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Le roman maritime. Emergence d'un genre en Occident
Gannier Odile
SUP
24,00 €
Épuisé
EAN :9782840506522
Il y a dans la vie du marin quelque chose d'aventureux qui nous plaît et qui nous attache. Ce passage continuel du calme à l'orage, ce changement rapide des terres et des cieux, tiennent éveillée l'imagination du navigateur. Il est lui-même, dans ses destinées, l'image de l'homme ici-bas: toujours se promettant de rester au port, et toujours déployant ses voiles; cherchant des îles enchantées où il n'arrive presque jamais, et dans lesquelles il s'ennuie s'il y touche; ne parlant que de repos, et n'aimant que les tempêtes; périssant au milieu d'un naufrage, ou mourant vieux nocher sur la rive, inconnu des jeunes navigateurs dont il regrette de ne pouvoir suivre le vaisseau" (Chateaubriand). Le roman maritime, qui retrace ces aventures, semble marginal dans l'histoire de la création littéraire. Pourtant, que de domaines il touche: pirates et corsaires, grands capitaines ou petits mousses, explorateurs et caboteurs, pêcheurs et trafiquants, tous se croisent dans des épopées, de grandes expéditions, des aventures interlopes... Le succès éditorial, si l'on considère sa montée en puissance et l'affirmation progressive d'un genre en tant que tel, depuis le XVIIIe siècle mais essentiellement aux XIXe et XXe siècles, prouve que le roman maritime rencontre au fil du temps un public fidèle, passionné et toujours demandeur, même s'il peut sembler au profane que les histoires de mer doivent toujours se ressembler un peu. Le présent ouvrage, essentiellement consacré aux domaines occidentaux, français et anglais en particulier, propose d'analyser l'histoire et les ressorts de ce genre romanesque.
Les voyageurs, quelles que soient les raisons de leur départ, ont modelé la réflexion des sédentaires, mais aussi leur imaginaire : les relations de voyage s'adressent à un lectorat curieux et rêveur. La réflexion scientifique a spéculé sur les relations des voyageurs, écho du monde. Les philosophes ont relativisé leurs conceptions à la lumière de l'Altérité. Toute une littérature s'est emparée de modèles aussi séduisants, la fiction et l'imagination renchérissant sur la liberté du récit. Les voyageurs, hommes "de plein vent" marqués par les récits des pionniers, et empreints de leur culture originelle, rendent souvent, quoique indirectement, hommage à ceux qui sont restés. Par leurs difficultés mêmes à peindre un réel différent, par leurs évocations allusives, leur recours involontaire au merveilleux, leurs naïvetés et leurs efforts, leur usage parfois embarrassé de l'analogie et de la métaphore, leurs mensonges et leurs enjolivures, leurs émotions, leurs enthousiasmes et leurs conceptions esthétiques, les voyageurs rendent compte de l'Autre et de l'Ailleurs, mais nous dessinent en même temps un paysage intérieur. Cette double nécessité continue de féconder la littérature de voyage, véritable genre qui jongle avec les catégories de la description, de la narration et de la réflexion, inventant une poétique qui se joue de l'espace et du temps. A sa suite, le lecteur s'engage à l'aventure, souscrivant au projet du Voyage de Paul Morand : "Le désir de voir et l'humeur inquiète sont les caractéristiques de notre époque. Il ne faudrait pas y renoncer, sous prétexte qu'il en a cuit à l'un des deux pigeons".
Commentaires Collection dirigée par Bernard Valette.Cette collection propose des ouvrages de synthèse ou de méthodologie dans les domaines littéraire et philosophique.Conçue en priorité pour les élèves de première et de terminale, elle sert de passerelle entre le lycée et l'université. Mais elle fournira aussi aux enseignants et au public cultivé un cadre à des études plus approfondies. En accompagnant le texte critique d'un parcours anthologique et de nombreuses références et informations novatrices, les livres de la collection "Thèmes & études" favorisent la réflexion et développent le goût de la recherche. Une structure claire et la présence de nombreux index ou glossaires en facilitent la lecture. L'iconographie se veut elle aussi à la fois enrichissante et attrayante. Autant d'atouts qui justifient le succès de cette collection.Une orientation domine : outre la qualité du savoir et la notoriété des auteurs, loin de tout carcan systématique, l'originalité d'une pensée vivante est toujours affirmée.
