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Études de linguistique appliquée n°4/2012. Enseigner à des publics lointains
Galisson Robert
KLINCKSIECK
20,00 €
Épuisé
EAN :9782252038550
Marie J. BERCHOUD : De la distance - Prendre en compte des publics lointains et décentrer la réflexion méthodologique : sociodidactique ou sémiodidactique ? Résumé : Après avoir défini la distance en particulier dans les systèmes d'enseignement/apprentissage, on s'attache dans cet article à mettre en évidence les besoins des étudiants (mondiaux, désormais) apprenant à distance et les modes possibles d'analyse puis de prise en compte de ces besoins par les enseignants chargés d'enseignement à distance, et d'encadrement de recherche. Dans un second temps, est posée la question plus théorique de savoir comment approcher la variété des publics, leurs besoins en termes d'enseignement et apprentissage et leurs caractéristiques : une sociodidactique, dans la droite ligne de la sociolinguistique ? ou plutôt, une sémiodidactique qui se formerait sur l'ensemble signifiant qu'est la culture de chacun avec ses déterminations et représentations ? Car tout étudiant est bien plus que le représentant d'une société - un individu au parcours souvent varié, appelé à déployer sa créativité et son intelligence sur la base de savoirs bien appropriés. Christine SAGNIER : Vers une didactique de la cognition située ? repenser les travaux sur l'apprenant Résumé : Après deux décennies de recherches sur l'apprenant, l'objectif de cet article sera de proposer un survol de ces travaux et de s'interroger sur l'impact de leurs contributions à la didactique des langues, ainsi que sur les orientations actuelles. Nous plaiderons ici pour que se développent des espaces de dialogues qui situent l'apprenant dans son contexte, en tenant compte à la fois des apports des recherches sur le traitement de l'information par le sujet apprenant et des dynamiques et processus sociaux et historiques qui structurent et influencent les apprentissages. Nathalie CHARVY : De l' "offre langagière" des enseignants - quelles interactions langagières avec des enfants d'origine linguistico-culturelle étrangère ? (Cas de Qurtan et Ivan, élèves de maternelle) Résumé : Qurtan, Ivan, Gareth sont respectivement turc, marocain et gallois, et scolarisés nouvellement en maternelle en France. Est-ce que le déterminant qu'est l'offre langagière de l'enseignant, dont j'ai repéré certaines caractéristiques nécessaires pour l'évolution langagière des élèves, vaut pour ces élèves d'origine linguistico-culturelle autre ? Et quelle influence peut avoir le recours au récit, avec sa part d'universalité, sur leur envie de continuer à apprendre à parler ? J'ai analysé à la fois de manière longitudinale et contrastive les interactions langagières entre un enseignant et un élève d'origine linguistico-culturelle turque (Qurtan) sur une année scolaire de moyenne section de maternelle. J'ai comparé mes premiers résultats avec ceux d'une analyse identique entre un second enseignant et Ivan (d'origine linguistico-culturelle marocaine). J'ai complété ces résultats par ceux d'une recherche-action, mettant en jeu d'autres élèves appartenant à d'autres cultures. Au-delà de leur appartenance culturelle et langagière, c'est bel et bien l'enseignant dans ce qu'il leur offre à entendre (en termes d'actes de langage) qui va déterminer l'entrée de ces élèves dans le français comme langue nouvelle. Enfin, le recours au récit - en tant qu'objet culturel partagé- semble également décisif pour l'évolution langagière de ces élèves en français. Narajan Alex LAURENCE : Les enfants nouvellement arrivés en France : éloignés du proche (l'école en France) Résumé : Cet article a pour but de montrer comment des enfants non locuteurs natifs en français, venus de pays éloignés s'intègrent à l'école en France, cela à travers le recueil et l'analyse d'interactions en classe et hors la classe mais dans le périmètre scolaire : en situation de classe, on peut repérer les aides de l'enseignante et divers phénomènes linguistiques variationnels ; hors la classe, émergent des phénomènes communicatifs et linguistiques, à travers lesquels les enfants apprennent à communiquer en français, dans le riche prolongement de ce qui est développé en classe. Nathalie Isabelle COTTON : Comment contextualiser les manuels FLE pour un public éloigné de la France et du français : le cas de Taïwan Résumé : Cet article porte sur la contextualisation nécessaire des manuels de FLE par les enseignants, à partir d'une étude de cas sociolinguistique menée à Taïwan dans le cadre de