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Revue Nioques N24. Nioques 24
Gleize Jean-Marie
FABRIQUE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782956734635
Tandis qu'au dehors le ciel se couvre, le volume 24 de la revue Nioques donne, à travers une quinzaine de propositions, textes ou images, des nouvelles de "ce qui se passe", au centre et dans les périphéries, dehors (la rue où l'on manifeste) et dedans, à l'intime, là où l'on marche en aveugle, à travers le Temps qui fait rage. Beaucoup des textes ici réunis sont de tout jeunes écrivains, qui s'interrogent (où est l'égalité? où sommes nous ? quelle langue est la nôtre, la leur ? comment dire ? ). Il s'agit donc bien, comme disent certains d'entre eux, de pratiquer une sorte de "météorologie" politique et morale. Ou d'une forme d'"activisme" à la recherche, incertaine, d'un "point d'impact". A travers les méandres d'une prose bien souvent narrative mais prête à tout instant à sauter avec fracas sous les yeux du lecteur. Au sommaire : Zaffarano/ Denimal/ Jawad/ Soyer/ Keryna/ Farizier/ Cellule I. Song/Pozner/Marzaioli/Penblanc/Theuriet/Dyonisiou/Eligert/Savoye/Bernhardt/Sainton
Jean-Marie Gleize poursuit depuis Léman en 1990 une méditation en prose qui prend aussi la forme d'une enquête, d'une investigation narrative discontinue sur l'énigme de la filiation, de la transmission, de la conversion et du renversement des images. Comme l'enfant esquimau de ce récit, il regarde la surface de l'eau, il écoute le bruit de la mort.. Animale est le nom de cette aventure. Un film à venir.
Nioques, n° 25 Le numéro 25 de la revue Nioques s'ouvre sur la suite d'un texte de Sarah Kéryna publié dans le numéro précédent. La revue affirme ainsi sa volonté d'accompagner l'écriture de textes en cours d'élaboration. De même on retrouvera des textes nouveaux ou des interventions plastiques inédites d'écrivains et artistes dont Nioques suit le travail depuis longtemps comme Christophe Hanna ou Florence Pazzottu ou François Bizet, pour des projets textuels expérimentaux, Aliette Cosset, Justin Delareux ou Laurent de Mars, pour la proposition d'images plus ou moins troublantes. Nioques reste une revue de recherche aventureuse et novatrice.
Chacun se souvient de l?affaire du sabotage d?une caténaire de la SNCF, en 2008, revendiqué par un groupuscule révolutionnaire allemand? Et le fiasco judiciaire qui s?en est suivi. Jean-Marie Gleize écrit en 17 chapitres, un index, une chronologie, un plan, quatre photos, des descriptions, une sorte de dossier d?enquête judiciaire d?où se dégage un récit très lisible de cet acte de sabotage. Le titre, puis la dédicace: « Tarnac pour Julien Coupat et ses camarades » placent immédiatement le lecteur dans un présent à la fois contemporain et politique. Ils s?inscrivent en même temps dans l?étrange destinée de cette affaire d?état, rendue littéraire dès le début, par la découverte du livre L?insurrection au domicile des présumés terroristes par les forces de l?ordre. Comment décrire, comment écrire l?événement révolutionnaire aujourd?hui? Tarnac est une réponse à cette question, à la fois dans sa qualité de document inscrit dans l?histoire révolutionnaire (qui est aussi celle de la poésie, acte de résistance) et dans les particularités de son écriture: fragmentation du récit, assemblage de genres hétéroclites, implosion de l?écriture.
