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Un siècle d'ordre public en Révolution (De 1789 à la Troisième République)
Gainot Bernard ; Denis Vincent
CTHS EDITION
24,99 €
Épuisé
EAN :9782908327694
L'association de l'ordre et de la révolution peut paraître paradoxale. Pour autant, nul ici ne songerait à raviver des débats surannés assimilant la révolution et le désordre, que ce soit pour stigmatiser l'" anarchie " pillarde ou sanguinaire, ou pour saluer la multitude démiurgique avide de faire du passé table rase. La révolution est certes négation et déconstruction d'un ordre établi ; mais la nécessité du changement révolutionnaire s'impose lorsque le présent est devenu insupportable à ceux qui le ressentent comme expression d'un désordre qui met potentiellement en péril l'humaine condition, et les équilibres présentés comme naturels. Et, du sein même de la transition, de l'instabilité, et de l'indétermination, toujours vecteurs d'angoisse, surgit une forte aspiration à l'ordre, à la recomposition des cadres et à la recherche de nouveaux équilibres. Pour les révolutionnaires, inscrire la brutalité de la rupture dans la durée apparaît bien comme un véritable défi, puisqu'il s'agit de faire de l'ordre avec du désordre, de concilier la double demande d'une plus grande liberté et d'une plus grande sécurité. Affirmée dès la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, la nécessité d'une force publique au service de tous est bien un enjeu crucial pour les régimes issus des Révolutions, de la prise de la Bastille à la Commune de 1871. Comment restructurer les moyens et que faire du personnel chargé du maintien de l'ordre hérité de l'Ancien Régime ? Faut-il le récupérer, quitte à changer le nom de l'institution et les mécanismes de régulation internes ? Ensuite, comment instituer de l'ordre et doit-on inventer une législation d'autant plus rigoureuse qu'elle doit pallier un vide institutionnel ? Enfin, si la mise en place d'une " police citoyenne " demeure l'horizon des régimes successifs, des logiques multiples viennent perturber la construction idéale d'un corps dévoué au service des " honnêtes gens ". La politisation, la dépendance envers les élus ou les pouvoirs locaux, l'élargissement du recrutement aux anciennes cibles de la police peuvent à leur tour faire des forces de l'ordre des acteurs du désordre. Les textes réunis dans ce volume montrent que ces questions travaillent constamment l'événement révolutionnaire. A l'heure où les questions de sécurité et les rapports entre les forces de l'ordre et les populations sont au premier rang du débat public, cet ouvrage, fruit de spécialistes de l'histoire de la Révolution française et du XIXè siècle, invite à faire retour sur les racines historiques de l'ordre public en démocratie.
Biard Michel ; Gainot Bernard ; Pasteur Paul ; Ser
En inventant la droite et la gauche comme forme de positionnement politique, la Révolution française voit poindre, aux confins d'un échiquier ainsi redéfini dès la fin de 1789, des formes de radicalité qui ont contribué à rendre le débat plus tendu. En même temps que la politique naît une forme "d'extrémisme" à droite comme à gauche, qui se caractérise par une grande attention théorique tout autant que par des pratiques de rupture avec le débat supposé plus calme des Assemblées. Les actes de ce colloque se proposent d'interroger la notion "d'extrême" depuis son apparition dans le débat révolutionnaire jusqu'à ses plus récentes manifestations, en France ou en Italie par exemple, où une gauche radicale a pu se manifester et continue d'exister sous différentes formes. Ce sont de multiples facettes de cette réalité mouvante qui sont ici proposées et étudiées. Qu'en est-il d'une définition précise de "l'extrême" ? Est-ce une posture idéologique revendiquée dans une Assemblée représentative ? Ou bien, de par sa radicalité, ne peut-elle se déclarer que dans un espace autre, celui de la militante, de la société civile et de l'action sociale ? Est-elle une réalité homogène ou bien à son tour traversée de nuances, voire d'oppositions qui la divisent ? Ne serait-elle pas plutôt une réalité et un mot imposés par ses détracteurs inquiets ou agressifs, sous la forme d'un stigmate visant à décrédibiliser depuis deux cents ans ceux dont la politique est dite "d'extrême gauche"? "Extrême" devient alors un stigmate qui permet de ranger sous un même mot le terroriste, le partageux, la pétroleuse, ou le militant syndical trop actif. Qu'en est-il des acteurs de cette radicalité de gauche ? Qu'en est-il des systèmes de représentations qui, depuis plus de deux cents ans, tentent de la marginaliser au nom d'une politique du bon sens, au nom d'un centre modéré rejetant à sa périphérie celles et ceux qui sont considérés comme des dangers pour l'ordre public et social ? Il s'agit ici d'ouvrir des pistes pour inscrire dans l'histoire du politique cette réalité de la gauche "extrême", ces combats d'images, ces luttes de mots, autour d'une pensée et d'une pratique de gauche dont on essaie de savoir si elle est "extrême" parce que décalée par des discours dominants faisant de la modération l'objet de l'ordre politique.
