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Fous de couleur. Autochromes, les premières photographies couleur de Suisse (1907-1938)
Mauron Christophe ; Crispini Nicolas ; Dutoit Chri
ALPHIL
36,00 €
Épuisé
EAN :9782889300457
En 2002, les conservateurs du Musée gruérien de Bulle (Suisse) découvrent une mallette en bois vernis dans le fonds du photographe Simon Glasson (1882-1960). A l'intérieur, 242 plaques en verre. Des photographies en couleurs prises en Suisse, particulièrement en Gruyère, entre 1914 et 1938. Des images précieuses et rares, oubliées depuis des décennies. Le procédé utilisé, l'autochrome, est une technique de photographie positive en couleurs commercialisée dès 1907 par les frères Auguste et Louis Lumière, les inventeurs du cinéma. Cet ouvrage raconte les débuts de la photographie couleur en Suisse sur la base de recherches menées dans plus de trente collections publiques et privées. Laissez-vous émouvoir par des vues pittoresques de Gruyères, de Chillon, du lac Léman, de Zermatt et des chutes du Rhin. Partez sur les pas des opérateurs des Archives de la Planète, le projet du banquier français Albert Kahn, qui réalisent plus de 1 600 clichés en Suisse dès 1911. Découvrez les motivations des auteurs de l'époque, entre respect de la tradition picturale et conservation du patrimoine. Là réside tout le paradoxe de l'autochrome : une technique nouvelle mise au service d'une vision ancienne.
De la Gruyère, on retient souvent l'image d'une région rurale attachée à ses traditions, d'un paysage pittoresque propice à l'évasion. Une Suisse de carte postale en quelque sorte, attachante et rassurante. Si l'image possède sa part de vérité, l'histoire de la région se révèle à la fois plus animée et plus intéressante ; on y découvre des comtes de Gruyère tiraillés entre la Savoie et la Confédération helvétique ; des fromagers qui exportent leurs produits jusqu'aux Indes ; des bourgeois de Bulle en lutte contre les patriciens de Fribourg ; des pionniers de l'industrie attirés par une main d'oeuvre bon marché ; des campagnards qui s'imaginent citadins et des citadins qui se rêvent campagnards ; des armaillis qui se transforment parfois en marque de fabrique... C'est à une relecture d'un pan important de l'histoire de la Suisse romande que vous convient les cinquante auteurs de La Gruyère dans le miroir de son patrimoine. L'ouvrage accompagne la transformation du musée. Le format de magazine offre une lecture agréable, mettant en valeur la qualité des illustrations qui présentent les collections exceptionnelles du musée. Les articles concis, rédigés par des auteurs de talent, encouragent la découverte et la compréhension. Les cinq catalogues et le DVD peuvent être acquis séparément ou réunis dans un coffret particulièrement avantageux. Préfaces de François Walter.
Un certain nombre d'images de la Gruyère sont aujourd'hui de véritables icônes au niveau national et au-delà : l'armailli, la vache, le château médiéval et la colline de Gruyère, la poya (montée à l'alpage), les paysages verdoyants de la région. Du XVIIIe siècle à nos jours, la diffusion de ces figures emblématiques a été assurée par différents canaux : dessinateurs et graveurs proposent aux voyageurs des paysages pittoresques et des habitants vêtus à la mode locale ; le passé médiéval inspire les poètes, les écrivains et les peintres ; de grands spectacles commémoratifs et patriotiques célèbrent la vie alpestre ; musées et associations font revivre les traditions ; la carte postale, l'affiche, le cinéma, la radio et la télévision multiplient les images à l'infini. En parallèle, les nouveaux moyens de communication diffusent la culture suisse et internationale dans la région.
Entre 1850 et 1930, plus de 40000 Suisses émigrent en Argentine. Un millier d'entre eux s'installent à Baradero, dans la province de Buenos Aires. Cette colonie agricole, fondée en 1856 par quatre familles fribourgeoises du district de la Veveyse, rassemble vers 1860 des colons d'origine valaisanne, vaudoise, neuchâteloise, bernoise, bâloise, lucernoise et zurichoise. Qu'advient-il des "Fils - et des Filles - de Tell" à 15000 kilomètres du sol natal ? Malgré la distance, les émigrés manifestent un amour peu commun pour la "Mère-Patrie" ; sous l'égide de la Société Suisse de Baradero, fondée en 1892, ils lui vouent un véritable culte. Les manifestations les plus marquantes de cet helvétisme exotique sont le 600e anniversaire de la Confédération (1891), l'inauguration de la Maison Suisse (1899) et la Fête du Grütli (1907). Dès la première moitié du XXe siècle, cependant, l'exaltation de la terre d'accueil prend le pas sur celle de la terre d'origine. Soucieuses de cohésion nationale, les autorités de Buenos Aires encouragent ce processus d'intégration. Ainsi, lors du cinquantenaire (1906) et du centenaire de la colonie (1956), les officiels et la presse présentent les émigrés suisses comme les "fondateurs de la nation". Baradero devient "le Berceau de l'Agriculture Nationale". Le cas particulier de Baradero illustre un phénomène dont l'ampleur reste très largement sous-estimée : l'émigration massive des Suisses au XIXe siècle. Surtout, cette colonie apparaît comme un passionnant laboratoire des identités nationales. Enrôlés tour à tour sous les bannières de l'Helvétie et de l'Argentine, les Suisses de Baradero éprouvent les contradictions de l'émigration, entre patriotisme nostalgique et nécessaire intégration.
