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Etudes de Linguistique Appliquée N° 164, Octobre-décembre 2011 : Traduire des français : des mots et
Galisson Robert
KLINCKSIECK
20,00 €
Épuisé
EAN :9782252038161
Traduction littéraire et enjeux nationaux : le cas de la littérature québécoise en Italie et dans le monde hispanophone Résumé : La traduction d'une oeuvre littéraire va bien au-delà de la seule portée littéraire du texte source. Elle a un rôle plus universel, qui s'appuie sur le fait que la traduction n'existe pas dans l'abstrait et en vertu des seules difficultés qu'offrent les langues dans l'absolu. Ainsi, les choix effectués dépendent au premier chef des orientations idéologiques, du poids des cultures les unes par rapport aux autres, des décisions d'ordre éditorial et politique, et enfin des stéréotypes entretenus entre les cultures. Dans ce contexte, le traducteur d'un roman ne fait pas simplement un métier de passeur entre une culture et une autre ; il est le véhicule d'une intention plus ou moins articulée, voire plus ou moins consciente, et il s'inscrit clairement dans un rapport de force, de faiblesse, de lutte éventuellement, entre un groupe culturel et un autre. Afin de mieux comprendre cette problématique, il faut se poser les questions suivantes : Qui parmi les auteurs d'un pays traduit-on ? Qui les traduit et les publie ? Pour qui les traduit-on ? Comment les traduit-on ? Dans quel but les traduit-on ? Le cas des auteurs québécois traduits en Italie et en Espagne est à cet égard exemplaire. Les canadianismes, ces inconnus les traductions italiennes de Maria Chapdelaine de Louis Hémon Résumé : Maria Chapdelaine de Louis Hémon est un classique de la littérature du Canada français. Publié après la mort de son auteur d'abord en France, en 1914, sous forme de feuilleton et ensuite au Canada, en 1916, sous forme de livre, ce chef-d'oeuvre a connu plusieurs rééditions dans le monde entier. En Italie, il a été traduit cinq fois : la première par Lorenzo Gigli en 1924 et la dernière par Ugo Piscopo en 1986. Ce roman contenant presque une centaine de particularités linguistiques du français parlé au Canada au début du XXe siècle, dans cette étude nous montrons que les stratégies adoptées par les traducteurs pour rendre en italien certains canadianismes ne sont pas toujours cohérentes et pertinentes. Réflexions méthodologiques sur une traduction en espagnol de Gouverneurs de la rosée (1944) de Jacques Roumain, auteur haïtien Résumé : On se penche dans cet article sur quelques problèmes de traduction vers l'espagnol d'un ouvrage littéraire antillais, le célèbre roman Gouverneurs de la rosée (1944) de l'auteur haïtien Jacques Roumain, à partir d'une traduction publiée en 1971 à La Havane. On s'intéresse plus particulièrement au défi représenté par la traduction vers l'espagnol des antillanismes qui abondent dans ce roman. Une sélection de diatopismes bénéficiant d'une note de bas de page de la part du traducteur seront présentés sous forme d'articles de dictionnaire historico-comparatif, et leur traduction en espagnol sera commentée. L'on verra que les choix de traduction sont plus souvent "sourciers" que "ciblistes" , bien que l'espagnol régional des Caraïbes permette souvent de réconcilier les deux approches. On montrera également que la méconnaissance du créole et du français d'Haïti est responsable d'un certain nombre de traductions erro-nées, situation à laquelle on ne peut remédier que par l'élaboration de nouveaux outils lexicographiques adaptés à la variation diatopique qui règne en francophonie. La transposition des mots et des mondes : pour la constitution d'une base parallèle de traductions italiennes de la littérature québécoise Résumé : Dans cet article est décrit le projet de constitution d'une base parallèle français québécois-italien (QU-IT) en cours de réalisation. Cette base, qui recueillera les citations littéraires ayant déjà fait l'objet d'un recensement dans le Fichier Lexical du TLFQ, permettra