nos recherches doctorales, à travers les analyses de trois manuels. Il s'agit d'exposer l'opinion des apprenants taïwanais sur ces manuels puis d'étudier l'adéquation entre les images choisies dans les manuels pour illustrer telle ou telle notion, telle ou telle situation, et les représentations qu'en ont les étudiants taïwanais. Cela montrera que les enseignants doivent rester vigilants quant au matériel iconographique proposé par les manuels et aux représentations des étudiants. Les propositions didactiques émises pourront servir à tout enseignant de FLE, utilisant des manuels universels, et désirant mener en classe un travail sur les représentations ou étant au contact de publics asiatiques en milieu endolingue comme exolingue. Hélène GIRARD : L'option de langue française pour étudiants ingénieurs anglophones ou la triple distance. Stratégies bilatérales dans l'enseignement-apprentissage des contenus linguistiques Résumé : Dans le contexte du diplôme d'ingénieur en Malaisie, pays plurilingue et pluriculturel où l'anglais omniprésent est la langue d'instruction du secondaire et du supérieur, des étudiants bilingues ou multilingues langue(s) maternelle(s) et anglais sont confrontés à leur premier apprentissage d'une langue étrangère à l'âge adulte. Pour les étudiants ingénieurs choisissant l'initiation au français en option obligatoire et leur enseignante, une triple distance doit être franchie : celle de la première expérience, celle imaginée ou réelle qui sépare les technologies des humanités et celle, observée, qui sépare l'approche scolaire des langues dans les mondes francophones et anglo-saxons. Au cours de deux semestres, l'enseignante a mené une auto-observation continue, collecté le matériel d'enseignement et d'apprentissage et complété l'enquête par des questionnaires et interviews des étudiants afin de documenter l'opération des stratégies de rapprochement dans le contexte de ces distances potentielles. Il s'en dessine à la fois le parcours de l'élaboration de stratégies offertes à l'analyse et le profil des distances ressenties ou imaginées par l'enseignante et les étudiants. Françoise ABDEL FATTAH : Choisir d'étudier à l'université Paris Sorbonne Abou Dhabi sans être francophone : difficultés et motivations des étudiants qui relèvent le défi Résumé : L'auteur expose la spécificité et la complexité de la mission des enseignants de français à l'université Paris Sorbonne Abou Dhabi, mission qui se situe à la croisée du FLE et du FOU. Elle s'attache à montrer les liens entre situation éducative actuelle aux Emirats Arabes Unis et difficultés rencontrées par les apprenants suivant un cursus d'apprentissage intensif du français au sein de ce département, apprentissage qui constitue l'étape préliminaire à leur inscription dans un cursus de licence en français dans cette université. S'appuyant sur des témoignages écrits et oraux de ce public lointain, elle met au jour quelques représentations à l'origine de leurs motivations à préparer une licence en français dans un environnement majoritairement anglo-saxon. Agnès PERNET-LIU : Distances et proximités dans l'écriture de recherche en formation. L'enseignant de culture francophone et l'écriture citante des étudiants chinois Résumé : L'analyse porte sur le discours citant dans les textes que des étudiants chinois de français produisent à l'université en Chine. La pratique de l'emprunt dans un discours d'étudiant en langue étrangère et son évaluation par un enseignant étranger francophone suscitent une expérience de proximité et de distance, en référence à la culture cible et à la culture chinoise avec leurs usages respectifs de l'intertextualité. Cette expérience contribue à faire évoluer l'écriture au sein de la communauté académique transculturelle. Jonathan DURANDIN : Une "bonne distance" enseignant-apprenant en langues étrangères : entre "paramètres de distanciation" et enjeux relationnels Résumé : Cet article s'intéresse à la distance enseignant-apprenant en ce qu'elle favorise l'apprentissage et l'autonomisation de l'apprenant. Il s'agit tout d'abord de tenter d'identifier les paramètres qui participent de la mise en place de cette "bonne distance" . Ces "paramètres de distanciation" sont ensuite confrontés aux résultats d'une recherche de terrain effectuée en Lettonie sur les représentations sociales d'enseignants de FLE travaillant au niveau universitaire. Ce qui amène à conclure que toute mise à distance de l'enseignant et de l'apprenant dépend principalement des enjeux liés à la réalité du contexte de la formation pour ces deux acteurs de la relation pédagogique.
