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JOURNAL (1966-1971)
Frisch Max
GALLIMARD
14,00 €
Épuisé
EAN :9782070294541
Pas plus que le Journal 1946-1949, celui-ci, tenu par Max Frisch entre 1966-1971, n'est un "journal intime". Il s'agit plutôt d'une sorte de livre de bord. Non que la dimension autobiographique en soit absente : c'est bien l'individu Max Frisch, et non pas un chroniqueur neutre, qui relate ses rencontres avec Brecht, réagit à tel épisode de la répression politique en Suisse ou participe aux répétitions de l'une de ses pièces. Pour l'essentiel, toutefois, ce qui est consigné dans ces pages en est passé déjà par tout un travail de réflexion, de rêverie, d'écriture qui le place à grande distance de la spontanéité quotidienne. Le lecteur peut imaginer que c'est une rencontre, le hasard d'un moment, qui a motivé tel ou tel portrait, mais le portrait, se poursuivant, se charge de fiction, se change en récit. C'est, pour finir, une nouvelle.
Résumé : Comme en d'autres de ses pièces, mais en des termes différents, c'est de nouveau le problème de l'intellectuel que Max Frisch pose dans La Grande Muraille. A une époque où l'humanité, capable de faire sauter la planète, est placée devant le choix définitif, l'intellectuel entreprend d'affronter le despote. Osera-t-il prendre la parole et, s'il parle, sera-t-il entendu ? Le despote est ici l'empereur de Chine Wang-Ti, qui fit construire la Grande Muraille. L'action se passe donc quelques siècles avant notre ère. Mais elle se passe en même temps aujourd'hui. Et l'on y voit paraître Brutus aussi bien que Christophe Colomb, Cléopâtre aussi bien que Napoléon... Si le rôle essentiel du dramaturge, comme l'affirme Ibsen, est de poser des questions, Max Frisch l'assume ici pleinement. Il le fait avec gravité ; il le fait aussi avec cette imperturbable fantaisie qui mêle au pessimisme l'humour et la franche gaieté.
Andorra est une pièce qui unit les vertus intérieures de la démonstration à des qualités évidentes d'action, de dialogue, d'exploitation d'une situation qui la mènent aussi loin qu'il est possible de la redoutable pièce à thèse. L'antisémitisme y est considéré de près, dans ses origines et dans ses résultats; il y est démonté, dans son mécanisme, à son niveau le plus élémentaire: celui des "petites gens" qui ont besoin de vivre de mythes. Dans cet imaginaire et petit pays d'Andorra, qu'encerclent des nations puissantes et bruyantes, donc menaçantes ce que l'on veut avant tout est de sauvegarder la paix. Et sans doute on approuve beaucoup, d'abord le vieux maître d'école qui a jadis arraché un enfant israélite à ces méchants voisins qui voulaient le tuer. Mais lorsque ces méchants voisins se font plus menaçants et que l'impression naît que si le juif leur est rendu la tranquillité sera sauvegardée. On n'hésite plus: il faut rendre le juif. Mais pour le maintien de la bonne conscience publique, il est bon de bien marquer que le juif lui-même s'exclut de la société qui l'a accueilli.La pièce est faite de cette lente, et mortelle, "définition" du juif, construite peu à peu, à petites touches, à coups de lâcheté d'insinuations et même de "compréhension des choses"... La pièce de Max Frisch nous fait assister à la création, par une communauté, du juif nécessaire; Une création si lentement et si sûrement menée que lorsque nous apprendrons que celui qui en est victime n'est pas juif le moins du monde, cela ne pourra rien changer au cours des choses: c'est volontairement que la victime ira à l'abattoir; parce qu'elle a choisi en connaissance de cause le parti du courage et du dégoût... Pièce riche émouvante sans sensiblerie, drôle parfois et sans raideur démonstrative. Une vraie pièce de théâtre et qui signifie quelque chose.
Les incendies se multiplient dans la ville.Monsieur B. - petit industriel enrichi par une lotion capillaire dont il a licencié l'inventeur - fulmine contre cette insécurité grandissante, mais il ne sait pas refuser d'héberger dans le grenier de sa villa un repris de justice, puis un second, qui bientôt y stockent des bidons d'essence, des détonateurs, des mèches... C'est à Monsieur B. lui-même qu'ils demandant finalement des allumettes, et il les leur fournit. Car sa peur de l'incendie est encore moins grande que sa peur d'avouer qu'il a peur, et sa mauvaise conscience plus forte que ses "bons" ou mauvais sentiments.L'universalité de cette "parabole" sur la démocratie libérale suit sa création à la radio (1955) puis au théâtre (1958), elle a connu une centaine de mises en scène dans sa version originale, et encore autant dans le monde entier. Entre-temps, son "modèle" n'a fait que gagner encore en actualité et en efficacité.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.