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Dragon ; Le Songe de la vie ; Le Public ; Speech sur le théâtre ; Jeu et théorie du duende
Garcia Lorca Federico ; Aguila Luis del
L ARCHE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782851816511
Rideau gris. Le metteur en scène entre, habillé en frac.(Metteur en scène).Mesdames et Messieurs,Je me hasarde à vous présenter une pièce sur l'amour. Une nouvelle pièce sur l'amour magique. Sa réalité est absolue si vous la méditez un peu. Moi, en tant que Metteur en scène, je suis fatigué du théâtre et je veux que la vie - telle qu'elle est représentée sous tous ses aspects, songe et veille, jour et nuit - fasse irruption dans la scène pour que la marquise qui prend le tea, José-Luis le galantin et le domestique éternel qui dit: «Oui, mademoiselle. Oui, jeune homme», puissent entrer dans le jardin de surprises et de grâce auquel ils ont droit après leur long service. Vous êtes assis dans vos fauteuils et vous venez vous ébattre. Très bien. Vous avez payé avec votre argent, et c'est juste. Mais le poète a ouvert les vieux trappillons du théâtre sans se soucier de vous faire les classiques chatouillements ou les agaceries de niaiserie que l'on fait à ce terrible seigneur mythologique qui vient ici, d'après ce que l'on dit, fraîchement rassasié et avec un terrible gourdin pour casser les pieds. Ces planches ont été, jusqu'à aujourd'hui, un supplice pour les auteurs. Alors que la pièce commençait à être jugée, les pauvres auteurs là derrière (je les ai vus) prenaient des tisanes et enlaçaient tendrement les comédiennes, au milieu de la plus grande affliction. Si par aventure vous applaudissiez, ils devenaient comme éméchés et entraient ici, jaunis par les rampes, pour rendre grâce [avec ces dégaines de cordonniers réparateurs qu'ils ont toujours, par opposition aux figures idéales de la comédie; et pour faire en sorte que la presse dise «Hier à la brune, Pérez salua pas moins de dix fois». Mais il est temps que l'auteur se dégage un peu de cette présence de la salle et qu'il se hasarde avec sa muse dans les endroits où n'est pas le troupeau de spectateurs qui tire les filets pour qu'il se fracasse. Oui, vous le savez mieux que moi. Pour qu'il se fracasse. Vous venez au théâtre comme vous allez dans la vie, en essayant de ne pas rompre les murs archi-subtils de la réalité de chaque jour. Enlacés à vos femmes, à vos filles, à vos fiancées, sans vous hasarder à sortir la main vers l'air prodigieux et libre de la véritable réalité. Mais moi, en tant que Metteur en scène, je ne suis pas dans ce cas-là. (Il fait un geste étrange et enlève son haut-de-forme. Il y met la main et en sort trois colombes qui s'envolent dans les coulisses. Il le remet.) Non. Je pourrais vous dire un certain nombre de choses qui produiraient en vous de la fâcherie, de la peur, oui, de la peur, mais je préfère ordonner ma pièce sans me mêler de la vie d'autrui. Hé hé hé. Bien que... Je n'aime pas vous voir assis, là, aussi assurés. Assurés de quoi? De quoi êtes-vous assurés? Je donne une rose à la fille qui se souvient tout à coup., par exemple... d'une chose très simple... de ce qu'elle a mangé ce matin. Hé hé hé. Est-ce difficile? N'est-il pas? Qu'il est loin le déjeuner! Et les bombances! Qu'elles sont mystérieuses! On ne se souvient pas. C'est très difficile. Tous les repas s'assemblent en une seule file très longue et on se perd à travers eux, sous prétexte de... (Une sonnerie retentit.) Ah! Peste. (Il regarde sa montre et cherche du regard quelqu'un à travers les fauteuils.) Oui, oui... il n'est plus là. Il n'est pas là. (S'adressant à une personne imaginaire dans la coulisse.) Vous dites que les médecins étaient trois? Il en a beaucoup. Et puis, le cercueil est-il bien arrivé? Fait en bon bois? Il l'avait bien mérité. Merci. (Il regarde à nouveau.) Oui. (Pause.) À présent (Pause.) on peut représenter la pièce sans craintes d'accidents ni d'interruptions stupides. (Pause.) Parfaitement. (Pause.) Faites attention à ce que les pêcheurs à la ligne n'entrent pas au milieu des fauteuils; ils peuvent attendre dans les couloirs. Sans qu'ils s'approchent trop du plateau. À présent... Je ne veux pas dire Respectable public, parce que le Metteur en scène ne respecte pas le public, encore moins de Mesdames ni Messieurs. Ça