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L'opéra, miroir du monde. Festival d'Aix-en-Provence 2007-2018
Geisler Louis ; Perroux Alain
ACTES SUD
32,00 €
Épuisé
EAN :9782330102616
Les soixante-dix ans du Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence coïncident avec la fin de mandat de son directeur général, Bernard Foccroulle, à la tête de l'institution depuis 2007. Durant cette période, le Festival d'Aix a confirmé son statut de manifestation internationale incontournable, grâce à des créations et à des spectacles d'une rare intensité, portés par les plus grands artistes de la scène lyrique et les étoiles montantes de la jeune génération. Ce faisant, le Festival s'est efforcé de refléter certaines préoccupations nouvelles du monde qui l'entoure, à travers des formes participatives et une programmation méditerranéenne. Cet ouvrage revient en images sur les soixante-cinq productions d'opéra qui ont jalonné cette aventure singulière. Il propose les témoignages d'une vingtaine d'artistes et de professionnels - chefs d'orchestre, metteurs en scène, assistants, chanteurs, directeurs d'institutions - qui ont accepté de partager leur regard sur certains de ces spectacles ayant marqué l'histoire récente de l'opéra.
Keyser France ; Geisser Vincent ; Marteau Stéphani
Depuis la fin des années 1980, le thème de l'islam hexagonal est devenu l'un des marronniers où les représentations de l'Autre musulman se réduisent le plus souvent à de la caricature: images de femmes voilées fanatisées, de croyants en prière pris de dos, de foules vociférantes au cri d "Allah Akbar!" A côté de ces images de peur se déploie éventuellement une touche exotique héritée de la tradition orientaliste: hommes paisibles fumant le narguilé, femmes musulmanes dans les vapeurs d'un hammam... Entre ces deux images, il n'existe que peu de place pour un islam vécu anonymement par des milliers de citoyens ordinaires qui entendent concilier leur francité et leur islamité de manière harmonieuse. France Keyser a saisi sur le vif ces Français comme les autres, médecins, commerçants, fonctionnaires, élus, sportifs, responsables associatifs..., dont la foi et la pratique religieuses sont moins vécues comme des traditions importées de là-bas que comme des expressions vivantes de leur citoyenneté ici. Un documentaire inédit dans un contexte fortement passionnel, où l'on tend à faire de l'islam l'exutoire de toutes nos angoisses et interrogations sur le devenir de l'identité française. Avec des textes de Vincent Geisser et des légendes de Stéphanie Marteau.
L un part (Hugo), l autre reste (Théophile Gautier). La carrière littéraire de Gautier enveloppe l intégralité du Second Empire, le plus long régime politique de son existence, au point qu Armand de Pontmartin et Frédéric Loliée le considèrent comme l un des « poètes du trône ». Solidement ancré dans un régime qui compte sur son aura, Gautier uvre en faveur de son fils Toto nommé sous-préfet à Ambert, accepte la charge de Bibliothécaire de la Princesse Mathilde, brigue un siège d Académicien... Aurait-il retourné son gilet rouge? Un rapport de police établit en 1854 qu en « politique, Gautier n a pas d opinion », tandis que son uvre continue de célébrer la liberté esthétique et morale. Quatorze spécialistes de littérature et d art se sont penchés sur ce point d observation privilégié du Second Empire qu est Gautier: à travers lui, c est le paradoxe de l autonomie de l artiste pris au c ur d un dispositif de dépendance économique qu on interroge.
Pour quelles raisons la démocratie est-elle si rare dans les pays arabes? Dans quel terreau s'enracine la dictature féroce que leurs dirigeants imposent à leurs citoyens? Ces questions radicales sont posées par Moncef Marzouki, le principal opposant au président Ben Ali qui règne sans partage sur la Tunisie depuis un quart de siècle. Contraint à l'exil en France depuis 2001, l'ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme témoigne, dans cet ouvrage, de la violation quotidienne des libertés dans son pays, y compris par l'usage de la torture. Interrogé par le politologue Vincent Geisser, il élargit son analyse à l'ensemble des pays arabes. En effet, si la Tunisie présente une sorte de modèle achevé de dictature insérée dans le marché mondial, les autres pays du Maghreb et du Machreq ne sont pas en reste. De l'Arabie Saoudite à l'Algérie en passant par l'Egypte et la Libye, les peuples sont encore et toujours muselés par une police et une armée omniprésentes. La corruption et les inégalités sociales sont endémiques, ce qui fait le lit de l'islamisme. Contre ceux qui ne se résignent pas à souhaiter l'avènement d'un despote éclairé dans les pays arabes, Moncef Marzouki plaide avec force pour un enracinement de la démocratie dans les traditions les plus ouvertes de la culture arabo-islamique. Ce livre, véritable cri d'espoir, est un appel à sortir du fatalisme dans lequel nous enferme le regard complice des puissances occidentales.