L'Art-thérapie a-t-elle sa place en prison ? Par son utilisation, peut-elle parvenir à mettre en échec les limites sociales, psychologiques, institutionnelles, mais aussi culturelles ? L'Art se limite-t-il à une fonction sociale ? Les détenus qui participent aux ateliers ont cessé d'agir, de choisir et de faire confiance et purgent leur peine dans l'attente. Si l'Etre humain est impressionnable et plastique, il semble que l'Art, qui orchestre ces deux caractères, puisse être utilisé-pour contribuer à des changements. L'évolution de l'homme fut dépendante de sa capacité à s'adapter à son milieu. De ces postulats, cette étude tente de montrer les interactions de l'homme avec son milieu lorsque celui-ci est le monde carcéral et comment l'art peut tenter de donner une réponse positive. Créer va réactiver les notions de Bien et de Beau, pour faire émerger des fonctions sociales. En travaillant la matière, ils vont retrouver leurs émotions, leurs sensations. L'art tisse des liens privilégiés entre un homme et son rapport au monde, ses valeurs ainsi que sa conception de la qualité de vie dans un monde où les normes ne cessent de s'imposer. Ce "passage à l'oeuvre" va obliger ces hommes à faire des choix, mettre en valeur leur talent, afin de rester vivants et de tenter d'exister, et permet au final d'instaurer des relations nouvelles avec leur corps, leur pensée, leurs valeurs, et les autres...
Le voyage du Solide, quoique peu connu parmi les expéditions françaises dans le Pacifique, est pourtant l'une des circumnavigations réussies de la fin du XVIIIe siècle. Marchand, expédié par des armateurs privés, partait tenter le trafic des fourrures entre la côte Nord-Ouest de l'Amérique et la Chine. Le voyage, commercialement très décevant, a été pourtant remarquablement rapide et sûr: le Solide, parti en décembre 1790 de Marseille avec cinquante hommes, revint à Toulon en août 1792, avec un seul mort à déplorer. La navigation avait été précise, malgré de longues traversées et l'absence de montre marine: 44 500 milles sans avaries, en 488 jours de navigation. Marchand découvrit le groupe nord des Marquises : y débarquant en juin 1791, il le baptisa au nom de la France Iles de la Révolution. Mais le Journal de bord de Marchand resta ignoré, tandis que Claret de Fleurieu, qui avait préparé l'expédition de Lapérouse, publiait en 1798 le voyage du Solide à partir du journal du Second, Chanal, et des notes du chirurgien, Roblet. Encore inédit, le journal, publié avec les tables journalières de navigation, donne le point de vue d'un capitaine de la marine marchande, différent du discours officiel et en même temps représentatif de son époque (préoccupations scientifiques et commerciales, arrière-plan idéologique, sciences et techniques, observations naturalistes et ethnographiques, échos des textes contemporains, etc.).
Le progrès technique est-il issu du seul esprit de scientifiques, ou le résultat d'un encouragement politique ? La "révolution scientifique" à l'oeuvre entre le XVIe et le XVIIIe siècle donne lieu à un foisonnement sans précédent d'innovations scientifiques et techniques, mettant en scène un fructueux dialogue entre science(s) et pouvoir(s). L'ouvrage propose des mises au point historiographiques sur des thèmes encore peu explorés : débats autour de l'attraction magnétique, naissance de la médecine du travail, intervention royale dans la recherche d'une méthode de calcul des longitudes, ingénierie des aménagements portuaires...
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.
Carraud Vincent ; Bayle Claire ; Meyer-Bisch Gabri
L'un des traits caractéristiques de Leibniz est son rapport, positif, érudit et essentiel à toute la tradition philosophique antérieure. Le rapport qu'il assume à celle-ci peut s'entendre par analogie avec les parties célèbres où les joueurs d'échec apprennent leur art : un bon joueur, instruit de l'histoire des échecs, reconnaît aux premiers coups l'ouverture choisie par son adversaire. Il s'épargne ainsi supputations et hypothèses. Se trouvent ici non seulement restitué ce que Leibniz a pensé des auteurs antiques et médiévaux mais encore analysé son bon usage de l'histoire de la philosophie. "