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Communalisme andin et bon gouvernement
Gomez-Muller Alfredo
LIBERTALIA
18,00 €
Épuisé
EAN :9782377292332
Ils donnaient à chaque Indien un tupu. Un tupu de terre suffisait pour la nourriture d'un plébéien marié et sans enfants. De sorte que tous universellement semaient ce qui était nécessaire pour subvenir aux besoins de leurs familles. Ainsi n'avaient-ils pas lieu de vendre les provisions de bouche, ni de les enchérir, et ils ne savaient d'ailleurs pas ce qu'était la cherté " (Inca Garcilaso de la Vega, Commentaires royaux sur les Incas). La description du "bon gouvernement" des Incas par l'Inca Garcilaso, publiée en 1609, constitue l'une des sources du renouveau de la critique sociale, politique et économique en Europe et dans l'Amérique dite "latine", dès le XVIIe siècle. Fondée sur une conception de la justice sociale beaucoup plus avancée que celle qui existait alors dans les sociétés européennes, l'expérience inca suscite dans les deux continents l'intérêt de réformateurs et de révolutionnaires engagés dans la recherche de solutions à l'extrême misère qui frappe une grande partie de la population, à une époque où le capitalisme naissant tend à détruire la propriété communale traditionnelle. Elaboré comme un acte de résistance par le premier auteur "indien" publié en Europe, le récit de l'Inca Garcilaso continue de nourrir les mémoires utopiques des deux continents, en dépit de l'européocentrisme qui règne toujours dans l'écriture de l'histoire.
Le débat sur le multiculturalisme, qui a accompagné pendant les quatre dernières décennies la mise en place des premières politiques multiculturalistes dans les démocraties libérales avancées, a modifié profondément notre manière de percevoir la culture et la diversité culturelle. Nos sociétés auraient ainsi pris conscience du pluralisme culturel qui les traverse, et seraient devenues plus sensibles aux injustices faites aux minorités nationales et culturelles au nom d'une certaine idnom d'une certaine idée de la nation, de la démocratie, de la liberté ou de l'égalité. Pourtant, le multiculturalisme est loin de faire l'unanimité aujourd'hui ; selon certains diagnostics, il serait même en crise. Le présent ouvrage propose un bilan critique du multiculturalisme, tant au niveau des réalisations des politiques multiculturalistes que de ses apports théoriques au débat sur la diversité et sur l'unité en démocratie. Les conclusions des auteurs sur les trois axes privilégiés dans ce livre (fédéralisme et pluralisme national ; critiques de l'universalité ; reconnaissance du pluralisme linguistique) sont contrastées mais permettent de dresser un tableau clair et nuancé des apports et des limites du multiculturalisme dans les démocraties libérales.
Petit livre documentaire très précis et détaillé sur le Pachamama ; terme Andin employé pour parler de la ‘’terre-mère’’. L’auteur décrit et analyse rigoureusement l’origine et le sens de ce concept tout en définissant minutieusement toutes les implications politiques, écologiques et divines qui en découlent.
Résumé : En Amérique latine comme ailleurs, la critique postcoloniale apparaît comme une condition pour le renouvellement des dialogues interculturels orientés vers la construction d'une modernité alternative, ou d'une vraie postmodernité, fondée sur une autre manière d'habiter la terre, moins dévastatrice pour la nature comme pour les humains. Reprenant d'une manière inédite la perspective ouverte au XXe siècle par des auteurs comme José Carlos Mariategui, Alberto Flores Galindo, Pablo Gonzalez Casanova ou René Zavaleta, les études postcoloniales latino-américaines contribuent à la critique d'un modèle culturel, social et politique fondé sur le clivage traditionnel entre la "civilisation" et la "barbarie". Articulée initialement par un versant de la modernité européenne qui trouvera au XVIIIe siècle une forme systématique dans l'anthropologie des Lumières (M. Duchet), cette dichotomie a été au départ la matrice idéologique de la domination coloniale européenne, et, plus tard, de celle des nouvelles élites "républicaines" attelées à la tâche de construire l'unité sociale et politique sur la base du modèle européen de l'Etat-nation. Au XIXe siècle et durant une bonne partie du XXe, l'unité de la "Nation" est imaginée de telle manière qu'elle implique l'exclusion de la différence culturelle dans l'espace public. Or, depuis les quatre dernières décennies, les nouvelles formes de la mobilisation indienne et la renaissance des identités afro-américaines participent à la crise des modèles identitaires établis et au surgissement, dans divers domaines du culturel et du politique, de manières inédites d'imaginer l'identité (subjective, sociale, culturelle, nationale) et d'assumer la diversité culturelle (interculturalité, multiculturalismes, indianisation) dans la sphère publique. Le présent ouvrage propose un aperçu des problématiques, recherches et discussions actuelles sur le postcolonial en Amérique latine, en prenant comme fil conducteur les processus de reconfiguration identitaire liés à l'"émergence indienne" et au renouveau actuel des identités afro-américaines.
