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Cultures & Sociétés N° 2, 2e trimestre 2007
Goguel d'Allondans Thierry ; Ferreux Jean
TERAEDRE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782912868381
Les limites du corps, comme celles de l'univers de l'homme, sont celles fournies par les systèmes symboliques dont il est tributaire. Comme la langue le corps est une mesure du monde, un filet jeté sur la foule des stimulations qui assaillent l'individu au long de sa vie quotidienne et qui ne retient dans ses mailles que celles qui lui paraissent les plus signifiantes. A chaque instant à travers son corps, l'individu interprète son environnement et agit sur lui en fonction des orientations intériorisées par l'éducation ou l'habitude. La sensation est immédiatement immergée dans la perception. Entre la sensation et la perception, il y a la faculté de connaissance qui rappelle que l'homme n'est pas un organisme biologique mais une créature du sens. Voir (Christophe Wulf), entendre (Françoise Gründ), goûter (Jean-Pierre Corbeau), toucher (Florence Vinit) ou sentir (Joël Candau) le monde c'est en permanence le penser à travers le prisme d'un organe sensoriel. La vigilance ou l'attention n'est pas toujours de mise. Même si l'individu n'en possède qu'une infime lucidité, il ne cesse au fil de l'écoulement des jours de trier parmi la profusion de stimulations qui le traversent. Face au monde l'homme n'est jamais un il, une oreille, une main, une bouche ou un nez, mais un regard, une écoute, un toucher, une gustation ou une olfaction. L'environnement n'est que le prétexte de ce que l'homme en tire. A tout instant l'individu institue le monde sensoriel où il baigne en un monde de sens. La perception n'est pas l'empreinte d'un objet sur un organe sensoriel passif, mais une activité de connaissance diluée dans l'évidence ou fruit d'une réflexion. Ce n'est pas le réel que les hommes perçoivent mais déjà un monde de significations (David Howes).
La métaphore du « passeur » a souvent été utilisée pour caractériser la fonction du travailleur social. Mais la relation d'aide dans laquelle ce dernier se trouve engagé professionnellement connaît, depuis les années soixante-dix, de profondes évolutions marquées par les diverses orientations des politiques sociales. Le lien social, dans des sociétés où individualisme et économie de marché prédominent, connaît des avatars. Les solidarités, notamment, s'effritent. Comment, dès lors, repenser celles-ci, c'est-à-dire des rituels d'accueil, d'hospitalité, d'initiation, de transmission, de rencontre, de séparation? Le travailleur social est un artisan du bord, du seuil, des liminaires. Son action, pontificatrice ou souterraine, consiste à accompagner quelques passants, des citoyens oubliés. Considérer les structures anthropologiques du travail social peut donc permettre, au-delà de statuts professionnels en mutation, de réfléchir à l'aspect symbolique, bien actuel, de toute action sociale.
Au c?ur des diverses formes de la relation d'aide, les professionnels des secteurs sanitaires et sociaux connaissent et vivent de profondes mutations des espaces qui leur sont dévolus. Or, la relation à l'autre (accueillis/accueillants, hôte qui donne l'hospitalité/hôte qui la reçoit, institués/instituants, etc.), indispensable, ne suffit jamais au fondement d'une pratique professionnelle qui ne prend son sens que d'un "au-delà" (de l'autre, de ses pratiques). Cet "au-delà", cet "espoir qui se glisse à travers l'opacité des obstacles" (François Tosquelles) nécessite, inlassablement, un travail de la pensée jamais acquis, jamais achevé, jamais immédiatement finalisable. Les travaux de François Tosquelles et Jean Oury, pionniers parmi d'autres de ce mouvement, nommé en 1952 "Psychothérapie institutionnelle", nous invitent, avec une belle constance, à poursuivre ces réflexions. Comment différencier ce qu'il en est de l'individu (souvent objectivé, instrumentalisé, des différentes classifications nord-américaines en matière de psychiatrie aux chartes qualité des établissements) et ce qu'il en est de la personne et des échanges qu'elle promeut et qui la constituent? Comment éviter de se prendre pour un statut, de trop spécialiser et techniciser les rôles, d'homogénéiser une fonction vide de tout partage? Comment permettre l'émergence d'un Collectif, au sens conceptualisé par Jean Oury cette machine abstraite à traiter l'aliénation dans le champ institutionnel? Les contributions à cet ouvrage éclairent, à partir de pratiques cliniques dans des lieux qui révèlent différentes formes d'enfermement, les enjeux de la relation d'aide, de la formation professionnelle, continuellement à penser, à approfondir, à soigner... Les approches transdisciplinaires s'appuieront essentiellement mais non exclusivement sur les pistes frayées par la psychothérapie institutionnelle.