ne me plaît pas. De plus, ici vous n'êtes pas cela, mais des hommes et des femmes ou, mieux encore, des garçonnets et des fillettes. Je sais que vous êtes tous esseulés; que la nuit arrive et que vous ne pouvez pas sortir de vos cabanes; que cette chose que vous gardez avec autant de tendresse, il ne faudrait qu'un deuxième rêve pour qu'elle aille rejoindre définitivement les vieilles lunes. Mais enfin! Je vous ai déjà distraits suffisamment. Je voulais donner du temps pour que les comédiens s'habillent et pour que tous les machinistes soient à leur place comme de bons soldats. Alors donc, bonne soirée. (On entend quelques rugissements.) Hé hé hé. Je vais lui jeter du sucre à celui-là pour qu'il se comporte bien pendant le spectacle. (Les rugissements augmentent.) Quel rustre! Hé hé. Vous entendez? Mais quel rustre! (Il enlève son haut-de-forme et celui-ci s'éclaire de l'intérieur d'une lumière verte. Le Metteur en scène le retourne et un jet d'eau ardente en sort.) Avec votre permission. (Il s'en va.)Au milieu des rugissements, le rideau s'ouvre; alors, des violons jouent. Une plage apparaît.
Si l'Andalousie du Romancero ne se confond pas avec un décor, si les Gitans qui hantent ces poèmes échappent à la figuration convenue que l'on feint d'apprécier et que l'on dédaigne, c'est bien que la parole de Lorca s'ouvre à un horizon plus vaste, en vérité celui de l'existence humaine dans les conflits qui la déchirent et dont elle tente de faire un destin. Et c'est encore, même si le mot n'apparaît pas nommément, parce que se constitue avec ce recueil, la grande scénographie du tragique qui atteindra quelques années plus tard sa dimension naturelle dans le théâtre. La voix solitaire du Chant profond se dédouble, se ramifie à travers les accents multiples du Romancero, comme s'il s'agissait là, dans la forme restreinte du poème et en de courts tableaux, de la mise en place du drame, lourd de silence et de fureurs, où Yerma, Rosita, les filles cloîtrées de Bernarda Alba vont se heurter à la misère de leur chair, à leur stérilité, à leurs soifs sans remède. L'Andalousie de Lorca retrouve cet enracinement des lieux mythiques où l'histoire et la légende se confondent, l'Ecosse brumeuse de Macbeth, le Sud incandescent de Sanctuaire et de Lumière d'Août.
Una joven granadina es encarcelada en 1831 por haber mandado bordar la bandera que servirá de insignia a una insurrección liberal. Le prometen la libertad si delata a sus jefes, pero, al negarse, es condenada a muerte y ejecutada. Federico García Lorca (1898-1936), poeta dotado de fuerte temperamento y gran originalidad, fue una de las figuras más representativas de la Generación del 27. En su obra conjuga sabiamente tradición y modernidad, y trata con gran carga simbólica y aparente sencillez los grandes temas del amor y la muerte. Edición de Andrés Soria Olmedo.
Ce volume d'oeuvres de Garcia Lorca rassemble des proses d'époque diverses : Impressions et paysages, des textes d'inspiration surréaliste, et enfin des articles et des conférences. Publié à ses frais en 1918, oublié par la suite, Impressions et paysages est le premier livre de Lorca. Ecrit à dix-neuf ans, quand le poète était étudiant à l'université de Grenade, il est la relation d'un voyage que fit le jeune homme avec quelques compagnons d'études à travers les terres de la vieille Castille et de León. Ouvre de jeunesse, Impressions et paysages révèle déjà, en sa forme encore hésitante, les prodigieuses ressources d'un tempérament exceptionnel. Le lecteur y découvrira, mêlées à des réflexions sur l'art, la religion, la musique, de riches variations sur deux grands thèmes chers à Lorca : l'obsession de la mort et l'amour de la ville natale. Les proses surréalistes, contemporaines des derniers poèmes du Romancero gitan (1927-1928), sont d'un artiste en pleine possession de ses moyens. Elles oscillent entre le burlesque et l'horreur, où s'exprime, en images proches du délire, une terrible et étrange fascination du sang. Cinq textes - conférences et articles - consacrés à Grenade terminent ce volume. Dédaignant le pittoresque et l'anecdote, le poète va droit à l'essentiel, à ce fond de quiétude jalousement défendue qui caractérise sa ville natale. Or il se confond tellement avec elle que c'est en lui-même qu'il en découvrira le secret.
