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Nouvelle économie, nouveau mythe ? suivi de Que reste-t-il de la nouvelle économie ?
Gadrey Jean
FLAMMARION
7,20 €
Épuisé
EAN :9782080800237
Nouvelle économie, nouvelle croissance, nouvelles technologies, nouveaux marchés, nouveaux emplois : ainsi, nous serions entrés dans un âge nouveau. Les mythes mobilisateurs fleurissent, mais la réflexion de fond sur les contours de cet âge et sur les risques sociaux qu'il comporte est inexistante. Jean Gadrey analyse ici les principales caractéristiques de ce modèle importé des Etats-Unis et les soumet à la critique. Il avance des "principes de prudence" permettant de prévenir les écueils dont ce modèle est porteur. Il souligne combien ce nouveau modèle ressemble furieusement à l'ancien (le libéralisme). Il montre que d'autres voies existent et que des choix sont possibles. L'action publique aurait alors d'autres missions que de susciter la confiance des investisseurs en se livrant à une surenchère d'avantages fiscaux et de mesures de réduction du coût du travail, laissant les réseaux de la technologie et de la finance décider de notre sort. Elle tiendrait les facteurs économiques et technologiques non pas pour des lois de la nature incontournables, mais pour des ressources mises au service du développement social et humain.
Développement humain ", " santé sociale ", " bien-être économique " ou " développement durable " permettent de compléter des indicateurs économiques (PIB etc.) de plus en plus contestés. Des notions essentielles abordées ici de manière à être très largement accessible à des non-spécialistes. Dans cette quatrième édition, une grande partie du texte et des données a été refondue et actualisée.La croissance économique, celle du PIB, reste le principal critère de performance des nations, mais c'est un critère de plus en plus contesté. Les auteurs dressent un bilan de cette contestation, mais présentent surtout de nouveaux indicateurs, fondés sur des visions alternatives de la " richesse des nations ".Ces indicateurs s'intéressent, selon les cas, au " développement humain ", à la " santé sociale ", mais aussi à la soutenabilité écologique. Sont pris en compte des richesses oubliées comme celles que produit l'activité bénévole ou l'activité domestique, des richesses environnementales en voie d'épuisement ou sacrifiées, ou encore des critères d'inégalités et de pauvreté. Ils pourraient servir de guides à d'autres politiques économiques, sociales et environnementales.Dans cette quatrième édition, une partie du texte a été refondue et les données ont été actualisées.
Croissance croissance croissance..." II y a quelque chose de pathétique et de comique à la fois, chez ces dirigeants qui guettent le ciel financier comme des météorologues, dans l'espoir d'un coin de ciel bleu. Qui ouvrent les entrailles de la relance comme des pythies. La croissance, c'est la croyance de l'époque. Aussi avons-nous rencontré Jean Gadrey, un économiste contre LE dogme. Fakir : Dans son dernier discours, en moins d'une minute, François Hollande prononce huit fois le mot croissance et quatre fois le mot confiance. Là, on est un peu dans l'incantation, l'invocation d'une puissance céleste, on lie le psychologique à l'économique... Jean Gadrey : C'est comme si l'on pratiquait le vaudou pour que la croissance revienne. Mais elle ne reviendra pas. Nous vivons sur cette image du gâteau, le Produit intérieur brut (PIB), qui doit grossir. Et si ce gâteau ne grossit pas, on ne pourra pas en donner aux plus pauvres, même des miettes... C'est une image excessivement trompeuse. D'abord, à qui ont profité les dix années, 1997-2007, de belle croissance aux USA ? Aux 10 % et surtout aux 1 % les plus riches, les parts étaient de plus en plus inégales. Et surtout, le gâteau qui grossit sans cesse, il est de plus en plus bourré de substances toxiques, d'actifs toxiques. Il est de plus en plus empoisonné. Et donc, partager un gâteau empoisonné, qui ça fait vraiment saliver ? Voilà ce que nous cachent les discours enflammés prônant le "retour à la croissance". Jamais ils ne s'interrogent : n'y a-t-il pas contradiction entre la poursuite dans la voie du "toujours plus" et le règlement des grandes questions, du climat, de la biodiversité, ou de la pauvreté dons le monde ?
Des années 1780 aux années 1820, à Bordeaux, négoce et marchandise constituent deux mondes distincts, mais qui entretiennent des relations serrées et s'interpénètrent assez largement. Malgré le pullulement des sociétés et des micro-entreprises, souvent éphémères, l'isolement de l'entrepreneur est en permanence compensé par le soutien des parentés et par les solidarités géographiques et religieuses, qui constituent tout autant un filet de sécurité qu'une composante essentielle des stratégies commerciales. Pour ces milieux, la Révolution ouvre un temps de malheurs - perte de Saint-Domingue, dirigisme, Terreur et guerre maritime perpétuelle -, qui vont restreindre l'activité portuaire. Mais l'époque est en même temps celle d'un formidable renouvellement des acteurs, prouvant le dynamisme extraordinaire d'une société capable, crise après crise, de reconstituer des effectifs massacrés par la concurrence, les faillites, les abandons, le repli vers la rente - quand ne s'y ajoute pas l'emprisonnement ou la mort. En outre, ces années sont propices à la prospection de nouveaux marchés et aux réussites. Si les vieilles dynasties sont ébranlées, les opportunités propulsent très haut des hommes qui n'auraient pas eu leur chance en des temps plus calmes. Dans les années 1820, les niveaux de fortune, comme les progrès de l'art de vivre, témoignent de la solidité d'une bourgeoisie marchande, certes moins brillante qu'avant la Révolution, mais qui occupe désormais la première place devant la noblesse.
La croissance : un remède à tous les maux ! Tel est le discours martelé par nos dirigeants depuis des décennies, qu?il s?agisse de réduire le chômage, de régler le problème des retraites, de résorber les inégalités ou de surmonter la crise écologique. Et si la croissance n?était pas la solution, mais le problème ? Elle est désormais un facteur de crise, une menace pour la planète et un obstacle au progrès. Faut-il pour autant nous résoudre à une austérité punitive ? Certes non, affirme Jean Gadrey, qui prône une société privilégiant le "mieux-être" et non le "plus-avoir". Une société qui doit, et peut, viser le plein-emploi ainsi qu?un haut niveau de protection sociale pour tous. C?est le chemin d?une autre prospérité qui est ici proposé, plus juste, moins violente et donc réellement durable.