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Simon Nora. Moderniser la France
Frank Robert ; Jeanneney Jean-Noël ; Roussel Eric
CNRS EDITIONS
24,99 €
Épuisé
EAN :9782271080028
Homme de courage et de conviction, esprit volontaire et visionnaire, Simon Nora (1921-2006) fut l'un des principaux acteurs de la modernisation française. Résistant à vingt ans, énarque à vingt-cinq, il fut l'un des proches collaborateurs de Pierre Mendès France puis de Jacques Chaban-Delmas quand celui-ci, Premier ministre, mit en oeuvre son projet de "nouvelle société" en 1969. Cofondateur de L'Express dans les années cinquante, directeur général du groupe Hachette, puis directeur de l'ENA, Simon Nora est également l'auteur de plusieurs rapports dont celui sur les entreprises publiques (1967) et le fameux rapport sur l'informatisation de la société française, en collaboration avec Alain Minc (1978). Evoquer le parcours de Simon Nora, c'est revisiter un paysage politique et intellectuel qui reste la toile de fond des débats d'aujourd'hui.
On nous le répète tous les jours : il faudrait "briser les corporatismes" pour "débloquer" la société française Synonyme d'égoïsme le corporatisme évoque des groupes arc-boutés sur la défense de leurs avantages acquis (ou "privilèges") et faisant fi de l'intérêt général ou bien des lobbies défendant leurs intérêts particuliers de façon plus ou moins occulte Mais en même temps on déplore tout autant la faible organisation de la société civile en France la faible représentativité des syndicats ou des associations et le manque de dialogue social : du coup bien des problèmes qui sont ailleurs réglés par la négociation collective incombent finalement à l'état appelé à la rescousse Pour comprendre ce paradoxe il faut remonter à la Révolution française (qui abolit les corporations de métiers en 1791) Depuis lors la culture politique libérale et républicaine s'est toujours montrée hostile à l'expression des intérêts collectifs des groupes ou des "communautés" Mais on ne peut pas faire comme si ces groupes n'existaient pas De même on ne peut pas se contenter d'utiliser le repoussoir de Pétain et du corporatisme réactionnaire de Vichy Ce livre tente de montrer qu'il existe en France aux XIXe et XXe siècles une tradition corporative sous-jacente sans cesse déniée mais beaucoup plus riche et diverse que la caricature qu'on en donne généralement Les apports croisés d'historiens français et américains offerts ici permettent de tordre le cou à bien des clichés et éclairent les origines du malaise social contemporain
Le Brexit ? Rien de vraiment nouveau. Cela fait trois siècles au moins que les Britanniques s'interrogent sur le fait de savoir s'ils doivent être in ou out, s'ils doivent s'impliquer ou non dans les affaires européennes. Au Moyen Age, l'Angleterre est intimement liée au continent : elle entend conquérir le Royaume de France. A partir du XVIIe siècle, sa vocation se définit autrement : elle est maritime et coloniale. Son horizon est le monde, et non l'Europe qui reste cependant le lieu où se joue sa sécurité ou son insécurité. Après 1945, la Grande-Bretagne hésite continuellement entre son intérêt, qui la pousse à accepter l'intégration européenne, et l'attachement à sa souveraineté, qui l'incite à la refuser. Le Brexit ne met sans doute pas un point final à ces tergiversations. Dans cet ouvrage, l'auteur présente les documents essentiels qui mettent en perspective les raisons et les modalités de ces retournements incessants. Aujourd'hui, alors qu'Ecossais et Irlandais du Nord refusent majoritairement de sortir de l'UE, une question se pose : les Anglais ne risquent-ils pas, en quittant Europe, de casser le Royaume-Uni, construit il y a plus de trois cents ans ? Bref, pour demeurer britanniques, n'ont-ils pas intérêt à rester Européens ?
The book edited by four known specialists of European history presents for the first time a discussion among European historians on the European public sphere since the 1950s. It treats the general perspective and deals also in special articles with the role played by the European Union, by the Council of Europe, and by national media such as television and film. The volume shows that the role of the European public sphere is often underestimated and that it is gradually becoming more influential and forceful not only in politics, but also in culture. Sous la direction de quatre spécialistes renommés de l'histoire européenne, cet ouvrage présente de façon inédite un débat entre historiens de l'Europe sur l'espace public européen et son évolution depuis les années 1950. La question est abordée dans son ensemble, mais certaines contributions traitent aussi plus spécifiquement du rôle joué par l'Union européenne, par le Conseil de l'Europe, et par les médias nationaux, comme la télévision et le cinéma. Ce volume montre que l'on a souvent sous-estimé l'espace public européen, alors que son influence est de plus en plus importante, tant au niveau politique que culturel.
Robert Frank, surnommé le " poète avec un appareil photo ", a débuté sa carrière artistique dans l'effervescence duParis de l'après-guerre. Les séjours qu'il y a faits entre 1949 et 1953 ont influencé le reste de son existence. C'est en 1949 qu'il réalise Mary's Book, une chronique de la vie parisienne à travers son regard précis et curieux. Destiné à sa fiancée restée aux Etats-Unis, ce scrapbook témoigne d'une grande poésie. Ces quelques feuillets enchâssés les uns dans les autres, combinant photographies coupées et collées et écriture manuscrite, dans un subtil mélange de français et d'anglais, touche le lecteur par sa simplicité et sa beauté. Moment clé dans la vie personnelle de Robert Frank, il est également l'acte de naissance de sa pratique du livre photo. Cette façon particulière d'agencer les images dans la page se retrouvera dans tous ses livres jusqu'au fameux Les Américains, publié pour la première fois par Robert Delpire, en 1958. Inclus dans cet ouvrage le facsimilé complet de Mary's Book (format 18 x 24 cm).