D'oncle raconte l'histoire d'un oncle. D'un homme-limite jamais grandi, coincé depuis cinquante ans quelque part en enfance et au bord de la mer, au bout du monde. A la faveur de circonstances exceptionnelles, la narratrice est amenée à observer de près cet homme à l'hygiène douteuse, aux manies bizarres, à la santé défaillante, aux proportions anormales, définitivement trop petit, trop gros et trop boiteux pour ce monde. En filigrane, c'est le portrait d'une famille et d'une époque qui se dessine. Biscornues comme toutes les familles et toutes les époques. Ou disons un peu plus. Avec ce premier roman, Rebecca Gisler, née en 1991 à Zurich, propose une écriture entomologiste, intriguée et amusée, qui vise à faire le tour d'un sujet aussi étrange que fascinant : un oncle.
Dvorák a cinquante et un ans lorsqu'il débarque sur le sol américain. Il est ébloui par le port de New York, sa rumeur, le brouhaha et les émanations musicales qui s'en élèvent çà et là. Nommé en 1892 à la tête du Conservatoire de la ville, il se passionne pour la musique du continent, ses mélodies et ses rythmes, puis se lance, l'année suivante, dans la composition d'une symphonie intégrant partiellement ces éléments. Aussi son oeuvre se colore-t-elle de thèmes inspirés de la musique noire ou indienne, mais également du folklore porté par les immigrants venant des quatre coins de l'Europe, le tout mêlé aux réminiscences de sa vieille Bohème. Certes, Dvorák n'est pas véritablement le pionnier de la musique américaine mais, par sa symphonie aux accents pluriculturels, il en cristalise l'esprit, lequel fera école chez Gershwin, Copland, Cage ou Bernstein... La Symphonie n°9 s'imposera vite comme le chef-d'oeuvre de son auteur et deviendra l'un des monuments de la littérature pour orchestre. Sous la baguette de Paul Daniel, l'ONBA offre une lecture lyrique d'un luxuriant "Nouveau Monde". Composée en 1878 dans un registre plus intimiste, la trop rare Sérénade en ré mineur complète l'enregistrement.
Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre, nuit d?amour et le lendemain? Elle se retrouve douze ans plus tard, mariée, des enfants et plus un seul souvenir de ces années perdues. Cauchemar, angoisse? Elle doit assumer sa grande famille et accepter que l?homme qu?elle a rencontré la veille vit avec elle depuis douze ans et ne se doute pas du trou de mémoire dans lequel elle a été précipitée. Pour fuir le monde médical et ses questions, elle choisit de ne rien dire et devient secrètement l?enquêtrice de la vie d?une autre. Ou plutôt de sa propre vie. C?est avec une énergie virevoltante et un optimisme rafraîchissant que Frédérique Deghelt a composé ce roman plein de suspense sur l?amour et le temps qui passe, sur les rêves des jeunes filles confrontés au quotidien et à la force des choix qui déterminent l?existence.
La Hague? Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu?il arrache les ailes des papillons. C?est sur cette terre âpre, ce bout du monde en pointe du Cotentin, que la narratrice en deuil de son compagnon est venue se réfugier depuis l?automne. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu?elle voit Lambert, c?est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d?un certain Michel. D?autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l?ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L?histoire de Lambert intrigue la narratrice et l?homme l?attire. En veut-il à la mer ou à ses semblables? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.
A bord du Grand Train, puissant, immense, tout de verre et d'acier. En échange de la vie des passagers, un modeste employé accepte de devenir le dépositaire d'un terrible secret : l'emplacement de la clé qui pourrait détruire Dieu. Or, l'Homme craint Dieu et Dieu ne craint que la clé? Terreur, mystère, fantastique, tous les genres se mêlent dans ce voyage hallucinant à travers les zones d'ombre de la foi d'où l'on revient avec une seule certitude : cet écrivain est diabolique. Puissant, immense, tout de verre et d'acier, le Grand Train de 7h45 vient de s'ébranler à destination de Hambourg, quand, à son bord, le modeste employé Daniel Kean distingue une flaque rouge de sang aux pieds d'un passager. Pour déjouer l'attentat imminent, le jeune homme amorce le dialogue avec le kamikaze agonisant qui lui susurre quelques mots à l'oreille. Le voilà dépositaire malgré lui d'un effroyable secret : l'emplacement de la ?Clé? qui pourrait détruire Dieu, détruire surtout la crainte qu'il inspire aux hommes. Flatté, menacé ou manipulé par deux bandes rivales qui se disputent cette boîte de Pandore, Daniel s'immerge dans un univers peuplé d'ombres, traverse des ténèbres et affronte des mythes et des divinités archaïques. Tels Verne, Stevenson ou Lovecraft, José Carlos Somoza conduit ce thriller futuriste vers des terres inexplorées, des continents entourés de marais, des océans contenus dans des cercueils de verre, orchestrant l'éternelle bataille, ici magistralement renouvelée, entre les armées du bien et du mal. De ce voyage hallucinant dans les méandres de la foi, on revient riche d'une seule certitude : ce ?pour ou contre? Dieu qui a forgé notre conscience d'être au monde, cette croyance ou le déni qui règlent nos vies, il faudra admettre qu'ils reposent sur la seule puissance fabulatrice des hommes. Un postulat bâti sur une légende !