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Folie et création
Gillibert Jean
CHAMP VALLON
17,00 €
Épuisé
EAN :9782876731097
Aussi bien l'homme est déterminable, pulsionnellement et inconsciemment par la psychanalyse, séméiologiquement par la psychiatrie, aussi bien il peut s'échapper dans la création ou dans la folie. Au-delà de la sublimation et de la relation d'inconnu. Ex nihilo. Ce " rien " peut constituer autant l'homme dans la création que dans la folie. Il faudrait plutôt dire le révéler : lui révéler sa constitution dans la folie - le sujet se découvre par son aliénation même -, lui révéler ce par quoi il peut accéder à ce qui le dépasse : l'?uvre comme rédemption. Une affinité existe entre folie et création, mais elle n'est qu'apparente comme autant n'est qu'apparente leur disparité. L'homme " malade " n'est pas privé de création et la création peut être aussi une grande santé. Ce qui semble partager création et folie, c'est justement l'infondé, l'indéterminé, cette puissante diachronie du temps et de la souffrance. Ainsi la folie n'est-elle pas cette " absence d'?uvre " comme le voulait Michel Foucault mais elle est ce qui dans l'?uvre - et comment oublier que l'homme est aussi une ?uvre ? s'absente, devenant ainsi les structures du négatif de l'?uvre. A travers le Roi Lear, le Vautrin de Balzac, les ?uvres de Nietzsche, Hugo, Artaud, Nerval.... Jean Gillibert opère quelques coups de sonde dans folie et création entremêlées et démêlées. Il en ressort que les formes décréatives de la folie ressemblent à s'y méprendre aux forces décréatives de la création, mais les premières ne libèrent qu'un défi destructeur et les autres, au-delà de toute déchéance et par mutation, délivrent la violence des premières libertés.
J'ai exercé la psychanalyse pendant près de 40 ans. J'ai potassé Freud dans les traductions et le texte original. Toutes mes réflexions ont gravité autour de la psychanalyse comme thérapeutique et seulement comme thérapeutique. La psychanalyse ne peut-être une culture, même une néo-culture. Elle est une interprétation vivante de la vie et de la mort. Non, l'homme n'est pas un être de pulsions, pas plus qu'il n'est un être de production. Un ensemble de textes qui discutent psychanalyse et psychiatrie.
Si "la mort est toujours à vif", dans toute vie humaine, c'est qu'il n'y a pas de vie sans mort et sans cette transmission. C'est peut-être la seule métaphore réelle et non une seule opposition. Le langage de la poésie y devient l'âme du monde, mais peut-être, de nos jours, au terme d'une civilisation qui s'absente, par-delà la fragilité de l'existence individuelle...
Cette étude qui suit le déroulement scénique acte par acte, n'obéit pas a un principe de lecture interprétative en vue d'une mise en scène. Elle tente d'éclairer la mise en œuvre d'une poésie dramatique, fabuleuse et transparente à la fois, où les notions de théâtre dit classique, d'alexandrins et de rimes perdent leur ordre et leur raison de langue ; elle ensable l'institution Racine car les stratégies du poète ne peuvent réduire les dimensions sacrificielle et cosmique de cette tragédie de la mort lente. L'unité de danger transcende les autres unités formelles. La mort une fois morte, il y a encore à mourir. Phèdre de Racine détient le long silence qui suivra son apparition. L'avatar historique et légendaire d'une quête mythique et convenue, ne peut dissimuler - et au contraire l'exalte - le jansénisme de la grâce insuffisante de la vérité de l'existence mélancolique. Le mot soleil n'y est prononcé ni entendu comme dans Claudel : il y est tout de suite voilé et la voix s'étrangle à l'invoquer ou à la maudire.
En janvier 1589, alors que la France subit sa huitième guerre de Religion entre catholiques et protestants, Jacques de La Guesle, procureur général au parlement de Paris, dénonce les effets désastreux de la division religieuse aux représentants des trois états réunis au château de Blois. Elle n'a apporté que désordres, confusions, démolitions d'églises. Pour le haut magistrat, la dissension religieuse est un glaive à deux tranchants qui pénètre jusque dans la moelle des os. Les années de la fin du règne de Henri II voient s'accélérer la rupture reli- gieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. Ils offrent la possibilité de suivre presque au jour le jour les violences et les affrontements toujours plus intenses entre catholiques et réformés. L'enquête débute en 1555, pour s'achever sur la paix d'Amboise en mars 1563, soit les huit années qui précèdent la première guerre de Religion et qui l'englobent aussi. Se distinguent trois phases différentes : une politique de répression menée par Henri II jusqu'à sa mort accidentelle en 1559, la recherche de conciliation menée en 1560 et 1561, puis l'éclatement de la guerre en mars 1562 et ses effets. L'activité criminelle de la plus haute cour de justice du royaume montre qu'en matière de religion la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu'elle finit par se heurter à l'opposition des sujets, laquelle entraîne l'inapplication des lois et le développement de la violence. Quant à la justice du roi, son légalisme pétri de modération tente de conjurer une réalité qui ne veut pas s'encombrer de scrupules juridiques. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé la France ainsi que la monarchie. Elle aide à nous convaincre de l'importance du danger que constitue la résurgence de la violence au nom de la religion.
Résumé : Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd'hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l'aune d'un usage et d'un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d'irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l'espoir d'un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d'une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son Empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l'Etat et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d'une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d'historiens présente ici leurs résultats d'enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l'histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.
Volontiers qualifiées de "favorites", de "presque reines" et même parfois de "sultanes", les maîtresses des rois de France sont parmi les femmes les plus célèbres de l'Ancien Régime. Si, depuis le début du XIXe siècle, nombre de biographies et de romans historiques leur furent consacrés, elles rencontrent un accueil plus mitigé auprès des chercheurs. Flavie Leroux vise dans cet ouvrage à dépasser l'anecdote et la "petite histoire", pour proposer une perspective plus large rendre compte du rôle central que les maîtresses ont pu tenir dans la construction de leur propre parcours, dans le devenir de certaines familles et dans le fonctionnement institutionnel de la monarchie. L'enjeu est d'étudier le phénomène de la faveur au féminin en général à l'aide de sources largement inédites. A cet effet, est considérée une période charnière dans l'histoire de France : les règnes de Henri IV (1589-1610) et de Louis XIV (1643-1715), qui marquent l'avènement et l'expansion de la monarchie dite absolue. On retrouvera des figures fameuses, telles Gabrielle d'Estrées, Mme de Montespan ou Mme de Maintenon, mais aussi des maîtresses moins connues, comme Jacqueline de Bueil, Charlotte des Essarts ou encore Marie-Angélique de Fontanges. L'étude ne s'arrête cependant pas aux femmes qui entretiennent une liaison avec le roi. Leurs enfants, leurs parents, les individus et les communautés qu'elles protègent sont également au coeur de la réflexion. Au-delà du portrait factuel, politique, tapageur ou moral, la maîtresse et les siens sont considérés dans leur réalité sociale. Filles, soeurs, tantes, mères, parfois épouses ou veuves, mais aussi dames nobles, femmes d'affaires et protectrices : autant de visages qui montrent la capacité d'action de ces femmes et leur influence dans le devenir de leurs proches, tout en éclairant le fonctionnement du pouvoir royal.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.