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Conflits et polémiques dans l'épistolaire
Gavoille Elisabeth ; Guillaumont François
RABELAIS
22,00 €
Épuisé
EAN :9782869063884
La lettre, lieu d'échange et de dialogue, traditionnellement définie depuis Cicéron comme une ,. conversation entre amis séparés", peut également offrir un espace privilégié à l'expression des antagonismes - malentendus, différends, âpres controverses. Croiser la notion d'épistolaire avec celle de conflit et de polémique amène alors à repenser avec une acuité particulière la signification de la lettre. Un premier aspect important concerne l'attitude de l'épistolier, son degré d'implication et l'image de soi qu'il cherche à construire (ethos) : si en cas d'affrontement direct la violence verbale est généralement évitée, quand le destinataire est seulement pris à témoin la lettre donne volontiers cours au langage des passions (indignation, moqueries), aux procédés de dévalorisation de l'adversaire ou tout au moins à l'ironie. Mais c'est aussi la fonction et la portée de la lettre qui est en jeu, qu'il s'agisse de clarifier sa pensée devant l'autre, de diffuser un débat, d'exacerber les tensions ou au contraire d'ouvrer à l'apaisement. Telles sont les questions examinées à travers les trente contributions de ce volume, qui traitent de conflits personnels entre correspondants, de luttes politiques, de controverses religieuses et théologiques, de confrontations d'idées (philosophie et rhétorique), d'affrontements autour de la médecine, et enfin de rivalités entre érudits et de polémiques littéraires.
La liberté de rire peut aller de l'allusion moqueuse à la provocation transgressive. Quel est précisément, en matière d'écriture épistolaire, l'effet recherché et produit d'un trait d'esprit, d'un détail comique ou d'une raillerie, selon la situation de l'épistolier et son rapport au destinataire, individualisé ou générique ? Cet ouvrage collectif propose d'explorer les enjeux et modalités de la plaisanterie dans la lettre, de l'Antiquité jusqu'au XXe siècle : autodérision et mise en valeur de soi, élément de détente dans une situation critique et contrepoids à la mélancolie, témoignage d'affection ou complicité avec le lecteur, contribution à une visée persuasive ou didactique, puissance affirmée par l'ironie mordante ou par des sarcasmes vengeurs... Ainsi il offre une lecture éclairante sur la place que, au cours des siècles, l'écriture épistolaire a accordée au rire, à la plaisanterie, à la moquerie, à l'ironie, à une liberté d'expression parfois corrosive.
Marchands et comédiens ambulants, colporteurs, bateleurs et baladins, ces figures itinérantes ont en commun de se définir essentiellement par les jambes et la voix. Elles inspirent une exploitation littéraire de l'oralité et une mise en scène du corps. Elles excitent aussi l'imagination visuelle, à travers l'inventaire des marchandises variées, la vive apparition d'objets, l'évocation des tours d'adresse. Outre la description pittoresque s'expriment parfois l'empathie pour les petits métiers et l'intérêt pour la culture populaire. La déambulation dans la ville se fait également exploration de la mémoire et voyage dans le temps. Les représentations littéraires oscillent entre le croquis expressif, la sourde inquiétude devant l'altérité du nomadisme ou la séduction de l'habileté, et l'exaltation d'une liberté fantasmée de l'errance. Car souvent la déambulation est présentée comme force motrice de questionnement et de franc-parler, mobilité de l'esprit lui-même. Le parcours proposé dans cet ouvrage examine divers lieux, époques et langues : textes latins, littératures germanique (Hans Sachs) et italienne (comédies de Giovanni Bricci, romans de DinoTerra), domaine français (histoires comiques du XVIIe siècle, Marmottes et Savoyards dans le Paris des Lumières, pamphlets et presse sous la Révolution), jusqu'à Cette chose étrange en moi d'Orhan Pamuk.
Résumé : De la phrase au texte et à l'oeuvre, la forme brève représente, dans son principe même d'écriture, une visée de densité et une puissance singulière de sens, en deçà des divers genres qu'elle peut investir et de ses modalités historiques ? brevitas antique, idéal classique de plénitude et d'universalité, goût romantique pour le fragment, esthétique contemporaine de la rupture et de l'éclatement. Quelle force propre la brièveté renferme-t-elle, par quoi s'impose-t-elle, quel genre d'adhésion suscite-t-elle ? Ses pouvoirs présentent un large spectre, de la séduction exercée par la piquante ingéniosité d'une épigramme ou l'"obscure clarté" d'un aphorisme, jusqu'aux injonctions du slogan et de la "parole autoritaire". Si la brièveté représente parfois le moyen d'avoir le dernier mot ou d'imposer le silence, de dominer l'autre par une formule lapidaire et par la clôture du sens, elle donne aussi beaucoup à entendre et à penser, elle stimule souvent la réflexion et l'interprétation. Telles sont les questions étudiées ici à travers vingt et une contributions littéraires, qui portent sur des domaines variés : les modèles latins (épigrammes de Catulle et Martial, sentences de Sénèque, "Distiques de Caton"), la maxime classique comme énoncé de vérité (La Rochefoucauld) avec ses réécritures ludiques (Lemaitre et Bénabou) ; le rôle de l'emblème dans l'Espagne du Siècle d'Or, notamment dans l'esthétique des Vanités, sa fonction aussi dans le savoir médical au XVIIe siècle ; les "remarques" incisives de Nodier sur les dictionnaires, les préceptes de concision dans l'enseignement rhétorique au XIXe siècle, les aspects du bref dans l'oeuvre de Claudel, le court et le long dans l'échange épistolaire (avec le cas de C. Pozzi et P. Valéry) ; en poésie, les performances de l'abrègement (Queneau, Derème), le lien entre aphorisme et photographie chez Jacques Roubaud, l'art du peu chez Philippe Denis ; dans le genre narratif enfin, les poétiques du récit bref (Jean-Pierre Camus, Gogol, Poe, Melville), la remise en cause des normes romanesques dans les "récits de fille" (Huysmans, E. de Goncourt) et dans la nouvelle (Tchekhov, Schnitzler, Pirandello, Joyce).
