
Lectures d'Ismail kadare
Lorsque, au début des années 1980, avant la chute du rideau de fer, les romans de Kadaré commencèrent d'être traduits et connus en France, puis en Europe et ailleurs, ils fascinaient certes, mais ils ne satisfaisaient vraiment personne sur le plan de l'idéologie. Car il y avait dans ces textes trop de marxisme et trop de nationalisme pour que leur auteur ne soit pas suspecté, à droite, d'être le produit du communisme albanais en clair, de ne pas être un authentique dissident, et il y avait en même temps en eux trop d'archaïsme, pas assez de réalisme socialiste pour que, à gauche, les nostalgiques de l'utopie albanaise ne se sentent pas trahis par lui. Or, depuis 1990, l'hypothèque n'a pas été levée. Au contraire, c'est un véritable procès qui a été peu à peu instruit: les soupçons étrangers rencontraient les soupçons albanais, et réciproquement. L'auteur était sommé de se justifier d'être toujours vivant et d avoir pu publier. L'homme et son oeuvre étaient suspectés d'ambiguïté, de défaut de clarté: trop d'ombre.Or, précisément, ce qui caractérise l'écriture de Kadaré, c'est qu'il ne cherche pas le centre, la pleine lumière, mais explore les zones d'ombre et de brouillard. Pour cela, son choix est d'être en permanence à la frontière. En cela, l'oeuvre mime une situation qui est celle-là même qu'elle attribue à l'Albanie. Le moine Gjon du Pont aux trois arches voit son pays comme une terre de confins C'est bien cette position « à la fois au dehors et en dedans », c'est-à-dire « à la lisière », « aux confins », qui est aussi celle de Kadaré, et c'est à cause d'elle sans doute que sa vision des choses est à ses propres yeux « la plus juste qui soit », parce qu'elle est intérieure, donc documentée, et extérieure, donc impartiale; mais elle est aussi inévitablement, à d'autres yeux que les siens, passible des deux accusations: à la fois celle d'être trop proche de ce qu'elle décrit, et celle d'être trop étrangère. 22 contributions.
| Nombre de pages | 372 |
|---|---|
| Date de parution | 25/11/2011 |
| Poids | 500g |
| Largeur | 152mm |
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| EAN | 9782840160816 |
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| Titre | Lectures d'Ismail kadare |
| Auteur | Gély Véronique ; Eissen Ariane |
| Editeur | PARIS OUEST |
| Largeur | 152 |
| Poids | 500 |
| Date de parution | 20111125 |
| Nombre de pages | 372,00 € |
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Revue de littérature comparée N° 352, 4/2014 : Comparatismes à travers le monde I
Gély Véronique ; Brunel Pierre ; Pageaux Daniel-HeGlyn HAMBROOK, "Quoiqu'elle ne pousse ni grands gestes ni grands cris" . La littérature comparée en Grande-Bretagne, RLC LXXXVIII, n° 4, octobre--décembre 2014, p. 393-408. Après avoir reparcouru les étapes décisives du développement de la littérature comparée en Grande-Bretagne, cet article examine la situation actuelle de la discipline. Sont étudiés en particulier les débats autour de la "crise" de la littérature comparée, ses relations avec la traductologie, les études post-coloniales et la littérature mondiale, la réponse apportée à l'hégémonie de l'anglais, ainsi que les possibles orientations à venir au sein de la discipline. Geert LERNOUT, La littérature comparée dans les Pays Bas, RLC LXXXVIII, n° 4, octobre--décembre 2014, p. 409-418. La Hollande et la Belgique, carrefours européens, ont toujours été ouvertes aux autres langues et cultures, ce qui faisait d'elles le lieu idéal pour des départements de littérature comparée. Malheureusement, les modifications des compétences linguistiques exigées dans l'enseignement secondaire et la diminution du financement des humanités ont eu un effet très négatif sur l'étude des autres littératures aux Pays-Bas. Christiane SOLTE-GRESSER, La littérature comparée dans les pays germanophones : Histoire, état actuel et perspectives, RLC LXXXVIII, n° 4, octobre--décembre 2014, p. 419-434. Cette contribution propose une vue d'ensemble de la discipline de la Littérature Comparée en Allemagne, en Autriche et en Suisse, par le biais d'une double approche historique et systématique. L'axe diachronique reconstruit dans un premier temps la (pré)histoire de la 'pensée comparatiste' hors des institutions universitaires, pour suivre ensuite l'évolution de la Littérature Com-parée en tant que discipline universitaire dans l'espace germanophone. 