Traduction littéraire et enjeux nationaux : le cas de la littérature québécoise en Italie et dans le monde hispanophone Résumé : La traduction d'une oeuvre littéraire va bien au-delà de la seule portée littéraire du texte source. Elle a un rôle plus universel, qui s'appuie sur le fait que la traduction n'existe pas dans l'abstrait et en vertu des seules difficultés qu'offrent les langues dans l'absolu. Ainsi, les choix effectués dépendent au premier chef des orientations idéologiques, du poids des cultures les unes par rapport aux autres, des décisions d'ordre éditorial et politique, et enfin des stéréotypes entretenus entre les cultures. Dans ce contexte, le traducteur d'un roman ne fait pas simplement un métier de passeur entre une culture et une autre ; il est le véhicule d'une intention plus ou moins articulée, voire plus ou moins consciente, et il s'inscrit clairement dans un rapport de force, de faiblesse, de lutte éventuellement, entre un groupe culturel et un autre. Afin de mieux comprendre cette problématique, il faut se poser les questions suivantes : Qui parmi les auteurs d'un pays traduit-on ? Qui les traduit et les publie ? Pour qui les traduit-on ? Comment les traduit-on ? Dans quel but les traduit-on ? Le cas des auteurs québécois traduits en Italie et en Espagne est à cet égard exemplaire. Les canadianismes, ces inconnus les traductions italiennes de Maria Chapdelaine de Louis Hémon Résumé : Maria Chapdelaine de Louis Hémon est un classique de la littérature du Canada français. Publié après la mort de son auteur d'abord en France, en 1914, sous forme de feuilleton et ensuite au Canada, en 1916, sous forme de livre, ce chef-d'oeuvre a connu plusieurs rééditions dans le monde entier. En Italie, il a été traduit cinq fois : la première par Lorenzo Gigli en 1924 et la dernière par Ugo Piscopo en 1986. Ce roman contenant presque une centaine de particularités linguistiques du français parlé au Canada au début du XXe siècle, dans cette étude nous montrons que les stratégies adoptées par les traducteurs pour rendre en italien certains canadianismes ne sont pas toujours cohérentes et pertinentes. Réflexions méthodologiques sur une traduction en espagnol de Gouverneurs de la rosée (1944) de Jacques Roumain, auteur haïtien Résumé : On se penche dans cet article sur quelques problèmes de traduction vers l'espagnol d'un ouvrage littéraire antillais, le célèbre roman Gouverneurs de la rosée (1944) de l'auteur haïtien Jacques Roumain, à partir d'une traduction publiée en 1971 à La Havane. On s'intéresse plus particulièrement au défi représenté par la traduction vers l'espagnol des antillanismes qui abondent dans ce roman. Une sélection de diatopismes bénéficiant d'une note de bas de page de la part du traducteur seront présentés sous forme d'articles de dictionnaire historico-comparatif, et leur traduction en espagnol sera commentée. L'on verra que les choix de traduction sont plus souvent "sourciers" que "ciblistes" , bien que l'espagnol régional des Caraïbes permette souvent de réconcilier les deux approches. On montrera également que la méconnaissance du créole et du français d'Haïti est responsable d'un certain nombre de traductions erro-nées, situation à laquelle on ne peut remédier que par l'élaboration de nouveaux outils lexicographiques adaptés à la variation diatopique qui règne en francophonie. La transposition des mots et des mondes : pour la constitution d'une base parallèle de traductions italiennes de