L'Homme n'a pas fondamentalement changé depuis l'origine de l'humanité. Son corps continue de porter non seulement les traces collectives et immémoriales de l'Evolution, de la spéciation et de l'Histoire, mais aussi celles d'une histoire plus personnelle, la sienne et celles de ses ancêtres. Comme par le passé, sa vie d'aujourd'hui produit des traces en lui, sur lui, autour de lui, dans son milieu le plus proche comme dans son environnement le plus large. Cet ouvrage constitue le troisième tome d'une série " L'Homme trace ", débutée en 2011 et qui, en s'appuyant sur l'interdisciplinarité, vise à éclairer les relations de l'Homme contemporain aux traces de son activité. Le titre du tome III a pour objet de montrer qu'il existe une relation indivisible entre l'Homme et la trace. En plaçant un tiret entre " Homme " et " trace ", il reprend le titre d'un paradigme du même nom - L'Homme-trace - qui explicite la fonction cachée des signes-traces en matière de communication et plus généralement le rôle des traces - visibles et invisibles - dans l'évolution de l'Homme, des techniques et des sociétés. A l'heure où les traces numériques et l'impossibilité de les effacer sus- citent les plus grandes craintes, ce livre rappelle que le numérique n'a rien d'une exception. Comme pour toutes les traces, la question réside dans leur visibilité ou leur invisibilité et dans l'attention, dans le regard que l'humain leur porte.
Depuis dix ans, la série L'Homme-trace invite des scientifiques à explorer les traces contemporaines dans leurs productions comme dans leurs interprétations. Le présent volume, cinquième tome de cette série, prolonge cette dynamique tout en proposant l'examen de plusieurs protocoles expérimentaux voués au recueil de traces dans des environnements divers (musée, musique, danse, télévision, architecture, santé, humanoi ? des compagnons). Il invite les chercheurs à situer leurs travaux au regard du processus sémiotique des " signes-traces " qui, selon la thèse développée par Béatrice Galinon-Mélénec, lie le " corps-trace " de l'" Homme- trace " et la " réalité-trace " du monde. La concrétisation passe par des interrogations en situation : quels recueils de traces ? Comment, par quels moyens, les captures effectuées sont-elles valides en tant que traces ? Sont-elles exploitables versus exploitées ? Et si oui comment ? Inspiré des sciences appliquées, l'abord de ce volume permet la mise à l'épreuve de la recherche conceptuelle sur les " signes-traces " et conduit à situer l'usage du terme " Homme-trace " désormais répandu dans un sens large au regard du sens strict du paradigme anthroposémiotique du même nom, désormais nommé " Ichnos-Anthropos ".
Résumé : Lieux de culte et champions mythiques Elles se nomment Milan-San Remo, Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie. Cinq classiques aux surnoms qui sonnent comme des titres d'opéra : La Primavera, l'Enfer du Nord, La Doyenne, le Ronde, Les Feuilles Mortes. Intenses, rudes, parfois injustes, souvent tragiques, ces épreuves sont surtout inoubliables tant elles façonnent la grande histoire du cyclisme. Ce livre propose une plongée dans la culture de ces courses d'un jour en les abordant par un angle original : leurs parcours, inaltérés depuis des décennies. Côtes, descentes, monts et secteurs pavés, ligne de départ et d'arrivée et même une cabine téléphonique... autant de terrains de jeux transformés en chemins de pèlerinage, au fil des décennies, par les supporters qui y célèbrent leur dévotion aux héros de toujours Merckx, Hinault, Coppi ; et d'un jour : De Vlaeminck, Boonen, Vandenbroucke, etc. Poggio, trouée d'Arenberg ou encore mur de Grammont : à travers 12 lieux de culte, " CLASSIQUES " dessine les contours de la culture des Classiques où les mystères et les polémiques affluent autant que les exploits : Comment expliquer que tous les coureurs s'effondrent sur le mont pavé du Koppenberg ? Comment Bernard Hinault a-t-il résisté à la neige dans Liège-Bastogne-Liège ? Comment Gianni Bugno, en proie au vertige, a-t-il pu s'échapper dans la descente du Poggio grâce à Mozart ? Qui a déniché Arenberg ? Quand a été ajouté le Poggio ? Quand le vrai Quaremont a-t-il disparu ? Où est passé l'arbre du Carrefour de l'Arbre ? Des collines d'Italie aux monts piégeux de la Flandre, des pavés du Nord aux ascensions inhospitalières des Ardennes, il est temps de réviser ses classiques !
