Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Histoire de la rhétorique dans l'Europe moderne. 1450-1950
Fumaroli Marc
PUF
77,50 €
Épuisé
EAN :9782130495260
Parce que nous avons reçu le pouvoir de nous convaincre mutuellement et de faire apparaître clairement à nous-mêmes l'objet de nos décisions, non seulement nous nous sommes débarrassés de la vie sauvage, mais nous nous sommes réunis pour construire des villes ; nous avons fixé des lois ; nous avons découvert des arts et, presque toutes nos inventions, c'est la parole qui nous a permis de les conduire à bonne fin. C'est la parole qui a fixé les limites légales entre la justice et l'injustice, entre le mal et le bien ; si cette séparation n'avait pas été établie, nous serions incapables d'habiter les uns près des autres. C'est par la parole que nous confondons les gens malhonnêtes et que nous faisons l'éloge des gens de bien. C'est grâce à la parole que nous formons les esprits incultes et que nous éprouvons les intelligences, car nous faisons de la parole précise le témoignage le plus sûr de la pensée juste ; une parole vraie, conforme à la loi et à la justice, est l'image d'une âme saine et loyale. C'est avec l'aide de la parole que nous discutons des affaires contestées et que nous poursuivons nos recherches dans les domaines inconnus. Les arguments par lesquels nous convainquons les autres en parlant, sont les mêmes que nous utilisons lorsque nous réfléchissons ; nous appelons orateurs ceux qui sont capables de parler devant la foule et nous considérions comme de bon conseil ceux qui peuvent sur les affaires s'entretenir avec eux-mêmes de la façon la plus judicieuse. En résumé, pour caractériser ce pouvoir, nous verrons que rien de ce qui se fait avec intelligence, n'existe sans le concours de la parole : la parole est le guide de toutes nos actions comme de toutes nos pensées, on recourt d'autant plus à elle que l'on a plus d'intelligence ; aussi les gens qui osent blâmer ceux qui se consacrent à l'éducation et à la philosophie doivent-ils encourir la même haine que les gens qui commettent des fautes envers la puissance divine. (Discours à Nicoclès, III, traduction Mathieu-Brémond, Paris, Belles Lettres, 1987.) C'est ainsi que l'Athénien Isocrate, au Ve siècle avant notre ère, décrit l'empire de l'éloquence, où la parole, accomplie par l'art rhétorique, nourrit la sagesse civile. Ce programme de civilisation, que Cicéron a repris des Grecs et qu'il a enseigné aux Romains, les humanistes italiens de la Renaissance l'ont redécouvert à leur tour, et en ont fait le principe de leur polémique conquérante contre l'empire de la science scolastique. L'Histoire de la rhétorique dans l'Europe moderne, à laquelle ont collaboré de nombreux spécialistes français et européens sous la direction de Marc Fumaroli, s'est proposé de retracer, pour la première fois avec cette ampleur, l'empreinte vivante, réflexive, évolutive, controversée, que l'art antique du discours, depuis la Renaissance, a laissée sur l'éducation, la théorie littéraire, la religion, la philosophie, la société, les arts de l'Europe, depuis le XVe jusqu'au XXe siècle.
Résumé : La France s'est voulue et se veut toujours une nation littéraire : la Grèce des Modernes. Royauté, Eglise, Républiques ont concouru à cette fierté. Elles ont favorisé les Lettres dans l'éducation des jeunes Français et respecté les formes sociales accueillantes aux gens de lettres. L'Académie française, institution d'Etat, a été le creuset d'une véritable magistrature nationale de la littérature. La conversation, institution privée, s'est élevée en France au rang d'un art : elle y a ouvert un forum des esprits dont le lieu et le lien communs étaient la littérature. L'Académie et l'art de la conversation ont donné corps au mythe du " génie de la langue française ", qui donnait au français littéraire la vocation d'idiome pour une République universelle des esprits. Phénomène politique et social, les Lettres dans l'histoire de France se prêtent à vérifier l'axiome selon lequel " la littérature est l'expression de la société ". Dans ces trois essais et dans sa préface, Marc Fumaroli analyse les diverses facettes de cette incarnation de la littérature dans la nation française. Il met aussi en évidence que les Lettres (Boccace les nommait " théologie poétique ") ont leur ordre propre. Elles expliquent la société plus encore que celle-ci ne les explique. Le sillage de la théologie poétique défie et surplombe, quand il ne l'informe pas, le déterminisme sociologique et historique. Infime acteur de l'histoire, Chateaubriand n'avait donc pas tort de se sentir plus grand que Napoléon. Son ?uvre détient les clefs du songe dont l'Empereur lui-même n'avait été qu'une figure et une ombre.
