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Andorra. Pièce en 12 tableaux, [Zurich, Schauspielhaus, 2 novembre 1961
Frisch Max
GALLIMARD
17,00 €
Épuisé
EAN :9782070223961
Andorra est une pièce qui unit les vertus intérieures de la démonstration à des qualités évidentes d'action, de dialogue, d'exploitation d'une situation qui la mènent aussi loin qu'il est possible de la redoutable pièce à thèse. L'antisémitisme y est considéré de près, dans ses origines et dans ses résultats; il y est démonté, dans son mécanisme, à son niveau le plus élémentaire: celui des "petites gens" qui ont besoin de vivre de mythes. Dans cet imaginaire et petit pays d'Andorra, qu'encerclent des nations puissantes et bruyantes, donc menaçantes ce que l'on veut avant tout est de sauvegarder la paix. Et sans doute on approuve beaucoup, d'abord le vieux maître d'école qui a jadis arraché un enfant israélite à ces méchants voisins qui voulaient le tuer. Mais lorsque ces méchants voisins se font plus menaçants et que l'impression naît que si le juif leur est rendu la tranquillité sera sauvegardée. On n'hésite plus: il faut rendre le juif. Mais pour le maintien de la bonne conscience publique, il est bon de bien marquer que le juif lui-même s'exclut de la société qui l'a accueilli.La pièce est faite de cette lente, et mortelle, "définition" du juif, construite peu à peu, à petites touches, à coups de lâcheté d'insinuations et même de "compréhension des choses"... La pièce de Max Frisch nous fait assister à la création, par une communauté, du juif nécessaire; Une création si lentement et si sûrement menée que lorsque nous apprendrons que celui qui en est victime n'est pas juif le moins du monde, cela ne pourra rien changer au cours des choses: c'est volontairement que la victime ira à l'abattoir; parce qu'elle a choisi en connaissance de cause le parti du courage et du dégoût... Pièce riche émouvante sans sensiblerie, drôle parfois et sans raideur démonstrative. Une vraie pièce de théâtre et qui signifie quelque chose.
Jürg Reinhart, à la recherche de sa vérité et de son destin, renonce à la peinture parce que l'ivresse de créer ne lui semble pas une raison suffisante de vivre, puis il renonce successivement à l'amour, à l'amitié, à l'espoir de procréer lorsqu'il découvre ses origines. Mais cette défaite est une victoire. Blessé, humilié, Jürg s'enrichit à mesure qu'il se dépouille. Par son inquiétude, Reinhart séduit tour à tour deux femmes : Yvonne, déçue par la faiblesse de son premier mari archéologue ; indépendante, dominatrice, elle abandonnera Jürg dont elle attend un enfant pour un homme qui lui apportera la sécurité. Hortense, une de ses anciennes élèves, séduite par l'aventure qu'incarne à ses yeux le peintre, y renonce en définitive pour une vie plus terrestre, plus quotidienne, plus concrète. Mais le personnage principal de ce roman est le destin qui tisse une toile ténue entre des êtres qui ne peuvent se rejoindre. Pour Reinhart, vivre est la quête angoissée d'une vérité qui fait la noblesse de l'homme, mais il succombe parce que tout lui interdit de devenir ce qu'il est et veut être.
Ce n'est pas par hasard si l'auteur, qui s'est fait connaître en France par la traduction de ses romans Homo Faber (1961), J'adore ce qui me brûle (1963) et d'une pièce de théâtre, Monsieur Bonhomme et les incendiaires (1961), a exercé le double métier d'architecte et d'écrivain. Le Journal nous révèle une pense à la fois étonnamment structurée dans sa recherche, son approfondissement, les problèmes qu'elle pose, et une sensibilité d'artiste capable à tout instant de capter et d'immobiliser les phénomènes de beauté d'un monde qu'il ne se lasse pas d'analyser.Qu'il s'agisse d'un voyage à travers les villes de l'Allemagne en décombres où la vie reprend lentement ses droits, d'un trajet en avion, des questions politiques de l'après-guerre, de l'élaboration d'une pièce de théâtre -Le Comte Osterland-, de ses contacts humains et des leçons qu'il en tire moralement ou intellectuellement, on retrouve dans ces notes à l'écriture nerveuse, aiguë, élégante, une température de grand écrivain, une ironie constante une curiosité passionnée faite de patiente et de lucidité.
Né en 1911 à Zurich, Max Frisch, après ses études et des voyages en Europe centrale, est devenu architecte tout en se consacrant à sa vocation littéraire. Il a reçu en 1958 le prix Georg Büchner, et en 1976 le prix de la Paix, décerné par les libraires allemands. Son ?uvre comporte de nombreuses pièces de théâtre et des romans. Il est décédé en 1991.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.