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Théatre. 1963-2008
Gillibert Jean
L'HARMATTAN
48,50 €
Épuisé
EAN :9782296107441
Jean Gillibert dans son théâtre ne se contente pas d'explorer passionnément les fourvoiements de l'histoire de son siècle; il cherche, plus encore peut-être, à rendre compte d'un autre phénomène, lui aussi moderne et non moins inquiétant: la démission des mots. Il n'est certes pas le premier à avoir diagnostiqué et ausculté en nous cette maladie du verbe: Artaud - dont il paraît être aujourd'hui l'un des rares à prolonger fidèlement la quête avait frayé avant lui ce chemin de ronces empoisonnées et s'y était cruellement déchiré. Lui-même pense qu'il est sans doute trop tard pour tenter de guérir l'humanité du cancer langagier qui la ronge et la paralyse, la réduisant peu à peu à ce grand corps frappé d'aphasie baveuse et bavarde que l'on sait, à mesure que prolifère sa rage de communiquer pour ne rien dire. Ce qui n'est pas une raison, estime-t-il, pour baisser les bras, et moira encore pour baisser la voix-à condition que celle-ci daigne s'appliquer à articuler les mots de la tribu avec un minimum d'exigence. Car si le roman peine de plus en plus à dénoncer l'insuffisance de ce que nous avons à dire, ou plutôt de la façon dont nous essayons de le dire, le théâtre, lui. fort de cette présence physique partagée - et publiquement partagée- entre un acteur-locuteur et un auditeur à la fois spectateur et témoin, y parvient encore assez bien. Il est peut-être le dernier lieu où il ne soit pas tout à fait vain de secouer les mots, de leur faire rendre gorge.
Le petit Jean n'a ni père ni mère. Élevé par une vieille femme illettrée qui possède le don d'apprivoiser les mots sauvages (elle gagne sa vie en faisant le ménage dans une maison de retraite où les acteurs sur le retour s'en viennent finir leur drôle de vie), le gamin apprend tôt à déchiffrer le dur secret des apparences, les mensonges qui se donnent pour vérité, le faux silence des morts qui tiennent, en douce, compagnie aux vivants.On est quelque part en France, dans un petit village de l'entre-deux-guerres où l'histoire ne se laisse pas oublier. Défaite, exode, humiliation : le jeu des grandes personnes n'annonce décidément rien de bon. La vieille nourrice par bonheur enseigne à l'enfant à lire dans tout cela mieux que dans aucun livre : il suffit d'apprendre à voir clair dans la nuit.Moins un roman qu'une suite d'épisodes violemment mis en scène, ce récit qu'on devine largement autobiographique ne s'embarrasse pas des facilités ordinaires, pressé qu'il est d'aller à l'essentiel, de poser la question centrale : pourquoi devons-nous payer sans cesse le droit qui nous a été donné de naître ? Avec ce corollaire, lui aussi en forme de tourment : à qui et de quoi sommes-nous donc tant redevables ?
Résumé : Il est dans la salle du Vieux-Colombier, ce soir mémorable de l'après-guerre où un homme seul. un homme que la poésie a brûlé au point de le rendre incapable de " parler ", s'exhibe sur la scène : un poète réduit au cri. Le poète en question s'appelle Antonin Artaud et hurle à qui veut l'entendre que la guerre ne fait que commencer. On ne l'entendit pas beaucoup : ce poète était un historien, ce poète était fou. Jean Gillibert, bouleversé par cette expérience oraculaire, lui répondra à sa manière : il décide ce soir-là d'être comédien, et psychiatres. Un demi-siècle plus tard, cet homme discret, habitué au jeu des masques, aura été tour à tour (ou plutôt tout ensemble) un psychanalyste praticien et théoricien plein de rigueur et d'indépendance, un médecin engagé dans les voies de la psychiatrie la plus ouverte ; un acteur de théâtre aux cent rôles ; un traducteur des classiques et des modernes (Shakespeare, Blake, Poe, T.S. Eliot) ; un poète et, un serviteur des poètes (sur scène et en vingt autres lieux) ; un explorateur du monde de la musique et du chant (dans le sillage de Varèse, de Boulez) : un professeur de théâtre qui aura influencé deux ou trois générations d'acteurs et de dramaturges ; un metteur en scène enfin (près d'une centaine de spectacles, de Sophocle à Tabucchi) et l'animateur de quelques manifestations destinées à faire naître, en marge des grandes scènes où il a parfois travaillé mais dont il s'est toujours méfié, " un autre théâtre ". Persuadé depuis longtemps que le théâtre dit moderne est engagé dans une voie tricheuse, et convaincu avec les Grecs que la cité a besoin d'une scène où le verbe ne soit pas brimé par les faux-semblants du siècle, il tente de dire ici pourquoi le théâtre aujourd'hui manque à sa mission ; et comment il doit être possible de lui rendre la parole. Un texte qui ne plaira ni aux défenseurs du théâtre d'hier ni aux tenants des modes d'aujourd'hui, renvoyés les uns et les autres à l'idolâtrie du paraître.
J'ai exercé la psychanalyse pendant près de 40 ans. J'ai potassé Freud dans les traductions et le texte original. Toutes mes réflexions ont gravité autour de la psychanalyse comme thérapeutique et seulement comme thérapeutique. La psychanalyse ne peut-être une culture, même une néo-culture. Elle est une interprétation vivante de la vie et de la mort. Non, l'homme n'est pas un être de pulsions, pas plus qu'il n'est un être de production. Un ensemble de textes qui discutent psychanalyse et psychiatrie.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.