Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Musulmanes et modernes. Voile et civilisation en Turquie
Göle Nilüfer
LA DECOUVERTE
8,00 €
Épuisé
EAN :9782707140678
Modernité occidentale d'un côté, islam traditionnel de l'autre : dans les discours contemporains, cette opposition est irréductible. Et le voile islamique qui couvre la- femme musulmane apparaît comme le symbole le plus frappant de cette étrangeté absolue entre deux mondes. Vision réductrice, comme le montre Nilüfer Gole, qui apporte dans ce livre une contribution décisive à la compréhension des sociétés musulmanes contemporaines et des mouvements islamistes. Dans cette perspective, la Turquie était sans doute le meilleur terrain d'observation : c'est dans ce pays que la modernisation et la laïcisation de la société, depuis le XIXe siècle, ont été le plus poussées. Et c'est pourtant sur ce terrain de la modernité que surgissent, comme ailleurs dans le monde musulman, de puissants mouvements islamistes. Au c?ur de ce paradoxe, le statut de la femme. Forte de ce constat, Nilüfer Gôle a mené une longue enquête dans son pays, qui montre comment, derrière le voile, apparaît un nouveau profil de femme musulmane : éduquée, urbanisée et revendicative. Engagées politiquement et professionnellement, ces femmes quittent la sphère du privé et remettent en cause le fondement même de l'organisation sociale musulmane et la ségrégation entre les sexes. Derrière ce qui peut paraître un mouvement de protestation politique, on voit se dessiner la genèse d'élites islamiques qui cherchent à mettre fin à l'assimilation de l'être civilisé à l'être occidental.
Göle Nilüfer ; Rechtman Richard ; Laugier Sandra ;
Résumé : Revendiquer l'espace public Maïdan, Tahrir, Gezi, Occupy Walt Street, Nuit debout... Les mouvements des places qui ont émergé au cours des années 2010 dans différentes parties du monde ont rénové l'espace public et signalent une nouvelle manière de faire de la politique. A chaque fois, des individus de tout horizon se réunissent pour résister aux pouvoirs en place, proclamer leur présence sans mettre en avant de leader, partager des émotions, expérimenter "? sur place ? " une nouvelle convivialité et célébrer leur diversité. Ces citoyens s'emparent des questions d'intérêt général afin de peser concrètement sur le bien commun. La démocratie semble réalisable, ici et maintenant. Comment saisir la signification de ces mouvements ? Annoncent-ils véritablement une nouvelle ère politique ? Ou bien ne sont-ils que des épiphénomènes isolés ? Jusqu'ici, il se sont "? naturellement ? " essoufflés, ou ont été étouffés par une violente répression. Ne représentent-ils qu'un rêve éphémère ? Rien n'est moins sûr. Les effets de certains perdurent même après leur extinction, comme dans le cas de Maïdan. Surtout, ils mettent en lumière une tendance de fond : la rencontre verticale désormais impossible entre une société hétérogène qui revendique un espace bien réel, et un pouvoir politique national renonçant à sa capacité d'action face aux problèmes d'ordre planétaire que sont la crise financière, la dévastation environnementale, l'expansion du terrorisme ou la pauvreté croissante. L'aspiration portée par ces occupations de la place publique a encore de beaux jours devant elle.
Bélier Gilles ; Legrand Henri-José ; Cormier Le Go
Résumé : Depuis la loi du 20 août 2008, la négociation collective n'est plus ce qu'elle était. Redéfinissant les acteurs et fixant des seuils impératifs de validité pour les accords, elle a refondé tout le droit collectif du travail. Sept ans plus tard, on mesure encore mieux ce véritable défi : en amont des élections, alliances syndicales inattendues pour passer le cap fatidique des 10 % des suffrages exprimés. En aval, tactiques et stratégies côté entreprise afin de valider l'accord à 30 %. Les auteurs décryptent cette loi, mais aussi la volumineuse jurisprudence qui en est résultée, dépassant la technique juridique en examinant la tactique sociale. A jour de la loi sur le dialogue social de 2015 impactant largement les institutions représentatives du personnel, cette 5e édition veut faire connaître, mais surtout comprendre cette nouvelle donne.
Résumé : Après les tragiques attentats de janvier 2015 à Paris, les débats sur les rapports entre l'identité européenne et l'islam ont été inévitablement relancés. Au risque, avec l'émotion légitime provoquée par ces crimes, d'accroître les préjugés et la confusion quant à la perception de la présence musulmane en Europe. D'où l'intérêt et l'importance de la mise en perspective proposée dans ce livre. De façon très accessible, Nilüfer Göle synthétise les résultats d'une enquête de terrain conduite de 2009 à 2013 auprès de "musulmans ordinaires " et de leurs concitoyens non musulmans dans vingt et une villes européennes. Son but était d'interroger les réactions aux controverses de l'heure : prières de rue, minarets " agressifs ", "caricatures danoises ", foulard ou burqa des femmes, invocation de la charia, consommation halal, rapport aux juifs et au judaïsme, etc. Elle apporte ainsi des réponses souvent inattendues à des questions simples : qu'en est-il réellement du vécu quotidien des musulmans d'Europe, jeunes nationaux "issus de l'immigration" ou convertis ? Comment vivent-ils les attaques " islamophobes" et concilient-ils prescriptions religieuses et adhésion aux normes sociales de sociétés laïques ? Quelle place la culture musulmane y occupe-t-elle désormais ? Grâce à son dispositif d'enquête original, Nilüfer Göle bouscule bien des idées reçues et montre que les controverses ont paradoxalement contribué à l'émergence d'une culture publique alternative. Du hip-hop islamique au " jambon halal ", la nouvelle manière d'être musulman en Europe passe par une stylisation islamique des modes de vie modernes, en rien contradictoire avec les valeurs culturelles européennes. Un vrai message d'espoir, fondé sur l'enquête et non sur l'idéologie.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
Van Parijs Philippe ; Vanderborght Yannick ; Authi
L'idée de revenu de base inconditionnel est désormais au coeur des débats sur l'avenir de nos modèles sociaux. Elle consiste à verser à chacun un revenu régulier à titre individuel, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie. Diffusée en France à l'occasion de l'élection présidentielle de 2017, elle avait été peu auparavant soumise à référendum en Suisse et a fait l'objet de plusieurs expérimentations à travers le monde. Rédigé par deux spécialistes internationalement reconnus, ce livre offre la première synthèse systématique de la discussion aujourd'hui mondiale sur cette proposition radicale. Il explore ses origines historiques, discute les objections éthiques, économiques et politiques qu'elle soulève et jauge sa pertinence face aux défis écologiques et à la mondialisation. Il fournit un recueil d'informations fiables et d'arguments éclairants qui doivent être utiles à ceux qui plaident pour le revenu de base, mais aussi contre lui, en aidant à corriger les nombreuses erreurs factuelles et confusions conceptuelles que l'on trouve de part et d'autre. L'ouvrage n'en constitue pas moins un plaidoyer engagé en faveur d'une idée qui vise à rendre notre société plus libre et notre économie plus saine. Il ne manquera pas d'enthousiasmer, ou du moins d'intriguer, toutes celles et tous ceux qui veulent que le monde de demain soit plus juste et comprennent que, pour cela, notre modèle de protection sociale doit être profondément réformé.