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Les Picasso de la Piscine
Gaudichon Bruno ; Massé Alice
INVENIT
20,00 €
Épuisé
EAN :9782918698302
En regard de l'importante exposition consacrée à deux créateurs d'exception, Picasso et le grand photographe américain David Douglas Duncan, seule étape française de ce regard européen, La Piscine - musée d'art et d'industrie André Diligent, Roubaix, publie pour la première fois l'ensemble de son fonds Picasso, qui comprend une collection unique de céramiques, ainsi que quelques clichés et objets d'orfèvrerie. C'est lors de son passage à Vallauris, en 1946, que Picasso se découvre une passion tardive pour la céramique, qu'il pratiqua à sa guise dans l'atelier Madoura de Georges et Suzanne Ramié. Décidant de vivre à temps plein sa nouvelle passion, il s'installe à Vallauris de 1948 à 1955 où il produit une quantité incroyable de poteries, vases, assiettes, pichets, carreaux de faïence... Riche de son expérience de peintre et de sculpteur, il invente des "sculptures céramiques" étonnantes, telles le vase Grois Oiseau Visage noir, ou le Grand vase aux danseurs. L'apport de Picasso à l'histoire de la céramique d'artiste du XXe siècle est fondamental. André Malraux avait assurément pris la mesure et compris le prestige de cette référence essentielle et suscité l'achat d'une très riche sélection de la production de Picasso dans les ateliers de Suzanne et Georges Ramié, à Vallauris. Mais curieusement, cette série d'exemplaires destinés aux musées français ne suscita pas d'intérêt et demeura dans les réserves nationales où finalement, au début des années 1990, il était encore possible de l'exhumer de ses emballages d'origine... Cette incroyable retenue devant la production éditée de l'œuvre céramique de Picasso, permit à Roubaix de sensiblement enrichir la part céramique de ses collections et de faire de son fonds Picasso l'une de ses incroyables richesses et l'un des moteurs de son projet et de sa programmation. Le catalogue restitue le parcours de ces objets et affirme leur importance dans l'identité même de La Piscine.
En 1946, Picasso visite l?exposition annuelle des potiers de Vallauris : c'est une révélation. Très vite il s?approprie les techniques céramiques les plus diverses (décors incisés, engobés, émaillés?), pour donner libre cours à son inspiration. Il utilise les formes traditionnelles, pichets ou pignates, dont la dimension utilitaire l'enchante - «J'ai fait des assiettes, on vous a dit ? Elles sont très bien, écrit-il à Malraux. On peut manger dedans» -, mais aussi les supports les plus imprévus (gazelles, matériel d'enfournement ou fragments de briques). Il façonne également des formes originales dont la fabrication est un véritable défi pour les potiers de l'atelier Madoura de Georges et Suzanne Ramié, où il a choisi de travailler. En une vingtaine d'années, Picasso crée ainsi plus de 4 000 ?uvres originales puisant aux thématiques méditerranéennes qui lui sont chères : tauromachie, faunes, portraits et antiquités revisitées.
Gaudichon Bruno ; Massé Alice ; Pingeot Anne ; Hir
Le Travail , la lutte et les passions. Tels sont les thèmes des quatorze bronzes décoratifs belges récemment offerts au musée de Roubaix par Philippe et Françoise Mongin, généreux couple de collectionneurs parisiens. Présentée pour la première fois au public de La Piscine, cohérence avec la rétrospective consacrée à Jules Adler. le "peintre des humbles" cette donation constitue le coeur d'une exposition-dossier et de cette publication. De Constantin Meunier (1831-1905) à Joseph Witterwulghe (1883-1967) en passant par Jef lambeaux (1852-1908), ce sont trois générations de sculpteurs qui sont évoquées. Les sujets réalistes liés au monde du travail et des travailleurs y côtoient une veine plus légère, autour de l'amour et des bacchanales, tandis que se mêlent les héritages du romantisme, du naturalisme et de l'exubérance de la peinture flamande du Siècle d'or. Dans les collections de La Piscine où elles rejoignent les oeuvres de Rémy Cogghe. mais aussi de Philippe Wolfers, Georges Higuet ou Georges Mime, ces pièces soulignent un tropisme belge ancien et fondateur pour la ville de Roubaix et pour son musée. La proximité géographique et les besoins considérables de main d'oeuvre d'une industrie textile (lainière notamment) en pleine expansion ont en effet alimenté au XIXe et au début du XXe siècles une très importante immigration flamande dans toute la métropole lilloise, et notamment dans les villes de Roubaix et Tourcoing on la thèse de l'art social défendue par un artiste comme Constantin Meunier trouve un écho évident.
