'a-t-elle pas laissé des traces d'illégitimité pour avoir masqué la vérité historique, voilant ce qui rendrait justement possible aujourd'hui des relations pacifiées avec ces pans difficiles de l'histoire nationale ? Que dire du décret Suykerbuy en Belgique qui semble renvoyer dos à dos les résistants et les collaborateurs plus de cinquante ans après la seconde guerre mondiale, plus de quatre-vingt dix ans après la première ? Le sang versé dans un climat qualifié de terroriste dans le cas italien, l'implication dans le génocide des juifs pour nombre de collaborateurs, les actes de torture pour les acteurs de la guerre d'Algérie, le nationalisme collaborateur des Flamands incriminés, ont donné à l'amnistie un caractère scandaleux. Ce caractère scandaleux peut cependant être mis à l'épreuve d'une analyse critique qui permet de distinguer entre deux modèles d'amnistie : celle où les vaincus ont remis en question les principes démocratiques et celle où les vaincus ont été amenés à faire usage de la violence au nom d'un patriotisme démocratique. Dans l'un et l'autre cas, les bénéficiaires et les fondements politiques de l'amnistie diffèrent. Dans une Europe qui semble faire de moins en moins cas des principes démocratiques, constamment rappelés pour mieux les négliger, les territoires de l'amnistie produise une conscience historique ambivalente. Il s'agit de comprendre comment et de saisir les enjeux d'une normativité souvent mal partagée.
Née à Wady-Roskow, en Bessarabie alors russe, Fanny Beznos fuit les pogroms avec sa famille, et arrive en France à l'âge de 6 ans. Sa vie en France sera celle des rencontres : avec André Breton, avec le communisme, mais aussi celles des premières confrontations avec la violence d'Etat. Son activité politique lui vaudra d'être expulsée de France. Commence alors pour Fanny Beznos une période de clandestinité. jusqu'en 1929, date de son mariage avec Fernand Jacquemotte, citoyen belge (neveu de Joseph Jacquemotte, fondateur du Parti communiste belge). Elle devient dirigeante des Jeunesses communistes belges, gère la librairie du Parti, anime le Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme, et travaille à l'accueil des enfants réfugiés d'Espagne. Le 10 mai 1940, elle est arrêtée avec son mari. Fanny sera déportée au camp de Gurs. Libérée, elle entre en clandestinité. Le 10 octobre 1941, elle est à nouveau arrêtée. En 1940, chose incompréhensible, Fanny Beznos se fit inscrire au registre des Juifs. Arrêtée comme communiste belge, elle est déportée à Ravensbrück, puis à Auschwitz. Les nazis assassinèrent une femme de lettres, une communiste, une résistante, une juive. Dans une Europe en devenir de désolation, Fanny Beznos épousa la culture et l'idéologie de ce qui fut sa nouvelle patrie : le communisme.
Il était une fois un avocat belge, engagé, résistant, déporté à Breendonk puis à Buchenwald. Sous des allures de père tranquille, Jean Fonteyne s'est mis au service du Komintern et est devenu, durant la guerre, le principal lieutenant d'Eugène Fried, l'énigmatique chef de l'Internationale communiste pour l'Europe occidentale. Derrière la grande histoire, se cache aussi la "petite". Comment un homme, d'origine libérale, est-il venu au communisme, prenant tous les risques personnels ? Comment de tels choix se forgent-ils ? Pourquoi, ensuite, Jean Fonteyne a-t-il été exclu du PC ? Hors du parti, point de salut ? Et des questions de fond sont posées, toujours actuelles. Humanisme et révolution sont-ils compatibles ? La vie a-t-elle un sens sans fraternité et solidarité ? Les utopies ne sont-elles pas aussi nécessaires que l'eau et le pain? Une chose est sûre: aujourd'hui, plus que jamais, en ces temps de replis individualistes mais aussi de sursauts "indignés", on a tous soif d'idéal !
Alinsky Saul ; Görtz Nic ; Zamora Daniel ; Hellier
Après avoir étudié la sociologie et la criminologie à Chicago où il travailla sur la mafia d'Al Capone et ses techniques organisationnelles, Alinsky (1909-1972) s'est consacré à l'organisation politique des habitants les plus pauvres de Chicago à des fins émancipatrices. De sa pratique, il a tiré des conclusions, des recommandations passionnées et une méthode qu'il a systématisée dans ce livre phare, Etre radical, publié pour la première fois en 1971. Rédigé dans un climat social et politique explosif aux USA (Black Panthers, radicalisation des campus universitaires, luttes dans les ghettos, Weather Underground, grèves), ce livre assurera à Alinsky bien des adeptes aux USA dont un certain Barack Obama. Etre radical donne aux radicaux des clés pour opérer une transformation sociale constructive et comprendre "la différence entre un vrai radical et un radical de papier".
Rocker Rudolf ; Chomsky Noam ; Baillargeon Normand
Rudolf Rocker (1873-1958) est l'une des figures les plus marquantes de l'anarchisme du XXe siècle. Il a exercé une immense influence sur un grand nombre de militants et de théoriciens libertaires ultérieurs, notamment Noam Chomsky. Rédigé à la demande d'Emma Goldman en pleine guerre civile espagnole, avec l'ambition de faire connaître à un large public les idéaux qu'elle incarnait et les moyens qu'elle mettait en oeuvre pour les atteindre, Anarcho-Syndicalism: Theory and Practice est paru à Londres en 1938. L'ouvrage donne une présentation exemplaire de l'anarchosyndicalisme, de son histoire, de ses méthodes et de ses finalités, une présentation qui dépasse à ce point son simple objectif ponctuel de vulgarisation qu'il est désormais, avec raison, tenu pour un des classiques de la théorie anarchiste. La traduction inédite qui en est proposée ici a été réalisée par Normand Baillargeon. Elle est précédée d'une substantielle introduction du traducteur et suivie d'une riche bibliographie qui replacent l'auteur dans son époque et l'oeuvre dans son contexte.