Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
LA DISTANCE PASTORALE
GIAVARINI
VRIN
35,50 €
Épuisé
EAN :9782711623006
L'histoire s'écrit parfois dans les lieux dévolus à l'immémorial ; la bergerie de la littérature pastorale est un de ceux-ci. La figure du berger, représentant la fonction royale ou la poésie plus ancienne, n'est jamais mobilisée aux XVIe et XVIIe siècles sans que soit pris en charge le sens de cette immémorialité ou de cette " tradition ". Eglogues, prosimètres, tragicomédies, romans sont autant de formes où s'élabore le lien entre écriture, histoire immédiate et position de l'auteur. La " politique considérée comme une affaire de bergerie " (M. Foucault) permet ici de lire les " bergeries " du temps des guerres de Religion, de comprendre le geste qui conduit un Honoré d'Urfé de l'action guerrière aux idéaux courtois des bergers du Forez, de déchiffrer les motifs tragiques ou tragicomiques que la pastorale élabore pendant le " moment libertin " des premières années du ministère Richelieu. La distance pastorale est l'invention d'un lointain. En rapportant à leurs usages politiques les contenus éthiques de la littérature pastorale, ce livre décrit la bergerie comme un des lieux majeurs de l'expérience de l'histoire propre aux hommes de l'Ancien Régime.
Né des flammes qui détruisirent, en 1258, la Cathédrale Notre- Dame d'Amiens, le Roman d'Abladane se présente comme la traduction française d'une ancienne chronique latine brûlée pendant cet incendie. Son auteur, qui se cache derrière l'autorité de Richard de Fournival, était sans doute amiénois : il était probablement lié, d'une manière ou d'une autre, aux Jacobins d'Amiens. En mêlant sans cesse légendes populaires et vagues souvenirs historiques, il nous raconte un épisode du passé fabuleux de sa ville, à l'époque où l'ancienne Abladane, grâce aux prodiges de son "Virgile local", le magicien Flocart, osa rivaliser avec la puissante Rome et se rebeller contre Jules César, qui la rasa. Cette fabuleuse chronique de clocher est ici publiée pour la première fois d'après le seul manuscrit médiéval survivant (Paris, BnF, nouv. acq. fr. 18326), qui a appartenu à Charles Du Cange et qui a été récemment retrouvé. Elle mérite de retenir l'attention : comme l'écrivait Paulin Paris, le Roman d'Abladane "rappelle quelques monuments, quelques traditions, quelques vieux dictons ; c'est plus qu'on ne trouve dans la plupart de nos romans modernes".