L'exhortation du pape François sur la famille Amoris laetitia a été l'objet de critiques. Quatre cardinaux ont envoyé une lettre au pape pour demander de lever des doutes (dubia) au sujet de plusieurs points de doctrine et de pastorale concernant essentiellement la validité toujours actuelle des enseignements du pape Jean Paul II sur les actes intrinsèquement mauvais et sur la possibilité ou non pour les personnes divorcés remariés, dans certains cas, d'accéder aux sacrements. Deux théologiens, de traditions spirituelles et de formations théologiques différentes, ont souhaité répondre aux doutes des cardinaux et à travers eux à ceux qui s'interrogent. Leur dialogue a abouti à une ligne commune que chacun argumente depuis sa spécialité : les enseignements du pape Jean-Paul II (notamment dans Veritatis splendor et Familiaris consortio) et ceux du pape François dans Amoris laetitia ne sont nullement contradictoires mais complémentaires. C'est leur lecture conjointe qui nous permet de les éclairer tous deux et de comprendre que la vie morale et la pastorale ont besoin à la fois du rappel des normes universelles de la vie morale et d'une application miséricordieuse de cette doctrine dans la prise en compte pastorale de la dimension singulière de la décision personnelle. Cette perspective évite de faire une lecture tutioriste (rigide) de Veritatis splendor et une lecture laxiste d'Amoris laetitia. On peut répondre oui aux cinq doutes émis par les cardinaux.
Ce livre apporte une réponse à une question de théologie fondamentale : comment comprendre organiquement, comme une unique Révélation, l'ensemble des Ecritures par ailleurs si diverses ? La Parole de Dieu a-t-elle un centre d'intelligibilité, un principe herméneutique qui fournisse la clé d'interprétation de l'ensemble du donné révélé ? A partir du IIe siècle, les Pères de l'Eglise, de saint Irénée de Lyon à saint Léon le Grand, voient le fil rouge de la Révélation dans le dessein de Dieu dont le but est l'adoption filiale des créatures spirituelles en grâce puis, pour celles qui le méritent, en gloire. Ce dessein d'adoption qui, pour les hommes, a avorté en Adam, est mené jusqu'à sa fin par l'Incarnation du Fils Unique comme Christ Rédempteur. Saint Maxime le Confesseur et saint Thomas d'Aquin en donnent une puissante explicitation doctrinale. La recherche du père Garrigues s'attache à montrer que ce dessein de Dieu est un "dessein bienveillant" (Ep 1, 5) dans lequel le mal moral, le péché, n'est voulu par le "Père des miséricordes" (2 Co 1, 3) ni directement ni indirectement.
Résumé : Ni Jésus, ni ses apôtres, pas même Paul, n'ont cherché à fonder une autre religion à côté de celle d'Israël, qu'ils voulaient renouveler dans la ligne de son accomplissement messianique. Néanmoins, à travers les deux guerres juives contre l'empire romain (70 et 135 ap. J. C.), l'Eglise s'est détachée du peuple juif et un christianisme autoréférentiel a voulu qu'elle le remplaçât - sans y parvenir vraiment - comme peuple de Dieu. Mais aujourd'hui, les relations actuelles de partenariat confiant entre juifs et chrétiens permettent l'essai que tente ce livre : revisiter avec sérénité et bienveillance l'histoire dramatique d'une déchirure qui a vu à la fois la mutation du judaïsme avec la fin du Second Temple et la naissance de l'Eglise du Ier au IIIe siècle. Leur détachement représente une déchirure qui a entrainé de récurrentes persécutions pour les juifs, marquant dramatiquement pendant des siècles l'histoire occidentale.
De la manière dont on comprend que l'Esprit procède éternellement aussi du Fils (Filioque) dans la Trinité dépend l'équilibre entre sa mission et celle du Christ dans la vie du croyant et de l'Église. Ce livre porte d'abord sur l'origine éternelle du Saint-Esprit dans la Trinité. La doctrine de la procession de l'Esprit ex Patre Filioque ne fait-elle pas de lui une personne subordonnée et sans réciprocité vis-à-vis du Père et du Fils, comme les théologiens orthodoxes le reprochent aux catholiques ? Depuis le début des années 1970, où ont débattu de cette grande question avec Olivier Clément, le père Bobrinskoy et d'autres théologiens orthodoxes de l'Institut Saint-Serge, l'auteur n'a cessé de reprendre et d'approfondir cette question. aussi bien par rapport aux sources patristiques que par rapport à la grande théologie de saint Thomas d'Aquin. En 1981, il a publié un premier état de ses travaux dans un volume intitulé L'Esprit qui dit : Père ! Par la suite, il est intervenu comme expert dans l'élaboration du document romain de clarification. Les traditions grecque et latine concernant la procession de l'Esprit-Saint (Conseil pour l'unité des chrétiens. septembre 1995). Dans le présent ouvrage. il rassemble toutes ses recherches depuis la clarification romaine du Filioque et en développe les conséquences pour la théologie trinitaire du Saint-Esprit. Comme le père Congar l'avait vu, de la manière équilibrée ou exorbitée (christomonisme) dont est compris le Filioque dépend tout l'équilibre de la mission de l'Esprit par rapport à celle du Christ dans la vie de la grâce, dans la vie sacramentaire et liturgique et enfin dans la communion ecclésiale selon ses différentes articulations : homme - femme, juif - gentil, prêtre - laïc, Eglise universelle - Eglises particulières.
