Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'internat scolaire. Travail, cadre, construction de soi
Glasman Dominique
PU RENNES
18,00 €
Épuisé
EAN :9782753517936
Mais oui, beaucoup d'adolescents d'aujourd'hui se plaisent à l'internat! C'est pour eux un espace de travail et de sociabilité, dans lequel ils peuvent se construire. C'est le cas au moins de ceux et celles que leur éducation familiale et scolaire a dotés des dispositions nécessaires pour en apprécier le cadre et en accepter la règle. D'autres internes n'ont au contraire qu'un désir, celui d'échapper au plus vite à ce régime. Tous les élèves, toutes les familles, ne font pas le même usage de l'internat: il en est pour qui c'est d'abord un cadre de travail, d'autres auxquels il permet surtout de vivre selon un rythme plus paisible en s'épargnant de longs trajets, d'autres encore qui y cherchent surtout protection et contrôle. Contraints, par leurs parents comme par le contexte social et économique, d'accorder de l'attention au travail scolaire, les adolescents attendent de l'internat qu'il leur permette de satisfaire ces attentes; c'est ce qui est appelé dans ce livre une "demande d'institution".
L'autonomie est aujourd'hui une injonction tant scolaire que sociale : il faut former les élèves à "devenir autonomes", les citoyens sont invités à se "prendre en main" et à "être autonomes", l'évolution des technologies est censée contribuer à nous "autonomiser", etc. Mais qu'est-ce donc que l'autonomie ? Le premier mérite de ce livre est d'en fournir une définition stabilisée : l'autonomie est la capacité d'agir, de choisir et de penser par soi-même afin de se diriger dans le monde. Son deuxième mérite est de nous permettre de comprendre la surchauffe idéologique autour de cette notion : dès lors qu'il n'y a plus de consensus sur le but de l'éducation, l'autonomie en devient une finalité nécessaire. Son troisième mérite est d'insister sur le fait que l'autonomie n'est ni un don ni le résultat d'un "développement naturel", mais suppose une interaction avec l'environnement et les expériences qu'il permet, l'intégration de normes sociales, l'acquisition de connaissances scolaires. Elle requiert bien une prise en charge, un ensemble d'interventions éducatives assumées qui sont, ici, très précisément décrites. Car c'est grâce à l'éducation que l'enfant peut devenir autonome. L'auteur, Philippe Foray, philosophe de l'éducation, développe son propos dans différents champs et domaines. C'est ainsi qu'il aborde le rôle de la famille et celui de l'école, examine minutieusement les rapports de l'autonomie avec le care, l'autorité, la justice sociale et les savoirs scolaires. Il avance pas à pas, conduisant le lecteur avec une rigueur qui n'a rien de dogmatique, mais permet justement à chacune et à chacun de s'impliquer dans la démarche proposée, d'éviter les pièges et les faux-semblants afin d'assumer, de manière autonome, son engagement éducatif.
Au cours de la dernière décennie, le soutien scolaire hors école s'est massivement développé sous diverses formes dans les quartiers populaires. Travailleurs sociaux, militants associatifs, bénévoles, se sont proposés pour aider les écoliers et les collégiens à s'adapter à l'école ou à faire leur travail scolaire. Ce livre cherche à comprendre le développement du soutien scolaire, en le resituant dans l'évolution tant de l'école que du travail social et du monde associatif. Il tente de préciser la façon dont se définit le public du soutien scolaire, ou plutôt des différentes formes de soutien proposées hors de l'école : aide aux devoirs, activités éducatives périscolaires... Il met en question la représentation selon laquelle les " familles défavorisées " ne s'intéressent pas à l'école. L'école hors l'école décrit et analyse la manière dont se nouent les relations entre tous ceux qui sont, de près ou de loin, impliqués dans le soutien scolaire ; quelle place les enseignants tiennent-ils dans ces dispositifs qui ne manquent pas d'interpeller l'institution scolaire ? Quel est le rôle des travailleurs sociaux ? Comment les enfants ou leurs familles se servent-ils des dispositifs de soutien, ou les subvertissent-ils pour adapter l'offre qui leur est faite par les institutions à la demande qui est la leur ? Enfin, il pose la question de l'évaluation du soutien scolaire. Il montre les difficultés d'une évaluation, liées au fait que les attentes à l'égard du soutien scolaire sont très diverses, concernant aussi bien l'amélioration des résultats scolaires et l'adaptation à l'école, que le changement de comportement à l'égard de l'école ou le maintien de l'ordre social dans les quartiers démunis. Une question demeure : qu'en est-il de la crédibilité, voire de la légitimité de l'école, s'il faut de plus en plus souvent autre chose que l'école pour réussir à l'école.
Résumé : Il n'est pas aujourd'hui un quartier populaire où ne soient proposées aux écoliers et aux collégiens diverses formes d'appui à leur travail scolaire. Ces dispositifs d'accompagnement, d'accès gratuit, par opposition aux cours particuliers, ambitionnent d'offrir aux enfants et aux adolescents des milieux populaires les moyens de réussir à l'école. Animés par une grande diversité d'acteurs bénévoles ou professionnels, ils se veulent une réponse aux nouveaux enjeux scolaires et aux problèmes des " banlieues ". Ce livre retrace et analyse l'épanouissement de l'accompagnement scolaire, devenu depuis une vingtaine d'années une question publique ; il situe cette forme d'aide parmi d'autres formes de prise en charge de l'enfance et de l'adolescence et s'interroge sur ses évolutions possibles. Il traite également des " accompagnateurs scolaires ", de leur engagement et des perspectives de professionnalisation ; il s'interroge sur ce que l'accompagnement scolaire représente pour les parents, qui n'ont pas " démissionné " de leur rôle. Il analyse les enjeux des séances tant sur le plan des apprentissages scolaires que sur celui de la préparation à l'entrée dans les savoirs. Il propose enfin un bilan avant de conclure sur les questions posées par l'accompagnement scolaire à la politique éducative.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?