En 1657 Nicolas Poussin (1594-1665) peint à la demande de Mgr Rospigliosi un ex-voto. Il s'agit de rendre grâce à sainte Françoise Romaine, protectrice de Rome, de la fin d'une épidémie de peste qui venait de ravager la Ville. Qui d'autre que Poussin aurait pu donner à cette étrange scène, où l'on voit, agenouillée, une noble dame, symbole de Rome, recevant de la sainte l'annonce de la fin du danger, autant de tension dramatique, de poésie et de ferveur religieuse ? Ce chef-d'?uvre, retrouvé en 1998, a aussitôt été acquis par le Louvre, grâce à la générosité des Amis du musée. Il méritait qu'on lui fasse honneur. Une exposition (7 février-2 avril 2001), qu'accompagne le présent ouvrage, nous dévoile le sujet traité par Poussin, peintre français d'" images saintes ", et le contexte de cette création. Car le tableau nous fait entrer de plain pied dans le temps et la mémoire de Rome au milieu du XVIIe siècle, alors que la Ville éternelle est à la recherche d'une synthèse des arts, de l'érudition et de l'histoire religieuse. Synthèse que réalise parfaitement cette ?uvre où l'artiste fait référence à l'histoire de la ville, dans le culte rendu à Francesca Bussi de Ponziani, grande dame romaine du XVe siècle canonisée en 1608, à l'histoire immédiate, en donnant à la figure de Rome les traits d'Anna Colonna Barberini, à d'illustres artistes : Raphaël, Vanni, Maderno... Ce tableau, analysé pour la première fois, est exceptionnel par l'originalité de son sujet dans la carrière de l'artiste qui, à soixante ans passés, signe son testament religieux.
Dans un XVIIe siècle religieux et encore artisanal, entre la voix et l'?il, la parole et l'image, l'art manuel et l'idée, la rhétorique académique elle-même n'interpose pas encore de paravents aussi opaques que ceux qui, aujourd'hui, divisent et disséminent notre regard. Comment retrouver cette expérience perdue?
Quelqu'un, un beau matin, se réveille en pleine rue et s'aperçoit que les images publicitaires qui prolifèrent autour de lui et qui lui ont toujours semblé innocentes, ne le sont pas autant que cela. Et si les hommes ressemblaient à l'image qu'ils se donnent d'eux-mêmes? Ainsi commence, par ce déclic apparemment infime, un sinueux voyage dans le temps et dans l'espace, à partir de deux bases de départ successives, New York et Paris: New York, la capitale des images modernes et contemporaines, et Paris, la capitale par excellence des arts de la "Vieille Europe". Enquête historique dans le temps relativement court des États-Unis et de sa formidable industrie des images, pèlerinage aussi dans le temps long de la France et de l'Europe des arts visuels, de l'Antiquité gréco-romaine à nos jours, de son Orient byzantin à son Occident d'Amérique latine, cette exploration à facettes de l'univers européen de la vue devient peu à peu l'itinéraire d'une conversion. Une conversion à l'éternel retour de la beauté. Seule la beauté a rendu et peut rendre l'homme à lui-même et le monde humain habitable en les invitant à participer de la nature et de la grâce et à se libérer du vampirisme d'images-mirages, d'images-idoles, qui ne laissent sur leur passage, comme un vol de sauterelles, qu'un désert globalisé et privé de feuillage.
