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Dieu pour penser. Tome 7, Le sens
Gesché Adolphe
CERF
24,00 €
Épuisé
EAN :9782204071390
La théologie contribue-t-elle à la recherche du sens ? Non, si elle devait faire de Dieu la condition du sens, comme si ce dernier ne pouvait surgir de lui-même ou de ma capacité à le faire surgir. Oui, si la théologie offre un éclairage propre, celui de la mise en place d'un excès, d'une gratuité et de confins, au contact desquels la pensée du sens gagne à être confrontée. La théologie offre ici son concours, qui n'est pas celui d'être l'arbitre du sens - qui donc le supporterait ou en voudrait ? -, mais d'être un lieu où il arrive aussi que le sens se produise. Aussi bien, loin de discourir sans fin sur ce qu'est le sens, nous chercherons précisément à le découvrir là où il se donne : en ce que j'appelle les lieux du sens : la liberté (sans liberté, peut-on imaginer l'apparition du sens ?), l'identité (qui suis-je ? ai-je sens ?), le destin (que puis-je faire de ma vie ?), l'espérance (le sens est-il au bout de celle-ci, ou n'est-elle que la dernière illusion de la boîte de Pandore ?), l'imaginaire enfin (lieu de légendes, de mythes et de fiction, source presque intarissable où nous cherchons à renouveler le sens). En esquissant chaque fois comme une phénoménologie de la foi, insistant sur la manifestation de don et de révélation qu'elle peut exercer à l'égard du sens, nous découvrirons peut-être des espaces de sens insoupçonnés autrement. Ouvrir le sens jusqu'en ses confins, c'est ouvrir des possibilités, c'est raconter une aventure possible, c'est faire en sorte que chaque chose et chaque événement puisse se comprendre, fût-ce l'espace d'un instant, sous l'égide d'une visitation, d'un changement d'échelle, d'une transgression du simple dû. Là est sans doute la clé du sens " (A. Gesché).
La recherche que ce livre recueille prend son départ à la fois dans un étonnement et dans une conviction. Etonnement devant une évidence culturelle à propos du christianisme : celui-ci est réputé véhiculer une solide suspicion concernant le corps, la chair, la sexualité... Etonnement qui devient parfois agacement lorsque judéo-christianisme est posé, dans une évidence jamais critiquée, comme synonyme d'une approche méfiante du corps et de la chair. Etonnement encore car, en même temps, il est incontestable que le christianisme se présente comme une religion d'incarnation. Une conviction aussi : le christianisme recèle une façon originale de situer le corps dans la recherche et la révélation de Dieu, originalité féconde pour une compréhension de nous-mêmes comme êtres corporels. Il s'agit donc bien ici d'interroger le corps comme véritable lieu théologique, et même lieu théologique majeur, et de manifester simultanément comment cette place centrale dans la révélation chrétienne de Dieu en fait un lieu anthropologique lui aussi majeur. L'audace de la foi et de la théologie est une contribution à une anthropologie. C'est pourquoi nous considérons comme essentiel que le travail théologique s'effectue dans un dialogue et une confrontation avec d'autres modes d'approche de la signification de la corporéité. Ces approches (la phénoménologie déjà évoquée, le langage des artistes, les sciences humaines...) contribuent à nous révéler le christianisme dans son originalité et cette redécouverte peut rejaillir à son tour comme une contribution à une anthropologie qui prenne le corps en vraie considération.
L'abbé Adolphe Gesché, de l'Académie royale de Belgique, est professeur émérite de la Faculté de théologie de l'Université catholique de Louvain à Louvain-la-Neuve. Il a déjà publié cinq livres dans sa série « Dieu pour penser », pour lesquels il a reçu le grand prix de philosophie 1998 de l'Académie française.
Et si Dieu n'existait pas! Qu'est-ce que cela changerait? Presque rien, sans doute. Mais quelle est la portée de ce presque rien si proche de l'unique nécessaire? La question radicale de l'éventuelle non existence de Dieu appartient à la responsabilité du théologien. S'il l'esquivait, tout en présentant Dieu comme une bonne nouvelle pour l'homme, ne serait-il pas un faux-monnayeur? Présenter à la pensée un Dieu qui serait faux à la manière d'un faux billet de banque, ce n'est pas simplement parler d'un Dieu qui n'existe pas, mais manifester un Dieu trompeur parce que sans consistance, une idole. La question de l'existence est ici une question proprement théologique puisqu'elle est un aspect de la question de l'idolâtrie. Or, la foi en Dieu est radicalement une lutte contre l'idolâtrie et une victoire sur celle-ci. Cette interrogation théologique doit être menée avec rigueur, pour l'honneur de la théologie elle-même, en la confrontant à une pluralité de discours. La théologie s'élabore ici en dialogue avec la philosophie, compagne depuis toujours! (Françoise Mies), avec des sciences qualifiées d'humaines comme la psychanalyse et la sociologie (Marie Balmary et Luc Van Campenhoudt), l'éthique (Paul Valadier), et d'autres grandes traditions de sagesse (Jacques Scheuer à propos du bouddhisme).
Adolphe Gesché, prêtre diocésain (diocèse de Malines et Bruxelles), licencié en philosophie et lettres, docteur et maître en théologie (Louvain), professeur à la faculté de théologie de l'Université catholique de Louvain à Louvain-la-Neuve, consacre la plus grande part de ses recherches à la question de Dieu. Il est président de la Société théologique de Louvain (Louvain-la-Neuve) et membre de l'Académie des sciences religieuses (Bruxelles), de l'Association européenne de théologie catholique (Tübingen), et de la Commission théologique internationale (Rome). Il a déjà publié dans cette série Le Mal et L'Homme qui ont obtenu le prix cardinal Mercier 1993 décerné pour récompenser un ouvrage de métaphysique ou de théologie. --Ce texte fait référence à l'édition Broché.