L'annexion de la Crimée par la Russie, son intervention en Syrie, l'affaire Skripal ont propulsé Moscou sur le devant de la scène. Elles ont aussi contribué à bouleverser le système international et le rôle que la Russie joue en son sein. L'annexion de la Crimée par la Russie, son intervention en Syrie, l'affaire Skripal ont propulsé Moscou sur le devant de la scène. Elles ont aussi contribué à bouleverser le système international et le rôle que la Russie joue en son sein. Du fait de sa politique, la Russie a perdu l'Ukraine et fragmenté l'espace postsoviétique qu'elle considère comme sa sphère d'influence, elle s'est aliénée une bonne partie de l'Occident, elle s'est engagée dans un incertain virage vers l'Asie, etc. Près de vingt ans après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, ces événements relancent les interrogations sur les objectifs poursuivis par la Russie. Quels sont les facteurs qui déterminent ses actions extérieures ? Quelle est sa capacité à se remettre des bouleversements qu'elle a connus depuis 1991 ? Cet ouvrage se penche sur ces questions en accordant une attention particulière aux perceptions et aux représentations. Il explore la vision que la Russie a de l'étranger en la confrontant à la réalité de la place qu'elle tient sur la scène internationale ainsi qu'aux regards portés sur elle par le monde extérieur. En croisant ces différents regards, il a pour but de contribuer à la compréhension de la trajectoire russe.
Charles Darwin, Lord William Kelvin, Linus Pauling, Fred Hoyle, Albert Einstein : cinq scientifiques hors du commun qui ont accompli des découvertes scientifiques considérables. Mais également cinq hommes qui se sont aussi, souvent en même temps, parfois lourdement, fourvoyés sur certains sujets. Charles Darwin n'a pas bien évalué les effets de " dilution " dans la transmission des caractères génétiques ; Lord Kelvin a largement sous-évalué l'âge de la Terre ; Linus Pauling s'est fait " coiffer au poteau " dans la découverte de la structure de l'ADN par Jim Watson et Francis Crick ; Fred Hoyle fut un partisan irréductible de la théorie de l'Univers stationnaire ; enfin, Einstein créa une constante cosmologique pour une mauvaise raison. Il ne s'agit pas d'énumérer les erreurs de ces grands hommes, mais bien plutôt de constater et d'analyser les conséquences bénéfiques de ces errements : la théorie de l'évolution de Darwin fonde la génétique moderne ; Kelvin enseigne à ses successeurs comment utiliser la thermodynamique en astronomie et en géologie ; Linus Pauling introduit superbement les considérations chimiques en biologie ; Fred Hoyle démontre les bienfaits et les limites des approches scientifiques qui se démarquent des théories " à la mode " et, curieusement, au lieu d'être une erreur, l'introduction de la constante cosmologique par Einstein s'avère extraordinairement bénéfique. C'est à une véritable enquête policière, qui dévoile de nombreux aspects jusque-là ignorés de l'histoire des sciences, que s'est consacré l'astrophysicien Mario Livio, qui expose ici de façon originale et vivante les chemins parfois tortueux empruntés par la recherche scientifique.
Résumé : Début 2016, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf ressort en Allemagne dans une édition scientifique. Dans le même temps, l'éditeur historique de la traduction française annonce son intention de republier l'ouvrage dûment accompagné d'un appareil critique. Comment expliquer la postérité de ce pensum dont les divagations racistes et complotistes apparaissaient déjà comme telles à l'époque ? La réponse à la question ne serait-elle pas à chercher dans la forme plutôt que dans le fond de cet ouvrage ? En plus d'être le manifeste du national-socialisme, Mein Kampf ne serait-il pas en effet l'archétype d'un genre littéraire bien particulier, celui adopté par des leaders amenés à devenir autocrates, et mêlant propagande, manipulation et autobiographie ? En s'immergeant dans le livre, Albrecht Koschorke fait ressortir les procédés visant à rendre irréfutables les propos avancés, attire l'attention sur la construction de l'ouvrage, les transitions des expériences personnelles aux stigmatisations globalisantes, les changements de registres d'écriture, désintrique les niveaux de lecture et éclaire les divers publics visés. Une approche originale qui, dans la perspective de la prise du pouvoir, s'intéresse moins à la "doctrine" postulée de Mein Kampf qu'à sa "poétique" conjuguant autoritarisme et inconsistance intellectuelle.
Les écrans numériques nous sont aujourd'hui devenus indispensables. Disponibles, rapides, ils répondent infailliblement. Leur omniprésence, leur usage coutumier, ne permettent pas, au-delà des rituelles proclamations de risques d'addiction, d'apprendre à discerner les métamorphoses de nos vies qui se produisent par eux. Cet ouvrage nous invite à quitter notre position d'utilisateur et à chercher des éléments de compréhension de la transformation digitale dans les théories de l'écriture. A l'heure où le traitement par le signal, la rationalité technique et l'automatisation investissent de plus en plus nos interactions sociales, l'art de lire et de déchiffrer les signes, le travail d'appropriation du sens, fournissent un antidote, offrent des ressources insoupçonnées pour nous aider à développer une intelligence des contextes. Nos petits écrans du quotidien sont ainsi interrogés par Pierre-Antoine Chardel comme des expériences existentielles à part entière, engageant notre condition d'être interprétant, tout autant que l'avenir de nos sociétés démocratiques. Il est encore temps d'intervenir sur l'évolution de nos sociétés hyper-connectées en favorisant l'épanouissement des subjectivités créatives, dont l'avenir demeure à écrire, par-delà l'empire du signal qui croît.