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Tradition et Modernité en Littérature
Fraisse Luc ; Schrenck Gilbert ; Stanesco Michel
ORIZONS
34,00 €
Épuisé
EAN :9782296087156
Les rapports entre tradition et modernité sont au coeur du mystère de la création : l'acte créateur en effet prend fond sur des héritages, mais pour proposer toujours leur transformation imprévisible. C'est ce que montre la double étymologie latine du mot auteur: l'auctor, c'est-à-dire le garant des valeurs du passé mais aussi celui qui a par privilège la capacité d'augere, d'augmenter le monde. Comme le présent des métaphysiciens, la création est transformation du passé en avenir. C'est sous ce jour qu'un groupe d'universitaires strasbourgeois, auquel se sont adjoints un certain nombre de spécialistes enseignant dans d'autres établissements français ou à l'étranger, aborde la question, en observant ce moment spécifique où un écrivain rassemble l'état passé et présent d'un genre, d'une forme d'écriture, d'un thème, d'où il fait émerger sa formule personnelle. Il faut pour ce faire inviter les siècles littéraires et les générations d'écrivains a dialoguer: l'Antiquité bien évidemment avec les temps modernes, mais aussi le romantisme avec le Moyen Age, la pensée française avec la culture italienne, la succession des siècles composant la littérature française, ou encore Beckett avec Proust, Claude Simon avec Balzac - dialogues où trouvent à s'allier respect et contestation. Certaines formes, comme le blason, certaines pratiques, telle la recherche de l'anachronisme, semblent avouer à même les oeuvres cette nécessité de recueillir pour advenir.
Résumé : L'histoire littéraire produit des fruits visibles dans l'enseignement : c'est elle qui répartit les auteurs par siècles dans les manuels, elle qui permet de présenter un mouvement littéraire dans les classes. En amont de ces résultats doit s'accomplir un travail de fond, visant à établir des connaissances. Comment l'historien établit-il ces connaissances, quels sont ses principes, et donc aussi ses préjugés ? La prise en compte de l'environnement historique ne nous fait-elle pas perdre de vue l'essence du texte, la spécificité du phénomène littéraire ? On était près de le penser au moment où les sciences humaines ont introduit leur apport dans la recherche et l'enseignement littéraires. Une démarche de l'esprit doit aujourd'hui pouvoir proposer sa théorie ; or, l'histoire littéraire mène surtout des enquêtes de terrain. Oui, mais si l'on débarrasse l'étude des ?uvres de toute pesanteur historique, on aboutit rapidement à la perte des connaissances, aux approches purement techniques. Pour éviter ces risques, la plus récente réforme de l'enseignement secondaire réintroduit l'histoire littéraire et culturelle comme première perspective à prendre en compte devant les textes. À ce stade, l'histoire littéraire est-elle capable d'une réflexion théorique ? Est-elle à même de clarifier ses pratiques ? Supporte-t-elle le regard critique des écrivains et des penseurs depuis un siècle ? Pour apporter à ces questions les réponses les plus actualisées, il convenait d'ouvrir un débat international, dont les résultats sont livrés dans le présent volume : une soixantaine de chercheurs, venus de onze pays, souvent directeurs de revues ou de collections, se sont rassemblés durant une semaine pour élaborer les principes d'une histoire littéraire moderne. Les buts à long terme ? Nous prémunir contre l'oubli du passé, nous constituer une culture commune et acquérir une vision d'ensemble remédiant à l'éclatement des savoirs.