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L'article présente l'évolution de la littérature comparée en Espagne à partir de la décennie 1980 jusqu'à nos jours. Sont plus particulièrement étudiés les faits marquants, les principaux travaux et études, les publications et les revues et les personnalités qui ont marqué cette évolution, en particulier la figure de Claudio Guillén. Paolo PROIETTI, La littérature comparée en Italie, RLC LXXXVIII, n° 4, octobre--décembre 2014, p. 455-465. Cet essai offre une synthèse critique des tendances méthodologiques suivies par les études de littérature comparée en Italie aujourd'hui et, en même temps, il fait le point sur la position de la discipline au sein de l'université italienne. Une perspective historique sur les pionniers de la discipline en Italie constitue la prémisse nécessaire pour un gros plan qui se concentre sur les activités entreprises dans le monde universitaire à partir des années 80. 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Dans cet article, l'auteur s'intéresse tout d'abord aux fondateurs des études comparatistes slovènes : Anton Ocvirk (1907-1980), auteur de la Théorie de l'histoire comparée de la littérature parue en 1936 'troisième ouvrage de ce type publié dans le monde), Dusan Pirjevec (1921-1977), auteur d'une théorie du roman particulièrement inventive et Janko Kos (né en 1931), auteur de l'ouvrage monumental intitulé Histoire comparée de la littérature slovène (1987). Dans la dernière partie, l'auteur présente, en les classant par domaines, les résultats des recherches comparatistes contemporaines. Abstracts Glyn HAMBROOK, "Quoi qu'elle ne pousse ni grands gestes ni grands cris" : Comparative Literature in Great Britain, RLC LXXXVIII (in English), no. 4, oct. -dec. 2014, p. 393-408. Following a synopsis of landmarks in the development of comparative literature in the UK, this essay considers the current situation of the field. It reviews in particular debates about the "crisis" of comparative literature, its relation to translation studies, postcolonial studies, and world literature ; its response to hegemonic English ; and possible future orientations. Geert LERNOUT, Comparative Literature in the Low Countries, RLC LXXXVIII (in English), no. 4, oct. -dec. 2014, p. 409-418. At a European crossroad, Holland and Belgium have always been open to other languages and cultures, making it an ideal location for comparative literature departments. Unfortunately, changing conditions in high school standards and decreased funding for the humanities, have had very a negative effect on the study of other literatures in the Low Countries. Christiane SOLTE-GRESSER, Comparative Literature in German-speaking Countries : History, Present and Prospects, RLC LXXXVIII (in French), no. 4, oct. -dec. 2014, p. 419-434. This contribution provides an overview of the academic field of general and comparative literature in Germany, Austria, and Switzerland by examining it from two different angles : a historical one as well as a systematic one. The diachronic perspective reconstructs the sources of comparative thinking outside academia as well as the development of comparative literature as an academic discipline. The synchronic perspective addresses the most important facts and figures of the current situation of the discipline at universities in German-speaking countries, how it is structured, and shows, which areas are especially prominent in research and teaching. Finally, this contribution provides an overview of specific projects, which can be regarded as representative at