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Nioques 27
Gleize Jean-Marie ; Sans Cécile ; Stein Gertrude ;
FABRIQUE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782956734673
Le volume 27 de la revue comportera des textes de Nicolas Tardy, Jean-Christophe Vermot Gauchy, Charlotte Quinonero, Jacques-Henri Michot (dont la collection Niok chez Al Dante avait publié l'essentiel ABC de la Barbarie et Olga Theuriet. Il poursuivra la publication de la série proposée par le groupe Cellule IS, et publiera le texte Endymion d'un écrivain-artiste décédé, Harold Giroux. Conformément à son attention constante pour la poésie américaine (historique et actuelle) Nioques accueillera la traduction, par Martin Richet, d'un très étrange texte de Gertrude Stein. Ouvert par une série de photographies d'Amaury Crétois nocturnes et lumineuses (la ville et les paysages suburbains), le numéro 27 s'achèvera sur une séquence de dessins (Tendre vers) proposés par l'artiste Agathe Larpent en écho aux photographies d'Eric Bourret (Landscape) qui se trouvaient en même position conclusive dans le sommaire du volume 26.
Chacun se souvient de l?affaire du sabotage d?une caténaire de la SNCF, en 2008, revendiqué par un groupuscule révolutionnaire allemand? Et le fiasco judiciaire qui s?en est suivi. Jean-Marie Gleize écrit en 17 chapitres, un index, une chronologie, un plan, quatre photos, des descriptions, une sorte de dossier d?enquête judiciaire d?où se dégage un récit très lisible de cet acte de sabotage. Le titre, puis la dédicace: « Tarnac pour Julien Coupat et ses camarades » placent immédiatement le lecteur dans un présent à la fois contemporain et politique. Ils s?inscrivent en même temps dans l?étrange destinée de cette affaire d?état, rendue littéraire dès le début, par la découverte du livre L?insurrection au domicile des présumés terroristes par les forces de l?ordre. Comment décrire, comment écrire l?événement révolutionnaire aujourd?hui? Tarnac est une réponse à cette question, à la fois dans sa qualité de document inscrit dans l?histoire révolutionnaire (qui est aussi celle de la poésie, acte de résistance) et dans les particularités de son écriture: fragmentation du récit, assemblage de genres hétéroclites, implosion de l?écriture.
Paris, Hôpital Saint Louis, fin août.Un bruit d'hélicoptère.Depuis que la musique a envahi l'espace, un bourdonnement humide, imperceptible et flou, depuis, un à un, les objets se sont écroulés sur eux-mêmes.La musique, celle des moteurs, des radiateurs, des chiens.Le mystère est le poids du temps en signes simples, en couloirs blancs, en amas de branches et de fragments. Des choses pas symétriques du tout.Lui, son corps de carton, il est couché dans la chambre d'angle, à l'étage des fougères. Face à l'écran vide, atlantique, vert muet pourrissant.La scène est projetée au ralenti, et ce ralenti c'est la guerre.Lui, son corps, il attend.Il regarde ses mains.Il attend. Elles grandissent.Nuits sur nuits de lait ou de lumière ou nuits de néon.Alors que faire?La réalité est-elle cette totalité de signes noirs?" Il n'y a plus rien entre Dieu et nous ".Jean-Marie Gleize.
Tandis qu'au dehors le ciel se couvre, le volume 24 de la revue Nioques donne, à travers une quinzaine de propositions, textes ou images, des nouvelles de "ce qui se passe", au centre et dans les périphéries, dehors (la rue où l'on manifeste) et dedans, à l'intime, là où l'on marche en aveugle, à travers le Temps qui fait rage. Beaucoup des textes ici réunis sont de tout jeunes écrivains, qui s'interrogent (où est l'égalité? où sommes nous ? quelle langue est la nôtre, la leur ? comment dire ? ). Il s'agit donc bien, comme disent certains d'entre eux, de pratiquer une sorte de "météorologie" politique et morale. Ou d'une forme d'"activisme" à la recherche, incertaine, d'un "point d'impact". A travers les méandres d'une prose bien souvent narrative mais prête à tout instant à sauter avec fracas sous les yeux du lecteur. Au sommaire : Zaffarano/ Denimal/ Jawad/ Soyer/ Keryna/ Farizier/ Cellule I. Song/Pozner/Marzaioli/Penblanc/Theuriet/Dyonisiou/Eligert/Savoye/Bernhardt/Sainton
Comment un certain désir s'y prend-il pour impliquer des puissances tierces dans ses entreprises ? C'est le problème de ce qu'on appellera en toute généralité le patronat, conçu comme un rapport social d'enrôlement. Marx a presque tout dit des structures sociales de la forme capitaliste du patronat et de l'enrôlement salarial. Moins de la diversité des régimes d'affects qui pouvaient s'y couler. Car le capital a fait du chemin depuis les affects tristes de la coercition brute. Et le voilà maintenant qui voudrait des salariés contents, c'est-à-dire qui désireraient conformément à son désir à lui. Pour mieux convertir en travail la force de travail il s'en prend donc désormais aux désirs et aux affects. L'enrôlement des puissances salariales entre dans un nouveau régime et le capitalisme expérimente un nouvel art de faire marcher les salariés. Compléter le structuralisme marxien des rapports par une anthropologie spinoziste de la puissance et des passions offre alors l'occasion de reprendre à nouveaux frais les notions d'aliénation, d'exploitation et de domination que le capitalisme voudrait dissoudre dans les consentements du salariat joyeux. Et peut-être de prendre une autre perspective sur la possibilité de son dépassement.