la littérature québécoise Résumé : Dans cet article est décrit le projet de constitution d'une base parallèle français québécois-italien (QU-IT) en cours de réalisation. Cette base, qui recueillera les citations littéraires ayant déjà fait l'objet d'un recensement dans le Fichier Lexical du TLFQ, permettra d'accéder automatiquement aux différents tradui-sants proposés dans les traductions italiennes des principaux ouvrages littéraires québécois. Elle constituera un outil de documentation et d'analyse pour les traducteurs, les lexicographes bilingues et les apprenants du FLE qui s'approchent des variétés diatopiques de la langue française, afin qu'à l'avenir la transposition des mots et des mondes en italien soit plus respectueuse de la pluralité linguistique et culturelle de la Francophonie. Les "realia francophones" dans les dictionnaires : le modèle d'une traduction exotisante Résumé : Les Italiens qui traduisent des auteurs francophones provenant d'autres pays que la France ne peuvent le plus souvent se fier qu'aux outils linguistiques dont ils disposent (les dictionnaires) pour com-prendre des mots spécifiques à ces pays ou se référant à des objets ou concepts particulièrement ancrés à l'intérieur des frontières de ceux-ci plutôt que dans celles de l'Hexagone. Or, les dictionnaires du français traitent généralement les "realia francophones" (des mots se référant à des "réalités culturelles" typiques d'un lieu donné) comme des mots (et non des référents) particuliers à des variétés de français, les condamnant ainsi à rester en marge du "français de référence" . Les dictionnaires bilingues français-italien basent pour leur part le traitement de ces mots sur ce qu'ils trouvent dans les monolingues et ajoutent à une marginalisation géographique présente dans ces ouvrages une marginalisation "de traduction" en les enfermant dans l'exotisme de l' "intraduisible" . La traduction des realia dans deux romans de Côte-d'Ivoire et de Martinique Résumé : Cet article a pour objectif la traduction italienne de mots qui désignent des réalités spécifiques à la culture source qui sont contenus dans deux romans provenant d'aires francophones très différentes : l'oeuvre ivoirienne Les soleils des indépendances de Kourouma et le roman martiniquais Texaco de Chamoiseau. Les procédés de traduction employés par les traducteurs italiens ont été pris en examen afin de voir l'appropriation ou moins des oeuvres par la culture cible et les réactions de ces traducteurs face aux problèmes traductologiques posés par les oeuvres francophones. Idiomes français à l'international : la traduction du terme gender et des syntagmes dérivés au Par-lement européen (2004-2009) Résumé : Dans les rapports finaux publiés en 2004-2009 au Parlement européen, nous observerons les traductions françaises du terme anglo-américain gender et des syntagmes dérivés. D'abord traduit par "homme-femme/sexe" et plus rarement par "genre" , il semble subir une variation importante à partir de 2007, lorsque la fréquence du calque structural l'emporte dans beaucoup de syntagmes. Si le travail d'acculturation d'un terme demande un processus inverse (du calque structural au calque sémantique), la variation diachronique de gender en français ne peut s'expliquer qu'à partir d'une volonté politique et d'un positionnement précis de la part des acteurs concernés, entre autres des traducteurs, qui contribueraient à forger l'imaginaire collectif et la culture d'une société mondialisée.
