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Destinées féminines. A l'ombre du naturalisme
Godeau Florence
DESJONQUERES
15,20 €
Épuisé
EAN :9782843211126
Nana, Tess, Effi : les destinées de ces trois héroïnes sont tout entières orientées par la responsabilité morale qui leur est imputée. Chacune d'elles est " coupable " d'un choix existentiel qui contrevient aux lois régissant le comportement des femmes, en cette fin du XIXe siècle, où se situe l'action des trois romans. Le corset des m?urs et des circonstances, dont seule Nana semble se jouer, infléchit cruellement le destin de Tess comme celui d'Effi Briest : il les tord, puis les brise. C'est à cette emprise que l'écriture résiste : liée à son objet par une fascination passionnée, elle en épouse la respiration, les souffrances, les combats et les plaisirs, luttant contre l'entrave jusqu'à rompre les digues. Au-delà de l'évocation d'un milieu et d'un inoubliable portrait, c'est bien d'une émancipation impossible, et vitale, qu'il est ici question.
Résumé : Les "fratries" que donnent à voir la littérature et les arts, de l'Antiquité à nos jours, peuvent non seulement refléter les configurations familiales les plus diverses, mais aussi, et surtout, franchir les frontières du possible, pour manifester en leur sein toutes les formes de l'excès. La créativité tour à tour la plus fantasque ou la plus rigoureusement fidèle aux réalités d'une époque historique précise se donne ici libre cours. Qu'ils soient ou non des jumeaux, qu'ils s'assemblent en constellations uniquement masculines, ou uniquement féminines, qu'ils s'adorent ou s'entretuent, qu'ils se retrouvent ou se déchirent, qu'ils se répondent ou s'affrontent sur le mode duel, ou bien qu'ils forment un trio, un quatuor, un quintette - voire, un ch?ur aussi complet que celui des filles de Zeus et de Mnémosyne, les frères et les s?urs fictionnels ne se contentent pas de refléter des conventions ou des valeurs morales propres à une époque donnée : ils dessinent des configurations tantôt idéalement harmonieuses, tantôt conflictuelles, des antagonismes et des parallélismes, bref, une géométrie savante des formes et des images, où la référence à une quelconque réalité devient bien secondaire en regard de l'effort de stylisation accompli par l'écrivain, le dramaturge, le peintre, ou le cinéaste. L'étude des relations "fraternelles" rencontre nécessairement les notions de "ressemblance" et de "différence", et s'avère particulièrement propice à des lectures comparées et intertextuelles, d'autant que les ?uvres mettant en scène des frères et/ou des sueurs sont aussi, bien souvent, les sueurs cadettes de récits fondateurs, bibliques ou mythologiques constamment cités, évoqués ou réécrits.
Résumé : Dans le champ de la production littéraire actuelle, se multiplient les productions textuelles autonomes, nées sous la plume de plasticiens. Or ce changement de médium artistique ne va pas nécessairement de soi, et mérite, à coup sûr, examen autant que lecture... Sont ainsi rassemblés dans le présent ouvrage les travaux de chercheurs appartenant à différents champs disciplinaires, dont l'objectif commun était d'étudier, tout au long du XXe siècle, diverses manifestations d'un double talent, dans le domaine des Arts plastiques et dans le domaine de la littérature dite de fiction, chez des artistes appartenant à des aires linguistiques différentes. Cet ouvrage oriente ce projet de recherche vers un domaine générique précis. C'est pourquoi l'ensemble des articles est consacré à des récits inscrits dans le champ européen contemporain, particulièrement fertile en fabulae d'artistes. Autant d'expériences prosaïques, qui, toutes, méritent d'être lues en regard de l'?uvre plastique de leurs auteurs respectifs.
Partant de la théorisation de l'anti-pouvoir élaboré dans Bartleby le scribe d'Herman Melville, l'ouvrage explore la thématique de la réticence, distincte de la rétivité, de la dissidence et de la résistance. Originellement suppression ou omission d'une chose que nous devrions dire (en l'occurrence les paroles d'acquiescement aux ordres ou injonctions adressés à l'individu), la réticence contrevient aux lois d'un système d'organisation sociale. Exposée au risque d'être perçue comme une affirmation unilatérale d'un droit de retrait, la manifestation de la réticence n'en paraît que plus inacceptable. D'où la condamnation du sujet réticent à la mise au rebut. Le zèle et l'enthousiasme aujourd'hui requis par la logique de production en vue de l'augmentation de la "performance" font planer la menace d'une aggravation de ce sort pour tout individu jugé acédique, voué au rejet pour cause d'inadaptation. Fluide nourricier de la réticence, l'humeur acide et froide ne saurait correspondre à la complexion d'un sujet transformé en "espace de compétition" par la rationalité néolibérale. De surcroît, les sous-entendus rhétoriques de la réticence (le fait de se contenter de faire entendre ce que l'on préfère ne pas dire explicitement) sont inaudibles pour la "nouvelle raison du monde" (Dardot et Laval), dont les seules oreilles sont celles du mur des lois inflexibles qu'elle conduit à promulguer. L'art et la littérature sont les lieux privilégiés où se reconfigure, s'exprime et se pense une relation "réticente" entre individu et travail, dans le contexte néo-libéral et "global" qui caractérise les politiques actuelles de l'emploi. Comment vivre sans travail ? Et comment vivre au travail ? Ces deux questions expriment la bipolarité extrême d'un même empêchement de vivre aujourd'hui lié aux conditions de travail et du travail. De cet empêchement, le symptôme récurrent est la réticence éprouvée face aux conditions proposées d'exercice de l'emploi, à l'attitude de l'employeur et de partenaires sociaux consentants. La notoriété du héros melvillien n'est pas le résultat d'un hasard. Il y a dans cette nouvelle quelque chose de symptomatique, un "symptôme Bartleby" qui a touché le XXe siècle et qui continue à nous concerner aujourd'hui. Cet ouvrage a donc pour ambition de rendre compte des raisons profondes, de la logique intérieure de cette influence et d'en comprendre du même coup les prolongements. La réticence a de l'avenir, qu'est-ce à dire ?
