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Le cinéma d'Edward Yang
Frodon Jean-Michel
ECLAT
22,50 €
Épuisé
EAN :9782841622221
Révélé au grand public avec Yi-Yi (prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2000), Edward Yang, chef de file du Nouveau Cinéma Taïwanais, a marqué durablement le cinéma de l'entre-deux siècles avec une oeuvre au carrefour des influences chinoises, japonaises, américaines et des nouvelles vagues européennes. Lui qui sut si bien filmer les femmes et la grande ville se révéla capable de faire jouer ensemble tragédie historique et chronique intimiste, comédie burlesque, émotion et réflexion critique. Disparu trop tôt en 2007, il laisse une oeuvre singulière, en rupture radicale avec un certain exotisme qui a propulsé le cinéma asiatique au-devant de la scène internationale. E n sept longs métrages, il livre une vision du monde sans équivalent dans la production mondiale, qui lui vaudra l'amitié et l'admiration des plus grands noms du cinéma mondial (dont certains témoignent dans ce livre), mais aussi les foudres des autorités politiques et financières, qu'il dénoncera sans relâche. Richement illustré de documents et de dessins inédits dus à cet artiste complet, ce livre retrace le parcours de celui qui fut du même élan un grand styliste et un grand observateur du monde contemporain.
Depuis 20 ans, le cinéma chinois connaît un développement foudroyant, en phase avec l'essor de ce pays. Nul n'incarne mieux cette évolution que le réalisateur Jia Zhang-ke, révélé en 1999 avec son premier film, Xiao-wu artisan pickpocket. Son cinéma se distingue par la modernité de son écriture, nourrie par la réinvention des rapports entre fiction et documentaire, par les usages inventifs des nouvelles technologies, par la créativité des relations entre l'intime et le collectif à l'échelle d'un pays d'un milliard et demi d'habitants. Les films de Jia sont en effet, et du même mouvement, oeuvres d'un grand artiste contemporain et témoignages sensibles des gigantesques mutations qui affectent la Chine, et le monde entier. Des titres tels que Platform, The World, Still Life, A Touch of Sin et Mountains May Depart jalonnent un parcours esthétique à la fois extrêmement cohérent et en constant renouvellement. Ils accompagnent la construction patiente d'une place centrale dans la culture de son pays malgré les immenses obstacles liés à la censure. Et ils racontent, selon un point de vue original et pertinent, ce qui s'invente avec le XXIe siècle. Un long entretien mené avec le réalisateur sur les lieux de son enfance, ces lieux de travail et de tournage, un texte historique établissant la place de Jia dans le cinéma chinois et dans le cinéma actuel, une notice critique consacrée à chacun de ses films, longs et courts métrages, enrichis de plusieurs éclairages dont des entretiens avec ses principaux collaborateurs, et des textes de Jia inédits hors de Chine, font de ce livre le premier ouvrage offrant une visibilité et une compréhension exhaustive de l'oeuvre de ce cinéaste, et de son importance majeure.
Considéré par nombre de ses pairs comme un maître, adoubé par la critique comme le plus grand cinéaste français, Robert Bresson souvent intimide. Pourtant, dès la première rencontre avec ses films, ils touchent, simplement, par leur bouleversante beauté. Des Anges du péché à L'Argent, ses treize films, réalisés entre 1943 et 1983, composent une ?uvre d'une cohérence exceptionnelle. Ils scandent aussi la mise au point puis l'accomplissement d'une idée très personnelle du cinéma, dont il a également explicité les principes dans ses Notes sur le cinématographe. Vibrants plaidoyers pour la vie ou terribles constats sur les désespoirs du monde, ses films ont en commun leur extrême intensité. Cette tension intérieure tient à l'art de Bresson, et en particulier à la manière unique dont il crée ses personnages. Qu'ils soient inspirés d'événements historiques (Procès de Jeanne d'Arc, Un condamné à mort s'est échappé), d'?uvres littéraires (journal d'un curé de campagne ou Mouchette d'après Bernanos, Une femme douce et Quatre Nuits d'un rêveur d'après Dostoïevski, Lancelot du lac...) ou qu'il s'agisse de scénarios originaux (Pickpocket, Au hasard Balthazar), leur présence illumine l'écran d'un feu singulier. Chez Bresson, les personnages de femmes, même les bonnes s?urs, les saintes ou les criminelles, sont magnifiques. Les visages aux yeux baissés de Florence Delay, Marika Green, Anne Wiazemsky, Dominique Sanda ou Isabelle Weingarten sont ineffaçables. Curé de campagne, résistant emprisonné, chevalier perdu, adolescent révolté contre les horreurs du monde ou innocent poussé au meurtre par trop d'injustice, les hommes brûlent d'une lumière intérieure inoubliable. Pour le meilleur ou pour le pire, chacun vit ses sentiments jusqu'au bout, chacun prend en main son existence. Cette présence humaine est au c?ur du cinéma de Robert Bresson. Biographie: Jean-Michel Frodon est directeur de la rédaction des Cahiers du cinéma. Il est notamment l'auteur de L'Age moderne du cinéma français, La Projection nationale, Le Cinéma chinois, Horizon cinéma.