La jeunesse délinquante a toujours préoccupé les sociétés humaines, à la fois en tant que symptôme de leurs dysfonctionnements, mais aussi comme aliment des fantasmes de fin d'un monde civilisé. En France, l'ordonnance de 1945 a opéré une rupture avec le tout répressif, en redonnant sa place à l'éducatif. Aujourd'hui, un vent souffle qui pourrait en finir tant avec ce texte qu'avec la justice des mineurs qui pourrait se voir adosser à celle des adultes. En périodes électorales, nos élus et leurs rivaux sont extraordinairement amnésiques face à une opinion publique où augmente le sentiment d'insécurité. En effet, la France dispose d'un important arsenal de prise en charge des mineurs délinquants. Pour perfectible qu'il soit, il reste méconnu des citoyens car nos hommes politiques n'en parlent quasiment jamais. Au c?ur de celui-ci, est né, pourtant, un projet consensuel, tant à droite qu'à gauche de l'hémicycle, les centres d'éducation renforcée CER. Après un détour par l'histoire, cet ouvrage aborde la création, les organisations et les pédagogies des UER montrant en quoi ils peuvent être une réponse, parmi d'autres, aux conduites déviantes de certains jeunes. Il aborde également les perspectives et les enjeux actuels de la prise en charge des mineurs délinquants.
A partir d'entretiens croisés, deux formateurs et chercheurs, spécialistes du travail social, revisitent les pratiques professionnelles de l'éducation spécialisée au regard de leurs propres expériences. Ils explorent tout à la fois des concepts majeurs des sciences de l'homme, les politiques sociales actuelles, les grands courants pédagogiques. Ils évoquent leurs rencontres avec des hommes et des femmes qui ont marqué le travail social jusqu'à aujourd'hui et interrogent les évolutions des missions, des métiers, des publics... Leurs réflexions éclairent l'histoire du travail social, tout en dégageant des perspectives pour l'action sociale et les intervenants sociaux de demain. Les théories des auteurs sont largement illustrées par une solide pratique de terrain dans des champs aussi divers que le monde du handicap, l'adolescence en crise, la grande précarité...
La crise sanitaire du COVID-19 a conduit la communauté internationale à restreindre les libertés individuelles en période d'épidémie. A l'échelle mondiale les modes de vie ont été profondément transformés jusqu'à créer de nouvelles manières d'agir quotidiennement, de se mouvoir dans l'espace social et sur les territoires, de se protéger tout en prenant soin d'autrui, de se lancer dans le télétravail en partageant un espace de vie familial et de faire l'expérience d'auto-apprentissages avec l'environnement numérique.
Niewiadomski Christophe ; Delory-Momberger Christi
Prenant acte de la "condition biographique" qui est celle de l'individu contemporain, la recherche biographique se donne pour objet d'explorer les processus de construction du sujet au sein de l'espace social, en particulier à travers les configurations narratives qu'il donne à son existence et à ses expériences. Réexaminant à nouveaux frais les enjeux épistémologiques et les enjeux sociaux de ce courant de recherche, l'ouvrage illustre et documente l'évolution de la recherche biographique, de sa fondation et ses décisifs développements dans le champ de la formation des adultes à son élargissement à d'autres territoires d'investigation (l'activité professionnelle, le genre, la santé, etc.) où se déploie la multiplicité de l'expérience biographique du sujet contemporain.
La prédication par Muhammad d'une nouvelle religion, les conquêtes arabes et la formation d'un puissant Empire islamique sont des faits bien connus et exposés dans de nombreux ouvrages. Mais cette histoire, qui paraît solidement établie, reflète la vision idéalisée d'auteurs musulmans écrivant deux siècles plus tard, soucieux avant tout de légitimer les califes abbassides et l'islam sunnite. Est-il possible d'écrire une histoire scientifique des débuts de l'Islam ? Et selon quelles voies ?