Résumé : Dans la littérature et les arts, les personnages "frontaliers" expriment un mal être affectant les civilisations occidentales. Leur langage est conditionné par une bipolarité intime ou par une double appartenance culturelle qui peuvent être traduites de multiples façons. Le compte rendu d'états intermédiaires de la conscience, l'exploration des zones de passage de la pensée à son expression pour autrui, la traduction textuelle, sonore ou visuelle de difficultés à (se) dire, sont autant de dispositifs esthétiques auxquels se consacrent les études rassemblées dans cet ouvrage. Elles explorent en effet ces régions intermédiaires où évoluent des figures marginales, soit qu'elles outrepassent certaines barrières morales ou sociales, soit qu'elles participent de deux territoires distincts. Car cette seconde acception met au jour, elle aussi, des problématiques identitaires, où prévalent tour à tour la représentation d'une division douloureuse, atteignant l'être jusque dans sa langue, ou, au contraire, celle d'une conciliation féconde entre les cultures et les hommes. Le "frontalier", tout à la fois victime et bourreau, symptôme et remède, miroir et conscience critique d'une époque, est avant tout un signe doté d'une valeur herméneutique au sein d'un environnement culturel instable. Ces figures de l'"entre-deux", toujours susceptibles de s'égarer en chemin, ressemblent aux apatrides, soumis aux lois étranges d'un espace transitoire. La question de l'expression du sujet en situation limite est donc étroitement corrélée à une réflexion politique excédant largement l'intérêt supposé pour les psychologies du débord.
Résumé : L'histoire de Pygmalion, amoureux d'une statue que Vénus transforme en une femme vivante, avait été racontée par Ovide dans ses Métamorphoses. Ce mythe a été repris au XVIIIe siècle dans un grand nombre d'opéras, d'opéras comiques, de comédies, de parodies, de transpositions dans le monde moderne. Ces adaptations très variées, dont les plus intéressantes sont réunies dans notre recueil, reflètent l'esprit du XVIIIe siècle français dans sa diversité, son goût du plaisir et de la fête, sa réflexion sur les problèmes de l'éducation, ses hypothèses sur la formation du moi et de sa relation avec l'autre, sa pensée critique en matière de métaphysique et de religion.
Homme de guerre et homme du monde autant qu'homme de pensée et d'écriture, Saint-Evremond prend place parmi les grands moralistes du XVIIe siècle, les La Rochefoucauld, Pascal et La Bruyère ; mais sa place est à part : Sainte-Beuve voyait en lui un " Montaigne adouci ". Comme en témoignent généreusement les textes de ce recueil, ce n'est pas l'abstrait des principes qui suscite sa réflexion, c'est l'expérience des rapports que tout homme entretient avec l'histoire, les m?urs, la langue, les livres, avec les autres et avec soi. On voit alors se dessiner en creux la figure du moraliste véritable dont la méthode consiste à prendre la vie pour guide et non les idées préconçues. Cette rare liberté d'esprit et de style qui rend sa lecture si tonique aujourd'hui, Saint-Evremond la laisse s'épanouir dans le mouvement d'un commentaire, d'une conversation, sur le mode privé et amical de la séduction et de la connivence. Il traite de l'essentiel, et, parce qu'il s'agit de l'essentiel, il en traite comme négligemment, du bout des lèvres, avec une fermeté discrète.
Résumé : Tel un prisme réfractant sa pensée et sa production ultérieures, les ?uvres de jeunesse de madame de Staël présentent à la fois des essais théoriques et de brefs romans. Parmi les premiers, les lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau révèlent ses opinions philosophiques. Admiratrice du penseur genevois, elle établit avec lui un dialogue critique d'un genre nouveau, soumettant une à une les ?uvres du romancier-philosophe, et au premier chef les confessions, à une analyse pénétrante. L'essai sur les fictions résume quant à lui ses conceptions esthétiques en matière littéraire : elle privilégie " la seule peinture des mouvements du c?ur ", à l'instar de Rousseau, Fielding et Richardson. Loin de s'en tenir à ses théories, la fille de Necker les applique : elle n'avait pas vingt ans qu'elle avait déjà écrit ses nouvelles. Les principales se déroulent dans le cadre pré-romantique de lointains exotiques. Partout, dans ces récits tragiques d'aventure, de passion et de sacrifice, les héroïnes tombent, innocentes victimes d'un monde d'hommes qu'elles surmontent cependant grâce à leur grandeur d'âme. Dans ces premières ?uvres, c'est tout l'art et la pensée de l'inspiratrice de romantisme français qui déjà se révèle.
La découverte du rhum a suivi celle de l'Amérique. Dès le XVIe siècle, les Espagnols, les Portugais puis les Français et les Anglais découvrent la possibilité d'obtenir à partir du jus de canne une boisson fortement alcoolisée. D'abord réservé à l'usage des Nègres, des boucaniers et de tous les rustres qui écument le Nouveau Monde, le rhum va connaître un succès grandissant, surtout en Europe et en Amérique. L'évolution de la production reste très liée aux bouleversements coloniaux.