Le ministère de l'environnement a engagé en 1991 la création de l'Observatoire photographique du paysage. Un itinéraire photographique est créé sur un territoire avec l'aide d'un photographe professionnel. Il est composé d'une quarantaine de points de vue choisis pour être rephotographiés. Une fois l'itinéraire défini, chacun des points de vue est rephotographié à des intervalles variables, entre deux et cinq ans, mais selon le principe de la fixité du cadrage de la prise de vue. Cet observatoire a pour objectif de constituer un fonds photographique permettant d'analyser les mécanismes et les facteurs de transformations des espaces ainsi que les rôles des différents acteurs qui en sont la cause. Dans ce contexte, Thierry Girard a été invité à participer à l'Observatoire photographique du paysage, et à mettre en place un itinéraire à travers le parc naturel régional des Vosges du Nord.
Le monde d'après est la mise en perspective de la transformation du bassin minier du Nord de la France saisie par Thierry Girard, photographe qui revient dans ses propres traces à quarante ans de distance. Il a changé, son matériel de prises de vues aussi, le travail de la mine est un souvenir gravé dans le paysage. Le livre est conçu comme un tissage entremêlé des photographies des deux époques à quarante ans d'intervalle, suivant une narration géographique où alternent les images des années 70-80, prises en Noir et Blanc et celles plus récentes en moyen format numérique couleur.
Si la quête de l'amour et du bonheur occupe une grande part de la littérature, nul ne l'aura entrepris comme Pierre Girard dans ses romans où l'anodin se fait universel. Il n'a plus désormais qu'une poignée de lecteurs mais ce sont des inconditionnels. Son grand oeuvre caché reste pourtant la somme importante de billets de presse qu'il offrit à ses concitoyens suisses, une mine d'or littéraire oubliée que l'écrivain Thierry Laget est allé explorer pour en exhumer de brillants éclats. Dans ses Menus propos, on célèbre un état d'esprit qui n'est pas sans rappeler celui de son contemporain Alexandre Vialatte : on y sourit, on y a foi dans la bonté de l'homme, on y herborise, on y flâne, on y rêve, on s'y surprend à trouver des qualités aux pauvres humains... Parce que les féeries sont faites avec du réel, Girard parvient dans le même mouvement à nous séduire et nous transporter, et il lui suffit de quelques lignes tendres ou ironiques pour y parvenir.
Ce travail photographique n'est pas tant l'inventaire paysager et humain d'une ville que le résultat d'une lente déambulation en quête de sa diversité : diversité des paysages urbains et naturels qui en font sa singularité, diversité de ceux qui y vivent et y travaillent. Ce projet génère l'image d'une ville tranquille qui vit avec son histoire entre Garonne et chemin de fer, et qui pose les bases de son futur, dans le cadre notamment de l'opération de renouvellement urbain. Portraits et paysages alternent pour donner une vision juste et pertinente de cette ville de " banlieue ", limitrophe du centre bordelais, mais qui vit aussi comme une suite de villages.
Résumé : De 1934 à 1954, PIERRE GIRARD publie un millier de chroniques dans les journaux de Suisse. Il y aborde une infinité de sujets - tramways, concerts, parcs. caractère des jours de la semaine, rues et places de Genève, petits métiers, mésaventures de la monarchie britannique -, parlant surtout, comme il le dit, "des fleurs, de la grâce des enfants, des nuances du ciel, de la beauté des femmes". Il y raconte, aussi, ses voyages. Ce sont les récits de ces excursions que rassemble le présent volume : les étapes de ce périple conduisent leur auteur à Paris, où il fréquente Léon-Paul Fargue, Valery Larbaud ou Jean Giraudoux ; sur la Côte d'Azur où, à la terrasse des cafés, il observe la civilisation des congés payés ; en Italie d'où il envoie des cartes postales d'une Venise "orientale et barbare" et de Naples sous la pluie ; en Allemagne où il observe la montée du nazisme ; aux Etats-Unis où il découvre, en 1935, une démesure à laquelle aucune de ses lectures ne l'avait préparé et qui lui inspire une prose rapide et rythmée.