Résumé : Dans un quartier bourgeois de Grenade, un homme cultive une rose qui naît le matin, s'épanouit à midi, et se fane le soir. Il ignore qu'elle préfigure le destin de sa nièce Rosita. Fiancée à son cousin, la jeune fille mène une vie joyeuse jusqu'au moment où il lui annonce son départ pour l'Argentine. Comme il lui a fait le serment de revenir l'épouser, Rosita garde en secret l'espoir de ces noces. 1900 est là, riche de promesses, mais l'attente se prolonge. A travers cette quête de l'amour impossible, Lorca épanche sa mélancolie dans la dernière pièce jouée de son vivant, fin 1935. Telle la rose "changeante" de son oncle, la vie de Rosita s'écoule en trois actes, que l'empreinte du temps marque inexorablement.
Olivier Aurélie ; Delaume Chloé ; Chiambretto Soni
21 grands noms de la scène poétique francophone se racontent. Ces lettres racontent leur parcours, leur intimité, leur place dans la société des lettres. Dans ces billets, mots d'humeur, mots d'ordre pour un nouvel ordre du monde, elles prennent le contre-pied d'un lyrisme classique. La femme n'est pas (seulement) Muse, mais Poète, Musicienne, Inspiratrice, Agente de son propre désir. Poésie verticale et adressée, ces lettres racontent les combats, les dialogues et les rencontres qui font de l'écriture une matière politique. Une chair à vif, une matière spirituelle inflammable, une sensualité sans contraintes. Dotées d'une virulence poétique radicale et troublante, ces lettres racontent une soif de partage, un désir de transmission, un rêve de l'autre, l'histoire d'une reconquête de soi. s.
Le métro, lui, il s'en fout. Il charrie. Des gens. Assis. Debout. Toujours les mêmes. Il charrie en bas, en creux, plus profond que la mer ; charrie le mensonge de destinations aux noms de châteaux et de plaines.
Sous le nazisme, la peur et la misère affectaient toutes les couches de la société allemande, l'intelligentsia, la bourgeoisie, la classe ouvrière. Il y a certes le courage de la poignée de militants qui, au mépris de tous les dangers, publient une littérature illégale. Mais il y a aussi la capitulation, face à la terreur, d'une trop grande part de l'intelligentsia. C'est ce qu'a voulu montrer Brecht, d'abord à ses compatriotes exilés, autour des années 1938, en écrivant la trentaine de courtes scènes, inspirées de la réalité même, de Grand-peur et misère du IIIe Reich. La pièce naît en 1934 de la volonté de Brecht et de Margarete Steffin, de rassembler un matériau composé de coupures de presse et de témoignages sur la vie quotidienne en Allemagne sous la dictature hitlérienne. Le titre fait allusion au roman Splendeurs et misères des courtisanes de Balzac, et inscrit donc la pièce dans une lignée de peintures naturalistes de la société allemande de l'avant-guerre, brossant un large tableau allant du monde ouvrier à la magistrature en passant par la petite bourgeoisie. La création de huit scènes aura lieu en mai 1938 à Paris devant un public essentiellement composé d'émigrés. Certaines scènes seront également publiées dans des revues d'émigrés visant à alerter l'opinion publique sur la réalité de la dictature en Allemagne et signalant le danger d'une guerre imminente. On y voit tour à tour la bourgeoisie, le corps médical, la justice, les enfants, les prisonniers, etc. évoluer face au régime. Ce n'est cependant qu'après la Seconde Guerre mondiale que la pièce rencontre son succès, car elle montre, comme le disait Brecht lui-même, "la précarité évidente du IIIe Reich, dans toutes ses ramifications, contenue uniquement par la force". Aujourd'hui encore, Grand-peur et misère du IIIe Reich résonne comme un avertissement contre toute forme de système absolu et reste l'un des textes clés du vingtième siècle et au-delà. C'est un manifeste qui invite à lutter contre toute forme politique basée sur la discrimination et sur la crainte.