Pourquoi le terme "fe ? ministe" est-il librement approprie ? a` la fois par l'extre^me droite, la gauche, et le capitalisme ? Dans un contexte, ou` les notions de fe ? minisme et d'e ? ga- lite ? sont vide ? es de leur sens hier radical, que peut signi- fier e^tre fe ? ministe aujourd'hui ? Quels sont les combats a` mener ? Comment mettre au coeur des luttes des femmes l'antiracisme, l'anticapitalisme et l'anti-impe ? rialisme ? Franc ? oise Verge`s s'attache d'abord a` interroger les deux re ? cits me ? diatiques qui dominent l'histoire du mouvement des femmes des anne ? es 1970 en France, l'un qui parle d'un mouvement qui aurait mene ? a` une reconnaissance de la place des femmes franc ? aises dans la re ? publique avec ses valeurs de lai ? cite ? et d'e ? galite ? , l'autre qui de ? nonce un mouvement qui aurait e ? te ? exclusivement "blanc" et essen- tiellement inte ? resse ? par la liberte ? sexuelle. Reconnaissant une profonde asyme ? trie entre ces deux re ? cits, Franc ? oise Verge`s questionne cependant les causes de l'effacement de fe ? minismes radicaux et anticoloniaux, antiracistes et anti-impe ? rialistes des anne ? es 1970. Il faut en effet analy- ser comment le fe ? minisme e ? tatique contribua a` la pacifica- tion du mouvement radical en faisant des discriminations et de la loi l'objectif des luttes ; comment il transforma le contro^le des naissances dans le Sud global ou aupre`s des femmes pauvres et immigre ? es et l'inte ? gration des femmes racise ? es dans le monde du travail globalise ? en politiques de la sororite ? . Il a su faire de l'inte ? gration des femmes dans le monde du travail et dans celui de l'e ? ducation la mesure du progre`s des gouvernements et des institutions internatio- nales. Le fe ? minisme carce ? ro-punitif a pris peu a` peu une place majeure, donnant au tribunal et a` la police le ro^le de prote ? ger les femmes des discriminations et des abus, ignorant l'analyse sociale et politique. Violences domes- tiques et sexuelles sont devenus le fait d'individus isole ? s, Franc ? oise verge`s Leur fe ? minisme et le no^tre 208 pages 11 x 16, 8 cm 12 euros 9782358721745 enferme ? s dans une pathologie de masculinite ? s arrie ? re ? es et n'ont plus e ? te ? analyse ? es comme faits sociaux. En faisant disparai^tre le radicalisme des mouvements de femmes des anne ? es 1970 qui furent porte ? s par l'e ? nergie des grandes luttes anti-impe ? rialistes et antiracistes pour passer a` un fe ? minisme de la pacification, c'est le de ? sir de faire e ? clater les structures qui est efface ? . Dans un deuxie`me temps, a` travers une lecture critique de la me ? taphore de "vagues" , l'auteure propose une temporalite ? et une spatialite ? des luttes des femmes pour la justice et la liberte ? , contre le racisme et pour l'e ? ga- lite ? qui exce`de celles du cadre national. En partant des luttes des femmes esclavagise ? es et colonise ? es, puis des luttes des femmes des socie ? te ? s postcoloniales franc ? aises, elle montre l'internationalisme des luttes. Puis, partant des gre`ves de ces dernie`res anne ? es de femmes ouvrie`res racise ? es qui font le me ? nage dans les ho^tels ou nettoient les gares, Franc ? oise Verge`s revient sur les analyses fe ? ministes autour de la question du travail dit "fe ? minin" - le travail de soin et de nettoyage. Elle propose de mettre au coeur d'un fe ? minisme politique et re ? volutionnaire ce travail dans ses dimensions de classe et de race. Enfin, Franc ? oise Verge`s fait une analyse critique des politiques gouvernementales actuelles - la parite ? et l'ine ? galite ? - et, s'appuyant sur les nombreux exemples d'offensive fe ? ministe a` travers le monde, elle sugge`re des pistes d'action et des axes de recherche pour renforcer un fe ? minisme politique et re ? volutionnaire.