Le photographe Meyer nous livre une histoire inédite et personnelle, celle de Lunacy, une rave Party emblématique des débuts du mouvement House et Tekno en France. Témoignage rare de ce courant important de contre culture, Lunacy est avant tout l'histoire d'une fête et d'une rencontre avec la créativité et l'anticonformisme du monde underground. Huit rendez-vous ont eu lieu entre 1993 et 1995 dans un entrepôt de Genevilliers-port. L'enjeu n'est pas de faire un simple retour sur cette époque, mais de questionner la portée et le poids de la contre culture dans nos sociétés contemporaines, sa radicalité politique. Les images sont sans recul, noires, inconsciemment noyées dans la substance du dancefloor, perdues dans le jeu troublant de l'apparition et de la disparition et s'inscrivent ainsi dans la réflexion singulière du collectif Tendance Floue qui est de jouer sur la corde sensible qui relie la photographie documentaire à la démarche artistique.
Bertrand Anne ; Ardenne Paul ; Wally Barbara ; Lar
Captures est la première monographie de l'artiste Alix Delmas. La force de ses oeuvres repose en large part dans son caractère inattendu. Des itinéraires, des traversées de la forme, du sens... Un des maîtres mots, pour elle, serait la capture. Capture d'un effet. Capture d'un moment. Capture d'un affect. Capture d'un paysage, d'un territoire... Lauréate de la bourse "Collection Monographie" de l'Adagp, Captures présente plus de 200 oeuvres de cette artiste fondamentalement libre à travers son dessin, sa photographie, sa sculpture, ses objets d'architecture, sa vidéo... "Si chaque pièce à son autonomie, elles sont aussi liées, d'un médium à un autre, par jeu d'échos visuels et profonds, riche et stimulant" Anne Bertrand
Kinderszenen laisse entrapercevoir l'intimité d'enfants autistes, leur manière d'appréhender l'espace et le monde. Il dresse un portrait d'enfants dit "autistes" dans la parenthèse de leurs vacances à la campagne. Loin de la violence des murs, cet ouvrage est un voyage onirique et mystérieux, parfois naïf, qui vous laisse découvrir l'énigme de ces "gamins-là" . En 2012, Lionel Jusseret a commencé à photographier des enfants autistes après deux ans passés comme éducateur à l'association J'interviendrais qui offre aux enfants autistes profonds la possibilité de vivre des vacances en collectivité dans différentes maisons de campagne. Il a fallu sept ans à Lionel Jusseret pour rassembler ces portraits, car l'épuisement physique et psychologique que générait un tel accompagnement ne lui permettait pas de travailler plus de deux semaines consécutives. "Les rencontres avec les enfants, non-verbales pour la plupart, c'était d'une puissance innommable. J'ai eu le sentiment d'entreprendre un réel voyage en territoire étranger. J'aimais bien dire que j'allais en Autistan, en référence à Josef Schovanec Ou tout du moins, en bordure d'Autistan". Dans ce travail, il donne à voir l'autisme. Non, les autistes. Il s'explique. "Selon un de mes collègues, on ne peut pas parler de l'autisme. Je veux dire, en tant que sujet. Simplement parce qu'on n'en sait pas grand chose et que ça reste très vaste. Le mot autisme, ça veut tout et rien dire à la fois. C'est donc difficile d'en parler. Au mieux, on peut raconter des histoires d'autistes. La nuance est très importante". L'ouvrage reprend le découpage et les titres des 13 chapitres de Kinderszenen, la célèbre oeuvre pour piano de Robert Schumann qui disait qu'elle avait été conçue par un "grand enfant" comme "souvenir pour des personnes qui ont grandi" .
Gomez Bernard ; Dampierre Sylvaine ; Régent Frédér
Cet ouvrage réunit une sélection d'avis de recherche d'esclaves marrons (avis de marronnage) parues dans la Gazette de la Guadeloupe entre 1788 et 1847. Ces annonces de tentatives de fuites, de périlleuses échappées publiées au milieu d'autres annonces (prix du café, du sucre ou du coton), par leur banalité, renforcent la violence ordinaire vécue par les esclaves aux xviiie et xixe siècles. Les photographies de Bernard Gomez, en noir et blanc accompagnent cet ensemble d'archives, à travers les paysages de Guadeloupe, autant d'empreintes, de traces de récits effarés... Les avis de recherche sont reproduits en fac silimé sur fonds noirs. Un texte de présentation de Sylvaine Dampierre ouvre l'ouvrage et de courtes "notices" rédigées par Benoît Jullien apportent un regard plus historique et pédagogique sur certains termes utilisés dans les annonces.