present. Alvaro Manuel MACHADO, Comparative Literature in Portugal, RLC LXXXVIII (in French), no. 4, oct. -dec. 2014, p. 435-444. The article presents an overview of the history of comparative literature in Portugal from its origins to its contemporary evolu-tion, and it highlights the main methodological orientations within the discipline. Particular attention is paid to the late heritage of European romanticism. Montserrat COTS, Comparative Literature in Spain : Past and Present, RLC LXXXVIII (in French), no. 4, oct. -dec. 2014, p. 445-453. The paper presents the evolution of comparative literature in Spain from the 1980's to nowadays, and primarily focuses on the turning points, the main works and studies and the publications, journals and figures which have left their mark on the discipline, such as Claudio Guillén. Paolo PROIETTI, Comparative Literature in Italy, RLC LXXXVIII (in French), no. 4, oct. -dec. 2014, p. 455-465. This essay provides a brief critical analysis of the main methodological trends relevant to comparative literature studies in Italy. 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Revue de littérature comparée N° 354, 2/2015 : Les Littératures du Nord de l'Europe
Gély Véronique ; Brunel Pierre ; Pageaux Daniel-HeSylvain BRIENS, La mondialisation du théâtre nordique à la fin du XIXe siècle. Le fonds Prozor de la Bibliothèque nordique de Paris lu au prisme de la sociologie de l'acteur-réseau, RLC LXXXIX, n° 2, avril-juin 2015, p. 137-150. Le fonds Prozor de la bibliothèque nordique de Paris témoigne de la percée du théâtre scandinave en France et en Europe à la fin du XIXe siècle. Par l'analyse du travail du traducteur Prozor, des porte-paroles et intermédiaires agissant comme médiateurs, des points de passage, cet article examine les mécanismes de diffusion internationale du théâtre nordique, il s'articule autour de trois acteursréseaux : Prozor dans sa fonction complexe d'agent littéraire ; Paris et ses chaines de traduction ; le réseau de théâtres libres dans sa fonction de diffusion mondiale du théâtre nordique. Thomas MOHNIKE, "Le Dieu Thor, la plus barbare d'entre les barbares divinités de la Vieille Germanie" . Quelques observations pour une théorie des formes narratives du savoir social en circulation culturelle, RLC LXXXIX, n° 2, avril-juin 2015, p. 151-164. En 1915, l'imprimerie d'Epinal, connue pour ses estampes amusantes, publia un résumé symbolique des événements de la première année de la Première Guerre mondiale. Sur cette gravure, le dieu norrois Thor est présenté comme le dieu du Kaiser allemand, détruisant des cathédrales gothiques et ainsi la civilisation. Thor symbolisait ainsi la nature prétendument barbare des Allemands. Cet article se propose de cartographier les chemins et opérations historiques qui conduisirent le dieu nordique Thor de l'Islande du XIIIe siècle en France du XXe siècle en le transformant en symbole de l'hostilité allemande. Des contextes importants sont l'Anneau de Nibelung de Richard Wagner et tout particulièrement la philologie comparée. Ces observations peuvent servir de point de départ pour une théorie des formes narratives du savoir social en circulation culturelle. Régis BOYER, Méditation sur Rosmersholm, RLC LXXXIX, n° 2, avril-juin 2015, p. 165-173. De l'avis de tous les connaisseurs, Rosmersholm (1886) est le chef-d'oeuvre d'Ibsen, même si ce n'est ni la plus connue ni la plus fréquemment jouée de ses pièces. On peut se demander pourquoi. Cette pièce, extrêmement difficile à jouer, est favorable à toutes les confusions ou erreurs d'interprétation possibles, pièce dont il est permis d'avancer qu'Ibsen n'est jamais allé aussi loin dans sa quête du tragique. Cet article cherche à élucider les modalités et les raisons d'un tel chef-d'oeuvre dans une perspective moderniste. Sans entrer dans la discussion sur le post-tragique, il s'agit de cerner ce qui fait en soi l'originalité moderne de cette étrange pièce. Corinne FRANCOIS-DENEVE, Anne Charlotte Leffler, dans