d'accéder automatiquement aux différents tradui-sants proposés dans les traductions italiennes des principaux ouvrages littéraires québécois. Elle constituera un outil de documentation et d'analyse pour les traducteurs, les lexicographes bilingues et les apprenants du FLE qui s'approchent des variétés diatopiques de la langue française, afin qu'à l'avenir la transposition des mots et des mondes en italien soit plus respectueuse de la pluralité linguistique et culturelle de la Francophonie. Les "realia francophones" dans les dictionnaires : le modèle d'une traduction exotisante Résumé : Les Italiens qui traduisent des auteurs francophones provenant d'autres pays que la France ne peuvent le plus souvent se fier qu'aux outils linguistiques dont ils disposent (les dictionnaires) pour com-prendre des mots spécifiques à ces pays ou se référant à des objets ou concepts particulièrement ancrés à l'intérieur des frontières de ceux-ci plutôt que dans celles de l'Hexagone. Or, les dictionnaires du français traitent généralement les "realia francophones" (des mots se référant à des "réalités culturelles" typiques d'un lieu donné) comme des mots (et non des référents) particuliers à des variétés de français, les condamnant ainsi à rester en marge du "français de référence" . Les dictionnaires bilingues français-italien basent pour leur part le traitement de ces mots sur ce qu'ils trouvent dans les monolingues et ajoutent à une marginalisation géographique présente dans ces ouvrages une marginalisation "de traduction" en les enfermant dans l'exotisme de l' "intraduisible" . La traduction des realia dans deux romans de Côte-d'Ivoire et de Martinique Résumé : Cet article a pour objectif la traduction italienne de mots qui désignent des réalités spécifiques à la culture source qui sont contenus dans deux romans provenant d'aires francophones très différentes : l'oeuvre ivoirienne Les soleils des indépendances de Kourouma et le roman martiniquais Texaco de Chamoiseau. Les procédés de traduction employés par les traducteurs italiens ont été pris en examen afin de voir l'appropriation ou moins des oeuvres par la culture cible et les réactions de ces traducteurs face aux problèmes traductologiques posés par les oeuvres francophones. Idiomes français à l'international : la traduction du terme gender et des syntagmes dérivés au Par-lement européen (2004-2009) Résumé : Dans les rapports finaux publiés en 2004-2009 au Parlement européen, nous observerons les traductions françaises du terme anglo-américain gender et des syntagmes dérivés. D'abord traduit par "homme-femme/sexe" et plus rarement par "genre" , il semble subir une variation importante à partir de 2007, lorsque la fréquence du calque structural l'emporte dans beaucoup de syntagmes. Si le travail d'acculturation d'un terme demande un processus inverse (du calque structural au calque sémantique), la variation diachronique de gender en français ne peut s'expliquer qu'à partir d'une volonté politique et d'un positionnement précis de la part des acteurs concernés, entre autres des traducteurs, qui contribueraient à forger l'imaginaire collectif et la culture d'une société mondialisée.
Résumé : Alain Rabatel : Empathie, points de vue, méta-représentation et dimension cognitive du dialogisme. Résumé : Dans cet article, est dégagée l'importance du processus empathique, qui consiste à se mettre à la place des autres, à envisager leurs points de vue (PDV), aux plans psychologique, cognitif, méta-réflexif et linguistique. Ces PDV, envisageant ce que l'autre voit, dit, pense ou fait ont une dimension méta-représentationnelle. De surcroît, la construction empathique (hétéro-dialogique) du point de vue des autres renseigne aussi sur le point de vue (auto-dialogique) de l'énonciateur premier à l'origine de la construction empathique du PDV des énonciateurs seconds. Cette réflexivité confirme, au plan discursif, que la compréhension des autres aide à la compréhension de soi, tant au plan cognitif qu'au plan relationnel.
