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Un temps désancré. Trois essais sur la trilogie de Catherine Colomb
Geinoz Philippe ; Pradeau Christophe
METISPRESSES
16,00 €
Épuisé
EAN :9782940563449
Catherine Colomb a fait des vastes maisons vigneronnes de son enfance le symbole d'un ordre social ancien, vertical, et d'une temporalité cyclique parce qu'encore ancrée dans le sol. Mais cet ordre et ce temps, ses romans tes saisissent alors qu'ils se défont inéluctablement. L'échelle, réduite en apparence, du monde que la romancière met en oeuvre ne doit pas masquer son ambition de prendre en charge, en les figurant, certaines des inquiétudes majeures de la modernité, en particulier celles qui relèvent d'une difficulté à demeurer, dans un environnement social que son horizontalisation a rendu mobile. Le livre de Philippe Geinoz se propose ainsi de rendre justice à la profondeur de vue dont témoigne cet ensemble romanesque, élaboré patiemment sur plus de vingt ans, et de déploya : les ressources que l'inventivité de Catherine Colomb offre au lecteur lorsque seul le travail de la mémoire permet d'habiter ce temps désancré.
Le bal des esquintés est un roman puzzle, un roman pot-au-feu, et qui mélange, indifféremment, des personnages aussi goûteux qu’ils sont hétéroclites. D’abord, il y a Marie ; Marie la Seule ou Marie la Céleste, qui jongle tant et plus entre ses mioches, son job et les stigmates douloureuses d’un récent abandon. Aussi, il y a Ben. Un con spasmophile, Ben. A tel point embourbé dans la fange de ses problèmes, qu’il paraît incapable d’épargner à quiconque ses coups de gueule et ses coups de dents. Et puis, il y a Félix, férocement agrippé à la laisse de son chien, et qui traîne son vieil âge entre un foyer où dépérit sa femme et le vide abyssal de son appartement. Trois destins, donc. Trois trajectoires entremêlées, auxquelles s’associent dans un joyeux désordre une aide-soignante rwandaise, un parquet XVIIe et une valse folle de conjoints repentants. Une histoire banale. Et unique. Et où, l’un hissant l’autre et tous s’épaulant, nos esquintés s’extirpent peu à peu du marasme de leurs existences respectives en un improbable rebond.
Entre l'art et le témoignage, au moins quatre générations d'écrivains de langue arménienne ont pratiqué une écriture contrastée pendant tout le cours du XXe siècle. Partagés entre le Pays et la Dispersion, entre le reniement et la fidélité, entre le communisme et l'idée nationale, ces écrivains se sont débattus avec leur temps aussi bien qu'avec le singulier destin de leur langue déchirée. Dans le même temps, ils ont su inventer une modernité pour leur propre compte, où intervenaient la Catastrophe, le deuil philologique, le débat continuel avec le témoignage, la critique acerbe de la révolution nationale et, bien sûr, la question récurrente : comment la littérature est-elle encore possible dans ces conditions extrêmes, au bord (ou au-delà) de l'effondrement ? Le présent volume inaugure une série d'études monographiques sur ces écrivains du bout du monde. Il traite de quatre auteurs (Yeghishé Tcharents, Gourgen Mahari, Zabel Essayan, Vahan Totovents) qui ont produit l'essentiel de leur œuvre en Arménie ou qui ont émigré sur le tard pour se voir emportés par la tourmente stalinienne en 1937.
Résumé : Aldo Rossi, personnalité éminente de l'histoire de l'architecture, a été le premier à évoquer l'atmosphère de " suspension " propre à l'architecture. Can Onaner ambitionne à travers cet ouvrage d'énoncer le concept de suspens comme un nouveau modèle théorique et pratique et comme l'emblème de tout projet architectural inquiet de sa pérennité. Cette recherche touche une dimension particulièrement controversée de l'architecture contemporaine, laquelle voit, depuis quelques années, s'accroître la création de formes monolithiques étranges, hors d'échelles, coupées de leurs contextes physiques et temporels, comme suspendues dans le temps et dans l'espace. Cette volonté de créer une architecture " absolue " et " autonome " peut-elle être qualifiée de simple phénomène de mode, ou est-ce une tendance plus profonde ?
Mauro Carbone est Professeur de Philosophie (spécialité: Esthétique) à la Faculté de Philosophie de l'Université Jean-Moulin Lyon 3, ainsi que membre senior de l'Institut Universitaire de France.