Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'immatériel. Connaissance, valeur et capital
Gorz André
GALILEE
24,00 €
Épuisé
EAN :9782718605920
Le capital et la science se servent l'un de l'autre dans la poursuite de leurs buts respectifs qui, quoique différents, ont beaucoup en commun. L'un et l'autre poursuivent la pure puissance au sens aristotélicien sans autre but qu'elle-même. L'un et l'autre sont indifférents à toute fin, à tout besoin déterminés, car rien ne vaut la puissance indéterminée de l'argent, d'une part, de la connaissance théorétique, d'autre part, capables de toutes les déterminations puisqu'elles les refusent toutes. L'un et l'autre se verrouillent par les techniques désubjectivantes du calcul contre la possibilité du retour réflexif sur soi.Mais l'alliance du capital et de la science présente depuis peu des fissures. Car s'il n'est pas question pour le capital de s'émanciper de sa dépendance vis-à-vis de la science, la perspective s'ouvre à la science de pouvoir s'émanciper du capitalisme.
Oui, une autre manière d imaginer et de faire de la politique est possible. Il existe d autres perspectives que la résignation et la soumission au modèle actuel. En ouvrant son Manifeste par un appel à la constitution d un nouvel espace politique mondial, le mouvement Utopia définit cinq principes constituants assortis de propositions concrètes et fortes: l environnement comme bien commun de l humanité, l accès universel aux biens et droits fondamentaux, la souveraineté alimentaire, la liberté de circulation et d installation et le développement de nouveaux espaces de démocratie. Mais pour construire il faut préalablement déconstruire et combattre l idéologie dominante pour laquelle croissance matérielle, épanouissement par la consommation et centralité de la valeur travail seraient l horizon indépassable.En s appuyant sur un nouvel idéal ambitieux, ce Manifeste interroge la question du progrès, de l autonomie et aborde la complexe réflexion sur la transition écologique et sociale. Il redéfinit le périmètre, le fonctionnement et le financement des différentes sphères économiques, propose de nouveaux espaces de démocratie et la mise en place d un passeport de citoyenneté universelle. Il se situe notamment dans la perspective des bouleversements qui résulteront de la crise énergétique et du dérèglement climatique.En abordant les principales questions qui se posent au XXIe siècle, ce Manifeste propose les pistes, les orientations et les transformations profondes permettant l émancipation à la fois individuelle et collective. La crise de 2008, les réactions conservatrices des États et de la finance, les mesures d austérité imposées aux populations et l échec de la lutte contre le dérèglement climatique exigent reconquête des idées, résistances, ruptures et propositions concrètes. Utopia revendique cette utopie qui considère que la réflexion alliée à l imagination arrivera à fédérer un mouvement fort, solidaire, capable de proposer une véritable alternative au capitalisme en dessinant les fondements d une nouvelle société.Le Manifeste Utopia fait l objet d un processus d élaboration collectif et de réflexion permanente.Avant-propos: Appel à la constitution d un nouvel espace politique mondial Stéphane Hessel, Danielle Mitterrand, Taslima Nasreen, Adolfo Perez Esquivel et Aminata Traore. Postface d André Gorz.
Nous arrivons au point précis qu'annonçaient les premiers visionnaires de l'après-capitalisme quand, au-delà de l'ordre industriel naissant, ils entrevoyaient une société différente : l'efficacité des machines y abolirait le travail, le règne du capital et de la marchandise pour faire apparaître le "temps disponible" comme mesure de la "vraie richesse". La révolution micro-électronique nous entraîne vers tout cela et pourtant nous continuons misérablement d'attendre que l'avenir nous rendre le passé, que le capitalisme se relève de son agonie, que l'automatisation procure plus de travail qu'elle n'en supprime. La gauche est sur le point de mourir faute d'imagination.
Il ne s'agit pas d'ajouter quelque chose à Derrida. Pas non plus de suppléer à des manques chez lui. Rien du double sens de ce mot — supplément — dont il a fait une de ses signatures conceptuelles. De manière générale, on ne complète ni on ne remplace jamais rien dans l'oeuvre d'un auteur : elle vaut telle qu'elle existe. Je pense plutôt à un troisième sens du mot, à ce sens littéraire ou journalistique selon lequel on joint une publication à une autre pour offrir un autre registre ou un autre aspect (un supplément illustré, sonore, ou bien encore le Supplément au voyage de Bougainville...). Ces textes écrits au gré des circonstances — colloques, ouvrages collectifs — et au fil de vingt-cinq années ne sont ni des études, ni des commentaires, ni des interprétations de la pensée de Derrida. Ce sont, pour le dire ainsi, des réponses à sa présence — telle qu'elle est venue et qu'à nouveau elle nous vient, supplément d'elle-même.
Que puis-je faire d'autre aujourd'hui, pour camper ici, dans ce Collège d'études mondiales en création, la question si générale de l'altérité - peut-être la plus générale de la philosophie - que d'indiquer en commençant d'où - par où - je l'aborde? Donc, pour éviter des vues trop vagues et les banalités qui déjà nous menacent, de vous inviter à entrer dans la singularité - modeste - de mon chantier? Que puis-je faire d'autre, autrement dit, pour débuter ce périlleux exercice de la "Leçon", que de me justifier dans ma nature hybride: de philosophe et de sinologue? J'ai dit souvent, quitte à provoquer un haussement d'épaule chez mon interlocuteur, que, jeune helléniste à la rue d'Ulm, j'ai commencé d'apprendre le chinois pour mieux lire le grec... Nous disons si volontiers, en effet, que nous sommes "héritiers des Grecs". Mais, justement, la familiarité n'est pas la connaissance. Ce qui est "bien connu", disait Hegel, n'est, de ce fait, pas connu, weil es bekannt ist, nicht erkannt. Il faut, dirons-nous, de l'autre pour y accéder. Mais pourquoi le chinois? Pourquoi la Chine? Je n'avais, par famille et par formation, vraiment rien à voir avec la Chine. Mais justement...
Libre parole rassemble trois essais de style et de circonstance différents : la Conférence Hrant Dink sur la démocratie et la liberté d'expression par temps de violence, donnée en public à Istanbul en janvier 2018 ; les Thèses élaborées en 2015 sur "Liberté d'expression et blasphème", pour intervenir dans la discussion qu'ont relancée les assassinats par les membres de Daech de journalistes de Charlie Hebdo associés à la publication des "caricatures de Mahomet" ; enfin, le séminaire donné en 2013 et rédigé l'année suivante sur les formes de la parrésia selon Michel Foucault, où se trouve déployée à partir de l'exemple grec sa conception du courage de la vérité. Leur objectif commun est de problématiser les conditions et la fonction de la liberté d'expression en tant que droit aux droits, plus fondamental que jamais dans une période de régression des formes démocratiques, facilitée par les effets désagrégateurs de la mondialisation capitaliste, et surdéterminée par les effets de terreur et de contre-terreur que suscite une situation de guerre endémique à laquelle aucune région du monde n'échappe entièrement désormais. Il est aussi de montrer que, si la liberté d'expression institutionnellement garantie, et la libre parole qui en forme la contrepartie subjective, constituent une "propriété" inaliénable des individus et des groupes dont l'autonomie est (théoriquement) reconnue en démocratie, il faut s'élever à la conception d'un bien public de la communication si l'on veut en généraliser l'exercice, en prévenir les usages discriminatoires, et lui conférer par là-même toute sa normativité politique.