l'ombre portée de Strindberg, RLC LXXXIX, n° 2, avril-juin 2015, p. 175-186. "Auteure" prolifique du "genombrott" suédois, "féministe" affichée, dont les pièces étaient davantage populaires que celles d'August Strindberg, Anne Charlotte Leffler a peu à peu disparu des anthologies de la littérature scandinave. En a-t-elle été chassée par des critiques phallocrates, comme ont pu le clamer les partisans des gender studies dans les années 1970 ? Son oeuvre était-elle trop datée ? La redécouverte récente de son théâtre, en Suède, puis en France, permet de recontextualiser cette "oubliée" qui a sans doute toujours des choses à dire. Harri VEIVO, Cosmopolite en crise. Décentrements de modernité et fractures de subjectivité dans les récits de voyage d'Olavi Paavolainen, RLC LXXXIX, n° 2, avril-juin 2015, p. 187-203. Dans les années 20 et 30, l'écrivain finlandais Olavi Paavolainen (1903-1964) s'est donné la tâche d'interroger et analyser la modernité dans toutes ses manifestations et dans tous les lieux où elle se fait ressentir. Ce projet l'amène à s'intéresser d'abord à la modernité jouissive et émancipatrice des années folles, ensuite à la montée du totalitarisme en Europe et, après ce tournant dysphorique, aux pays de l'Amérique latine, jugés capables de transcender les conflits européens. Les récits de voyage de Paavolainen produisent ainsi un décentrement de la modernité ; en même temps, ils expriment la crise de la subjectivité de l'auteur, fondée sur l'idéal européen du cosmopolitisme. Philippe CHARDIN, Un beau roman d'éducation estonien : Vérité et Justice d'Anton Tammsaare, RLC LXXXIX, n° 2, avril-juin 2015, p. 205-217. Le long chef-d'oeuvre de Tammsaare, écrit durant l'après-guerre et retraçant 50 ans d'histoire de l'Estonie, apparaît comme une synthèse extraordinairement originale de plusieurs genres européens différents parmi lesquels un roman rural dans sa première partie et un roman du Crime et du Châtiment, sorte de tragédie familiale du péché originel ; mais on remarque aussi de fortes analogies avec trois formes de romans d'éducation : un roman pédagogique tragi-comique à l'Ecole de M. Maurus, le roman d'une éducation sentimentale douloureuse et par-dessus tout un roman de la transformation d'un jeune homme qui vient de son village en intellectuel avec son ironie dévastatrice contre toutes les valeurs sociales et religieuses, sa "conscience malheureuse" et ses engagements à demi forcés dans la vie politique ou dans sa vie privée qui rappellent d'autres grands romans contemporains, de Musil, de Proust, de Thomas Mann et de Svevo. Frédérique TOUDOIRE-SURLAPIERRE, Phèdre et la Suède : un "décentrement de modèles" ?, RLC LXXXIX, n° 2, avril-juin 2015, p. 219-230. Cet article examine, à partir de la pièce de l'écrivain suédois, Per Olov Enquist, Till Fedra, les modalités et les enjeux de ce transfert culturel que constitue cette réécriture de la célèbre tragédie de Racine. Utilisant les ressources scientifiques de l'imagologie et de l'ethnocritique, cet article met en évidence les différentes opérations de ce que nous avons appelé un "décentrement de modèles" , par le biais de la déconstruction de la langue française, de l'oedipianisation du mythe, un transfert d'images et un déplacement de concepts. Mickaëlle CEDERGREN et Ylva LINDBERG, Vers un renouvellement du canon de la littérature francophone. Les enjeux de l'enseignement universitaire en Suède, RLC LXXXIX, n° 2, avril-juin 2015, p. 231-243. Même si la circulation de la littérature francophone est aujourd'hui en pleine expansion à travers le monde, sa diffusion et, par conséquent, sa place dans les circuits de canonisation, reste encore inégale. Cet article analyse la place octroyée aux lettres francophones dans l'enseignement universitaire du français langue étrangère en Suède. Proposant une réflexion sur le canon littéraire traditionnel et montrant la nécessité de reconsidérer sa valeur dans un contexte universitaire étranger, la Suède apparaît tantôt comme le pays