Tant que l'Etat existe, il n'y a pas de liberté. Quand il y aura la liberté, il n'y aura plus d'Etat. Ces mots ne sont pas de Bakounine, ni de Malatesta, ni de Proudhon: ils sont de Lénine, réfugié en Finlande à l'été 1917 avant le déclenchement de la révolution d'Octobre. Il a utilisé son temps à l'écart de l'action pour reprendre et élargir ses notes sur la théorie de l'État, déjà énoncée dans les Thèses d'avril. dans L'Etat et la révolution, Lénine convoque les textes de Marx et Engels sur la Commune de Paris. Il les utilise pour combattre les opportunistes de droite, les chefs de la IIe Internationale qui soutiennent la guerre en cours. Il réduit au minimum les divergences entre anarchistes et marxistes: non, le marxisme n'est pas un étatisme, il vise au contraire au dépérissement de l'Etat - avec une phase de transition, la dictature du prolétariat, dont la Commune parisienne est un moment paradigmatique. Pour reprendre la formule de Marx à propos de Hegel, Lénine est aujourd'hui traité "en chien crevé". Dans sa présentation, Laurent Lévy montre ce que cette pensée politique garde d'original et d'actuel.
Le Code civil, le Conseil d'Etat, la Légion d'Honneur, les préfets, les lycées... ces institutions familières ont en commun d'avoir été créées, refondées ou redéfinies sous le Consulat, le régime qui est issu du coup d'Etat de Bonaparte (1799) et auquel succède l'Empire (1804). Alors que le pouvoir législatif était le coeur de la Révolution française, il est laminé en 1799 et remplacé par un pouvoir exécutif omnipotent, concentré dans les mains d'un homme qui en fait sa chose. La centralisation administrative, telle que nous nous la représentons aujourd'hui, prend sa source dans la dictature de Bonaparte . Elle rompt avec la logique "décentralisatrice" mise en oeuvre depuis 1789 et renforcée par le Gouvernement révolutionnaire en l'an II. Aussi, ce que l'on nomme abusivement "le centralisme jacobin" devrait être désigné comme le "centralisme bonapartiste" . Le processus de centralisation s'accompagne d'une confiscation de la démocratie. Les décisions prises sont hors du contrôle du peuple, alors qu'il est prétendu souverain. L'administration se substitue alors à la politique, le fonctionnaire remplace l'élu et le citoyen est réduit au statut d'administré. Les experts choisis par Bonaparte sont les seuls habilités à définir l'intérêt général et les politiques censées l'incarner. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen disparaît et la référence à la république, de plus en plus formelle, n'a pour seule fonction que de légitimer le régime. L'ordre social repose sur le propriétaire qui a le "droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue" , le patron dominant ses ouvriers, le mari sa femme et le père ses enfants. La dictature de Bonaparte entend "dépolitiser" la nation et s'appuie sur la surveillance policière et la mise en place d'un régime où la liberté de la presse n'est plus qu'un mot. Le Concordat avec le Pape "recléricalise" la France et fait des prêtres les auxiliaires du pouvoir. Le culte du Chef de l'Etat et les valeurs militaires de l'ordre, de l'obéissance et de l'honneur sont érigés en culture politique dominante. A l'extérieur, le Consulat de Bonaparte est marqué par la construction d'une hégémonie autoritaire sur les peuples "libérés" par les armées françaises (Hollande, Suisse, Italie du Nord, Allemagne rhénane) et par une réaction coloniale sanglante en Guadeloupe et à Saint-Domingue, accompagnée du rétablissement de l'esclavage en 1802. Aujourd'hui, la société propriétaire et les stigmates "bonapartistes" de la Constitution de la Ve République - la monarchie républicaine, la "verticalité du pouvoir" , le législatif marginalisé - suscitent la critique et interrogent la nature de notre "démocratie" et ses dysfonctionnements.