Le monde est différent. Le cinéma est différent. Depuis 20 ans, la planète cinématographique a changé de forme, de taille, de couleur, de rythme et d'intensité. Elle s'est agrandie aux dimensions de nouveaux continents entiers. C'est cet enrichissement que nous appelons ici le Sud du cinéma. Ces apports viennent de ce qu'on nomme "les pays du Sud", la formule est contestable, pas la formidable ouverture qui s'est produite depuis deux décennies. D'Iran, de Chine, d'Argentine, d'Afrique noire, d'Asie centrale, du Moyen-Orient... sont venus de nouveaux artistes, de nouvelles histoires et de nouvelles manières de les raconter, de nouvelles images et de nouvelles manières de les montrer. Neuf régions où les héritages traditionnels originaux nourrissent des regardsau présent, en phase avec une actualité méconnue, passionnante, souvent tragique, parfois joyeuse. Pour en rendre compte, cet ouvrage propose neuf essais écrits par les meilleurs connaisseurs des cinématographies de ces régions. Ils composent ensemble le portrait contrasté d'un monde tel que le cinéma contemporain le donne à voir, à comprendre. Notre monde. Ces cinématographies ont trouvé depuis 20 ans des relais, des appuis, des interlocuteurs dans les pays du "Nord", et singulièrement en France. Parmi ces alliés figure en bonneplace le Fonds Sud Cinéma, organe de soutien mis en place conjointement par les ministères des Affaires étrangères et de la Culture (Centre national de la cinématographie). C'est à l'occasion des 20 ans du Fonds Sud Cinéma que le présent livre a été composé sous la direction de Jean-Michel Frodon.
Du Dictateur de Chaplin à La Liste de Schindler, de Nuit et Brouillard à Shoah, de la polémique entre Lanzmann et Godard aux débats sur le virtuel : l'extermination des Juifs d'Europe a mené le cinéma, plus que tout autre art et moyen d'expression, à remettre en question ses codes et ses techniques. C'est en référence à la Shoah qu'a été construite une part décisive de la pensée du cinéma moderne. Et, consciemment ou non, beaucoup des plus beaux films des soixante dernières années portent la marque de cet événement. Pour rendre compte de ces phénomènes, ce livre réunit des textes de cinéastes, d'historiens, de journalistes, de philosophes et de chercheurs qui visent aussi à prendre la mesure des questions contemporaines construites à partir de la confrontation entre le cinéma et la Shoah. Avec les contributions de Jean-Louis Comolli, Hubert Damisch, Arnaud Desplechin, Jean-Michel Frodon, Bill Krohn, Claude Lanzmann, Stuart Liebman, Sylvie Lindeperg, Ronny Loewy, Jacques Mandelbaum, Marie-José Mondzain, Ariel Schweitzer, Annette Wieviorka. Une filmographie inédite, réalisée grâce à l'Institut Fritz Bauer, rassemble à la fin de l'ouvrage plus de 300 longs métrages, courts métrages et documents ayant trait à la Shoah, de 1945 à nos jours.
Résumé : L'institution du Shabbat est la plus importante contribution du judaïsme à l'humanité, tout en étant le fondement de la vocation spécifique d'Israël. Résistance à l'oubli de l'origine, appel à la maîtrise du temps pour assurer la liberté de l'homme, évocation d'un jour futur "qui sera tout entier Shabbat et repos pour une vie du monde qui vient", il introduit dans l'existence une dimension essentielle, dont le monde contemporain, livré à la démesure, doit absolument prendre conscience. A un projet prioritairement économique, obsédé par la satisfaction du besoin et le culte de la croissance, il oppose une vision d'avenir liée non à un manque, mais à une plénitude. Il rappelle l'indispensable valeur de la limite et du lien entre les générations.
La géométrie non euclidienne fut non seulement un bouleversement sans précédent dans l'histoire des mathématiques, mais également une bouffée d'air pur pour les partisans d'une "vérité sans les dogmes". Par ce "non" augmentatif, elle affirmait l'existence d'un en-dehors de l'Être, vingt-quatre siècles après le Parménide de Platon, et plaçait, more geometrico, la philosophie dans l'espace de la spiritualité occidentale, ouvrant la voie à la liberté dans le domaine des sciences rigoureuses. C'est aux implications philosophiques de cette révolution mathématique qu'est consacré l'essai d'Imre Toth, qui étudie également certains aspects de la pensée de Gottlob Frege, farouche adversaire de la géométrie non euclidienne, pour en démontrer les impasses et les fourvoiements.
Dans ce long inédit, Benjamin Fondane révèle les implications philosophiques révolutionnaires qui découlent des travaux de Lévy-Bruhl (1857-1939) sur la mentalité primitive. En mettant à jour les mécanismes d'une logique différente, Lévy-Bruhl fait voler en éclat l'universalité de la logique d'Aristote sur laquelle repose notre pensée occidentale. Dès lors cette logique n'est rien d'autre qu'une arme politique qui fonde l'hégémonie de la rationalité. La démonstration de Fondane est implacable et bouleverse notre conception de la philosophie. Il nous incite à reconsidérer nos manières de penser et de vivre sous la contrainte de la raison, faisant écho à une tradition non aristotélicienne qu'incarnent des penseurs comme Michelstaedter, Lukasiewicz ou Alfred Korzybski.