promoteur de la haute-culture française tantôt comme le bastion des littératures francophones souvent contemporaines et/ou de la littérature couronnée de prix littéraires. Sylvain BRIENS, The globalization of Nordic Theatre. The Prozor collection at the Nordic library in Paris read through the Actor-network Theory, RLC LXXXIX (in French), no. 2, april-june 2015, p. 137-150. The Prozor collection at the Nordic library in Paris demonstrates the breakthrough of Scandinavian theatre in France and Europe at the end of the 19th Century. Through an analysis of Prozor's translations, the work of spokespeople and intermediaries acting as mediators, and points of passage this article will attempt to understand the mechanisms promoting Nordic theatre's international distribution. The study is centred on three actor-networks : Prozor in his complex function as literary agent ; Paris and its translation supply chains ; the network of free theatres in its role in the worldwide distribution of Nordic theatre. Thomas MOHNIKE, "The god Thor, the most barbarous of all barbarous gods of the Old Germany". Some observations for a theory of narrating forms of social knowledge in cultural circulation, RLC LXXXIX (in French), no. 2, apriljune 2015, p. 151-164. In 1915, the Epinal printing company, known for its often amusing illustrated one page prints, published a summary of the first year of the First World War, depicting the Old Norse God Thor as the god of the German Kaiser, destroying gothic cathedrals and thus civilization. Thor thus served as symbol for the supposedly barbarous nature of the Germans. In my article, I try to map some of the ways and historical operations that took the Old Norse god Thor from 13th century Iceland to 20th century France and transformed him to a symbol for German warfare. Major contexts appear to be Richard Wagner's Ring of the Nibelung and particularly comparative philology. These observations, I propose, could serve as a starting point for a theory of narrating forms of social knowledge in cultural circulation. Régis BOYER, Meditation on Rosmerholm, RLC LXXXIX (in French), no. 2, apriljune 2015, p. 165-173. In the opinion of all the experts, Rosmersholm (1886) is the masterpiece of Ibsen, even though it is neither the most famous nor the most frequently performed of his plays. One may wonder why. This piece, extremely difficult to play, supports all the confusions and errors of interpretation possible, and it is permitted to put forward that Ibsen never went as far in his tragedy quest. This article seeks to clarify how and why such a masterpiece in a modernist perspective. Without going into the discussion of the post-tragic, we try to identify what is in itself modern originality of this strange room. Corinne FRANCOIS-DENEVE, Anne Charlotte Leffler, the forgotten one, RLC LXXXIX (in French), no. 2, april-june 2015, p. 175-186. A prolific female writer belonging to the Swedish "genombrott" movement and a staunch feminist, Anne Charlotte Leffler, whose plays were even more successful than Strindberg's, slowly disappeared from Scandinavian literature anthologies. Did male critics expel her from them, as researchers in "gender studies" began to claim in the 1970s ? Or was it that her works were thought to be too old-fashioned ? Her theatre has been recently re-discovered, in Sweden as well as in France : it is high time to put again into perspective this "forgotten one" , who has still many things to say. Harri VEIVO, Cosmopolite in Crisis. Decentring Modernity and Fracturing Subjectivity in Olavi Paavolainen's Travelogues, RLC LXXXIX (in French), no. 2, april-june 2015, p. 187-203. In the 1920s and 30s, the Finnish writer Olavi Paavolainen (1903-1964) took up the task of exploring and analysing modernity in all its manifestations and in all the places where it was felt. This project focalised first on the emancipatory and joyful modernity of the années folles, then on the rising of totalitarism in Europe and, after this dysphoric turn, on Latin America, considered capable of transcending the European conflicts. 