Le réchauffement climatique est le problème vital de notre époque. Chaque nouvelle étude scientifique vient confirmer que la situation est pire que prévu, presque irréversible. Pourtant au premier rang des responsables identifiés, l'économie fossile continue de tourner à plein régime, comme si de rien était, avec le soutien affirmé ou discret des dirigeants politiques dont l'incapacité à faire face à l'écueil se révèle, de COP en COP, plus évidente. Le paradoxe est d'autant plus saisissant que le mouvement pour le climat a pris une ampleur sans précédent, organisant ces derniers mois dans les pays du Nord global des rassemblements massifs pour exiger des mesures des gouvernements. Dans le même temps, les investissements dans les énergies fossiles n'ont pas cessé d'augmenter. Comment cesser d'être à ce point inoffensif ? C'est en tant qu'acteur de ces luttes qu'Andreas Malm entreprend ici une discussion critique des principes et des pratiques du mouvement pour le climat, dont la plupart des théoriciens plaident pour la non-violence et revendiquent l'héritage des Suffragettes, de Gandhi ou de Martin Luther King. Replongeant dans l'histoire de la désobéissance civile, Malm rappelle que la mise en oeuvre de stratégies non violentes a toujours eu pour condition de possibilité l'existence d'une aile radicale, laquelle manque aujourd'hui à des organisations telle qu'Extinction Rébellion qui s'en trouvent neutralisées. La question n'est pas de choisir entre violence ou non-violence, mais de distinguer entre différents types de violence ? et de savoir quand, comment, y recourir à dessein. Or lutter contre le réchauffement climatique n'est pas la même chose que combattre un dictateur, une armée d'occupation ou un Etat ségrégationniste. C'est à l'infrastructure fossile qu'il faut s'attaquer en premier lieu, l'occasion de raviver toute une tradition de sabotage des équipements pétroliers et gaziers ? jusqu'à celui récent opéré avec succès par deux militantes catholiques contre un pipeline dans l'Iowa. La consommation est l'autre versant du problème et Malm invite à faire la différence entre les émissions de CO2 "de subsistance" ? auxquelles Macron a cru bon de s'attaquer, déclenchant la révolte des Gilets jaunes ? et celles "de luxe" des ultra-riches, véritable "étendard idéologique" qui transforme un crime contre la planète et ses habitants en idéal de vie. Là encore, le mouvement pour le climat doit savoir identifier ses cibles et intégrer à sa grille politique les rapports de classe et de race. Enfin s'il doit ajouter à son répertoire tactique la destruction matérielle, il lui faut garder à l'esprit les périls d'un extrémisme qui serait contre-productif, du substitionnisme et de la répression étatique. Nous n'avons plus le temps d'attendre, tout ce qui n'a pas été tenté doit l'être, et les militants pour le climat de demain ? potentiellement des millions ? doivent apprendre dès maintenant à lutter dans un monde en feu.
Un enfant qui continue à faire pipi au lit est-il un handicapé? Celui qui refuse d'ouvrir ses livres est-il un dyslexique? Le gamin turbulent est-il atteint de TDAH (trouble-déficit de l'attention avec hyperactivité)? Faut-il lui prescrire une cure de Ritaline? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles s'attaque ce livre. Grâce à une langue médico-sociale (LMS) élaborée, en s'appuyant sur une version totalement dévoyée de la psychanalyse, l'Etat normalise et évalue à tout-va tandis que l'industrie pharmaceutique invente des maladies et des molécules pour les traiter. Ces deux forces conjuguées, si on les laisse faire, finiront par abattre les lieux, créés après la Libération, où un enfant peut encore parler de son symptôme.
Comment un certain désir s'y prend-il pour impliquer des puissances tierces dans ses entreprises ? C'est le problème de ce qu'on appellera en toute généralité le patronat, conçu comme un rapport social d'enrôlement. Marx a presque tout dit des structures sociales de la forme capitaliste du patronat et de l'enrôlement salarial. Moins de la diversité des régimes d'affects qui pouvaient s'y couler. Car le capital a fait du chemin depuis les affects tristes de la coercition brute. Et le voilà maintenant qui voudrait des salariés contents, c'est-à-dire qui désireraient conformément à son désir à lui. Pour mieux convertir en travail la force de travail il s'en prend donc désormais aux désirs et aux affects. L'enrôlement des puissances salariales entre dans un nouveau régime et le capitalisme expérimente un nouvel art de faire marcher les salariés. Compléter le structuralisme marxien des rapports par une anthropologie spinoziste de la puissance et des passions offre alors l'occasion de reprendre à nouveaux frais les notions d'aliénation, d'exploitation et de domination que le capitalisme voudrait dissoudre dans les consentements du salariat joyeux. Et peut-être de prendre une autre perspective sur la possibilité de son dépassement.
Féminismes islamiques : un titre qui en fera sursauter beaucoup, y compris parmi celles et ceux qui se pensent à l'abri de tout préjugé. C'est que le stéréotype "islam= oppression de la femme" croise partout comme un sous-marin, tantôt en surface et pavillon haut, tantôt dans les profondeurs de l'inconscient. Ce que montre ce livre, le plus souvent on ne le sait pas : que dans les pays où l'islam est la religion dominante, des croyantes puissent lutter pour l'égalité, retourner les textes sacrés contre le patriarcat, s'élever contre les autorités politiques et religieuses qui bafouent les droits des femmes. De l'Egypte à l'Iran, du Maroc à la Syrie, en France, aux Etats-Unis et jusqu'en Malaisie, des intellectuelles, des chercheuses et des militantes sont engagées dans une démarche féministe à l'intérieur du monde religieux musulman. Zahra Ali nous fait entendre leurs voix et propose ainsi de décoloniser le féminisme hégémonique.