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L'esprit du théâtre
Gillibert Jean
PHEBUS
19,95 €
Épuisé
EAN :9782859406998
Il est dans la salle du Vieux-Colombier, ce soir mémorable de l'après-guerre où un homme seul. un homme que la poésie a brûlé au point de le rendre incapable de " parler ", s'exhibe sur la scène : un poète réduit au cri. Le poète en question s'appelle Antonin Artaud et hurle à qui veut l'entendre que la guerre ne fait que commencer. On ne l'entendit pas beaucoup : ce poète était un historien, ce poète était fou. Jean Gillibert, bouleversé par cette expérience oraculaire, lui répondra à sa manière : il décide ce soir-là d'être comédien, et psychiatres. Un demi-siècle plus tard, cet homme discret, habitué au jeu des masques, aura été tour à tour (ou plutôt tout ensemble) un psychanalyste praticien et théoricien plein de rigueur et d'indépendance, un médecin engagé dans les voies de la psychiatrie la plus ouverte ; un acteur de théâtre aux cent rôles ; un traducteur des classiques et des modernes (Shakespeare, Blake, Poe, T.S. Eliot) ; un poète et, un serviteur des poètes (sur scène et en vingt autres lieux) ; un explorateur du monde de la musique et du chant (dans le sillage de Varèse, de Boulez) : un professeur de théâtre qui aura influencé deux ou trois générations d'acteurs et de dramaturges ; un metteur en scène enfin (près d'une centaine de spectacles, de Sophocle à Tabucchi) et l'animateur de quelques manifestations destinées à faire naître, en marge des grandes scènes où il a parfois travaillé mais dont il s'est toujours méfié, " un autre théâtre ". Persuadé depuis longtemps que le théâtre dit moderne est engagé dans une voie tricheuse, et convaincu avec les Grecs que la cité a besoin d'une scène où le verbe ne soit pas brimé par les faux-semblants du siècle, il tente de dire ici pourquoi le théâtre aujourd'hui manque à sa mission ; et comment il doit être possible de lui rendre la parole. Un texte qui ne plaira ni aux défenseurs du théâtre d'hier ni aux tenants des modes d'aujourd'hui, renvoyés les uns et les autres à l'idolâtrie du paraître.
L'auteur a voulu, dans cet essai, rendre compte des difficultés sémiologiques, sémantiques, voire ontologiques, qu'a posées l'irruption de la notion de schizophrénie à la fin du XIXe siècle et dont nous portons encore l'héritage. Il a voulu rappeler que schize, inconscient et psychanalyse sont historiquement et existentiellement liés, même si Freud pensait que les schizophrénies étaient hors d'atteinte par la thérapeutique de la psychanalyse. C'est parce que nous avons oublié la disruption de sens - tout sens est disruptif - qu'a été cette entrée de la schize (coupure, clivage, Spaltung) dans le domaine de " psyché " que la violence nouvelle du sens ancien de la séparation risque à nouveau de nous échapper. Nous lui avons préféré la réassurance - jusqu'au dogmatisme - des distributions épistémologiques de discours. L'autisme accompagnait la schize et peut-être la fondait, c'est ce que pensait Bleuler. Le narcissisme de Freud reprenait cette ambiguïté sans pouvoir fonder et non plus déterminer - mais cela était-il possible ? - l'originaire pulsionnel narcissique sur le principe fonctionnel d'exclusion - le négativisme vis-à-vis d'autrui - ou sur le principe indéterminé de l'extériorité, fût-elle le " naturel " ou le divin. Peut-être les deux : d'où ce thème du dialogue avec une clinique sous-jacente mais très présente et avec une issue thérapeutique possible. Ici, la maladie psychique n'est pas niée, comme ont tendance à le faire les " modernes ". Les schizophrénies ne sont ni des " n'importe quoi " relationnels, ni des délits d'épistémé. Cette attitude dialogale face à la clinique de ce qui se montre, se vit, se voit, se sait, se tait, relève d'une anthropologie psychanalytique.