En 1799, la République constitutionnelle connaît une crise profonde, marquée par l'effondrement des " républiques s?urs " et l'échec du contrôle par le Directoire des élections du printemps. De cette crise du régime directorial, l'historiographie n'a retenu que l'issue : le coup d'Etat du 18 brumaire et l'avènement du régime personnel de Bonaparte, prélude à l'Empire. Or, au fil de ce dernier été de la décennie révolutionnaire, il y eu une tentative de " régénération " des institutions républicaines, qui constitue le c?ur de l'ouvrage de Bernard Gainot. Loin d'être un épiphénomène limité aux sphères dirigeantes parisiennes, cette " résistance républicaine " fut le résultat d'une mobilisation nationale de grande ampleur, présentée tantôt comme un sursaut patriotique, tantôt comme une résurgence nostalgique du jacobinisme de 1793. Or, ce " jacobinisme " de1799, égalitaire et libéral, chercha avant tout à sauver la République en se dégageant de l'expérience, encore proche, de la Terreur de 1793-1794. Outre un retour aux sources du mouvement démocratique, il y eut recomposition politique autour d'un programme de " démocratie représentative " souveraineté des assemblées primaires, liberté de la presse, droit d'association, confédération démocratique européenne, institutions fédératives. Malgré l'échec final, sanctionné par la mise en place d'un pouvoir personnel fort, cette ultime tentative démocratique de la Révolution française constitue le chaînon manquant entre le legs révolutionnaire et le renouveau du mouvement républicain démocrate dans les années 1830.
L'encerclement par l'ennemi d'une communauté humaine est une des formes les plus emblématiques de la guerre depuis le siège de Troie jusqu'au siège d'Alep. La révolution militaire née à la fin du XVe siècle rend plus étroite encore l'intrication de la guerre et de la politique qui résulte de la guerre de siège. Pourtant les guerres de la Révolution et de l'Empire semblent la rendre obsolète, paraissant lui préférer le mouvement, l'offensive et la bataille décisive, les sièges n'étant plus que la manifestation d'une brutalisation grandissante du conflit au cours duquel la population civile est prise en otage. Parce qu'on s'en tenait à cette vision classique, une relative pauvreté historiographique s'ensuivit, qui ne tenait pas compte de l'abondance d'une documentation sur laquelle au contraire ont voulu s'appuyer les auteur/e/s des interventions réunies dans ce volume. Nuançant la vision classique, voire la remettant en cause, ces études de cas déploient leur analyse selon des perspectives à la fois géostratégique, politique, sociale, juridique et mémorielle. Elles étudient les luttes civiles, telles celle de Vendée, les soulèvements contre la conquête napoléonienne, ainsi ceux de la Péninsule ibérique où le siège se transforme en symbole national, et, à mi-chemin de la guerre civile et de la guerre étrangère, sa fonction dans les nouveaux départements belges et rhénans. Elles revisitent les campagnes de la Révolution, notamment celle des Flandres en 1794, Carnot s'avérant un disciple de Vauban, les campagnes de Bonaparte en Italie, terre d'élection de la guerre de siège, comme pendant la Renaissance. De 1792 à 1814, son importance demeure cruciale. Les difficultés de sa mise en oeuvre pendant la campagne de 1814 ne comptent pas peu dans l'échec final de Napoléon.
Gainot Bernard - Chappey Jean-Luc - Bertaud Jean-P
Au-delà des aventures militaires et des images d'Épinal sur la "geste" de Napoléon Bonaparte, l'Atlas de l'empire napoléonien 1799-1815 entend attirer l'attention sur les transformations majeures d'une période durant laquelle la volonté de "finir la Révolution" se juxtapose à l'entreprise ambitieuse de fonder une nouvelle civilisation européenne. Croisant les échelles et les approches en accordant une large place aux espaces non français de l'Empire, les auteurs ont voulu mettre à distance certaines catégories d'interprétation, pour mieux comprendre les dynamiques à l'?uvre dans cette construction impériale. Grâce à une centaine de cartes qui décrivent les phénomènes politiques, sociaux, économiques et culturels des années 1799-1815, ils font découvrir combien le visage de la France et de l'Europe a été profondément bouleversé. Après avoir présenté les étapes de la constitution de ce vaste espace politique, ils exposent les éléments qui l'organisent: réseaux de communication, institutions administratives, pédagogiques ou religieuses. Ils s'intéressent également aux relations mises en place entre les différents espaces et aux formes de résistance qui émergent contre un pouvoir personnel qui ne cesse de se renforcer. Des extraits du Code civil, une chronologie détaillée, une bibliographie, et un index des personnages complètent cette histoire de l'Europe napoléonienne pour en faire un outil de travail et un ouvrage de référence original. Biographie: Jean-Luc Chappey, maître de conférences à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne et chercheur, est spécialiste de l'histoire intellectuelle de la Révolution française et de l'Empire. Bernard Gainot, maître de conférences (HDR) à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne et chercheur, est spécialiste de l'histoire politique et de l'histoire coloniale (1750-1815). Jean-Paul Bertaud, professeur émérite de l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne, a écrit une vingtaine d'ouvrages sur la Révolution et l'Empire. Fabrice Le Goff, cartographe-géographe indépendant, a réalisé de nombreux atlas pour les éditions Autrement.