Fo Dario ; Cecchinato Toni ; Colchat Nicole ; Rame
Le nouveau dirigeant est arrivé et il nous a dit : "Bravo, vous avez bien fait de désobéir la dernière fois à l'autre dirigeant, qui après tout n'était qu'un révisionniste, un contre-révolutionnaire Vous avez bien fait ! Il faut toujours avoir les tigres avec soi quand l'ennemi est là. Mais à partir de maintenant, ce n'est plus nécessaire. L'ennemi est en fuite... Ramenez immédiatement les tigres dans la forêt." "Comment, encore ?" "Obéir au parti !" "Question de dialectique ?" "Evidemment !" "Bon, suffit !"
Peut-on épouser un inconnu ? Ce n'est pas l'avis de Silvia, promise à un certain Dorante qu'elle n'a jamais vu. Avant d'accepter ce mariage, elle décide donc de tester son prétendant sans se faire connaître : elle prendra l'identité et les attributs de sa servante Lisette, pendant que celle-ci se fera passer pour Silvia. Mais ce qui était une bonne idée se transforme en situation cocasse, puisque Dorante a lui aussi échangé les rôles avec son serviteur. L'entrevue des deux valets subitement élevés au rang de maîtres laisse présager de savoureuses répliques, mais pourra-t-elle changer la donne amoureuse de la pièce ? Rien n'est moins sûr, à moins que derrière les travestissements, l'amour ne finisse par reconnaître les siens... Comme souvent chez Marivaux, le jeu amoureux passe par un jeu de masques : le spectateur, lui, sait toujours qui est qui, mais la naissance du sentiment amoureux et ses multiples secrets n'en finissent pas de le surprendre et de le charmer. --Karla Manuele
Iphigénie est innocente et vertueuse; c'est pourtant elle que son père doit se résoudre à sacrifier. Iphigénie incarne la douceur et la tendresse; c'est pourtant elle qui est au centre du déchaînement des fureurs familiales. Iphigénie exalte le dévouement et l'abnégation jusqu'au sublime; c'est pourtant elle qui subit les lâchetés et les excès dévastateurs. Tels sont les tragiques paradoxes d'Iphigénie, où l'oracle divin ne semble rien d'autre que le révélateur des passions des hommes.
Le prince d un royaume imaginaire fait enlever une de ses sujettes, Silvia, pour l épouser, alors qu elle est éprise d un jeune homme de son village, Arlequin, lui-même retenu au palais. Dans le monde confiné de la cour, l amour vrai des deux héros résistera-t-il à l artifice et au mensonge? Une comédie qui mêle farce et satire sociale.
Stratford-on-Avon 1564 - idem 1616, poète dramatique anglais. On connaît mal sa vie. Fils d'un commerçant ruiné, il se maria à dix-huit ans; en 1594, il était acteur et actionnaire de la troupe du lord chambellan. Vers 1598, il s'installe au théâtre du Globe et, vers 1613, il se retire à Stratford. Son oeuvre, qui comprend des poèmes (Vénus et Adonis, 1593) et un recueil de Sonnets (1609), est essentiellement dramatique. On peut distinguer dans son théâtre trois périodes: la jeunesse (1590 - 1600), marqué par un enthousiasme très élisabéthain, qui est l'époque des comédies légères et des fresques historiques (Henri VI, v. 1590; Richard III; la Mégère apprivoisée, v. 1594; Roméo et Juliette, le Songe d'une nuit d'été, v. 1595; le Marchand de Venise, v. 1596; Beaucoup de bruit pour rien, v. 1598; Jules César, v. 1599; Comme il vous plaira, les Joyeuses Commères de Windsor, la Nuit des rois, v. 1600); une période (1600 - 1608) où, sous l'effet des déceptions politiques et personnelles, les tragédies sombres alternent avec quelques comédies (Hamlet, Othello, Macbeth, le Roi Lear, Antoine et Cléopâtre, v. 1606; Coriolan, v. 1607; Timon d'Athènes, v. 1608); à partir de 1608, le retour à l'apaisement avec les pièces romanesques (Cymbeline, v. 1609; Contes d'hiver, v. 1610; la Tempête, v. 1611). Ecrit pour un public composé d'hommes du peuple et d'aristocrates, ce théâtre étonne par la variété et la vigueur du style, par le foisonnement des personnages et leur diversité sociale et psychologique, par la maîtrise de la construction dramatique.