Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'idée de littérature. De l'art pour l'art aux écritures d'intervention
Gefen Alexandre
CORTI
26,00 €
Épuisé
EAN :9782714312549
Loin d'être une essence, la littérature est avant tout une idée. Cet essai entend en faire l'histoire, de l'apparition du mot et de la naissance du concept au tout début du XIXe siècle à ses étonnantes métamorphoses contemporaines. Car le territoire de littérature connait aujourd'hui une formidable extension : de la littérature définie par son désintéressement, son autonomie, aux écritures contemporaines volontiers sociales et politiques, du sacre de l'auteur aux amateurs de fanfictions, du souci unique du style à la non-fiction, de l'apologie de l'originalité à l'exigence de l'enquête, de la solitude du créateur aux littératures de terrain, du roman romanesque aux écritures du monde non humain, du culte du texte aux écritures hors du livre, du tropisme occidental à la world literature, d'une conception linguistique à une approche informée par l'anthropologie culturelle et les sciences de la nature. Que s'est-il passé ? Pourquoi avons-nous longtemps identifié la littérature à l'art pour l'art ? Quels chemins a emprunté ensuite notre idée de la littérature, après s'être définie par son inutilité et son intransitivité, pour nous apparaître désormais comme une pratique communicationnelle et relationnelle, à la fonction éthique et même démocratique ? C'est en faisant la généalogie longue et complexe de l'idéologie esthétique qui a dominé la littérature moderne et ses institutions, en interrogeant ses valeurs supposées universelles, en questionnant sa religion du texte et ses manières de produire des distinctions, en mettant en perspective les études littéraires qui l'ont accompagné, que l'on peut comprendre une conception de la littérature comme un concept ouvert, extensif et inclusif, comme un moyen et non comme une fin.
Ce numéro présente une analyse approfondie des récits et fictions engendrés par les attentats de 2015 en France. Il examine comment la culture française a utilisé divers supports narratifs-témoignages, romans, documentaires, bandes dessinées-pour représenter et comprendre ces événements traumatiques.
Dans une société avide de spectacle, on feint trop souvent de croire que la littérature sert de pur divertissement. Cette enquête auprès de vingt-six écrivains contemporains montre le contraire : la littérature est avant tout une affaire politique. C'est le constat de ce livre, composé d'entretiens inédits : même s'ils réfutent la vieille notion de "littérature engagée" , les écrivains français sont loin de prôner une indifférence esthète à l'égard des problèmes politiques de leur pays. Très souvent, ils choisissent de faire de leurs récits un outil d'analyse des inégalités. Pour mieux interro-ger les discours sociaux, ils tournent autour de l'autobiographie ou du reportage. Ils tentent parfois de prolonger les crises sociétales, ou même de les prévoir. Ils vont de surcroît au-devant des demandes sociales, en participant à des résidences littéraires (en région, à l'hôpital, dans les Ehpad, auprès des jeunes, des migrants). Bref : ils des-cendent volontiers de cette tour d'ivoire dans laquelle on voudrait les emprisonner, et qu'ils ne supportent plus. D'Annie Ernaux à Alice Zeniter, en passant par Aurélien Bellanger, Leïla Slimani et Mathias Enard : voici dévoilé le formidable panorama d'une littérature pugnace et moderne, avide de changer notre société.
Résumé : Immédiate, instinctuelle, voire brutale, l?empathie est, depuis l?Antiquité, objet de fascination autant que d?inquiétude. Elle inquiète, car elle nous conduit à pouvoir être émus par des bourreaux ou des criminels autant que par des victimes. Pourtant, comme le rappelle Blade Runner, l?aptitude à l?empathie est précisément ce qui permet de différencier l?homme des robots qui cherchent à l?imiter : elle serait l?humanité de l?homme. Dans quelle mesure les émotions artistiques participent-elles des émotions que nous pouvons dire nôtres ? Peuvent-elles nous éduquer au bien en nous faisant partager affectivement le point de vue d?autrui ? Ont-elles les mêmes qualités, la même intensité ? Sont-elles bénéfiques ou dangereuses ? Peut-on vraiment apprendre la compassion dans un roman ? Fait-il sens de nous révolter face aux souffrances exposées par une toile ? Dès lors qu?elle échappe aux oppositions simplistes entre raison et émotion, égoïsme et altruisme, nature et culture, liens réels et relations fictionnelles, la question de l?empathie rejoint les interrogations des économistes, des sociologues ou des historiens sur la place des émotions dans nos comportements. Savoir compatir nous permet-il de mieux savoir agir ? De mieux juger ? De mieux partager ? Telles sont quelques-unes des questions qui seront abordées dans cet ouvrage.