LA MEDIATION LINGUISTIQUE AU FONDEMENT DU SENS PARTAGE : VERS UN PARADIGME DE L'ENACTION EN DIDACTIQUE DES LANGUES Résumé : Dans cet article je propose de définir la notion de médiation linguistique dans le para-digme de l'enaction (Varela, 1989). A partir d'une réflexion sur le sens donné à la notion de mé-diation dans le contexte politique linguistique européen, j'évoquerai son absence dans la didac-tique institutionnelle en France, situation qui suscite un questionnement sur le rapport entre la connaissance de la langue et les compétences de communication en contexte ; puis j'envisagerai la notion de médiation linguistique comme l'acte fondateur du sens partagé et de la connaissance incarnée. Il s'agira de montrer que, bien plus qu'une activité langagière d'un type nouveau, la mé-diation est une fonction constitutive de la connaissance et du langage qui se co-construit dans, par et pour l'interaction. J'illustrerai mes propos par une brève présentation de mise en oeuvre de mé-diation enactée dans un projet expérimental en classe de sixième bilangue en milieu plurilingue. MEDIATION ET APPRENTISSAGE DES LANGUES : POURQUOI EST-IL TEMPS DE REFLECHIR A CETTE NOTION ? Résumé : Alors que le CECR affirme que la compétence à communiquer langagièrement se dé-cline dans des activités communicatives pouvant relever au même titre de la réception, de la pro-duction, de l'interaction et de la médiation, cette dernière n'a pas vraiment été développée par les auteurs du CECR, et, par conséquent, n'a pas non plus été illustrée par des descripteurs ciblés. Pourtant, la vision du CECR attribue de facto à la médiation un rôle clé dans la nouvelle perspec-tive actionnelle, dans la mesure où il souligne à la fois le rôle de la co-construction du sens lors des activités d'interaction et le mouvement constant entre dimension individuelle et dimension sociale dans l'apprentissage des langues ainsi que leur complémentarité. Cette vision dynamique de l'apprentissage s'avère être très proche de la vision vygotskienne de la médiation. En effet, pour Lev Vygotski la médiation relie la dimension individuelle et la dimension sociale, et l'acte, qui permet de donner du sens et de structurer un apprentissage à travers la langue, s'accomplit à travers la médiation des processus mentaux mis en oeuvre lors de l'accomplissement d'une tâche complexe. Notre contribution analysera ces deux notions de médiation pour s'interroger sur les affinités et les liens possibles ainsi que sur leur potentiel en termes de reconceptualisation du cadre théorique actuel en didactique des langues étrangères et secondes. TRADUCTION ET MEDIATION DANS L'ENSEIGNEMENT-APPRENTISSAGE LINGUISTIQUE Résumé : Dans le cadre de l'enseignement des langues, en dehors des formations destinées aux professionnels, la traduction a joué pendant longtemps le rôle de Cendrillon, car trop liée aux ap-proches dites formelles. Depuis que les concepteurs du CECR, ont mis en évidence "la place considérable tenue par les activités de médiation dans le fonctionnement langagier ordinaire de nos sociétés" (CECR 2000 : 18), la traduction, considérée comme une forme de médiation parmi d'autres, a pu être réintégrée dans une pédagogie linguistique à visées communicative et inter-culturelle. Dans cette contribution nous esquisserons d'abord l'évolution de l'enseignement de la traduction en Italie ; ensuite nous préciserons les raisons pour lesquelles la traduction, comme activité com-municative authentique de médiation ne peut être exclue d'un enseignement linguistique ; enfin, nous avancerons quelques propositions d'activités didactiques visant le développement de com-pétences linguistiques et interculturelles par le passage d'une langue-culture à l'autre. LA MEDIATION LINGUISTIQUE A L'UNIVERSITE : PROPOSITIONS POUR UN CHANGEMENT D'APPROCHE Résumé : Notre contribution part du constat