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INCERTITUDES DE WERNER HEISENBERG. Feuilles de brouillon pour recueillir les larmes des cathédrales
Gatti Armand
METROPOLIS
14,50 €
Épuisé
EAN :9782883400962
Ce soir-là, ce fut peut-être aux environs de minuit que je me rappelai brusquement ma discussion avec Einstein, et que je me souvins de sa phrase : "Seule la théorie décide de ce que l'on peut observer." je réalisai immédiatement que c'est dans cette remarque qu'il fallait chercher la clef de l'énigme qui nous avait tant préoccupés. J'entrepris alors une promenade nocturne à travers le Fälledpark pour réfléchir à la portée de la phrase d'Einstein. Nous avions toujours dit : on peut observer la trajectoire d'un électron dans la chambre de Wilson. Mais peut-être n'était-ce pas tout à fait cela que l'on observait réellement. Peut-être ne pouvait-on apercevoir qu'une suite discontinue de positions imparfaitement précisées de l'électron. Effectivement, ce que l'on voit dans la chambre, ce sont simplement des gouttelettes d'eau dont chacune est certainement beaucoup plus étendue qu'un électron. La question correcte devait donc être posée ainsi : Peut-on représenter, dans le cadre de la mécanique quantique, une situation où un électron se trouve à peu près - c'est-à-dire à une certaine imprécision près - en une position donnée, et possède à peu près - c'est-à-dire à nouveau à une certaine imprécision près - une vitesse donnée ? Et peut-on rendre ces imprécisions suffisamment faibles pour qu'il n'y ait pas de contradiction avec l'expérience ? Un bref calcul que j'effectuai au retour vers l'Institut confirme qu'une telle situation pouvait être représentée mathématiquement, et que les imprécisions sont liées par les relations qui ont été appelées plus tard "relations d'incertitude de la mécanique quantique". " Extrait de W. Heisenberg, La Partie et le Tout.
Le Poisson noir est l'une des pièces majeures de Gatti (saluée en 1959 par le Prix Fénéon). Le Poisson Noir, c'est l'empereur Ts'in, le premier et terrible empereur chinois, le constructeur de la Grande Muraille, que le pays de Yen, dernier refuge de la liberté, tente de faire assassiner par un de ses lettrés, King K'o. "L'homme nouveau" est toute la question qui engage déjà cette "tentative théâtrale" sur un chemin de paradoxes et de conflits où, comme l'écrivait Philippe Sollers dans un compte rendu enthousiaste "la vie ne tient plus qu'à un fil, celui du discours". Un homme seul est la deuxième pièce chinoise de Gatti. C'est l'histoire de Li Tche-liou, inspirée par les versions multiples et parfois contradictoires du récit de la vie d'un militant réduit à la solitude après avoir vu se briser tous les espoirs révolutionnaires - nous sommes dans la Chine sombre des années trente. Cette fois, ce ne sont pas les personnages du passé mais ceux du futur qui viennent habiter le présent du désespéré et qui opèrent le renversement. La bataille des Sept Jours et des Sept Nuits est d'ores et déjà une victoire. Son nom le dit assez: c'est la bataille de la Création.
Ton nom était joie est un scénario-poème qui existe pour lutter contre le temps. Gatti écrit "les arbres des collines du Montferrat pour maintenir vivant ceux que la mort violente avait foudroyées" (M. Seonnet). Les collines du Montferrat traversent De l'anarchie comme battements d'ailes, ces collines d'où était parti Augusto le Père pour les abattoirs de Chicago et où retourne définitivement Laetita la Mère, sur "le lieu d'exil de toute une vie". Elle a un nom qui disait la joie, une "joie aussi tragique que toutes les militances réunies". Sur ces collines, Laetita repose. Gatti retrace son parcours en 23 scènes, leurs rendant hommage et vie. Et les arbres sont là pour dire, préserver, diffuser les paroles et les images des militants et des idées issues de ces collines. Ainsi se termine De l'anarchie comme battements d'ailes : une réaffirmation de la lutte et de l'espoir.