LA MEDIATION LINGUISTIQUE AU FONDEMENT DU SENS PARTAGE : VERS UN PARADIGME DE L'ENACTION EN DIDACTIQUE DES LANGUES Résumé : Dans cet article je propose de définir la notion de médiation linguistique dans le para-digme de l'enaction (Varela, 1989). A partir d'une réflexion sur le sens donné à la notion de mé-diation dans le contexte politique linguistique européen, j'évoquerai son absence dans la didac-tique institutionnelle en France, situation qui suscite un questionnement sur le rapport entre la connaissance de la langue et les compétences de communication en contexte ; puis j'envisagerai la notion de médiation linguistique comme l'acte fondateur du sens partagé et de la connaissance incarnée. Il s'agira de montrer que, bien plus qu'une activité langagière d'un type nouveau, la mé-diation est une fonction constitutive de la connaissance et du langage qui se co-construit dans, par et pour l'interaction. J'illustrerai mes propos par une brève présentation de mise en oeuvre de mé-diation enactée dans un projet expérimental en classe de sixième bilangue en milieu plurilingue. MEDIATION ET APPRENTISSAGE DES LANGUES : POURQUOI EST-IL TEMPS DE REFLECHIR A CETTE NOTION ? Résumé : Alors que le CECR affirme que la compétence à communiquer langagièrement se dé-cline dans des activités communicatives pouvant relever au même titre de la réception, de la pro-duction, de l'interaction et de la médiation, cette dernière n'a pas vraiment été développée par les auteurs du CECR, et, par conséquent, n'a pas non plus été illustrée par des descripteurs ciblés. Pourtant, la vision du CECR attribue de facto à la médiation un rôle clé dans la nouvelle perspec-tive actionnelle, dans la mesure où il souligne à la fois le rôle de la co-construction du sens lors des activités d'interaction et le mouvement constant entre dimension individuelle et dimension sociale dans l'apprentissage des langues ainsi que leur complémentarité. Cette vision dynamique de l'apprentissage s'avère être très proche de la vision vygotskienne de la médiation. En effet, pour Lev Vygotski la médiation relie la dimension individuelle et la dimension sociale, et l'acte, qui permet de donner du sens et de structurer un apprentissage à travers la langue, s'accomplit à travers la médiation des processus mentaux mis en oeuvre lors de l'accomplissement d'une tâche complexe. Notre contribution analysera ces deux notions de médiation pour s'interroger sur les affinités et les liens possibles ainsi que sur leur potentiel en termes de reconceptualisation du cadre théorique actuel en didactique des langues étrangères et secondes. TRADUCTION ET MEDIATION DANS L'ENSEIGNEMENT-APPRENTISSAGE LINGUISTIQUE Résumé : Dans le cadre de l'enseignement des langues, en dehors des formations destinées aux professionnels, la traduction a joué pendant longtemps le rôle de Cendrillon, car trop liée aux ap-proches dites formelles. Depuis que les concepteurs du CECR, ont mis en évidence "la place considérable tenue par les activités de médiation dans le fonctionnement langagier ordinaire de nos sociétés" (CECR 2000 : 18), la traduction, considérée comme une forme de médiation parmi d'autres, a pu être réintégrée dans une pédagogie linguistique à visées communicative et inter-culturelle. Dans cette contribution nous esquisserons d'abord l'évolution de l'enseignement de la traduction en Italie ; ensuite nous préciserons les raisons pour lesquelles la traduction, comme activité com-municative authentique de médiation ne peut être exclue d'un enseignement linguistique ; enfin, nous avancerons quelques propositions d'activités didactiques visant le développement de com-pétences linguistiques et interculturelles par le passage d'une langue-culture à l'autre. LA MEDIATION LINGUISTIQUE A L'UNIVERSITE : PROPOSITIONS POUR UN CHANGEMENT D'APPROCHE Résumé : Notre contribution part du constat que l'enseignement de la traduction dans les filières universitaires consacrées aux langues, littératures et civilisations étrangères (LLCE) se trouve dans l'impasse et nécessite un réexamen critique, dans la mesure où la finalité des exercices tra-ditionnels du thème et de la version paraît mal définie et partiellement inadaptée au public actuel de ces formations. Sans mettre en cause la raison d'être des exercices de traduction, nous pen-sons que les propositions du CECR en matière de médiation linguistique sont d'une grande utilité pour repenser la conception des cours de traduction à l'Université. Prenant appui sur les descrip-teurs développés pour l'enseignement de la langue allemande (Profile deutsch), nous illustrerons les possibilités d'application du CECR dans le cadre universitaire. Au final, nos propositions vont dans le sens d'une généralisation des entraînements à la médiation linguistique sous forme de leur intégration dans d'autres types de cours des filières LLCE. LA MISE EN OUVRE DE LA MEDIATION LINGUISTIQUE DANS L'ENSEIGNEMENT DES LANGUES