Au Moyen Age, du Xe au XVIe siècle, le comté de Gruyère s'étend sur les régions actuelles du Gessenay (BE), du Pays-d'Enhaut (VD) et d'une partie du district de la Gruyère actuelle. De 1244 à 1536, le comte est vassal de la Savoie, dont la capitale est Chambéry. Survivance de la féodalité, le comté est mis en faillite en 1555 et absorbé par les républiques patriciennes de Fribourg et de Berne. Avec la conquête du pays de Vaud en 1536, cet épisode marque la perte d'influence de la Savoie face aux Confédérés dans la Suisse occidentale du XVIe siècle. Les anciens territoires des comtes sont répartis en baillages. Le régime patricien de Fribourg, face aux armées françaises, s'effondre en 1798 ; la ville de Bulle et la région qui l'entoure, favorables aux idées révolutionnaires, souhaitent être rattachées à la République lémanique. Elles restent cependant fribourgeoises et sont inclues en 1803 dans un découpage en quatre arrondissements. Au terme de la guerre civile du Sonderbund, le canton de Fribourg se retrouve dans le camp des perdants. L'année 1848 marque la naissance de la Suisse moderne, avec Berne comme capitale ; elle voit aussi la création du district actuel de La Gruyère, dont Bulle est le chef-lieu. Face au libéralisme fédéral, un régime catholique conservateur se met en place dans le canton de Fribourg des années 1880. C'est la République chrétienne, une alliance entre le clergé et l'Etat qui perdurera jusqu'au milieu du XXe siècle.
Le 26 juin 1930, la loi fédérale sur la formation professionnelle est adoptée. Applicable à l'ensemble de la Suisse, elle fixe pour la première fois le rôle des formateurs et formatrices en entreprise. Aujourd'hui, Carole, employée de commerce et formatrice dans une entreprise de grande distribution, organise de bon matin la formation des jeunes ; elle s'assure de leur passage dans plusieurs secteurs pour une découverte complète du métier. Dans son atelier, Eric, boulanger-pâtissier-confiseur et formateur indépendant, travaille quant à lui un gâteau avec son apprenti : ils seront bientôt prêts pour le concours auquel ils se sont inscrits. Dans une salle du cours, Dinh, pharmacienne et formatrice dans une petite entreprise, se prépare à effectuer des exercices en laboratoire avec ses apprenti·e·s après leur avoir fait revoir la théorie. Dans une grande entreprise, Luc, logisticien et formateur, donne aux apprenti·e·s des instructions à la volée avant de rejoindre son service. Carole, Eric, Dinh et Luc sont le reflet de ce qui passe inaperçu : une diversité de figures très peu (re)connues et étudiées, pourtant centrales dans le système répandu de la formation professionnelle initiale duale. Chacun·e à sa manière forme des jeunes, et leur partage une vision du métier et du monde du travail. Ce livre offre des clefs pour comprendre les différents rapports à la fonction formatrice, mais aussi toutes les visions de l'apprentissage et sa relation avec le marché du travail. Il propose de comprendre la façon dont formateurs et formatrices investissent leur fonction, les conditions concrètes de son exercice, les enjeux auxquels tou·te·s sont confronté·e·s.
Les barrières socio-économiques érigent des remparts dans l'accès aux postes politiques ! Cet ouvrage révèle comment la rémunération des mandats exécutifs a sculpté une élite exclusive dans les villes suisses. Plongez au coeur d'une recherche historique minutieuse sur 73 ans dans les archives de Zurich, Lausanne, Lucerne et Lugano, dévoilant une professionnalisation précoce remettant en question le principe suisse de la " milice ". Les salaires visent à attirer les cadres des classes supérieures, engendrant une fracture sociale dans le paysage politique. D'un côté, les notables fortunés issus de professions libérales, de l'autre, les professionnels du secteur public et de la politique. Cette étude révèle l'essor d'une nouvelle élite excluant les salariés modestes et redessinant le pouvoir au sein de nos villes. Une exploration saisissante des transformations des élites politiques, révélant les complexités et les défis d'une démocratie confrontée à des hiérarchies sociales profondes.
Bozzini David ; Fresia Marion ; Killias Olivia ; L
Qu'est-ce que L'engagement en anthropologie ? Comment s'engage-t-on aujourd'hui ? En s'appuyant sur le parcours de notre collègue et amie Ellen Hertz, cet ouvrage souhaite renouveler la réflexion sur ces questions. Il montre l'intérêt de penser l'engagement de manière élargie, non seulement comme un souci de rendre ta recherche pertinente et accessible à un large public, mais aussi comme une responsabilité exercée au quotidien au sein des institutions académiques et au-delà. Si Ellen Hertz s'est engagée par ses choix de recherche centrés sur l'analyse du pouvoir, sa trajectoire est aussi faite d'engagements a priori plus ordinaires - pédagogiques, diplomatiques, relationnels et amicaux, de mentoring et d'encadrement - la plupart du temps absents des débats sur le sujet. S'inspirant de cette trajectoire, onze contributions nous invitent à explorer et à valoriser la diversité des manières de s'engager, loin d'une science uniquement motivée par la course aux publications. L'engagement s'y dessine comme un art aux facettes multiples, qui se déploie tant à partir de positions prestigieuses d'autorité et d'expertise, que dans des activités académiques et administratives peu visibles, voire ingrates. Un art qui repose sur l'indignation tout comme sur l'humour, la légèreté, le care et l'amitié, mais qui souvent suppose une disponibilité totale dont les coûts et les limites sont également abordés dans l'ouvrage.