Carlo Sarrabezolles (1888-1971) compte parmi les plus grands sculpteurs monumentaux de son temps. Associé à des architectes de renom, il a participé à de grands décors sculptés en France et à l'étranger, au Palais de Chaillot notamment, couronné par ses Éléments pour l'exposition internationale de 1937, ou à Lille en 1929, au beffroi de l'hôtel de ville, avec les géants Phinaërt et Lydéric, utilisant la technique de " la taille directe du béton en prise " que l'artiste avait inventée en 1926. Une rétrospective de son travail est organisée à l'initiative du musée de La Piscine à Roubaix, du musée des Beaux-Arts de Reims, du 15 square de Vergennes à Paris, du musée Despiau-Wlérick à Mont-de-Marsan et du musée Savoisien de Chambéry. Cette exposition itinérante de deux années s'adaptera en fonction de la richesse des collections conservées sur place. La couverture du livre reprend une œuvre emblématique de Sarrabezolles : Le Génie de la mer réalisée pour le paquebot Normandie mais qui n'y trouvera jamais sa place. Plusieurs contributions remettent en perspective son œuvre, analysant les liens étroits qu'elle entretient avec l'architecture et la prouesse technique que constitue la taille directe du béton. L'ouvrage illustre ainsi l'extraordinaire vitalité d'un artiste qui en passant " de l'esquisse au colossal ", a développé un œuvre sculpté emblématique du XXe siècle
Gaudichon Bruno ; Botella-Gaudichon Sylvette ; Del
Ce nouveau catalogue des collections et de l'histoire du musée de Roubaix est réalisé à l'initiative de La Boutique du lieu, à l'occasion du dixième anniversaire de La Piscine, le 20 octobre 2011.
Agnès Dubart a choisi pour médium essentiel la gravure, un art du multiple dont la nature généreuse convient particulièrement à cette artiste ouverte sur le monde. En explorant les deux registres que sont la gravure à l'eau-forte et la gravure sur bois, elle développe deux univers particuliers ; dans le premier, aérien, sa pointe légère accroche des éléments fugaces par une écriture vive ; dans le second, tellurique et plus physique, elle dit tout son attachement à la matière. Là se situe l'artiste, qui déclare trouver son propre équilibre entre l'air et la terre à travers un art dont elle veut faire son lien au monde. "La presse c'est mon ancre sur terre, un moyen de fixer le volatile". Les personnages qu'Agnès Dubart fait vivre sont portés par l'onde ; ils volent, s'enracinent, irradient. Dans son oeuvre, elle dit la recherche de soi, mettant en image un monde à la fois intérieur et heureusement trivial, par l'expression du corps.
Assez logiquement au XIXe siècle, qui dit usines et cheminées dit églises et orgues. A Roubaix, ville dont l'urbanisation galopante a accompagné le développement du textile, le fait est bien connu. Mais qui sait que Roubaix est aussi une ville d'orgues ? Pourtant, les quatorze instruments situés dans des édifices ouverts au public sont l'une des multiples facettes de l'identité patrimoniale de la cité aux mille cheminées? La Ville de Roubaix mène une politique forte à l'égard de ce patrimoine d'exception ; elle entretient, relève ou restaure les instruments joués de la commune. Ce livre, aux textes signés par de grands spécialistes du domaine et aux photographies de Siméon Levaillant, en témoigne. Il a pour ambition de révéler au grand public et aux amateurs l'existence d'instruments souvent remarquables et classés ; ils ont été conçus pour servir diverses esthétiques musicales et sont encore aujourd'hui joués pendant des concerts ou pour des offices. L'orgue est une passion vivante et partagée à Roubaix, et cette publication devrait en fournir au lecteur la preuve éclatante.
Une Compositwn de Serge Poliakoff , peinte en janvier 1954, est entrée dès l'année suivante dans les collections du musée des Beaux-Arts de Lille. Elle est à la fois singulière dans la trajectoire du peintre et caractéristique de son travail. L'évocation de sa découverte par un adolescent qui deviendra l'auteur de ce texte, la description minutieuse de l'imbrication de ses formes et de ses couleurs, et un parcours de ses divers avatars devraient aussi bien en raviver le souvenir chez les amateurs qui la connaissent que susciter le désir de la voir chez ceux qui jusqu'alors en ignoraient l'existence ; car un tableau ne vit que par les regards de ceux qui le contemplent.
Avant d'être détrôné par le cinéma, l'art de la marionnette a connu à Lille et Roubaix un fort engouement au XIXe siècle et au début du XXe siècle. Après de dures journées de labeur, les ouvriers se rendaient volontiers et joyeusement al'comédie ! Pour trois fois rien, ils s'y divertissaient et pouvaient s'instruire au gré de spectacles légendaires ou romanesques. On riait pour s'évader un peu, on avait besoin de rêver beaucoup. Forgée par et pour les ouvriers, cette authentique tradition populaire trouvera deux de ses représentants les plus illustres en Louis De Budt (1849-1936) et Louis Richard (1850-1915). A travers ces figures principales, c'est un monde merveilleux que l'exposition proposée par le Musée de l'Hospice Comtesse de Lille fait revivre. Sur la scène de leurs castelets respectifs s'animent à nouveau les héros de fil et de bois que sont Lydéric et Phinaert, Ourson et Valentin, ou encore Jacques Linflé et P'tit Morveux, tout un petit peuple endormi dans la mémoire collective des habitants de Lille et Roubaix et que cette exposition et l'ouvrage qui l'accompagne entreprennent de réveiller.