Le petit Jean n'a ni père ni mère. Élevé par une vieille femme illettrée qui possède le don d'apprivoiser les mots sauvages (elle gagne sa vie en faisant le ménage dans une maison de retraite où les acteurs sur le retour s'en viennent finir leur drôle de vie), le gamin apprend tôt à déchiffrer le dur secret des apparences, les mensonges qui se donnent pour vérité, le faux silence des morts qui tiennent, en douce, compagnie aux vivants.On est quelque part en France, dans un petit village de l'entre-deux-guerres où l'histoire ne se laisse pas oublier. Défaite, exode, humiliation : le jeu des grandes personnes n'annonce décidément rien de bon. La vieille nourrice par bonheur enseigne à l'enfant à lire dans tout cela mieux que dans aucun livre : il suffit d'apprendre à voir clair dans la nuit.Moins un roman qu'une suite d'épisodes violemment mis en scène, ce récit qu'on devine largement autobiographique ne s'embarrasse pas des facilités ordinaires, pressé qu'il est d'aller à l'essentiel, de poser la question centrale : pourquoi devons-nous payer sans cesse le droit qui nous a été donné de naître ? Avec ce corollaire, lui aussi en forme de tourment : à qui et de quoi sommes-nous donc tant redevables ?
J'ai exercé la psychanalyse pendant près de 40 ans. J'ai potassé Freud dans les traductions et le texte original. Toutes mes réflexions ont gravité autour de la psychanalyse comme thérapeutique et seulement comme thérapeutique. La psychanalyse ne peut-être une culture, même une néo-culture. Elle est une interprétation vivante de la vie et de la mort. Non, l'homme n'est pas un être de pulsions, pas plus qu'il n'est un être de production. Un ensemble de textes qui discutent psychanalyse et psychiatrie.
Aussi bien l'homme est déterminable, pulsionnellement et inconsciemment par la psychanalyse, séméiologiquement par la psychiatrie, aussi bien il peut s'échapper dans la création ou dans la folie. Au-delà de la sublimation et de la relation d'inconnu. Ex nihilo. Ce " rien " peut constituer autant l'homme dans la création que dans la folie. Il faudrait plutôt dire le révéler : lui révéler sa constitution dans la folie - le sujet se découvre par son aliénation même -, lui révéler ce par quoi il peut accéder à ce qui le dépasse : l'?uvre comme rédemption. Une affinité existe entre folie et création, mais elle n'est qu'apparente comme autant n'est qu'apparente leur disparité. L'homme " malade " n'est pas privé de création et la création peut être aussi une grande santé. Ce qui semble partager création et folie, c'est justement l'infondé, l'indéterminé, cette puissante diachronie du temps et de la souffrance. Ainsi la folie n'est-elle pas cette " absence d'?uvre " comme le voulait Michel Foucault mais elle est ce qui dans l'?uvre - et comment oublier que l'homme est aussi une ?uvre ? s'absente, devenant ainsi les structures du négatif de l'?uvre. A travers le Roi Lear, le Vautrin de Balzac, les ?uvres de Nietzsche, Hugo, Artaud, Nerval.... Jean Gillibert opère quelques coups de sonde dans folie et création entremêlées et démêlées. Il en ressort que les formes décréatives de la folie ressemblent à s'y méprendre aux forces décréatives de la création, mais les premières ne libèrent qu'un défi destructeur et les autres, au-delà de toute déchéance et par mutation, délivrent la violence des premières libertés.
Son père est une ombre solitaire. sa maison bruisse de silences et les murs de pierre suintent le mystère... La narratrice grandit clans une atmosphère lourde de non-dits. Pourquoi celui qu'elle appelle le Menuisier est-il si lointain? Pourquoi sa famille semble-t-elle perpétuellement en deuil? Elle aimerait poser des questions. ruais on est taiseux dans le Finistère. Livrée à ses doutes et à ses intuitions., elle écoute les murmures, rassemble les bribes. Tisse patiemment une histoire. Des années lui seront nécessaires pour percer le secret de son ascendance. mesurer l'invisible fardeau dont elle a hérité. D'une plume à la fois vibrante et pudique. Marie Le Gall décrypte l'échec d'une relation père-fille et touche au coeur.