VIVANTES EN ALLEMAGNE : INSTRUCTIONS OFFICIELLES, MANUELS, PRATIQUES DE CLASSE Résumé : La médiation linguistique, quoique préconisée par le CECR et les programmes sco-laires, et réalisée sous forme de tâches d'apprentissage concrètes dans les manuels, ne fait son apparition dans la pratique didactique des langues vivantes que de manière timide. Pour illustrer cette réalité contradictoire, je me proposerai d'analyser la base théorique et didactique de la mé-diation linguistique, pour étudier ensuite le matériel pédagogique proposé pour l'enseignement du français dans le système éducatif allemand. Je reproduirai enfin les principaux résultats d'un projet de recherche empirique qui tente de reconstruire les pratiques médiatrices telles qu'elles se réalisent dans l'enseignement du français dans deux lycées de Basse Saxe (Allemagne). Les analyses tendent à démontrer que les pratiques de classe n'accomplissent qu'une partie très res-treinte du potentiel langagier et interculturel des tâches de médiation linguistique. POUR UN DEVELOPPEMENT PRECOCE DE LA COMPETENCE DE MEDIATION LINGUISTIQUE : L'EXEMPLE DE L'ENSEIGNEMENT DU FRANCAIS DANS LES COLLEGES ALLEMANDS Résumé : L'enseignement du français comme LVE dans les lycées et les collèges allemands ne peut plus se passer de la médiation linguistique. Dans la mesure où cette activité, introduite par le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECR), a été reprise par le cadrage national des programmes pour le collège et le lycée, les documents officiels encouragent le rem-placement de la version traditionnelle par des activités de médiation linguistique. Par conséquent, celle-ci se trouve aujourd'hui au centre des discussions des didacticiens et des enseignants, qui soulignent la valeur pratique de la médiation pour la communication authentique au-delà du cadre de l'école, aidant à renforcer la motivation des élèves. Notre contribution décrit d'abord la place de la médiation dans les programmes officiels scolaires allemands ainsi que les compétences visées par les manuels de niveau lycée (Horizons, éd. Klett ; Parcours plus, éd. Cornelsen). Cependant, l'essentiel de nos réflexions se réfère à l'enseignement du français au niveau collège, en s'interrogeant sur l'opportunité de construire le plus tôt possible une compétence de médiation. ACTIVITES LANGAGIERES DE MEDIATION DANS LE SYSTEME DE CERTIFICATION GREC KPG Résumé : L'introduction du concept de médiation dans le sens spécifique ¬d'activité langagière de médiation dans le CECR publié par le Conseil de l'Europe constitue une innovation de premier plan et une source de réflexion majeure dans le domaine de l'enseignement/apprentissage. Le système grec de certification en langues KPG innove en ce sens qu'il intègre dans ses épreuves des activités langagières de médiation écrite et orale. Ce corpus inédit présente une application pratique du concept et instaure une relation dialectique entre la théorie et la pratique. A partir d'exemples d'activités langagières de médiation du KPG, il est possible de déterminer les compo-santes d'une situation de médiation et de proposer une modélisation de la situation, du rôle des acteurs en présence et des relations qu'ils entretiennent entre eux, afin de mettre en évidence et d'explorer les différentes facettes de ce concept pluriel et complexe. L'APPRENANT-MEDIATEUR : ENJEUX ET PERSPECTIVES DES TRADUCTIONS SPONTANEES EN CLASSE DE FRANCAIS LANGUE ETRANGERE Résumé : L'apprenant de Français Langue Etrangère, lors de l'incompréhension d'un énoncé par l'un de ses pairs, se révèle parfois être un médiateur de choix : traduisant le discours incompris dans une langue intermédiaire (ici l'anglais), il semble faciliter l'apprentissage du français à son pair de niveau plus faible. Or l'observation de classes montre que l'occurrence de ce phénomène n'est en aucun cas linéaire et se trouve fortement conditionnée par un réseau complexe de fac-teurs connexes. Cet article se propose de décrire les phénomènes d'ordre sociologique suscep-tibles d'inhiber le processus de médiation par traduction entre apprenants. En nous appuyant sur des exemples tirés d'une recherche de terrain, nous nous interrogerons sur les représentations des langues française et anglaise et finalement sur l'influence de l'enseignant sur le groupe-classe.
Résumé : Par modestie, vraie ou fausse, Faulkner a plusieurs fois déclaré que Thomas Wolfe était le meilleur romancier de sa génération. Il entendait par là que c'est lui qui avait visé le plus haut et que, même s'il n'était pas parvenu à réaliser ses ambitions, son échec était plus glorieux que la réussite (relative) de ses rivaux. L'oeuvre de Thomas Wolfe appartient donc à l'empyre de la littérature américaine et cependant, pour diverses raisons, malgré la réputation dont elle jouit aux Etats-Unis et le grand succés qu'elle a rencontré en Allemagne, elle est presque complétement ignorée du public français.