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Triptyque. Trois tableaux scéniques
Frisch Max ; Bergerot Henry
GALLIMARD
7,90 €
Épuisé
EAN :9782070286355
Ce triptyque de variations sur le thème de la mort se compose de trois "tableaux scéniques". Dans le premier, Proll, le jour de ses funérailles, assiste sans que les autres protagonistes s'aperçoivent de sa présence, aux visites de condoléances, tandis que sa femme fait un retour sur leur vie commune. Dialogues des morts, dans le second, où les personnages apparaissent tels qu'ils étaient à l'heure du trépas, où Proll, par exemple, retrouve son père beaucoup plus jeune que lui. Dans le troisième tableau, Roger, qui est vivant, face à Francine, qui est morte, essaie de justifier ou, au moins, d'expliquer les raisons de leur rupture. Si, curieusement, tout semble naturel dans ces situations, c'est que sous leur invraisemblance affleure le sentiment que tout est déjà joué, se joue à chaque instant d'une vie qui échappe à ceux qui la vivent et cherchent vainement à la ressaisir, à la reconstruire, à la répéter par la parole. Mais il n'y a pas de répétition possible et le destin qui, dans la tragédie antique, se présentait malgré tout sous la forme d'un accomplissement, apparaît à la fois obscur et dérisoire à une époque où il n'y a d'autre transcendance que celle de moments intensément vécus, c'est pourquoi chaque lecteur pourra trouver dans cette oeuvre comme un écho de sa propre existence.
Don Juan ne s'intéresse aux femmes que très peu. Il ne comprend pas ce qi'elles lui veulent. Sensuel, il leur cède souvent. Mais il est trop sérieux pour se laisser prendre au mensonge de l'amour. Seule la géométrie rigoureuse, son monde transparent l'attirent. Il mettra donc en scène sa propre damnation, pour mieux trouver la paix, loin des dames de Séville, auprès de la duchesse et prostituée Miranda. Et il rira de voir les littérateurs inventer, de son vivant, le mythe de don Juan...
Résumé : Comme en d'autres de ses pièces, mais en des termes différents, c'est de nouveau le problème de l'intellectuel que Max Frisch pose dans La Grande Muraille. A une époque où l'humanité, capable de faire sauter la planète, est placée devant le choix définitif, l'intellectuel entreprend d'affronter le despote. Osera-t-il prendre la parole et, s'il parle, sera-t-il entendu ? Le despote est ici l'empereur de Chine Wang-Ti, qui fit construire la Grande Muraille. L'action se passe donc quelques siècles avant notre ère. Mais elle se passe en même temps aujourd'hui. Et l'on y voit paraître Brutus aussi bien que Christophe Colomb, Cléopâtre aussi bien que Napoléon... Si le rôle essentiel du dramaturge, comme l'affirme Ibsen, est de poser des questions, Max Frisch l'assume ici pleinement. Il le fait avec gravité ; il le fait aussi avec cette imperturbable fantaisie qui mêle au pessimisme l'humour et la franche gaieté.
Andorra est une pièce qui unit les vertus intérieures de la démonstration à des qualités évidentes d'action, de dialogue, d'exploitation d'une situation qui la mènent aussi loin qu'il est possible de la redoutable pièce à thèse. L'antisémitisme y est considéré de près, dans ses origines et dans ses résultats; il y est démonté, dans son mécanisme, à son niveau le plus élémentaire: celui des "petites gens" qui ont besoin de vivre de mythes. Dans cet imaginaire et petit pays d'Andorra, qu'encerclent des nations puissantes et bruyantes, donc menaçantes ce que l'on veut avant tout est de sauvegarder la paix. Et sans doute on approuve beaucoup, d'abord le vieux maître d'école qui a jadis arraché un enfant israélite à ces méchants voisins qui voulaient le tuer. Mais lorsque ces méchants voisins se font plus menaçants et que l'impression naît que si le juif leur est rendu la tranquillité sera sauvegardée. On n'hésite plus: il faut rendre le juif. Mais pour le maintien de la bonne conscience publique, il est bon de bien marquer que le juif lui-même s'exclut de la société qui l'a accueilli.La pièce est faite de cette lente, et mortelle, "définition" du juif, construite peu à peu, à petites touches, à coups de lâcheté d'insinuations et même de "compréhension des choses"... La pièce de Max Frisch nous fait assister à la création, par une communauté, du juif nécessaire; Une création si lentement et si sûrement menée que lorsque nous apprendrons que celui qui en est victime n'est pas juif le moins du monde, cela ne pourra rien changer au cours des choses: c'est volontairement que la victime ira à l'abattoir; parce qu'elle a choisi en connaissance de cause le parti du courage et du dégoût... Pièce riche émouvante sans sensiblerie, drôle parfois et sans raideur démonstrative. Une vraie pièce de théâtre et qui signifie quelque chose.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.