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La guerre du blé au XVIIIe siècle. La critique populaire de la liberté économique
Gauthier Florence ; Ikni Guy-Robert
KIME
28,01 €
Épuisé
EAN :9782841749249
Tout comme le droit et la politique, l'économie est une science morale : ce qui s'est soudain obscurci lorsqu'une nouvelle politique économique chercha à imposer la sienne dans le secteur de la production et du marché des subsistances. La Guerre du blé, au XVIIIe siècle, fut l'expression de cette lutte entre deux morales l'ancienne établissait un prix accessible à tous, la nouvelle un prix spéculatif, dépassant les revenus d'une importante partie de la société. En Angleterre, le grand historien Edward P. Thompson découvrit les formes de résistance du peuple, mourant de faim devant des monceaux de blé, et nomma ce qui l'animait : économie morale du peuple. En France, la Guerre du blé fut une des causes de la Révolution de 1789, mais c'est précisément la révolution qui permit d'inaugurer une expérience d'économie politique populaire, dont le principe du droit à l'existence et aux moyens de la préserver imposait ces limites à l'économique. En Angleterre, le gouvernement dut combattre la Révolution française, car elle y ravivait une grande espérance et, de 1795 à 1830, il prépara la "révolution industrielle" en écrasant la résistance populaire, ajoutant à la souffrance de la destruction des protections du travail celle de la répression d'une révolution sociale avortée. Cette histoire, qui remet en lumière l'économie morale démasquant l'instauration d'un homo economicus dépouillé de son humanité, se révèle le fruit d'une vaste culture populaire, que l'on retrouve partout dans le monde et dans des périodes historiques aussi anciennes que récentes : elle nous parle la langue sensible d'un humanisme universel qui cherche à se reconstituer, en commun.
Quinze mois s'écoulent entre la chute de Robespierre et l'avènement du Directoire, quinze mois dont on parle rarement: ils sont l'objet de ce livre. L'incandescence révolutionnaire s'éteint, la réaction triomphe partout. "La grande période de la République est désormais finie. Les rivalités de personnes prennent le pas sur les idées; le Salut Public s'efface ou disparaît derrière les rancunes et les passions. Le politicien remplace le politique. L'intérêt privé et collectif des députés s'oppose scandaleusement à l'intérêt national." La lutte est féroce entre les thermidoriens de droite et de gauche, les Girondins de retour, les royalistes qui relèvent la tête. Le peuple est réprimé: après l'écrasement des émeutes de prairial au faubourg Antoine, il n'y aura plus d'insurrection dans le pays avant trente ans. De cette période violente et sombre, Mathiez dresse un tableau qui, souvent, résonne avec notre actualité, tant il est vrai que les gouvernements de fripons se ressemblent ou plutôt se répètent. Dans leur présentation, Florence Gauthier et Yannick Bosc replacent Albert Mathiez dans son époque et, plus encore, dans la trajectoire de l'historiographie révolutionnaire. Adhérent au Parti communiste un temps mais refusant la dictature d'un parti unique dès les années 1920, puis critique perspicace du stalinisme naissant, occulté à la fois par les communistes encasernés et les réactionnaires, il nous apparaît aujourd'hui comme le plus grand historien moderne de la Révolution.
La première édition scientifique des ?uvres de Maximilien Robespierre, sous l'égide de la Société des études robespierristes, s'est échelonnée de 1912 à 1967. Les dix volumes de cet immense corpus, soigneusement annotés et commentés par trois générations de chercheurs, d'Albert Mathiez à Georges Lefebvre, puis Marc Bouloiseau et Albert Soboul, sont épuisés depuis longtemps et bien peu d'érudits peuvent accéder aisément à cette édition de référence. La réimpression réalisée en 2000 par Phénix éditions a été aussi très vite écoulée. La présente édition, réalisée pour le Centenaire de la Société des études robespierristes, comble ainsi une lacune majeure des études révolutionnaires actuelles, en France et à l'étranger, en reproduisant l'édition de 1912-1967, augmentée d'un onzième volume qui regroupe les textes omis par ses maîtres d'oeuvre ou retrouvés depuis. Loin de tout esprit apologétique ou de tout dénigrement systématique, il s'agit de mettre à la disposition des lecteurs un précieux instrument de connaissance de la démarche intellectuelle et politique d'un des acteurs majeurs de notre histoire contemporaine, mais aussi l'un des personnages historiques les plus controversés aujourd'hui encore. Ce volume rassemble un nombre imposant d'oeuvres non publiées dans la première édition: elles concernent notamment la période où Robespierre fut directeur de l'Académie d'Arras, puis ses premiers combats lors de la convocation des Etats généraux et sous la Constituante. Des textes de premier plan se succèdent, comme la défense de Dupond (1789), qui met en lumière le traitement arbitraire réservé aux victimes des lettres de cachet, la défense des droits des bâtards (1786), un discours de 1787 en faveur de l'élargissement de l'espace public aux femmes dans les lieux de production des arts et des sciences, et l'Adresse aux Français de juillet 1791. Quelques lettres et des manuscrits accompagnent la réédition de son Carnet (1793) et celle des Notes contre les dantonistes (1794), établies par Albert Mathiez. Biographie de l'auteur Florence Gauthier, Maître de Conférences à l'Université Paris VII - Denis Diderot.
Le 17 thermidor an III (4 août 1795), Boissy d'Anglas - membre de la commission chargée par la Convention thermidorienne de rédiger un projet de nouvelle constitution - présente son rapport et son projet d'articles constitutionnels relatifs aux colonies. Il théorise, à cette occasion, le concept d'" assimilationA " et propose la première départementalisation des colonies françaises. L'assimilation n'est donc pas une invention des IIe et IIIe Républiques et du second empire colonial français ; la départementalisation, elle, ne date pas de 1946 et de la IVe. Ce concept et son application ont une histoire bien plus ancienne, méconnue ou ignorée. Loin d'être un concept philanthropique, la théorie de l'assimilation marque d'abord une rupture avec les deux déclarations des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et de 1793 - en établissant un ségrégationnisme climatique des droits politiques - et entreprend de restaurer une politique de puissance visant à empêcher toute souveraineté des peuples des colonies. Reprise par les régimes républicains successifs des XIXe et XXe siècles, l'assimilation a été mise en oeuvre par tous les gouvernements républicains qui se sont succédés jusqu'à nos jours. L'étude de ce texte du XVIIIe siècle offre, par conséquent, une grille de lecture pour les temps présents.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.