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L'étoile et la croix. De l'enfant juif traqué à l'adulte chrétien militant
Gaillon Roland ; Chombart de Lauwe Marie-José
L'HARMATTAN
20,50 €
Épuisé
EAN :9782296114982
Personne ne m'a jamais parlé de mes parents, de ce qu'ils étaient, de ce qu'ils sont devenus. Puisque le silence était de mise, je me taisais. J'ai appris tout récemment, dans un livre de Germaine Tillon, Il était une fois l'ethnographie, que, chez les Touaregs du Sud, comme chez les Maghrébins du Nord, on donne souvent à l'enfant nouveau-né le nom d'un ancêtre vénéré, qui était depuis sa mort un nom secret, un nom imprononçable... car les Touaregs ne prononcent pas les noms des morts de leur parenté. Je pense qu'il y a bien quelque chose du même ordre dans le silence familial au sujet de mes parents : la douleur de la perte des êtres chers fait qu'on ne parle pas d'eux, pour ne pas raviver le chagrin. Et puis, il faut cacher ses sentiments et, pour cela, le silence est une méthode infaillible. Très vite, je me suis donc tu, mimant l'attitude commune, même si je restais un peu à part et, surtout, facilement irritable et violent. Il y a bien d'autres enfants qui s'isolent un peu et manifestent de la violence : qu'avais-je de si différent de ces autres, finalement ? Je gardais au fond de moi de lourds secrets. Et puis, sans en parler, j'attendais le retour de mes parents. Je les ai attendus jusqu'en 1952. Mes souvenirs d'errance pendant près de trois ans, avec des adresses successives, comment aurais-je pu les oublier ? Pourquoi tous ces voyages avant le retour à Paris ? Pourquoi tant de disparus dans la famille ? Silence, on vit !
L'auteur revient ici sur un ensemble d'oeuvres qui ont été produites à six périodes de l'histoire de la pensée et des arts occidentaux. II insiste, en longue période, sur la densification et l'intensification de leurs qualités harmoniques et rythmiques - en tant que fondements de l'Art contemporain. Une telle dynamique marque, pour les arts plastiques, une réduction des tensions entre figuration et abstraction, et, pour la musique, entre tonalité et atonalité. Elle ne résulte pas seulement d'une évolution propre à l'Occident. Elle a bénéficié, à plusieurs reprises, d'une ouverture à d'autres cultures. En conclusion, l'auteur s'interroge sur la production actuelle des oeuvres d'art d'un monde globalisé pour en souligner les ruptures.
L'histoire du jazz est trop souvent abordée comme une stricte succession de styles dont chacun marquerait une rupture. Le but de cette étude - pour la période des années 1950 et 1960, et par rapport à l'impact de trois figures que sont Parker, Gillespie et Ellington - est d'en souligner les continuités et les croisements. Soit autant de traits harmoniques et rythmiques, autant d'imaginaires qui ont inspiré les musiciens de jazz de ces deux décennies, au-delà de leurs différences de style. L'auteur tient aussi à montrer en quoi ces créateurs ont participé aux avancées de la musique occidentale, sans pour autant en refouler les singularités : celles d'un vécu collectif et une ouverture à d'autres univers comme l'Afrique.
Début du XXème siècle, l'Ukraine fait partie intégrante de l'Empire russe. Le Tsar Alexandre III est un chrétien orthodoxe antisémite. Maître de son empire, il y favorise les pogroms contre les Juifs. Pendant l'une de ces exactions, le rabbin d'un petit village juif près de la mer noire est assassiné en même temps que sa femme. En danger, une partie de sa famille décide de partir à Odessa avant d'émigrer en France, patrie des droits de l'Homme. L'assimilation sera rapide, dès la génération suivante, les fils sont des Français comme les autres. Saga familiale, l'ouvrage retrace l'histoire de la branche paternelle. Ainsi que de la branche maternelle, partis de Moselle en 1871 pour ne pas devenir Prussiens, s'établissant à Paris et développant leur affaire de tulles, voilettes et dentelles à l'exportation, au point de devenir de grands bourgeois parisiens.
Cette revue des travaux, menés par l'auteur sur quatre décennies, pose autant de jalons d'une sociologie de la division du travail dans la globalisation capitaliste. Cette sociologie, fondée au départ sur une analyse des mutations et de la crise de l'emploi, s'est focalisée sur les usages que font les agents de la globalisation de plusieurs sortes de capitaux, ainsi que sur le rôle des classes dirigeantes. L'auteur recense ici toutes les formes de gouvernance publique et privée dont les normes d'ajustement aboutissent à dévaloriser le travail. Il en fait la critique, au nom du bien commun, et dans la perspective de nouveaux rapports politiques continentaux et transcontinentaux. La tonalité de l'ouvrage vise à concilier la rigueur analytique du propos avec l'engagement citoyen.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.