Le tournant numérique n'affecte pas seulement les modes de diffusion des savoirs, mais leur nature même, à travers les modalités de leur construction. Il est donc inévitable que le numérique pose des problèmes aux sciences humaines. Et particulièrement aux disciplines littéraires, plus habituées à s'intéresser à la singularité des oeuvres qu'au traitement de données massives. Mais poser des problèmes peut s'entendre de manière positive et dynamique. Le numérique offre aussi de nouveaux objets d'étude et de réflexion critique : des réseaux sociaux à la littérature numérique ; de l'utopie d'un "transhumanisme" en devenir à la dystopie d'une menaçante "gouvernance algorithmique". Dans ce numéro dirigé par Alexandre Gefen, Critique donne la parole à ceux qui, travaillant dans ce nouveau champ transdisciplinaire, peuvent nous aider à en mieux comprendre les acquis et les écueils, les limites et les promesses.
Voici rééditée pour la 4ème fois cette seule édition intégrale commentée de l'ensemble des 201 contes des frères Grimm auxquels sont joints les 28 textes qu'ils ont supprimés dans la dernière mouture de leur recueil, et 10 légendes pour les enfants. Nous l'avons cette fois réédité en 1 volume de 1175 pages. Extrait de la presse unanime et élogieuse à la sortie du livre en 2009. Enfin paraît en France la première édition intégrale des 239 contes collectés par les frères Grimm, y compris les censurés, y compris les retranchés. Cette édition est indispensable à tous ceux qui aiment les livres. (...) Il y a au fond du conte, continuant de rêver, en état de rébellion à l'état pur, en état de splendeur à l'état pur, un jadis animal aussi intraitable que l'enfant incorrigible. Pascal Quignard, Le Monde des livres Les contes des Grimm doivent leur magie à la souffrance qui les fixe et la liberté qui les porte. (...) La plupart des auteurs feraient de cet enfer des machines moralistes, des manuels édifiants, ou, pire encore, des romans psychologiques. Ici, rien de tel. Lire est un acte libre. L'imagination est l'action : elle va vite, comme une vie courte réduite à l'essentiel. Philippe Lançon, Libération Classées au patrimoine mondial de l'Unesco, les 239 histoires recueillies par les frères Grimm, " vivent encore aujourd'hui ", comme on dit de leurs héros. Cette nouvelle traduction leur rend fraîcheur et rugosité. Isabelle Rüf, Le temps Soit donc deux beaux volumes, copieusement annotés et soigneusement illustrés (...). Postface, notes copieuses, index précis : l'appareil critique est sans faille, mais jamais pesant ? libre au lecteur de choisir de l'oublier ou d'en faire son miel. Nathalie Crom, Télérama
J'ignore tout de Solange Brillat ou plus exactement, j'ignorais tout. La presse, ces derniers jours, évoque sa disparition et publie une photo noir et blanc. Solange sourit, et derrière son sourire il y a un lac. Où cela peut-il être ? Qui a pris cette photo, à quelle occasion ? Un journaliste qui avait frappé à ma porte la semaine dernière cite mon témoignage, quelques mots que je me souviens vaguement avoir prononcés : "Selon son voisin, c'était une jeune femme très discrète, banale." J'imagine Solange Brillat quelque part à une table de café, lisant les épithètes de sa gloire et tentant de se remémorer son voisin. Très discrète, banale. Ces mots aujourd'hui, je les regrette"