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Du masque au visage. Aspects de l'identité en Grèce ancienne
Frontisi-Ducroux Françoise
FLAMMARION
28,01 €
Épuisé
EAN :9782080126290
Du masque au visage, du visage au regard, du regard à l'image, telles sont les étapes majeures d'une exploration qui vise à retrouver, à travers textes et peintures de vases, les représentations que l'homme grec se donnait de lui-même. Au point de départ le masque. Mais qu'est-ce au juste qu'un masque pour les anciens Grecs? Répondre à cette question entraîne une révision de nos façons de voir. Car pour nommer le masque la langue grecque utilise le mot prosopon qui est, aussi et surtout, le nom du visage. Et ce n'est pas, comme on pourrait le croire, que le visage soit pensé comme un masque, comme une enveloppe abritant les secrets de la vie intérieure: une telle conception, qui ne se dessine qu'à l'époque chrétienne, demeure étrangère à la culture grecque, où l'individu se définit dans le regard que les autres portent sur lui. Le visage grec est un révélateur: pensées et émotions s'y lisent à fleur de peau. Et ce qui vaut pour le visage de chair vaut aussi pour le masque artificiel aux traits figés. Il ne dissimule pas la réalité qu'il recouvre, il la remplace. Il confère à son porteur une nouvelle individualité qui abolit la première. Au centre de cette enquête, une exception paradoxale: le type de masque le plus répandu dans le monde grec, celui de la Gorgone, n'est pas nommé prosopon. Cette appellation serait incompatible avec l'interdit attaché à cette face d'horreur dont la vue est fatale, figure omniprésente pourtant et toujours offerte en une frontalité totale, même sur les vases peints où la norme figurative réclame le profil. Sur ces vases, le visage humain peut lui aussi, dans des cas limités et précis, être représenté de face: il interpelle alors le destinataire de l'image en une apostrophe visuelle. L'utilisateur, un buveur le plus souvent, y trouve l'occasion d'un tête-à-tête avec des doubles de lui-même, ou avec des figures de l'autre. C'est l'un des lieux où se confirme l'identité, où se façonne la personnalité du citoyen.
Françoise Frontisi- Ducroux raconte quelques grands mythes du féminin liés à la quenouille et au métier à tisser. Par ce choix, elle nous convie à une traversée de la politique des sexes où l'on passe sans cesse des figures de la mythologie aux réalités du quotidien chez les mortels. Si l'art d'entrelacer est un savoir-faire des femmes, le tissage suppose jeux et tensions entre masculin et féminin - comme dans le rapport nécessaire entre la chaîne et la trame sur le métier à tisser. Pour notre bonheur, l'auteur met en scène quelques grandes clames de la mémoire de nos cultures d'aujourd'hui: Ariane, Hélène, Pénélope, Philomèle et Procné, Arachné... Ce livre nous éclaire sur une histoire sans fin qui mer en jeu des mécanismes imaginaires où s"" entrelacent "masculin et féminin. Biographie de l'auteur Françoise Frontisi- Ducroux, helléniste, sous-directeur au Collège de France, a publié, entre autres, Dédale, Mythologie de l'artisan en Grèce ancienne (Maspero, 1975/La Découverte, 2000), Le Dieu- masque (La Découverte/ École française de Rome, 1991), Du masque au visage (Flammarion, 1995), L'Homme- cerf et la Femme- araignée (Gallimard, 2003) et, avec Jean-Pierre Vernant, Dans l'oeil du miroir (Odile Jacob, 1997)."
Il n'est jamais bon pour un mortel de croiser le chemin d'un dieu. Actéon devient cerf pour avoir offensé Artémis ; Arachné est transformée en araignée pour avoir osé surpasser Athéna dans l'art du tissage. Les mythes grecs, leurs récits et leurs représentations sont riches d'histoires horribles et fascinantes, où intervient la métamorphose. Déguisement du dieu : expert à se glisser dans l'enveloppe d'un mortel ou à s'exhiber sous les traits d'un animal. Transformation brutale de l'homme ou de la femme : précipités dans un état bestial, fondus dans le végétal ou figés dans la pierre. Parcourir ces récits et ces images, c'est d'abord s'immerger dans l'imaginaire grec, se laisser entraîner au plaisir de l'écoute et du regard, retrouver le charme euphorisant de la rêverie créatrice des Anciens. Mais cette exploration nous fait découvrir aussi quelques problématiques. Les jeux croisés de la métamorphose et de l'hybridité servent à dire le statut de l'être humain et sa place dans le monde. La mutation des corps ou leur pétrification sont l'occasion d'une réflexion sur les ambiguïtés du regard, sur les liens entre la mort, l'invisibilité et l'opacité de la pierre. La place des femmes, si souvent victimes et actrices de métamorphoses, incite à mettre en évidence leur rôle de tisseuses de récits, à la fois consommatrices, productrices et reproductrices de mythes.
Jean-Pierre Vernant, spécialiste de la pensée et de la philosophie grecques, s?interroge ici avec Françoise Frontisi-Ducroux, sur les fondements de la représentation et de l?image de soi chez les Grecs. L?approche, outre la richesse de documentation, qu?elle soit littéraire, archéologique ou iconographique, se distingue par l?originalité de son objet : le miroir comme symbole du reflet et de la vision de soi. À travers une étude du miroir, c?est en effet à un véritable voyage dans l?histoire des mentalités et des représentations que nous invite ce livre. Étude sur l?être et le paraître, sur le fond et la forme, cet ouvrage nous permet, par l?analyse du regard des anciens, de mieux appréhender notre regard sur mêmes et sur les autres.
Au début du XXe siècle avec la naissance d'un mouvement va bouleverser les représentations de l'espace dans l'art: le cubisme. Cette école d'art, florissante de 1810 à 1930, se propose de représenter les objets décomposés en éléments géométriques simples (rappelant le cube) sans restituer leur perspective. La réalité devient une illusion et les artistes jouent à recomposer cette identité afin de susciter une image nouvelle. Ainsi on redécouvre l'univers des cubistes par les lieux de prédilection des artistes (le Bateau-Lavoir). On explore aussi les Arts comme le cinéma ou la poésie qui suivirent le mouvement sans modération. On confronte les péripéties des peintres et des sculpteurs (Braques, Delaunay, Gleizes, Metzinger, Picasso, etc.) afin de comprendre leurs oeuvres. Enfin, le cubisme se dévoile à travers ses spécificités comme le trompe l'oeil et le collage. Les oeuvres importantes se décomposent et révèlent la maturité de leurs auteurs pris dans un élan de liberté artistique. Un ouvrage pour dire: « Ce qui différencie le cubisme de l'ancienne peinture, c'est qu'il n'est pas un art d'imitation mais un art de conception qui tend à s'élever jusqu'à la création. » (Appollinaire)