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Tammsaare's long masterpiece, written after the first world war and retracing 50 years of Estonian history, is an extraordinary and original synthesis of several different literary European genres among which in its first part a "Rural Novel" and also a novel of "Crime and Punishment", a kind of Tragedy of Original Sin in a family but there is also a strong analogy between Taamsaare's Justice and Truth and three kinds of Educational Novels : a tragi-comical pedagogical novel in Mr Maurus's College, a painful sentimental apprenticeship and above all the novel of a young man coming from his village who becomes an "Intellectual" with his devastating irony against all social and religious values, his "Unhappy Consciousness" and his half forced bad commitments in political or private life which recall other great contemporary novels by Musil, Proust, Thomas Mann, Svevo. Frédérique TOUDOIRE-SURLAPIERRE, Phaedra and Sweden : a "shift model" ?, RLC LXXXIX (in French), no. 2, april-june 2015, p. 219-230. This paper examines, from the part of the Swedish writer Per Olov Enquist, Till Fedra, terms and issues of this cultural transfer : the rewriting of the famous tragedy of Racine. Using scientific resources of imagology and ethnocritic, this paper shows the various operations of what we called a "shift model" through the deconstruction of the French language, the oedipalization of the myth, the image transfer and the movement concepts. Mickaëlle CEDERGREN - Ylva LINDBERG, Towards a renewal of the Francophone literary canon. The role of higher education in Sweden, RLC LXXXIX (in French), no. 2, april-june 2015, p. 231-243. Even though francophone literature is expanding its territory throughout the world, its status remains ambiguous on the global field and in canonization processes. The analysis is focusing on a re-evaluation of the literary canon in the academic context abroad. Various didactic demands are revealed as essential criteria for a selection divergent from the traditional canon. It is also found that Swedish universities promote both French high-status literature, extra-occidental francophone literature and prize-winning literature, which is often commercial.ÉPUISÉVOIR PRODUIT24,99 € -

Ganymède ou l'échanson. Rapt, ravissement et ivresse poétique
Gély VéroniqueSur le monde je porterai le regard clair prêté par l'aigle à Ganymède", écrivait Jean Genet dans le Journal du voleur. Enigmatique et silencieux, arraché à la terre par l'aigle de Jupiter, le jeune Troyen devint l'échanson des dieux, immortalisé dans la constellation du Verseau. Avant que la critique contemporaine fasse de lui un emblème de l'homosexualité, Ganymède a inspiré autant les arts figurés (Botticelli, Le Corrège, Michel-Ange, Rubens, Rembrandt, Flatters, Thorvaldsen, Pallez, Turcan...) que, depuis les épisodes homérique et ovidien, une riche littérature: on le retrouve en particulier dans l'?uvre de Dante, de Géngora, de Du Bellay, dans le théâtre de Marlowe et de Shakespeare, à l'âge romantique dans le poème de Goethe devenu lieder de Schubert et de Wolf, dans les poésies de Hölderlin, de Lamartine et de Musset, au siècle suivant dans les ?uvres de Jacques d'Adelswärd-Fersen, de Forster, de Thomas Mann... Ganymède illustre la beauté du corps masculin et son érotisme, mais aussi une idée de la jeunesse éternelle; son rapt peut être une image du sublime, et, par sa fonction d'échanson divin, il incarne une certaine conception de l'inspiration et de l'enthousiasme poétiques dont on trouve un pendant dans les poésies arabe et persane. Les études ici réunies se proposent, dans une perspective comparatiste et pluridisciplinaire, de découvrir la complexité et les enjeux de ce mythe étonnamment moderne.ÉPUISÉVOIR PRODUIT18,00 € -

L'INVENTION D'UN MYTHE : PSYCHE. ALLEGORIE ET FICTION, DU SIECLE DE PLATON AU TEMPS DE LA FONTAINE.