que l'enseignement de la traduction dans les filières universitaires consacrées aux langues, littératures et civilisations étrangères (LLCE) se trouve dans l'impasse et nécessite un réexamen critique, dans la mesure où la finalité des exercices tra-ditionnels du thème et de la version paraît mal définie et partiellement inadaptée au public actuel de ces formations. Sans mettre en cause la raison d'être des exercices de traduction, nous pen-sons que les propositions du CECR en matière de médiation linguistique sont d'une grande utilité pour repenser la conception des cours de traduction à l'Université. Prenant appui sur les descrip-teurs développés pour l'enseignement de la langue allemande (Profile deutsch), nous illustrerons les possibilités d'application du CECR dans le cadre universitaire. Au final, nos propositions vont dans le sens d'une généralisation des entraînements à la médiation linguistique sous forme de leur intégration dans d'autres types de cours des filières LLCE. LA MISE EN OUVRE DE LA MEDIATION LINGUISTIQUE DANS L'ENSEIGNEMENT DES LANGUES VIVANTES EN ALLEMAGNE : INSTRUCTIONS OFFICIELLES, MANUELS, PRATIQUES DE CLASSE Résumé : La médiation linguistique, quoique préconisée par le CECR et les programmes sco-laires, et réalisée sous forme de tâches d'apprentissage concrètes dans les manuels, ne fait son apparition dans la pratique didactique des langues vivantes que de manière timide. Pour illustrer cette réalité contradictoire, je me proposerai d'analyser la base théorique et didactique de la mé-diation linguistique, pour étudier ensuite le matériel pédagogique proposé pour l'enseignement du français dans le système éducatif allemand. Je reproduirai enfin les principaux résultats d'un projet de recherche empirique qui tente de reconstruire les pratiques médiatrices telles qu'elles se réalisent dans l'enseignement du français dans deux lycées de Basse Saxe (Allemagne). Les analyses tendent à démontrer que les pratiques de classe n'accomplissent qu'une partie très res-treinte du potentiel langagier et interculturel des tâches de médiation linguistique. POUR UN DEVELOPPEMENT PRECOCE DE LA COMPETENCE DE MEDIATION LINGUISTIQUE : L'EXEMPLE DE L'ENSEIGNEMENT DU FRANCAIS DANS LES COLLEGES ALLEMANDS Résumé : L'enseignement du français comme LVE dans les lycées et les collèges allemands ne peut plus se passer de la médiation linguistique. Dans la mesure où cette activité, introduite par le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECR), a été reprise par le cadrage national des programmes pour le collège et le lycée, les documents officiels encouragent le rem-placement de la version traditionnelle par des activités de médiation linguistique. Par conséquent, celle-ci se trouve aujourd'hui au centre des discussions des didacticiens et des enseignants, qui soulignent la valeur pratique de la médiation pour la communication authentique au-delà du cadre de l'école, aidant à renforcer la motivation des élèves. Notre contribution décrit d'abord la place de la médiation dans les programmes officiels scolaires allemands ainsi que les compétences visées par les manuels de niveau lycée (Horizons, éd. Klett ; Parcours plus, éd. Cornelsen). Cependant, l'essentiel de nos réflexions se réfère à l'enseignement du français au niveau collège, en s'interrogeant sur l'opportunité de construire le plus tôt possible une compétence de médiation. ACTIVITES LANGAGIERES DE MEDIATION DANS LE SYSTEME DE CERTIFICATION GREC KPG Résumé : L'introduction du concept de médiation dans le sens spécifique ¬d'activité langagière de médiation dans le CECR publié par le Conseil de l'Europe constitue une innovation de premier plan et une source de réflexion majeure dans le domaine de l'enseignement/apprentissage. Le système grec de certification en langues KPG innove en ce sens qu'il intègre dans ses épreuves des activités