Paru en 1978, La Fuite extraordinaire de Johannes Ott est le roman qui a rendu Drago Jancar célèbre. Devenu culte, traduit en plusieurs langues, il paraît pour la première fois en français. Un mystérieux inconnu, Johannes Ott, sème le trouble dans une communauté agitée par les hérésies religieuses et menacée par une épidémie de peste toute proche. Rapidement, on finit par se convaincre que l'homme cache quelque chose. Arrêté, torturé, il avoue une emprise démoniaque. Il réussit néanmoins à s'échapper et commence une fuite éperdue dans une Europe centrale médiévale que Drago Jancar restitue ici avec la puissance et l'invention qu'on lui connaît.4e de couverture : Paru en 1978, La Fuite extraordinaire de Johannes Ott est le roman qui a rendu Drago Jancar célèbre. Devenu culte, traduit en plusieurs langues, il paraît pour la première fois en français. Un mystérieux inconnu, Johannes Ott, sème le trouble dans une communauté agitée par les hérésies religieuses et menacée par une épidémie de peste toute proche. Rapidement, on finit par se convaincre que l'homme cache quelque chose. Arrêté, torturé, il avoue une emprise démoniaque. Il réussit néanmoins à s'échapper et commence une fuite éperdue dans une Europe centrale médiévale que Drago Jancar restitue ici avec la puissance et l'invention qu'on lui connaît.Notes Biographiques : Né le 13 avril 1948 à Maribor, en Slovénie, Drago Jan¿ar connaît la prison en 1974 comme jeune journaliste opposé au régime communiste de Yougoslavie. Devenu scénariste puis éditeur, ses premiers romans l'imposent rapidement sur la scène littéraire slovène. Aujourd'hui traduit en plus de vingt langues, il est reconnu dans le monde entier. Lauréat de nombreux prix (Prix Herder en 2003, Prix européen de littérature en 2011), c'est avec Cette nuit, je l'ai vue (Phébus, Prix du meilleur livre étranger 2014) qu'il rencontre un large public en France. Son dernier roman paru est Six mois dans la vie de Ciril (Phébus, 2016).
Résumé : De l'art d'évoquer les grandes et petites tragédies de la vie en usant des mots les plus simples, les plus nus... Un faubourg de Melbourne dans les années 50. Un couple se rend à une party de fiançailles chez des voisins, par un beau soir d'été. Lui est conducteur de loco et fier de son métier (on est au temps des dernières machines à vapeur). Elle pense qu'elle est mal mariée et songe à une autre vie. Le gamin qui les accompagne (12 ans) se dit que ses parents décidément ont bien changé... La soirée de fête est plutôt réussie, et pourtant la fiancée n'a pas l'air enchantée de convoler. avec le brave type que son père lui a choisi-un autre prétendant, éconduit quelques jours plus tôt par la belle, fera une apparition inattendue. On boit-un peu trop-on rit, on danse. Tard dans la Huit chacun s'en retourne chez soi, remuant de drôles de pensées. Le lendemain la radio annonce que l'express de Sydney a méchamment déraillé... Tout cela ne serait rien, ou pas grand-chose.. sans l'art de Steven Carroll (un romancier australien-hier encore non traduit en français-qui commence à faire sérieusement parler de lui). Il lui faut vraiment très peu de mots pour suggérer urne atmosphère et beaucoup plus que cela. On songe à une sorte de William Trevor des antipodes, qui déchirerait en douceur le masque des apparences. Son livre, qui n'élève jamais la voix, donne l'impression d'avoir été écrit dans un souffle : 1'un de ces livres qui parlent tout bas mais pour nous murmurer des choses terribles. Les personnages sont d'une banalité que l'on dira touchante, et pourtant à chaque instant on a l'impression qu'ils vont se noyer (on ne peut s'empêcher de penser que, s'il vivait aujourd'hui, Tchekhov écrirait un peu comme ça). Dur métier que de vivre, oui : lequel d'entre nous pourrait assurer qu'il possède vraiment l'art de conduire sa machine ?....