Depuis la "Découverte" de l'Amérique, une multiplicité de références européennes, américaines et africaines sont mises diversement à contribution dans la construction et reconstruction des imaginaires de l'identité collective en Amérique latine. Cette perpétuelle reconstruction des symboliques de l'auto-identification prend, pour l'essentiel, la forme d'un incessant va-et-vient d'images du même et de l'autre, qui, d'un continent à l'autre, sont sans cesse reprises, refusées, adaptées ou resignifiées à partir de contextes sociaux, culturels et politiques très variés. Dans la production littéraire ou historiographique comme dans les discours politiques ou la création artistique, ces constructions identitaires configurent diversement les rapports entre la diversité et l'unité, depuis l'opposition post-coloniale entre la "barbarie" et la "civilisation" jusqu'à la configuration moderne de la nation qui, identifiant l'unité à l'homogénéité, tend à effacer la diversité ou à la dégrader. En faisant jouer les ressources de l'interdisciplinarité, les diverses études qui composent cet ouvrage interrogent les concepts d'"identité" et de "nation", décrivent la genèse des imaginaires de l'identité dans les anciennes colonies espagnoles d'Amérique, examinent la fonction de ces imaginaires dans le cadre des interactions sociales à partir du XIXe siècle, analysent leurs modes de circulation et de réception, identifient des filiations, déplacements, ruptures, continuités et discontinuités tant au niveau des formes que des contenus. Elles entendent ainsi contribuer à l'élaboration d'une compréhension renouvelée de l'architecture complexe de l'imaginaire de la nation en Amérique latine, et, plus généralement, des processus de construction de l'imaginaire national.
David Graeber séjourna à Madagascar de 1989 à 1991 et y découvrit l'existence d'un groupe ethnique formé des descendants des pirates qui s'y étaient installées au début du XVIIIe siècle. Il a rédigé sur le sujet un essai, où il entreprend, entre autres, de faire la lumière sur l'utopie pirate connue sous le nom de "Libertalia". Décryptant les légendes pirates et analysant la documentation disponible, l'auteur explore l'impact qu'eurent les flibustiers et leurs descendants sur l'histoire malgache au siècle des Lumières ? mais aussi l'influence qu'eurent les récits de pirates et leurs pratiques proto-démocratiques sur les penseurs de l'époque. Il en résulte un récit passionnant, doublé d'une réflexion lumineuse sur la nature et les origines de l'idéologie marchande.
Résumé : Le 16 juillet 2017, Emmanuel Macron s'apprête à terminer son discours lors de la commémoration du 75e anniversaire de la rafle du Vél' d'hiv'. Et soudain, se tournant vers Benyamin Netanyahou, qu'il a appelé "cher Bibi", il lance : "Nous ne céderons rien à l'antisionisme, car il est la forme réinventée de l'antisémitisme." Jamais un chef de l'Etat n'avait commis une telle erreur historique doublée d'une telle faute politique. Voilà ce que ce livre entend démontrer, sur un mode non polémique et pédagogique en traitant successivement de l'histoire du sionisme, de la diversité de l'antisionisme, de l'antisémitisme hier et aujourd'hui, enfin de la politique proche-orientale de la France.
Connaît-on vraiment l'intensité de l'engagement de Louise Michel (1830-1905) ? Les précédentes anthologies ont eu tendance à cloisonner la richesse et la diversité d'une expression révolutionnaire variée en sélectionnant des formats (poésie, roman, essai) ou en privilégiant son caractère littéraire - aujourd'hui si romantiquement anachronique. Tout en conservant cette diversité et ce souffle singulier, cette anthologie présente la "grande citoyenne" en action à travers un choix de textes souvent inédits. Celle-ci ne cesse de s'engager et de mobiliser en invoquant les spectres de la Commune ou en traçant des horizons radieux, en reliant entre elles les luttes du monde entier, appelant à l'émancipation des femmes, à la compassion parfois, à d'implacables colères populaires souvent.