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Le foulard et la République
Gaspard Françoise ; Khosrokhavar Farhad
LA DECOUVERTE
14,94 €
Épuisé
EAN :9782707124289
De 1989 à 1994, " l'affaire du foulard " a divisé l'opinion française. Pour les uns, en arborant leur foulard, ces jeunes musulmanes manifestent un prosélytisme inacceptable dans l'école laïque et doivent en être exclues si elles s'obstinent à le garder. Pour d'autres, l'école de la République doit accueillir tout le monde, y compris les élèves " enfoulardées ", qu'elle saura intégrer. La polémique s'est chargée d'une telle tension idéologique qu'elle a fini par occulter la réalité même du phénomène et ses enjeux véritables. D'où l'intérêt majeur de ce livre, fruit d'une enquête de deux ans dans les banlieues dites " chaudes " auprès des enseignants et des jeunes filles voilées. Une enquête qui bouscule les idées reçues : ni terroristes en herbe, ni adolescentes musulmanes manipulées, les unes acceptent le port du foulard pour rassurer leur famille et négocier leur accès à la modernité, et d'autres l'arborent volontairement comme le signe de leur double identité, française et musulmane, citoyenne et croyante. Et, loin de favoriser l'émancipation des jeunes musulmanes, leur expulsion de l'école publique offre des martyres inespérées aux activistes intégristes. Pour les auteurs, la passion que soulève le foulard de ces écolières est un révélateur : si la République est menacée, ce n'est pas par le foulard, mais par les difficultés qu'éprouve la société française à opérer la synthèse entre égalité et différence, République et démocratie. Les responsables politiques, les enseignants, mais aussi celles et ceux pour qui le foulard est devenu un sujet de débat - et de confrontation - trouveront dans ce livre matière à réflexion. Et les réponses aux questions complexes que pose " l'affaire " des jeunes filles voilées.
Ce récit est l'histoire d'une femme qui vient de perdre l'homme qu'elle aime, pendant le premier confinement. Elle a soixante-dix ans, il en avait quatre-vingt-quatre. Ils se sont trouvés par hasard sur un site de rencontre destiné aux personnes âgées. Il est de droite dure, athée et scientifique. Elle est croyante, de gauche et elle écrit. Ils ont tout pour se détester. Et pourtant, en dépit des querelles, des tentatives de rupture, leur amour prend de l'intensité malgré eux, au fur et à mesure qu'ils découvrent leur vrai visage, en remontant le temps jusqu'aux scandales de l'enfance... Cette rencontre fulgurante va bouger les lignes, démasquer les apparences et réparer, grâce à lui, enfin, les intolérables agressions du passé.
Le 15 octobre 1991, le Président Jean-Bertrand Aristide, renversé le 30 septembre 1991 par un coup d'Etal militaire, a regagné ses fonctions présidentielles en Haïti après trois ans d'exil, dans le cadre de l'opération " Restaurer la démocratie lancée par le Gouvernement américain et soutenue par la Communauté internationale. Le Gouvernement haïtien décide d'appliquer un " Programme de Reconstruction Sociale et Economique ", dont le volet économique se résume à un programme d'ajustement structurel (PAS). notamment un programme de privatisation portant le label " la démocratisation du droit de propriété ". Les perturbations sociopolitiques enregistrées lors de la mise en œuvre dudit programme montrent que les PAS peuvent avoir de graves effets politiques pervers, nuisibles finalement à la stabilité politique. Qu'est-ce qui explique les difficultés d'application du PAS en Haïti pendant cette période ? Ces difficultés sont-elles liées à la nature du régime ? Quelles sont ses implications politiques ? Ce programme ne fragilise-t-il pas davantage cette période de transition démocratique ? Est-il compatible avec la démocratie ? Quel est le rôle des acteurs locaux et extérieurs ?
Blottie au coeur de la France, Dreux est une petite ville devenue subitement célèbre. Non pas à cause de son fromage, de sa chapelle ou de son beffroi mais en raison des scores électoraux, sans cesse croissants, qu'y obtient l'extrême droite depuis une dizaine d'années. Comment en est-on arrivé là ? C'est ce qu'a voulu comprendre Françoise Gaspard. Née à Dreux, où ses racines familiales remontent loin dans le temps, elle a revisité la ville dont elle fut le maire. En historienne et en sociologue, elle a dépouillé la presse, examiné les recensements, étudié les mutations économiques, analysé les scrutins. Au terme de cette recherche à la première personne, Dreux apparaît davantage exemplaire que singulière : un résumé de la crise de la société française en cette fin de siècle. Ce retour à Dreux est donc un voyage en France, la quête d'une thérapie adaptée pour un pays malade. Ailleurs en Europe l'extrême droite demeure marginale. Pourquoi la France témoigne-t-elle, collectivement, de son impuissance à isoler le Front national ? Sans doute parce que l'oeuvre républicaine est restée inachevée, laissée en jachère par une gauche trop oublieuse de son identité, de sa mémoire et de ses utopies.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.