L'université d'Angers et l'université catholique de l'ouest ont pris l'initiative d'organiser en 2006, avec le concours de la Mission Val de Loire, une université d'été consacrée à la fréquentation du patrimoine. Ce thème est d'abord l'objet d'une injonction paradoxale. Alors que des pressions multiples s'exercent pour que le peuple admire les sites les plus remarquables, comme les témoignages les plus obscurs, des discours n'ont de cesse de prôner la limitation de l'accès au nom des risques encourus. Ils sont rejoints pas d'autres au nom de l'incapacité que le plus grand nombre aurait à comprendre et à profiter à bon escient de ce bienfait. Or les lieux les plus fréquentés sont les mieux conservés et les héritages sont surtout menacés par l'oubli. Certes, dans certaines situations, l'organisation des flux, souvent plus que la limitation de l'accès, y est une condition première, mais on observe que les barrières sociales sont trop facilement retenues. Par ailleurs, ce sont souvent des cas rares. Dès lors, les enjeux se situent dans la qualité de l'ouverture. D'une part, l'accessibilité et les visites peuvent être gérées de manière à prendre en compte à la fois la protection et les attentes des visiteurs. D'autre part, la connaissance du patrimoine qui constitue une des clés de l'appréciation de la visite peut être apportée par des techniques d'interprétation, sans pour autant constituer la seule modalité de l'expérience vécue.
C'est l'hiver, le terrible hiver russe. Une petite souris toute transie s'est blottie dans une moufle égarée. Quand arrive une grenouille grelottante, elle l'invite à la rejoindre. Mais voilà qu'un lapin tout gelé pointe le bout de son nez...
Saviez-vous que les escargots font de la musique avec leur narine, que les chevreuils se soûlent, que les mésanges parfument leur nid, que les chevaux parlent avec les oreilles, ou que les sauterelles entendent avec les pattes ? Inutile de partir en safari aux quatre coins de la planète : le monde animal que nous côtoyons recèle des trésors fabuleux. Il suffit de regarder et d'écouter... Au cours d'une visite guidée vivante et surprenante, ce livre plein d'humour nous révèle les secrets des petites et des grosses bêtes qui nous entourent.
Les années 1821 et 1830 sont essentielles sur les plans idéologique et artistique. Paris est alors le foyer d'une intense vie culturelle, mais de nombreux échanges s'opèrent entre les capitales d'Europe, de même qu'entre les centres et la périphérie. Ce volume rassemble treize contributions qui permettent d'approfondir les connaissances sur cette vie culturelle, ses groupes constitués (salons, cénacles, sociétés), et sur la circulation des artistes et des animateurs de ces milieux. Ces formes de sociabilité nous invitent à faire "un pas de côté" et à explorer d'autres facettes de personnalités que l'on a souvent tendance à enfermer dans un rôle, dans un type de production (David, le sculpteur républicain, Malibran la diva, etc.). Autour des célébrités artistiques gravitent en effet des personnes de différents horizons. Ils voyagent, notent ou dessinent, se retrouvent dans les salons, s'écrivent pour échanger leurs idées et leur vision du monde. Ces travaux sont inspirés par le colloque pluridisciplinaire organisé les 28 et 29 novembre 2008 à Angers par l'Université catholique de l'Ouest et les musées d'Angers - intitulé Artistes en mouvement : la scène culturelle des années 1830 -, à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Maria Malibran (1808-1836), figure emblématique du romantisme musical.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.