Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Recel et la dispersion
Garelli Jacques
GALLIMARD
9,40 €
Épuisé
EAN :9782070204885
Un poème, même s'il en consiste et y insiste, ne se réduit pas à des problèmes de structure ni de stylistique. Il est passage de la poésie, et la lecture s'emploie à retracer le sillage de sens où la houle de l'être se gonfle avant de se déposer en significations. L'émouvante entreprise de Garelli ne peut donc pas ne pas lutter : contre le réalisme et le formalisme. Non pas guerre des modes, ici, mais dispute peut-être où il y va du "monde" . Et si l'auteur réaffirme contre telles abstractions de la "théorie" les valeurs de la vie, ou plutôt la coalescence de temps et d'être qui opère avant les "valeurs" , ce n'est pas pour reconduire les affaires de la poésie à l'arbitraire de goûts opiniâtres ; il met plutôt en oeuvre la philosophie moderne, husserlienne et heideggérienne, pour prendre au sérieux la connaissance poétique. Sa méthode consiste à lire à trois niveaux différents les textes choisis (Breton, Eluard, Racine, entre bien des possibles) : la première approche libère un questionnement de la pensée, qui, après élaboration ontologique, revient aux textes mêmes et aux mêmes textes pour réveler leur gravité à la lumière de ce qu'elle a appris sur le temps et la "vérité du monde" : éclairement réciproque de la pensée philosophant et de la poésie.
L'obscurité des poètes et des philosophes est légendaire. On invoque, le plus souvent, l'usage d'un langage ésotérique, qui masquerait une réalité connue de chacun. Sous le motif de l'Ecoute et du Regard, mais aussi de L'Invisible Poétique, Lettre adressée aux Aveugles, Jacques Garelli aborde de front cette question. Instruit par de nombreux échanges avec des lecteurs soucieux de ce problème, l'auteur montre que les difficultés inhérentes aux textes poétiques et philosophiques relèvent moins d'une question de vocabulaire que d'une certaine aptitude d'esprit à l'égard des choses et du Monde, qui tranche sur celle de la vie pratique, économique, scientifique, comme sur le discours du reportage. C'est cette attitude que l'auteur s'est attaché à présenter ici, avec les mots de tous les jours, sur l'analyse d'oeuvres anciennes : Lao-Tseu et Platon, ou plus récentes, Rimbaud, Mallarmé, Victor Segalen, Roger Caillois, Italo Calvino, en tenant compte de son expérience personnelle de créateur, qui donne tout son poids à la célèbre proposition de Merleau-Ponty : "L'Etre est ce qui exige de nous création pour que nous en ayons l'expérience". Cette création, Jacques Garelli la met en oeuvre dans son poème formant ouverture ; L'Entrée en Démesure, dont les textes de la deuxième partie déploient le mouvement second de réflexion. Ce recueil est le onzième ouvrage de l'auteur. Son sixième recueil de poèmes. S'inscrivant dans le sillage de L'Ubiquité d'Etre, de Difficile Séjour et d'Archives du Silence, chacun des textes met en oeuvre ce qu'on peut nommer une phénoménologie de l'inapparent.
Cet ouvrage s?inscrit dans la série des six recueils de poèmes précédents, tous inspirés par lamême intention ontologique de manifester les mouvements d?irruptions de l?Etre à partir desévénements, des choses, des personnes, qui composent l?ordre du monde. Il ne s?agit pas de l?illustration poétique d?une thèse philosophique préalablement développée, mais de l?autre versant d?une même entreprise, où la méditation philosophique ne peut être dissociée des mouvements d?irruptions de la création, que chacun des textes offre à l?attention des lecteurs.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.