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Dieu pour penser Tome 1 : Le mal
Gesché Adolphe
CERF
22,00 €
Épuisé
EAN :9782204046169
Adolphe Gesché, prêtre diocésain (diocèse de Malines et Bruxelles), licencié en philosophie et lettres, docteur et maître en théologie (Louvain), professeur à la faculté de théologie de l'Université catholique de Louvain à Louvain-la-Neuve, consacre la plus grande part de ses recherches à la question de Dieu. Il est président de la Société théologique de Louvain (Louvain-la-Neuve) et membre de l'Académie des sciences religieuses (Bruxelles), de l'Association européenne de théologie catholique (Tübingen), et de la Commission théologique internationale (Rome). Il a déjà publié dans cette série Le Mal et L'Homme qui ont obtenu le prix cardinal Mercier 1993 décerné pour récompenser un ouvrage de métaphysique ou de théologie. --Ce texte fait référence à l'édition Broché.
Et si Dieu n'existait pas! Qu'est-ce que cela changerait? Presque rien, sans doute. Mais quelle est la portée de ce presque rien si proche de l'unique nécessaire? La question radicale de l'éventuelle non existence de Dieu appartient à la responsabilité du théologien. S'il l'esquivait, tout en présentant Dieu comme une bonne nouvelle pour l'homme, ne serait-il pas un faux-monnayeur? Présenter à la pensée un Dieu qui serait faux à la manière d'un faux billet de banque, ce n'est pas simplement parler d'un Dieu qui n'existe pas, mais manifester un Dieu trompeur parce que sans consistance, une idole. La question de l'existence est ici une question proprement théologique puisqu'elle est un aspect de la question de l'idolâtrie. Or, la foi en Dieu est radicalement une lutte contre l'idolâtrie et une victoire sur celle-ci. Cette interrogation théologique doit être menée avec rigueur, pour l'honneur de la théologie elle-même, en la confrontant à une pluralité de discours. La théologie s'élabore ici en dialogue avec la philosophie, compagne depuis toujours! (Françoise Mies), avec des sciences qualifiées d'humaines comme la psychanalyse et la sociologie (Marie Balmary et Luc Van Campenhoudt), l'éthique (Paul Valadier), et d'autres grandes traditions de sagesse (Jacques Scheuer à propos du bouddhisme).
Un fait de société s'impose. L'impuissance devant le mal semble conduire des peuples ou des individus à perdre le fil du sens et à ne plus croire à la force de la liberté. On assiste à un retour d'esprit de fatalité et de résignation au destin antique. Et l'on pourrait craindre que des avatars de la prédestination chrétienne ne viennent donner raison à une mentalité de résignation, pourtant tellement en opposition avec ce fait de civilisation reconnu par tous, que le christianisme avait réussi à " défataliser " l'histoire. Or pour que l'homme transcende ses peurs et ses désespérances, il lui faut, au-delà d'un volontarisme immédiat mais qui fait long feu, des mots et des confins absolus, qui lui permettent de s'arracher à ses pesanteurs et d'entrer à nouveau en espérance et en désir. D'où la place de la théologie, " science des surplus ", dans la mesure où seuls peut-être les mots en excès sont capables de rendre l'homme, être d'absolu, de rêves et de vision, à nouveau infiniment désirant et résolument confiant en la liberté. D'où l'introduction du terme de destinée, qui ne serait ni le destin anonyme et fatal ni la dictée brutale d'une prédestination, mais ce que l'homme se donne librement et efficacement, sur la foi d'une parole et d'une anticipation divines, comme sens et comme fin de son être et de son existence. L'homme ne peut commencer de se sauver que quand il en à l'idée et que cette idée lui paraît non pas simplement possible, mais " excessivement possible ". Ce livre, fruit d'un colloque interdisciplinaire tenu à Louvain, où les objections, les analyses et les possibilités ont tout à la fois été prises en compte, se propose comme une réflexion d'espérance critique et fondée et une contribution à l'élucidation d'un problème de la postmodernité.
Nous aspirons à un nouveau rapport avec la nature. Qui ne serait plus celui de la seule maîtrise, inaugurée par les temps modernes, où l'homme se croyait tous les droits, "maître et possesseur du monde" (Descartes). On parle de "nouveau contrat" (Michel Serres), de "nouvelle alliance" (Prigogine). Bien des scientifiques et des philosophes commencent donc de s'y employer. La théologie, dans la présente série "Dieu pour penser" , aurait-elle sa place en cette recherche commune : "Dieu pour penser le cosmos" ? L'hypothèse est que, à condition d'être entièrement revisité, le vieux mot de "création" peut réserver à quiconque d'étonnantes surprises. L'idée de Dieu, mais pourvu que son sort ne soit plus lié aux concepts de causalité et d'explication, voudrait suggérer ici qu'une transcendance (quelle qu'elle soit) peut paradoxalement aider à sauver et à respecter l'immanence. Et une immanence heureuse. L'homme est un être qui a éminemment besoin d'un lieu et d'un espace où il trouve connivence. Or la science d'aujourd'hui est en train de redécouvrir la nature, comme une nature inventive et créatrice. Disparaît le thème du désenchantement du monde. On propose ici une théologie réconciliée avec le cosmos et y voyant même un lieu de salut qui ne soit pas en retard avec ce rendez-vous où, avec le sort de la planète, se décide peut-être le nôtre et qui, nulle suggestion n'étant jamais de trop pour penser, apporte sa part, une part peu entendue, encore que perçue dès les confins par le vieil Héraclite, du patrimoine de son intelligibilité : la création comme "jeu et risque de Dieu" .