Résumé : Si Einstein a inventé la théorie de la relativité, ce n'est pas parce qu'il était un génie - pas seulement. C'est aussi parce qu'il était un technicien qui travaillait sur des problèmes d'horloges. Son précurseur méconnu, Henri Poincaré, était également un ingénieur obsédé par l'exactitude des pendules autant qu'un mathématicien réputé. Sans leurs compétences pratiques, ni l'un ni l'autre n'auraient été capables de remettre en question les conceptions anciennes de l'espace et du temps. Racontée de façon passionnante, l'histoire inattendue d'une révolution sans précédent au carrefour de la technologie, de la physique et de la philosophie. Fondée sur des informations nouvelles issues d'archives inédites et de brevets oubliés, l'enquête de Peter Galison démontre avec une remarquable clarté comment des objectifs à court terme - synchroniser les horloges d'une ville ; dresser des cartes pour guider les cargos - ont enrichi à la fois la science et la philosophie en conduisant Poincaré, puis Einstein, à imaginer une théorie qui allait bouleverser notre monde.
L'annexion de la Crimée par la Russie, son intervention en Syrie, l'affaire Skripal ont propulsé Moscou sur le devant de la scène. Elles ont aussi contribué à bouleverser le système international et le rôle que la Russie joue en son sein. L'annexion de la Crimée par la Russie, son intervention en Syrie, l'affaire Skripal ont propulsé Moscou sur le devant de la scène. Elles ont aussi contribué à bouleverser le système international et le rôle que la Russie joue en son sein. Du fait de sa politique, la Russie a perdu l'Ukraine et fragmenté l'espace postsoviétique qu'elle considère comme sa sphère d'influence, elle s'est aliénée une bonne partie de l'Occident, elle s'est engagée dans un incertain virage vers l'Asie, etc. Près de vingt ans après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, ces événements relancent les interrogations sur les objectifs poursuivis par la Russie. Quels sont les facteurs qui déterminent ses actions extérieures ? Quelle est sa capacité à se remettre des bouleversements qu'elle a connus depuis 1991 ? Cet ouvrage se penche sur ces questions en accordant une attention particulière aux perceptions et aux représentations. Il explore la vision que la Russie a de l'étranger en la confrontant à la réalité de la place qu'elle tient sur la scène internationale ainsi qu'aux regards portés sur elle par le monde extérieur. En croisant ces différents regards, il a pour but de contribuer à la compréhension de la trajectoire russe.
Charles Darwin, Lord William Kelvin, Linus Pauling, Fred Hoyle, Albert Einstein : cinq scientifiques hors du commun qui ont accompli des découvertes scientifiques considérables. Mais également cinq hommes qui se sont aussi, souvent en même temps, parfois lourdement, fourvoyés sur certains sujets. Charles Darwin n'a pas bien évalué les effets de " dilution " dans la transmission des caractères génétiques ; Lord Kelvin a largement sous-évalué l'âge de la Terre ; Linus Pauling s'est fait " coiffer au poteau " dans la découverte de la structure de l'ADN par Jim Watson et Francis Crick ; Fred Hoyle fut un partisan irréductible de la théorie de l'Univers stationnaire ; enfin, Einstein créa une constante cosmologique pour une mauvaise raison. Il ne s'agit pas d'énumérer les erreurs de ces grands hommes, mais bien plutôt de constater et d'analyser les conséquences bénéfiques de ces errements : la théorie de l'évolution de Darwin fonde la génétique moderne ; Kelvin enseigne à ses successeurs comment utiliser la thermodynamique en astronomie et en géologie ; Linus Pauling introduit superbement les considérations chimiques en biologie ; Fred Hoyle démontre les bienfaits et les limites des approches scientifiques qui se démarquent des théories " à la mode " et, curieusement, au lieu d'être une erreur, l'introduction de la constante cosmologique par Einstein s'avère extraordinairement bénéfique. C'est à une véritable enquête policière, qui dévoile de nombreux aspects jusque-là ignorés de l'histoire des sciences, que s'est consacré l'astrophysicien Mario Livio, qui expose ici de façon originale et vivante les chemins parfois tortueux empruntés par la recherche scientifique.
Résumé : Début 2016, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf ressort en Allemagne dans une édition scientifique. Dans le même temps, l'éditeur historique de la traduction française annonce son intention de republier l'ouvrage dûment accompagné d'un appareil critique. Comment expliquer la postérité de ce pensum dont les divagations racistes et complotistes apparaissaient déjà comme telles à l'époque ? La réponse à la question ne serait-elle pas à chercher dans la forme plutôt que dans le fond de cet ouvrage ? En plus d'être le manifeste du national-socialisme, Mein Kampf ne serait-il pas en effet l'archétype d'un genre littéraire bien particulier, celui adopté par des leaders amenés à devenir autocrates, et mêlant propagande, manipulation et autobiographie ? En s'immergeant dans le livre, Albrecht Koschorke fait ressortir les procédés visant à rendre irréfutables les propos avancés, attire l'attention sur la construction de l'ouvrage, les transitions des expériences personnelles aux stigmatisations globalisantes, les changements de registres d'écriture, désintrique les niveaux de lecture et éclaire les divers publics visés. Une approche originale qui, dans la perspective de la prise du pouvoir, s'intéresse moins à la "doctrine" postulée de Mein Kampf qu'à sa "poétique" conjuguant autoritarisme et inconsistance intellectuelle.
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.