langagières de médiation écrite et orale. Ce corpus inédit présente une application pratique du concept et instaure une relation dialectique entre la théorie et la pratique. A partir d'exemples d'activités langagières de médiation du KPG, il est possible de déterminer les compo-santes d'une situation de médiation et de proposer une modélisation de la situation, du rôle des acteurs en présence et des relations qu'ils entretiennent entre eux, afin de mettre en évidence et d'explorer les différentes facettes de ce concept pluriel et complexe. L'APPRENANT-MEDIATEUR : ENJEUX ET PERSPECTIVES DES TRADUCTIONS SPONTANEES EN CLASSE DE FRANCAIS LANGUE ETRANGERE Résumé : L'apprenant de Français Langue Etrangère, lors de l'incompréhension d'un énoncé par l'un de ses pairs, se révèle parfois être un médiateur de choix : traduisant le discours incompris dans une langue intermédiaire (ici l'anglais), il semble faciliter l'apprentissage du français à son pair de niveau plus faible. Or l'observation de classes montre que l'occurrence de ce phénomène n'est en aucun cas linéaire et se trouve fortement conditionnée par un réseau complexe de fac-teurs connexes. Cet article se propose de décrire les phénomènes d'ordre sociologique suscep-tibles d'inhiber le processus de médiation par traduction entre apprenants. En nous appuyant sur des exemples tirés d'une recherche de terrain, nous nous interrogerons sur les représentations des langues française et anglaise et finalement sur l'influence de l'enseignant sur le groupe-classe.
HOMMAGE A GABRIELLE QUEMADA, LEXICOLOGUE ET PREFACIERE D'UN DICTIONNAIRE DU PARLER DES METIERS DE PIERRE PERRET De son véritable titre Le Parler des métiers. Dictionnaire thématique alphabétique, l'ouvrage publié chez Laffont en 2002 qu'imagina et réalisa Pierre Perret, membre du Conseil su-périeur de la langue française lorsque cette institution était dirigée par Bernard Quemada, a béné-ficié du soutien constant de Gabrielle Quemada. Si l'ouvrage lui est explicitement dédicacé, ce qu'il ne faudrait pas oublier, il faut surtout retenir que Gabrielle Quemada l'a préfacé et, ce faisant, en lexicologue de talent, a su offrir aux linguistes des structures méthodologiques précieuses pour tout ouvrage lexicographique reposant sur une thématique et notamment celle précise du parler des métiers. Au-delà du sujet traité, en somme ce que les linguistes désignent sous le terme de technolectes, il faut aussi percevoir un ton particulier, vif, direct et pétillant, au service d'une re-cherche originale et pertinente, que l'on retrouve tout aussi efficacement dans son introduction scientifique à la neuvième édition du Dictionnaire de l'Académie française, dans le cadre de l'ouvrage dirigé par Bernard Quemada ? : Les préfaces du Dictionnaire de l'Académie française (1694-1992). DES NOMS D'ANIMAUX DANS LE VOCABULAIRE DES METIERS... ET D'UN NOUVEAU TYPE DE "?DICTIONNAIRE ?" A partir de quelques exemples de noms d'animaux dans le vocabulaire des métiers, les auteurs montrent tout l'intérêt de présenter l'histoire et l'étymologie des mots dans un cadre multi-lingue et multiculturel. APERCUS SUR L'IMAGINAIRE DES MET Le cadre choisi est celui des travaux et recherches en terminologie scientifique et tech-nique. Quelles sont les images et les figures dans les parlers de métier ?? Introduire une nuance entre terminologie et parlers de métier s'impose tout d'abord, avec par exemple, à propos de ces derniers, une réflexion sur le cheminement particulier de la métonymie. Une question paraît alors devoir se poser ? : pourquoi tel ou tel cheminement et pas d'autres ?? Mots "?propres ?" et "?surmots ?" sont ainsi à examiner de près, sans omettre l'inconscient qu'ils expriment, en fonction en somme de ce que Lévi-Strauss appelait le conscient et l'inconscient des sociétés. On peut en l'occurrence mettre en relief des matrices