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Penser la liberté et le temps avec Kant. La fondation morale de l'existence
Gaudet Pascal
L'HARMATTAN
18,00 €
Épuisé
EAN :9782343028873
La philosophie critique de Kant, en posant la question de la possibilité, mise en oeuvre architectoniquement, du pouvoir de penser, s'institue comme "ontologie" existentielle. L'architectonique des pouvoirs de l'esprit, en sa destination "morale", constitue, en effet, l'"Etre" même de l'homme, soit la fondation (transcendantale) de toute manière d'exister proprement "humaine", les troubles existentiels se révélant être, par hypothèse, autant de déconstitutions de cette architectonique. Le problème du surgissement de l'Idée architectonique et de sa mise en oeuvre temporelle peut donc être interprété comme problème d'une anthropologie transcendantale. Il s'agit de penser par là le "temps" même de l'existence. Si le "temps" n'est rien en dehors de l'esprit, son surgissement ne peut être que celui d'une "liberté". Ainsi, le problème de l'architectonique permet de concevoir le "temps" comme création continuée, oeuvre de la "liberté". Le problème du "temps" ne se limite donc pas chez Kant à l'"exposition" d'une Esthétique transcendantale ni, comme le montre l'architectonique des temporalités, au seul "schématisme" de l'entendement pur. Mais si le "temps" surgit comme "liberté", son essence est nécessairement "pratique". L'existence de l'homme, saisie à ce niveau d'une cooriginarité transcendantale de la "liberté" et du "temps", peut alors être comprise en sa dimension "morale" : l'homme s'assignerait de lui-même la tâche transcendantale de produire le "temps", ce "devoir" étant reconnu ici au fondement de l'effectivité de tout pouvoir de l'esprit.
A la vérité, la pensée de Kant, et c'est là son originalité, propose une sagesse authentique qui se fonde dans le concept de devoir au sens de la loi morale. Contrairement à ce que certains auteurs (V. Brochard, P. Aubenque, M. Foucault) ont pu soutenir, il n'y a pas lieu d'opposer les sagesses de la philosophie grecque et la philosophie pratique de Kant, qui ne serait pas une sagesse, mais une morale du devoir. Le présent ouvrage montre que cette sagesse doit se comprendre comme l'individuation de l'exigence de la vertu, soit comme une tension entre l'impératif moral et l'accomplissement d'une ascétique éthique soucieuse de réaliser l'humanité dans sa destination complète.
L'existence de l'homme n'est pas précédée par une essence qui la déterminerait. Mais elle n'est pas davantage une création de soi-même qui s'expérimenterait hors de toute référence à une exigence morale et à l'idée d'une destination de l'être humain. L'existence n'est proprement humaine que quand elle surgit et se développe librement, c'est-à-dire quand elle se fonde dans l'articulation du pouvoir de l'esprit et de la loi morale. L'entreprise critique se caractérise par son exploration et sa fondation de l'humain et par son exigence de légitimation d'une telle fondation. A cette fin, elle présuppose un contrat d'humanité qui doit être reconnu comme le principe de la pensée kantienne. Il s'agit donc de s'interroger sur la légitimité d'un tel contrat, si l'on veut mettre à l'épreuve la fondation de la philosophie critique.
Résumé : La philosophie kantienne du droit, qui se fonde dans l'Idée morale des droits de l'homme, a pour condition la politique (le droit public) et s'inscrit dans la perspective de l'Idée de république. La république, en son opposition au despotisme, est la manière de gouverner conformément à l'idéal de la paix perpétuelle, qui requiert, à l'intérieur des Etats et entre eux, l'exigence morale du droit public, c'est-à-dire de l'institution d'un peuple comme volonté souveraine éclairée. Mais le droit des hommes n'est sacré que pour autant qu'il se fonde dans la loi morale, elle-même pensée comme sainte. l'administration de ce droit, qui n'est autre que la politique, se fonde donc dans l'Idée de Dieu. Ce livre montre comment la pensée juridico-politique procède d'une application de l'Idée pratique de liberté, comment cette pensée se constitue architectoniquement, et quels sont le sens et la valeur de la théologie morale (ou rationnelle) dans la constitution de la pensée et de l'action politiques.
Le problème de l'instauration du transcendantalisme criticiste comme épochè pose d'une manière radicale le problème du penser en son pouvoir d'effraction. L'architectonique de la raison pure est transcendant-ale, ce terme désignant l'essence de la réflexion transcendantale, soit la liberté comme pouvoir propre au transcendantal d'être, en tant que principe du mouvement architectonique, à la fois immanent à et au-delà de tout contenu. La liberté transcendant-ale doit donc aussi bien se comprendre comme trans-cendantale, c'est-à-dire pouvoir d'être et de mettre à distance. Ce livre se propose d'explorer l'essence phénoménologique de la liberté trans-cendant-ale, à savoir l'essence de l'effectivité transcendantale en tant qu'elle constitue la forme - selon des modalités précisées ici - et le contenu de toute représentation. La trans-cendant-alité du penser kantien se manifeste à la fois comme tension du Soi (le "sujet " architectonique) vers l'autre de l'architectonique et, à l'intérieur de la Limite de l'architectonique, comme tension du Soi vers l'insondable de sa propre essence, soit l'insondable de la liberté, laquelle, dans la trans-cendantalité de l'espérance, peut être pensée (sur le mode du jugement réfléchissant) comme s'originant dans l'Insondable même qu'est Dieu : la dimension théologique, proprement trans-tendant-ale, de l'architectonique kantienne est ainsi mise au jour.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.