Les migrations internationales sont une clef de compréhension essentielle du fonctionnement du monde actuel. Elles constituent un enjeu fondamental dans chacune des sociétés qu'elles concernent, qu'il s'agisse des régions d'origine, des pays d'installation ou des zones de transit. Le "paradigme migratoire" offre un puissant outil d'analyse des transformations sociales et spatiales à l'oeuvre dans le monde. Aurait-on pu par exemple imaginer, il y a trente ou quarante ans, que la question migratoire marquerait à ce point les élections nord-américaines, britanniques, allemandes, hongroises, autrichiennes, néerlandaises, italiennes... et bien entendu françaises ? Les auteurs — géographes, sociologues, historiens, anthropologues, juristes, démographes — font le point sur la façon dont ont été conçues, élaborées et traitées les problématiques relatives aux migrations depuis une trentaine d'années. Chaque chapitre montre comment un domaine de recherche a émergé, tiraillé entre demande publique (possédant us propres objectifs généralement de court terme) et autonomie de la recherche attachée à la construction des savoirs. Il en résulte un ouvrage qu'on peut utiliser comme un manuel, utile à tous ceux qui veulent comprendre la complexité des migrations internationales.
Les informations relatives à la nourriture sont de nature extrêmement diverse. L'alimentation intervient dans les conceptions de la santé, des plaisirs, des moeurs, de l'ordre public. Les sources d'information disponibles sur l'alimentation sont nombreuses et leurs visées respectives peuvent, ou bien se renforcer, ou bien se contredire. La question est alors de savoir comment les consommateurs arbitrent entre santé et plaisir, nutrition et saveur, bienséance et confort, croyance et science, tempérament et pression sociale, innovation et habitude, ou encore considérations éthiques et servitudes quotidiennes. Quelle légitimité accordent-ils aux paroles d'interlocuteurs venant d'horizons divers, de la médecine à la publicité, du gouvernement à la philanthropie, et qui diffusent messages et recommandations concernant la nourriture et l'hygiène de vie ? Ce sont les questions qui animent ce livre. Les chapitres contribuent à la restitution de l'univers informationnel des consommateurs depuis le XIVe au XXe siècle. Ils s'attachent à décrire et expliquer l'émergence et le fonctionnement des repères qui nous orientent dans les marchés alimentaires et des services qui s'y rattachent. Les thèmes concernent l'identification des produits et de leurs caractéristiques, l'imagination liée à l'alimentation et à la cuisine, et l'intervention des autorités publiques dans les transactions alimentaires.
A travers une galerie de portraits de traducteurs et traductrices ayant exercé entre 1940 et 1944, cet ouvrage offre un éclairage nouveau sur la vie littéraire durant la seconde guerre mondiale. Traduire, comme écrire, sous la botte de l'occupant nazi, c'est résister ou collaborer. Ce livre explore les trajectoires individuelles et le travail de ces médiateurs, "acteurs invisibles de la littérature". Quelle est leur place ? Dans quel contexte évoluent-t-ils ? Quel est leur rôle ? Hélène Bokanowski, Maurice Betz, Pierre Darmangeat, Paul de Man ou encore Jean Wahl : ces portraits saisissent la traduction sous plusieurs aspects : biographique, historique, sociologique, historique, éditorial et théorique. En s'appuyant sur des archives privées inédites, cet ouvrage constitue un apport précieux aux études sur la vie littéraire francophone en temps de guerre. Avec les contributions de Lucile Arnoux-Famoux, Albrecht Betz, Stéphanie Braendli, Pauline Giocanti, Yanno Guo, Sylvie Humbert-Mougin, Alexis Tautou, Hubert Roland, Thomas Vuong.
Erigé en 1862 à Paris, au coeur du nouveau quartier de l'Opéra, fondateur avec le Grand Hôtel du Louvre de la grande hôtellerie contemporaine en France, le Grand Hôtel instaure à Paris une nouveauté qui n'eut de cesse de se développer. A l'heure de son inauguration, le Grand Hôtel émerveille et devient l'un des théâtres privilégiés de la "Fête impériale". La table est un atout fondamental sur lequel repose le succès primitif de l'entreprise créée par les frères Pereire. Toutefois, l'émergence de nombreux concurrents fait que le Grand Hôtel perd progressivement son rang. Aussi, à l'orée du XXe siècle, l'arrivée aux commandes d'Arthur Millon, restaurateur d'origine modeste, insuffle au Grand Hôtel une nouvelle ligne entrepreneuriale et pose les bases d'une nouvelle réussite. Du .fait d'une activité incessante, il édifie un véritable empire dans le monde de la grande hôtellerie et de la restauration parisiennes que son fils André se fait fort d'étendre. Au total, Arthur et André Millon incarnent deux personnages centraux de l'histoire de cette industrie majeure du développement du tourisme parisien et national. Cependant, les mésententes familiales font que le Grand Hôtel, tout comme le reste de l'empire, passe sous bannière italienne en 1972. C'est à la découverte de la riche histoire du doyen des palaces parisiens que ce livre convie.