GELY VERONIQUELa fable de Psyché", écrivait Charles Perrault dans les dernières années du XVIIème siècle, "est une fiction toute pure et un conte de vieille" : contre l'opinion établie, il récusait la valeur allégorique du récit légué par Apulée et modernisé par La Fontaine. Ce statut nouveau permettait à Psyché d'entrer dans la mythologie commune, qui l'avait longtemps tenue à l'écart. Tout comme les errances et la quête de Psyché elle-même, la compétition entre allégorie et fiction, termes clés de l'herméneutique et de l'esthétique classiques, avait pour enjeux la vérité et la beauté. Cet ouvrage s'attache d'abord à réhabiliter les allégories de Psyché, en montrant leur richesse et leur capacité d'invention poétique depuis l'Antiquité jusqu'à la Contre-Réforme, qui a vu Psyché triompher comme fable chrétienne dans la poésie et sur les théâtres européens. Il montre ensuite comment la contestation de l'allégorie a déplacé - du champ de la morale et de la théologie vers celui de l'esthétique - la mise en cause des sens et de la sensualité : l'interdit qui empêche Psyché de voir la forma du dieu est devenu dans les littératures européennes le lieu d'une réflexion sur les formes et les genres de ces mêmes littératures.ÉPUISÉVOIR PRODUIT112,00 €
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Du Bouchet Julien ; Chandezon ChristopheArtémidore n’est pas un philosophe, mais il s’occupe d’une question, la mantique, qui n’était pas étrangère aux philosophes de l’Antiquité. La divination par les songes ou toute autre divination fait partie des préoccupations des philosophes et particulièrement de la philosophie dominante sous l’Empire, le stoïcisme, ou même d’adversaires de la divination comme les Epicuriens. L’arrière-plan quasi idéologique de la sympathie universelle qui régit non seulement la pratique onirocritique telle que l’entend Artémidore, mais aussi bien un autre type de mantique, la divination par l’astrologie, ne saurait conduire à qualifier notre auteur de stoïcien. Les rêves, dans toutes les cultures, et depuis la plus haute Antiquité, ont de multiples usages, qui dépendent du sens qu’on leur donne. Leur interprétation est souvent considérée comme l’une des formes de la divination. Elle est attestée par les textes littéraires et a fait naître une littérature technique riche d’enseignements sur la société de l’époque et son imaginaire. Il ne s’agit donc pas seulement d’une constante psychologique, mais aussi de traditions culturelles multiples, qui ont chacune leur propre histoire et entrent à de nombreuses reprises en contact les unes avec les autres.ÉPUISÉVOIR PRODUIT24,99 € -
Guy Goffette ou la poésie promise
Maulpoix Jean-Michel ; Lemaire Jean-Pierre ; BorieJean-Michel Maulpoix Vie commune ou vie promise? Il est peu d'oeuvres poétiques contemporaines qui invitent autant que celle de Guy Goffette à poser radicalement la question de l'expression lyrique. Tous les ingrédients que la tradition répète à loisir, en effet, sont là: expression du sentiment, aspiration à l'idéal, mélancolie, déploration du temps passé ou perdu, primauté de la voix et valorisation des ressources musicales du langage... Or nous sentons bien que chacun de ces motifs est trop stéréotypé ou trop vague pour rendre compte des subtils enjeux de cette écriture. Pour y voir un peu clair, il faut aller plus loin: chercher vraiment à entendre ce que la poésie réclame et ce pourquoi elle porte plainte. Il convient d'observer tout d'abord que la parole poétique de Goffette entre plus directement et vivement dans l'intime que tout autre. Elle ne l'exprime pas, elle le traque, le débusque, le poursuit parmi ses contradictions et ses jeux de masques, ses leurres, ses faux-semblants, ses bonnes et ses mauvaises consciences... Elle interpelle, questionne, insiste, malmène; elle tutoie et rudoie, elle parle du «je» comme d'un autre; elle y met la plume comme on y met le fer, avec l'espoir qu'il accouche d'une vérité. Cette vérité concerne moins le poète que son lecteur dont la figure se trouve curieusement prise au beau milieu de cette espèce d'intime scène de ménage dont le sujet lyrique est le théâtre. C'est de la vie commune, dans les deux sens du terme, qu'il est ici question... Du sort de tous et de chacun tel qu'il se connaît décousu et tel qu'il aspire à une chimérique unité La poésie lyrique regarde l'existence dans l'angle du