imaginatives et la reconstitution d'imaginaires. En partant par ailleurs de la désignation de certaines fonctions - technicien de vente, "?technico-commercial ?" par exemple - peut s'amorcer une réflexion quant au malaise ressenti dans la désignation de quelques noms de métier. On ressent peut-être ici le besoin d'une nouvelle approche qui pourrait être intitulée "?ethnoterminologie ?". LES METIERS DE L'ORFEVRE A TRAVERS LES DICTIONNAIRES Le métier de l'orfèvre est un des plus anciens métiers d'art. La diversification des pro-fessions qui y sont rattachées rappelle implicitement et de manière conjointe l'histoire du métier et l'histoire de la langue. Nous proposons un aperçu concernant la variété des métiers de l'orfèvre, à travers une analyse lexicographique (à partir de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert), partant des formes les plus génériques, pour arriver à d'autres métiers qui y sont rattachés, pour lesquels on fournira des définitions pragmatiques issues de leur reconnaissance institutionnelle voire juri-dique. Naturellement, les variations dans les définitions sont dues aux changements sociaux aussi bien qu'à une évolution naturelle de la discipline. Force est de constater, en outre, que l'industrialisation du domaine et la réalisation des pièces en série ont non seulement donné lieu à la création de nouveaux métiers et donc de nouvelles dénominations, mais elle a occasionné en plus une redistribution des différentes spécialisations. LE CAMEE ? : TEMOIGNAGES D'UN SAVOIR-FAIRE QUI TRAVERSE LE TEMPS Le métier du caméiste permet de pénétrer dans l'univers du camée, un chef-d'oeuvre de l'orfèvrerie puisant ses racines dans une longue tradition artistique qui s'est constituée au cours des siècles grâce à des Maîtres artisans qui perpétuent un art remontant à l'Antiquité. Après un bref historique sur le camée, nous analyserons les mots dont la langue française s'est dotée pour désigner cet objet d'art, camée et camaïeu, dans leur évolution en diachronie, pour terminer par une ébauche de conceptualisation du domaine, à l'aide du Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse. PARFUMS ET PARFUMEURS ? : UN LEXIQUE, DES DESIGNATIONS Cet article s'organise en deux temps, deux chapitres. Le vocabulaire des parfums passe en effet tout d'abord par la connaissance de ce métier très ancien, riche d'une histoire mal con-nue. C'est l'occasion dans le premier chapitre d'un parcours métalexicographique, en dégageant de chaque dictionnaire consulté, d'hier à aujourd'hui, informations et représentations, ces der-nières jouant leur rôle dans le portrait lexical des métiers du parfum. Le second chapitre est dévo-lu à l'analyse lexicale des noms de parfums. Il convient alors de dégager les matrices lexicogé-niques, entendons ici les matrices relevant de la néologie formelle et sémantique (affixation, composition, mots-valises, compocations, onomatopées, déformation graphique, troncation, si-glaison, conversion, emprunt). Enfin sont passées en revues les figures de style présidant à la néologie en matière de noms de parfum. S'y ajoutent pour conclure les palimpsestes ver-bo-culturels et les jeux de mots mis en oeuvre dans cette néologisation particulière. UNE ETUDE COMPARATIVE DES TERMES DE L'AGRICULTURE ET DE LA VITICULTURE DANS LES "?PETIT LAROUSSE ILLUSTRE ?" DE 1905 ET 2008 L'article présente les résultats d'une recherche autour des termes de l'agriculture et de la viticulture dans deux éditions du Petit Larousse Illustré éloignées de plus d'un siècle. Nous montrons que la proportion de termes liés à ces domaines est tout à fait similaire dans les deux éditions, ce qui nous amène à poser la question du type de vocabulaire que doit contenir un "?petit ?" dictionnaire ? : le vocabulaire courant ou le vocabulaire le plus rare ??
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.