Un temps ébranlées par les apports de la Nouvelle critique et l'introduction des sciences humaines dans l'étude des littératures, l'histoire littéraire et ses méthodes reprennent aujourd'hui une certaine place dans l'enseignement et la recherche universitaires. Elles n'en demeurent pas moins méconnues. Le présent ouvrage en retrace les origines et le développement, dans leur continuité logique, de 1733 à 1934. Au départ de l'ouvrage, une vaste documentation inédite est mise au jour : les cours restés inédits de Saint-René Taillandier (1817-1879), professeur à la Sorbonne et Académicien, qui révèle que l'histoire littéraire s'est constituée beaucoup plus tôt que les dates habituellement proposées, et au prix de discussions théoriques intenses et insoupçonnées aujourd'hui. Face à cette figure de pionnier, Lanson apparaît comme le codificateur de ces disciplines. Pour la première fois aussi, ses oeuvres critiques complètes ont été prises en compte. Mais autour de ces deux savants, quelque cinq cents publications, dont la parution s'est étalée sur deux siècles, ont été dépouillées. L'ensemble, qui fait l'objet d'un répertoire chronologique, livre un reportage en direct sur deux siècles de débats théoriques, dans lesquels toutes les interrogations possibles sur la création littéraire reçoivent de nombreuses réponses, illustrées à part égale à travers les diverses époques de la littérature française, du Moyen Age au seuil du XXe siècle. On y découvre chemin faisant l'origine de bien des méthodes, que l'on croit à tort surgies tout récemment, qui nourrissent notre perception actuelle de la littérature.
Dans la première partie de Les deux pères, Josy Adida-Goldberg retrace sous forme de chronique l'histoire de sa famille - de l'arrivée à Constantine de son ancêtre, juif tétouanais, Salomon Adida, vers le milieu du 19e siècle, au départ d'Algérie de sa famille en 1961. On y trouve des morceaux d'histoire captés par l'enfant et la jeune fille. Dans la deuxième partie, la narratrice retrace la relation d'une transhumance depuis Constantine, en passant par Strasbourg puis Paris. C'est aussi une expérience intérieure: les contingences et les interrogations en articulant la trame. Dans la troisième partie, enfin, elle donne la parole à son époux défunt. Et avec émotion, elle lui fait dire ce qu'il s'est obstiné à taire. Récit attachant qui évoque une Algérie disparue, il témoigne d'un itinéraire et de l'acclimatation d'une famille, arrachée à son lieu d'origine par al guerre. C'est aussi un document sur la migration et l'intégration des juifs d'Algérie sur le territoire métropolitain. Benjamin Stora, historien et politologue, professeur d'Histoire du Maghreb à l'INALCO, dit en quoi Les deux pères transcende le simple récit autobiographique.
Si l'amour est un excès, il se donne à comprendre comme extase, décentrement ou aliénation. Jeté hors de soi, on n'est plus soi-même et à soi-même, car on cherche à être en l'aimé et pas seulement auprès de lui ; on désire être l'aimé au lieu de simplement lui appartenir. Le discours de l'amour a confié à la poésie le soin de décrire ces élancements. C'est pourquoi, en vue de la configuration des divers types de l'extase amoureuse (extase simple, union synthétique, transmanence, inter-immanence, engravement, hospitalité, incarcération...), l'auteur a convoqué des poètes de plusieurs aires culturelles, le tout étant placé sous l'égide de Shakespeare et de Louise Labé auxquels deux chapitres sont consacrés. Cet essai prolonge les recherches de l'auteur sur l'amour pur et la nodalisation.
Une jeune fille rencontre celui qu'elle appelle l'homme de sa vie. Ils habitent à Ashod, une ville portuaire sur la côte israélienne. Elle l'épouse et le suit en France, à Paris. Mais Charles, au fil du temps, s'est progressivement détaché de ses origines ; le message de Jésus le bouleverse et le sentiment d'être plus proche de la religion, va en lui plus profond. Ce récit émouvant trouve sa résonance sur la scène religieuse contemporaine.
Une journée à Beyrouth. Au lendemain de l'assassinat d'un chef politique, une manifestation géante occupe les esprits. En marge de la foule, spectateur indifférent, acteur malgré lui un jeune homme sans nom, cigarette au bec et bières à la chaîne, dont la volonté est de ne rien entreprendre, parcourt la ville par ennui, suit une ancienne maîtresse, assiste à une bagarre, se rend à une soirée, écoute avec plus ou moins d'indifférence le récit des histoires qui se font et se défont. Dans ce premier roman, Toufic El-Khoury dit l'ennui du monde avec une remarquable économie de moyens. La force du livre tient à sa concision et à sa sobriété.