sentiment et demande: qu'est-ce que la vie d'un homme, avec ses «amours de bric et de broc, toujours plus ou moins contrariées»? Ainsi donne-t-elle à entendre de combien de lignes de fuite, de bosses et de creux, une existence humaine est faite, ce qu'elle suppose de prétentions éconduites et d'espérances déçues. Si le Temps ainsi presse sur l'âme et la fait gémir dans le noir, si l'avenir jamais ne tient ses promesses, c'est que nous sommes travaillés d'étranges désirs, peu cohérents, mal explicables, et qui nous conduisent si souvent à trahir l'amour même que nous aurions bien mauvaise grâce à déplorer qu'il nous manque! À travers sa fièvre de comparaisons et de métaphores, l'écriture lyrique de Guy Goffette semble à la recherche d'une image, d'une formule ou d'une clef, qui la délivrerait enfin de son mal en le nommant une fois pour toutes... Mais un tel salut ne vient pas. Les mots ne sont que de l'herbe sèche que l'on arrache, ou des poignées de sable que l'on jette au vent. L'écriture ne peut que «remâcher» indéfiniment ses larmes. En vers ou en prose, elle est contrainte de déchirer et repriser les mêmes phrases tristes et coupables. Telle est la punition du poète-Pénélope qui attend en vain le retour du sens et de la pureté perdue! La poésie de Guy Goffette diagnostique cruellement l'incurable maladie dont souffre la vie commune. Nous autres, frères humains, sommes un bien curieux mélange de liens et de coupures! Comme la poésie même en ses filages et ses césures... Tout poème est un «manteau de fortune», un canevas de fuites et d'attaches. Partance: tel pourrait être, en définitive, sous la plume de Goffette, le mot-clef du mal-être. Comme on le dit d'une vieille barque accrochée à la rive, que le courant aspire, et qui tire en vain sur sa corde...ÉPUISÉVOIR PRODUIT11,00 € -
L'ombre de l'empereur Julien. Le destin des écrits de Julien chez les auteurs païens et chrétiens du
Célérier PascalPrésentation de l'éditeur Empereur épris de philosophie et païen militant, Julien (331-363) est l'auteur d'une oeuvre abondante et variée, aussi passionnante que son existence romanesque. Il était tentant de suivre les traces de ses écrits (lettres, discours, lois, spéculations philosophiques ou théologiques, ouvrages polémiques, confidences autobiographiques) chez les lettrés de la fin de l'Antiquité. Qu'ils soient philosophes, historiens, rhéteurs, qu'ils soient païens ou chrétiens, ils furent nombreux à faire appel à des formules, des concepts et des textes de Julien. On croisera donc ici non seulement les grands écrivains de l'époque (Libanios, Ammien Marcellin, Grégoire de Nazianze, Jean Chrysostome) mais aussi des auteurs moins connus (Saloustios, Sozomène, Philostorge, et bien d'autres). Tous ont fait preuve d'une remarquable inventivité littéraire, mêlant ironie, citations détournées, subtil double langage. C'est cette scène intellectuelle dominée par la dernière grande polémique entre christianisme et paganisme - un véritable "choc des cultures" - que reconstitue cette étude philologique qui apporte un éclairage nouveau sur l'histoire de l'Antiquité tardive.ÉPUISÉVOIR PRODUIT24,99 € -
Histoire de la publicité en France
Martin MarcNous vivons immergés dans la publicité: publicité dans nos journaux, publicité quand nous ouvrons la radio, publicité à la télévision, parfois tellement envahissante qu'elle coupe, ne devrait-on pas dire, parfois, pollue, les émissions que nous suivons. Depuis un peu plus de dix ans et les progrès d'Internet, elle a trouvé et conquis un nouveau support, et l'on ne peut pas aller sur la toile sans être invité à acheter le meilleur parfum, le dernier modèle de la meilleure marque d'automobiles ou une place sur la croisière qui vous mènera au Soleil de Minuit. Ce livre n'est ni une justification ni une dénonciation de la publicité. C'est un livre d'histoire qui cherche à observer, comprendre et expliquer comment elle a conquis, dans notre pays, la place qu'elle occupe aujourd'hui. Car cette histoire, l'histoire de ses progrès, des difficultés, des obstacles et des oppositions qui les ont entravés, est à peine entreprise, à la différence de l'Angleterre et plus encore des Etats-Unis. Cet ouvrage réuni un ensemble d'articles, parus depuis une quinzaine d'années, qui sont parmi les premiers à avoir été consacrés à l'histoire de la publicité en France.ÉPUISÉVOIR PRODUIT22,00 €