Résumé : Abus sexuels, concentration de la parole et du pouvoir, exclusion des femmes : comment ces faits ont-ils été rendus possibles au sein d'une institution née pour incarner la parole de Jésus ? Avec toute la vigueur de la colère et d'un attachement authentique au message évangélique, Loïc de Kerimel va à la racine du mal : l'Eglise ne produit pas privilèges et abus comme n'importe quelle institution de pouvoir le fait ; elle est fondée sur l'affirmation d'une différence essentielle entre une caste sacerdotale, sacrée, et le peuple des fidèles. Alors que Jésus dénonce le monopole des prêtres et de la hiérarchie lévitique du Temple dans l'accès au salut, l'Eglise chrétienne naissante se dote d'une organisation similaire. Alors même que le judaïsme naissant se convertit à une spiritualité sans prêtres ni sacrifices, l'Eglise donne au repas du Seigneur, l'eucharistie, une tournure sacrificielle. Or, c'est précisément autour du monopole sacerdotal, et masculin, de cette célébration que le cléricalisme a fait système et s'est installé dans l'histoire. Tenu à l'écart des réformes, il a généré les abus de pouvoir qui gangrènent l'Eglise aujourd'hui. Un livre passionnant et nécessaire. Loïc de Kerimel est agrégé de philosophie. Il a un rôle actif dans l'Amitié judéo-chrétienne de France et au sein de la Conférence catholique des Baptisé-e-s francophones
Biographie de l'auteur Depuis plus de cinquante ans, le père Bernard Bro, dominicain, a eu la joie de dire l'Evangile sur les cinq continents, en renouvelant la prédication par l'art de la " parabole ". Il fut maintes fois copié, à son étonnement... et à sa grande joie. Professeur en théologie dogmatique pendant dix ans aux facultés pontificales du Saulchoir, puis nommé directeur des Editions du Cerf, où il promeut, entre autres, la Bible cuménique, la collection de poche " Foi vivante ", les grandes séries de théologie biblique et de théologie contemporaine ainsi que, avec le père et cardinal Congar, les commentaires de tous les textes du Concile. Chargé des Conférences de carême à Notre-Dame de Paris pendant quatre ans, responsable de la messe de la radio à France-Culture où il prêcha pendant trente-cinq ans, prédicateur pendant plusieurs dizaines d'années à la télévision, au " Jour du Seigneur " ; depuis la fondation de la chaîne de télévision KTO, auteur de plus de quatre cents émissions sous le titre " Paraboles ".
L'histoire de la papauté est complexe et ne se résume pas à l'histoire de la religion catholique. Institution globale, cherchant à guider les sociétés, la papauté doit être réinsérée dans un cycle historique de long terme, celui qui a vu un espace marginal, désigné d'abord comme "chrétienté" puis comme "Occident" , se développer avant de se projeter à la conquête du globe, jusqu'à la "mondialisation" actuelle. Son rôle a souvent été esquivé par un compromis historiographique entre auteurs laïcs, soucieux de faire un récit du progrès dégagé de l'Eglise, et auteurs catholiques, désireux de faire l'histoire irénique et morale d'une papauté humanitaire au-dessus des Etats, des frontières et des guerres. L'objet de cette réflexion sera au contraire d'envisager la papauté comme un acteur majeur à une échelle globale dans une histoire qui ne peut se réduire à un ordre linéaire et simpliste, celui d'un progrès scientifique, économique ou d'une sortie de la religion, une histoire dont on cherchera à redécouvrir toute la pluralité.
Résumé : Cette synthèse, remarquable et accessible, sur les débuts du christianisme nous conduit des années de prédication de Jésus en Galilée et en Judée, de sa mort ignominieuse, et de la diffusion complexe et diverse de son souvenir et de son héritage dans l'Empire romain, jusqu'à la constitution d'une "mémoire officielle" et institutionnelle qui donnera un corpus canonique d'écritures. Pour quelles raisons la mort infamante de Jésus n'a-t-elle pas mis fin à ce mouvement à l'intérieur du judaïsme de l'époque ni arrêté la diffusion de son message aux frontières d'Israël ? Comment, à partir du second siècle, s'est constitué un système doctrinal et spirituel qui a pu s'imposer à l'Empire romain ? Enrico Norelli montre la diversité étonnante des modèles de foi qui aura permis la naissance et surtout le développement de la doctrine chrétienne. Il explique pourquoi certains de ces modèles se sont imposés au détriment d'autres. Il aborde de nombreuses questions relatives à cette construction : la lecture de la Bible, la constitution de l'Eglise, Marcion, le judéo-christianisme, l'influence et le rôle de Paul, la constitution d'un canon écrit à la confluence de mémoires plurielles...