Héraclès, Thésée, Jason, Athéna, Zeus... Tous ces héros et ces dieux nous sont familiers, mais connaît-on véritablement les mythes qui s'attachent à leurs noms? Pourtant, Ceux-ci revêtent une importance considérable pour qui se passionne pour l'histoire de la pensée humaine. Mais l'intérêt de les connaître concerne aussi chacun d'entre nous. Constamment repris, réutilisés dans la littérature antique, médiévale, mais également contemporaine, ils sont devenus des références que nul ne peut ignorer, un patrimoine que chacun se doit de connaître. Pierre Grimal, grand spécialiste des études latines, n'a pas eu pour objectif de proposer un système explicatif de ces mythes, mais de les faire connaître et d'apporter ainsi des éléments indispensables à la compréhension de nombreux textes et oeuvres d'art. Fruit d'un colossal travail d'inventaire et de classement des textes, ce dictionnaire est d'un abord simple, clair et précis. Classés par ordre alphabétique, les mythes sont accompagnés des références des textes qui en font mention. Complet et pratique, cet ouvrage publié en 1951, réédité de très nombreuses fois, est toujours précieux.
Ce Dictionnaire de psychologie allie les qualités d'un bel ouvrage accessible à tous avec les avantages de l'exhaustivité, ce qui ravira les spécialistes. Les termes de la langue courante (adolescence, leurre, agression, réaction, tempérament...) et du vocabulaire de la psychologie (autisme, psychodrame, test de Rorschach...) y sont définis, tandis que les notions fondamentales sont mises en perspective par un rappel des doctrines qui les ont élaborées. Ainsi, le lecteur pourra se demander s'il est plutôt allocentrique ou égocentrique, après avoir distingué les fantômes de son passé des fantasmes de sa libido. Grâce à un système de renvoi entre les définitions et à la prise en compte de notions qui font intervenir aussi bien la psychologie, la sociologie et la psychanalyse, cet ouvrage très utile offre un panorama complet des sciences humaines. --Paul Klein
Les enseignants et formateurs du XXIe siècle peuvent-ils espérer que la psychologie scientifique les aide dans leur pratique? Cet ouvrage prend le parti d'affirmer que, même si la science ne peut apporter toutes les réponses attendues, elle peut identifier des conditions nécessaires mais non suffisantes! pour « apprendre et faire apprendre »: des conditions liées aux caractéristiques des apprenants en interaction avec celles de leur environnement d'apprentissage. Les psychologues d'aujourd hui n'étudient plus l"« Apprentissage » avec un grand « A », comme s'il s'agissait d'un objet défini et statique. Ils préfèrent en décrypter les mécanismes et les dynamiques spécifiques. Leur objet est donc moins « l'apprentissage » qu" « apprendre », verbe d'action qui permet d'intégrer les facettes cognitives, affectives et sociales en jeu. L'expression « faire apprendre » rappelle par ailleurs que l'action ne se déclenche pas nécessairement d'elle-même. Elle nécessite une implication de l'apprenant lui-même, mais aussi de celui qui lui transmet connaissances et compétences: l'enseignant, le formateur ou tout autre éducateur. Les auteurs ont dès lors choisi de convoquer les sous-disciplines de la psychologie qui, en 2006, peuvent l'éclairer: les neurosciences cognitives, dont fait partie la psychologie cognitive, la psychologie différentielle, qui cherche à comprendre les spécificités individuelles, la psychologie du développement, mais aussi la psychologie sociale et la psychologie de la motivation. En plus d'être collectif, cet ouvrage est donc pluridisciplinaire et fondé sur les travaux de recherche les plus récents, tout particulièrement dans les différents pays francophones.
Publié dans une version reliée en 1991, puis réédité dans un format poche, ce dictionnaire est un « outil culturel » passionnant et indispensable, non seulement pour connaître les grands noms de la discipline (94 ethnologues sont présentés) mais aussi pour comprendre leur langage et leurs concepts, car « c'est avec cet instrument analytique qu'ils affrontent la réalité sociale, organisent leur savoir et définissent les orientations de leur réflexion et c'est à travers leur langage que, de l'extérieur, la discipline est identifiée » (P. Bonte et M. Izard).